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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 04:22

      Un éclair d'éternité , c'est le titre du livre de Van de Wetering que je viens de terminer ... j'en suis enthousiasmée , émerveillée , admirative ... le meilleur livre que j'ai lu depuis longtemps ...
          Il est quatre heures et demie du matin , j'ai joui un moment du confort douillet de la chambre , et puis je me suis extirpée du lit car j'avais envie d'un thé , Rajah est arrivé dans la cuisine tiens maman c'est l'heure de mon casse-croute je ne savais pas , tu me sers s'il te plait je t'aime , ( avec lui , c'est toujours l'heure du casse-croute ) ensuite Noisette qui a dit comment , tout le monde petit-déjeune et on ne m'avait pas prévenue c'est dégueulasse , Dieu merci Anaïs roupille ... j'ai enfin pu commencer à boire mon thé - du tchaï en ce moment , à l'indienne , que je me prépare avec lait et épices -  j'ai commencé à m'en refaire depuis que le projet de voyage se concrétise , nous sommes depuis trois semaines en pourparlers laborieux avec une nana de l'agence Comptoirs du Monde ,et hier soir je lui ai donné mon accord pour le projet de voyage ... restera plus qu'à payer , à envoyer les demandes de visa ...
         Mais je vous parlais de l'exceptionnel  bouquin de Van de Wetering ,en fait c'est le deuxième tome de ce qu'on peut appeler des " moments d'autobiographie concernant une recherche spirituelle " , le premier tome ( " le miroir vide " ) se passait au Japon , et celui-ci , dix ans plus tard je crois , aux Etats-Unis pour une période limitée , peut-être un mois ou deux , auprès d'un maître Zen occidental . Ce que j'apprécie dans ce deuxième livre , outre son côté naturel , non apprêté , rigolo ( Van de W n'est pas une punaise de sacristie confite en dévotion  , il y en a aussi dans le Zen ... ) c'est qu'on sent que l'auteur a vécu entre temps , d'une vie comme tout le monde , et maturé , et ramé , et eu des moments heureux  ... un livre sur lequel on peut prendre appui ; j'ai écrit un livre pour danser dans le titre , c'est l'impression qu'il me donne , et quand on danse il faut pouvoir prendre des bons appuis sur le sol ...   
( au fait , je ne vous ai pas dit , j'ai repris un cours de claquettes l'autre jour , mon premier cours de claquettes depuis quelque chose comme vingt ans . C'était super )

 En le lisant je trouvais plein de paragraphes que j'avais envie de recopier , mais je ne l'ai pas fait sur le moment ... je vais déjà commencer , 
    c'est à la fin du chapitre 15 , qu'il termine en racontant un souvenir d'enfance :

     " Tu as huit ans .C'est dimanche soir. On t'a permis de rester éveillé une heure de plus .
      Tout le monde joue au Monopoly . On t'a laissé jouer avec les grands.
       Tu perds .Tu perds sans arrêt. Tu as si peur que tu as des crampes d'estomac.Tout ce que tu possédais a disparu : la pile de jetons en face de toi et les maisons sur tes rues .Finalement , tu dois vendre la dernière . Tu dois abandonner. Tu as perdu . La sueur perle sur ton front .
        Et tout à coup , tu te souviens que ce n'est qu'un jeu . Dans ta joie , tu renverses une grosse lampe. En tombant , elle entraîne la théière . On te gronde mais tu ris en montant l'escalier pour aller te coucher .Tu sais que tu n'es rien , que tu n'as rien. Et ce rien est une liberté immense .
        Avec le temps , tu perdras ce sentiment , mais tu t'en souviendras toujours . Tu te souviendras qu'à huit ans tu connaissais la liberté . "


une autre citation , qui donne mieux le style du livre , le début du chapitre 3:

  "  Il était trois heures moins  cinq du matin ; la neige crissait sous mes pas .Le thermomètre était descendu bien au dessous de zéro , le froid faisait craquer les branches des arbres . Peter m'avaitpassé sa lampe de poche et je ne quittais pas la lumière des yeux . Une fois déjà j'avais glissé sur une flaque glacée que j'avais prise pour de la neige et je m'étais coupé la main sur une pierre . Le café  que j'avais bu trop vite ballotait dans mon estomac .
    Je me consolai en me disant que ç'aurait pu être pire , qu'il existait surement des camps ou des prisons où on ne servait pas de café le matin ."

demain matin , j'en copie d'autres ... là , je vais reboire un bol de thé , et au lit ... bonne fin de nuit ...




  

                        

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