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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 10:49

              Hier soir je baguenaudais dans les allées de la Toile , cherchant vaguement des informations concernant  le village de Saint-Geniez : berceau de la branche maternelle de ma famille . Village que  mes soeurs et moi avons complètement mythifié ; le coin s'y prête , on se croit dans l'univers de Giono ( il y a de magnifiques photos sur un site :  http://www.temps-de-pose.com  ; d'autres photos , moins esthétiques mais belles aussi , sur le site www.saint-geniez.net )  On y arrive par une de ces minuscules routes anciennes , qui monte depuis Sisteron  après avoir traversé la Durance  ; d'abord dans des pentes  , magnifiques en automne à cause des sumacs rouges et oranges au milieu des graminées blondes , puis on arrive à un défilé étroit , avec un petit torrent qui court entre deux hautes parois rocheuses ; là , une inscription romaine sur la paroi , la Pierre Ecrite , nous prévient qu'en ces lieux le préfet Dardanus créa Theopolis , la  Cité de Dieu .
             Pas moins ... vous vous rendez compte , on franchirait le défilé et on se trouverait dans cette merveilleuse cité bénie ...( que pour ma part j'ai toujours rêvée comme la cité perdue dans Nils Holgerson , qui ne resurgit de l'eau que tous les cent ans , et dont les habitants ont si désespérément besoin de conclure un échange avec n'importe quel voyageur ) . Dardanus était un vieux copain à Saint-Augustin , que je n'ai toujours pas lu , que j'ai toujours l'intention de lire . Beaucoup de gens ont cherché cette Cité de Dieu , ou ses ruines , sur le plateau de Saint-Geniès qu'on atteint en continuant la route ; sans succès . Peut-être était-ce simplement une villa romaine fortifiée , ou encore faut-il lire que Dardanus , excédé des mondanités de ses fonctions , a cherché dans ces aériennes solitudes la Cité de Dieu toute intérieure ... Le plateau  , pour joli qu'il soit , héberge Saint-Geniez ( j'ai toujours eu du mal avec son orthographe  maman et tata prononçaient Saint-Geniès ) ,  petit village plein de charme ,  bien encagnardé contre la montagne  , quelques autres hameaux , des champs de céréales , des moutons , et en dehors du village , une chapelle romane très ancienne , la chapelle de Dromon .
              La route continue ensuite , de plus en plus vertigineuse , traversant des robines noires jusque vers Authon , perdu au creux des collines ,( d'Authon , une piste mène à Feissal , hameau en ruines , le premier poste de ma grand-mère toute jeune institutrice ; pour le rejoindre elle partait de Saint-Geniès à pied , par les chemins muletiers , devait traverser le torrent de Feyssal , Tata Lili prétend que quelques uns de ses élèves les plus âgés l'attendaient pour l'aider galamment à passer le torrent ... plusieurs heures de marche , bien sur . Le dernier habitant de Feissal était appelé le Prince ). Puis le col de Fontbelle le bien nommé ; là , une forêt splendide  démontre les bienfaits de la reforestation au 19 e siècle : de hauts feuillus  sont venus s'abriter sous des pins immenses , c'est frais , plein d'oiseaux , de renards , de chevreuils et de champignons en saison , ...Du col de Fontbelle , on peut redescendre sur Digne en passant par la vallée de Thoard. Naturellement , autrefois on  faisait tout ça à pied ... nous les paresseux du 21 e siècle , on prend la voiture .
             Bref ,je parlais de ma famille maternelle : mes deux arrières-grand-mères , Emilie Fouque et Louise Heyriés , étaient toutes deux de Saint-Geniez , ou des hameaux avoisinants , Chardavon , Chabert , Sorine ? toutes deux ( Emilie naquit vers 1850 , Louise en 1847 ) furent pensionnaires aux Ursulines de Digne ,et s'y lièrent d'amitié . En se mariant ( avec le facteur , dont je reparlerai ! ) Emilie Fouque  émigra , à Sisteron je crois , ou à Volonne ; et Louise Heyriés , fille de tisserand , épousa le fils d'une famille de  tailleurs d'habits de Vaumeilh ,et vint habiter là bas .  Mais  toutes deux se retrouvaient au marché de Sisteron , où Louise vendait trois légumes et quatre fromages de chèvre - elle fut veuve très jeune ; deux copines d'enfance , qui  complotèrent  le mariage de leurs enfants , Marie l' institutrice la fille unique d'Emilie , Adrien l'employé des postes , l'aîné de Louise ; deux beaux jeunes gens , j'ai les photos pour en témoigner . Pour leur malheur ? une forme de bonheur ? qui dira ? 

       




  

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