... ce matin , retour à un havre intérieur paisible ,un état d'esprit heureux après l'agitation épuisante de la traversée émotionnelle hier ( et en cale sèche ! pourtant ... ) . Et je peux réenvisager tranquillement d'aller passer quelques jours à Nice à la fin de la semaine . Je suis sortie à six heures ( faire pisser Anaîs ! ) et les étoiles étaient magnifiques . Aujourd'hui je suis joyeuse d'aller voir mes vieilles copines d'Avignon , Renée et Lucienne ; pendant longtemps leur maison était comme un havre pour moi , hors de ma famille cinglée .
Hier soir , j'ai énormément apprécié de revoir le film d'Almodovar ,je pleurais presque à certains moments , ça fait du bien de naviguer avec lui sur les vagues du mélo , entre hystérie et rires et mauvais gout et pleurs . Ca m'a donné envie de revoir la fleur de mon secret qu'on a en DVD .
J'ai envie de vous recopier un petit haîku , mais Rajah s'est installé sur le coussin entre mon dos et le dossier de la chaise , ( j'ai la mauvaise habitude de m'asseoir toujours à l'extrême bord ) , comment faire sans le déranger ?
Ca y est , il a eu l'idée de partir tout seul ; ce chat , quel intuitif ! et non , je n'avais pas bougé mon dos . Alors ça ne sera pas un haîku mais un poème un peu plus long , toujours de Ryokan ( ed Moundarren , le moine fou est de retour ) . J'ai recherché ses dates d'apparition et désapparition : 1758- 1831
nuit calme ,sous la fenêtre vide
assis en méditation , enveloppé dans ma robe de moine
nombril et narines bien alignés
oreilles et épaules dans le même axe
la fenêtre est blanche , la lune vient de sortir
la pluie a cessé , des gouttes tombent encore
à ce moment mon sentiment est extraordinaire
vaste , immense , connu de moi seul
et cet autre encore :
aujourd'hui , mendiant ma nourriture , je croise une averse
je m'abrite momentanément dans un vieux temple
j'en ris , une gourde , un bol
ma vie libre est à l'image de ma hutte délabrée
ça fait du bien à lire , non ?