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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 09:13

    Au matin , oui ce matin , le moral dans les chaussettes et encore plus bas que ça , ( hier c'était pimpant et gai , j'ai invité Maria et ma voisine à venir voir le jardin qui est magnifique ,ensuite on a pris le thé comme des vraies petites dames ,  elles étaient ravies , et moi aussi  ...  humeurs qui vont , qui viennent , qui passent , reviennent  ,  repassent ... ) ; je relis le chapitre avant -dernier de ce blog , ou avant-avant-dernier , intitulé " si le plus important c'était ça ? ( je relis les chapitres écrits parce que je suis une terrible snob de l'orthographe ) et je me rends compte que c'est bati de travers ; je voulais y dire en conclusion que le plus important , c'est peut-être le fait que l'émotion qui passe , les pensées qui passent , ne sont pas mon vrai moi ... et on comprend que le plus important , c'est les semis ... d'un autre côté , si j'ai terminé le chapitre comme ça , c'est probable qu'à ce moment là le plus important pour moi était de mener à bonne fin mes semis de radis .
   Alors ce matin , et pour me remettre d'applomb , je vais semer presque tout ce qui me reste de graines : carottes parce que je ne vais pas  jeter bien que mes carottes servent plutôt de havre pour culture de la mouche de la carotte ; navets , idem ; et oeillets d'inde parce que Dominique , qui vient de temps en temps tondre l'herbe , m'a dit qu'en mélangeant les graines dans le même semis , elles se protégeaient les unes les autres ; belles -de-jour , certaines que j'avais récupérées cet été au hasard des ballades , plus un sachet que j'avais oublié ; roses trémières rouges , j'ai oublié de le faire cet automne ; et enfin un sachet " cadeau -surprise " de Bakker , dont je n'attends pas grand chose , mais enfin ... on ne sait jamais ...
       Il ne  restera dans la boite que les graines de courges longues et de citres , blanches et noires , ( tout un symbole ! ) cadeau de Maria ; après son expérience de réfugiée , elle qui est arrivée d'Espagne avec rien que son mari et le bébé dans ses bras , qui a connu les camps de concentration français , Maria respecte et protège toutes plantes ...  pour celles -là j'attends encore un peu que le printemps soit installé , alors je les mettrai avec amitié sous un tas de compost bien moelleux .
     Et les pois gourmands qui ne sortent toujours pas , non plus que les fèves ... quelle inquiétude . 

    Temps que je me souvienne , et que je vous recopie , un extrait d'un livre étrange de Vikram Chandra . Mon voisin , qui approche les quatre-vingt ans , est invalide et passe son temps à bouquiner , me l'a proposé , sachant que tout ce qui vient de l'Inde m'intéresse ; c'est un pavé qui doit bien peser deux kilos , en tout cas mille pages , un polar indien qui doit être vraiment bon parce que je suis en train d'arriver à la fin , je me suis accrochée - mais j'en ai un peu marre de baigner dans ce milieu bizarre et étouffant , où mafieux et policiers sont si bien entrecroisés et entretiennent des relations de quasi amitié . Il est émaillé de mots en hindi ,( mais il y a un lexique à la fin ) , ceux qui reviennent le plus souvent sont les plus orduriers , je ne sais pas si c'est un plus mais j'en ai retenu plusieurs  , moi avec mon côté victorien , je suis gâtée .  L'un des héros est un mafieux , qui a aussi des liens avec les services de sécurité indien , quelqu'un que je n'aimerai vraiment pas rencontrer en réalité . C'est curieux, comme nous au village , qui ne rêvons que de vies tranquilles au milieu de nos jardins , lisons pour nous distraire ce genre d'horreurs ... Ca me fait penser à la présentatrice d'Arte - mais maintenant elles ont toutes le même genre de voix sur les autres chaînes aussi , à la fois enfantine , sensuelle ,tellement douce et insistante - qui annonce avec une gourmandise égale le programme du soir : "ce soir nous irons dans la Florence du début du siècle pour chercher une vue sur l'Arno avec le James Ivory de Chambre avec vue ; puis , à 23h 30 l'enfer des camps chez les Khmers rouges ; enfin une émission sur le tueur en série qui défraie la chronique  en ce moment ... Bonne soirée avec Arte !"
Et vraiment pour annoncer chaque sujet , elle a la même émotion dans la voix , la même sensualité , la même douceur ... ça aussi c'est bizarrre , non ?  Que ça parle du chocolat de Pâques , d'Auschwitz ou des dessous des élections en France , la même voix ... la présentatrice , on lui a dit : tu annonces les émissions comme ça - et elle le fait ...

  Bon , enfin toute cette digression c'était pour introduire une citation du "Seigneur de Bombay" , de Vikram Chandra ; parce que le personnage de mafieux abominable dont je vous parlais , Ganesh Gaitonde , rencontre aussi un gourou , par dessus le marché ; et que je suis touchée par ce que dit ce gourou , des paroles de sagesse . Mes courges poussent dans le compost , oui ... mais tout de même , tout de même ...  je trouve que j'ai de la chance de vivre en France , un pays où le système de pots de vin n'est pas installé comme il semble l'être dans certains coins de l'Inde , d'après le  bouquin ...

  " Le discours du jour traitait de la réussite . Pourquoi , s'interrogeait-il , l'échec nous tourmente-t-il de si cuisante façon ? Et, pourquoi la réussite nous laisse-t-elle parfois un sentiment d'insatisfaction ? Pourquoi le but nous déçoit-il alors que nous en rêvions depuis si longtemps , que nous nous sommes tant battus pour l'atteindre , en suivant une route si cruelle ? Pourquoi ? Dans les deux cas , expliquait Shukla-ji , la réponse tient à notre croyance dans l'illusion du moi. Je suis celui qui décide , croyons-nous . C'est ce que nous crions au monde , je décide ceci , je décide cela , je , je , je . En ajoutant foi à cette illusion , la plus insaisissable de toutes , nous pensons que nos échecs sont notre faute , qu'ils découlent de notre moi . Nous nous croyons propriétaires de nos victoires . Et pourtant , quand nous trouvons la réussite , nous découvrons que cette illusion ne peut vivre que dans l'avenir ou dans le passé . Elle est éternellement séparée du présent et donc , tant que nous y ajoutons foi , nous ne connaissons que la perte . C'est seulement lorsque nous transcendons cette illusion , lorsque nous sommes capables d'en rire , que nous pouvons connaître le plaisir du moment , et  rire d'être pleinement vivants . Mes enfants , a ajouté Swami-ji , renoncez à vos actes et découvrez la nature véritable . Connaissez vous vous-mêmes . "


             Et alors , si c'est pas de la sagesse ça ... si je ne peux en faire mon miel , au moins pour l'instant ... mais là encore , on ne sait jamais .

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