Rêves qui m'ont laissé le coeur lourd , cette nuit ... ( j'ai rêvé qu'un chalet , situé sur la pente en face de la maison où j'habitais , venait de brûler . Je téléphonais à maman pour lui dire que j'avais aidé les pompiers , que ce n'était pas dangereux , non , je ne m'étais brûlé que la main ( la droite ) et j'avais trouvé un guérisseur qui m'avait " coupé le feu" . Tout en téléphonant je jetais un oeil par la fenêtre et je voyais le chalet , en face , un gros chalet complètement cramé . Dans le rêve je racontais ça à maman pour lui envoyer un message du style " ne t'inquiète pas , tu vois que tout va toujours bien " parce que depuis l'enfance on a été habituées à porter maman et à lui éviter toute angoisse , elle qui était fragile ( mes soeurs , à ce qu'il me semble , et moi , ce dont je suis sure , nous sommes toujours vécues comme des dures à cuire ... ) et ça fait , pour moi , cinquante-huit ans que ça dure ...
J'ai probablement rêvé ça à cause de ma marraine , qui va sa fin de chemin ,à son allure , à l'hopital en Haute-Savoie . J'ai un peu la flemme d'analyser plus à fond le rêve , et puis ici ça n'est pas l'endroit , mais si ça intéresse quelqu'un , la meilleure panoplie que je connaisse de pistes de compréhension de vos rêves m'a été fournie il y a une vingtaine d'années par Maurice Clermont : ( étant admis que le rêve est message d'une partie de soi à soi ) ; voici ce dont je me souviens
- écrire le rêve , lui donner un titre
- dessiner le rêve
- raconter le rêve à haute voix à quelqu'un de confiance
- prendre un personnage du rêve et le faire parler à la première personne
J'ai beaucoup fait ça pendant des années , mettons entre trente -trois et quarante-cinq ou cinquante ans ; mais là comme j'avais un peu la flemme , j'ai pris le parti d'aller peindre , à la place ... ce qui m'a donné un éclairage nouveau
( la peinture n'est pas très réussie et ne le sera jamais ; mais j'ai toujours beaucoup aimé cette expression ( " si c'est du lard ou du cochon " )
la deuxième peinture est un peu meilleure
( vous voyez , je sais maintenant faire en sorte que le papier de la feuille ne fasse plus grisâtre sur la reproduction ; du coup j'ai un peu la trouille que les gens qui verront les oeuvres réelles , sur papier , ne soit déçus . Comme pour les expos où on voit une affiche sensationnelle et puis on se trouve devant une des pièces minuscules et inintérressantes - je me souviens notamment d'une exposition sur l'art des Cyclades à la Vieille Charité , à Marseille - la photo de l'affiche était une statuette , qui s'avéra être plus que minimaliste dans sa petite vitrine , et je n'avais pas réussi à m'intéresser au reste . En général je ne suis pas passionnée par la statuaire grecque , sauf quand c'est un peu archaïque , mais là ça l'était trop )
Les deux peintures étant bien démarrées ce matin , j'ai décidé d'aller faire des photocopies et m'acheter une brosse à cheveux - j'ai laissé la mienne à Nice , je crois , ce qui fait que depuis cinq jours je me brosse les cheveux avec les doigts . Ou pas du tout , parce que j'oublie . Bof , ça ne se remarque pas forcément - mes cheveux sont lavés de frais , tout de même . Après mes rêves angoissants de la nuit , ça m'a donné l'occasion d'incarner un autre des passionnants aspects de mon moi : " la zombie" *. Je me colle un vague sourire , héritier du vague sourire paternel , sur les lèvres , et je rentre dans le supermarché , complètement à côté de mes pompes . J'ai tourné en rond un bon quart d'heure , pendant que la soupe musicale du magasin me dégoulinait dans les oreilles , me concentrant sur ma recherche de brosses à cheveux , avant d'atterrir triomphalement devant ce que j'ai cru être le rayon des brosses et peignes et qui en fait était celui des brossettes à vaisselle et autres goupillons pour nettoyer les bouteilles . Là j'ai attrapé un sacré fou-rire , ce qui m'a un peu fait sortir du sommeil profond ...
* un aspect pas plus facile à vivre pour moi que pour mon copropriétaire , hélas