Vendredi dernier j'ai été admirer le potager d'une autre Françoise .. une merveille , SES pois gourmands sont plantés tout régulièrement le long d'une rangée ,ils grimpent sur un petit échafaudage de bambous jolis comme tout ... et du coup , MON installation bancale , bambous et ficelles , pour les faire grimper , me parait beaucoup moins jolie ... me voilà encore hantée par le démon de la comparaison . Qui est aussi un stimulant , l'année prochaine j'essaierai d'améliorer le côté artistique de mes tuteurs ... ( mais je me souviens , les pois gourmands j'ai bien failli ne pas en semer cette année , et puis j'ai voulu donner un rythme en plantant les tuteurs en biais , mais c'était pas stable , j'ai tout consolidé ensuite come j'ai pu .
MAIS
finalement
et comme d'habitude
si j'ai fait comme ça c'est que je ne pouvais faire autrement à l'instant où je l'ai fait
sinon j'aurais fait autrement
DONC A L'INSTANT OU JE L'AI FAIT C'ETAIT PARFAIT
ET TOUT EST BIEN
d'ailleurs ils ont l'air à l'aise comme ça .
et je vais aller les ramasser .
Dans l'instant je reviens de Haute-Savoie où je suis montée en catastrophe , ma marraine va encore moins bien ,sur son lit en réanimation plein de tubes partout , etc... . En la quittant j'étais triste , et puis à la minute où j'en ai franchi le seuil pour marcher vers ma voiture , sous de grands arbres , dans la petite pluie fine ,des souvenirs agréables de petites pluies fines occuppaient toute ma tête , me laissant d'humeur gaie sans savoir pourquoi . J'ai déjà passé assez longtemps dans des hopitaux ; je me dis que je préférerais mourir dehors , dans un beau paysage . Mais bien entendu je me dis ça maintenant ... fantasmes et nuées qui courent ...
J'avais emmené les Carnets de Krishnamurti avec moi . Un bonheur ...
" Posséder , être possédé , est considéré comme une forme d'amour.Cette faim de possession, que ce soit d'un être ou d'un bien, ne provient pas simplement des exigences de la société ou des circonstances , sa source est beaucoup plus profonde. Elle réside dans les tréfonds de l'isolement. Chacun essaie , à sa manière , de combler cet isolement " ( p.25)
p.27 - il décrit encore ses maux de tête , puis :
" Au cours d'une promenade parmi ces montagnes violettes , nues , rocailleuses , soudain ce fut la solitude. Complète , elle était partout, d'une richesse incommensurable , dotée de cette beauté au-delà de toute pensée , de tout sentiment. Elle n'était pas immobile , mais vivante , mouvante , s'infiltrant dans le moindre interstice. Le haut somment rocheux était illuminé par le couchant et cette lumière , cette couleur même , emplissaient les cieux de solitude.
Solitude unique , seule mais point isolée , telle la goutte de pluie recélant toutes les eaux de la terre. Ni joyeuse ni triste , mais seule. Sans qualité ni forme , ni couleur; celles-ci l'auraient rendue mesurable , reconnaissable. Soudaine comme l'éclair , mais aussitôt enracinée .Ce n'était pas une germination , mais une présence dans sa plénitude , car le temps de mûrissement n'existait point , puisqu'il a ses racines dans le passé. C'était un état sans racines ,sans cause , donc totalement "neuf", un état sans passé ni devenir , puisque vivant."
( naturellement , je copie ces paragraphes que je trouve magnifiques , mais moi je suis toujours dans ma gadoue , faut pas croire , accumulant les possessions ... de tee-shirts ou de babioles ... Enfin en les lisant j'ai au moins une idée de ce pour quoi je rame )