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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 19:07

 Je suis censée partir demain matin pour le stage de yoga en Bretagne ... Les trois derniers jours ont été bien remplis . Mais  je n'ai toujours pas fait ma valise ...

          Ou en étais-je ? Ah , oui ,  j'en étais restée  , la semaine dernière , à mes disputes avec  ma maman ,  à cause de mon refus de payer les dettes de Nordine . Qui est presque à la rue ,d 'après elle . Et mes recherches pour essayer de me débarrasser du problème .... licenciement , oui , non ? Saint-Nordine ... c'est vrai qu'il aime beaucoup maman , je l'ai constaté , non  , pas seulement  maman-et-son-argent , mais maman , ça , je le sais , j'en ai été témoin ... seulement , s'il accepte un peu trop les générosités de ma mère , ça pourrit l'atmosphère chez elle  par rapport aux autres gardes .

        Mercredi matin j'ai emmené maman à Anduze acheter des pantoufles d'été neuves - elle m'avait  dit la semaine dernière que les vieilles étaient devenues trop lâches et qu'il fallait lui en acheter des neuves ; je lui avais donc proposé une expédition à Anduze   pour lui remonter le moral  ; il y a un magasin sympa au bout d'une petite rue piétonne , et , en m'y prenant bien , avec l'aide d'une auxiliaire de vie pour pouvoir faire descendre maman de voiture juste à l'autre extrémité  , c'est une promenade agréable pour ma presque centenaire . Lundi , je lui propose donc d'y aller ; elle me dit qu'elle n'a pas du tout besoin de pantoufles neuves . Mais consent , du fond de sa déprime et de sa fatigue ,  à ce qu'on programme une petite sortie quand même . J'arrive Mercredi à neuf heures tapantes , je trouve ma mère écroulée sur son fauteuil , l'air fatal , la tête basculée en arrière , en tablier négligé . Je lui suggère fermement de mettre une robe   , elle dit , à quoi bon , j'insiste ; mais  elle est sure qu'elle va être malade en voiture parce qu'elle ne sort jamais ( et les sorties qu'elle fait à Alès avec Nordine ? je m'interroge ... ) je lui  file une dose de Cocculine , lui dis qu'elle ne va pas être malade ... elle réprime des hauts le coeur dès qu'on a tourné le coin de sa rue , mais se maintient courageusement ...  on arrive à Anduze , et au moment de me garer V., la jeune auxiliaire de vie , me dit : mais où est-ce que vous nous posez pour aller au magasin ? j'apprends donc ainsi qu'on va acheter ces fameuses pantoufles ,   tiens donc ! ma noble mère a encore changé d'avis ... j'espère que j'ai assez d'argent dans mon porte-monnaie ... Je  les dépose , vais me garer , les rattrape dans la rue calme et ombragée où elles trottinent ... maman prend tout son temps pour choisir les pantoufles  ,puis on passe sous le marché couvert où elle négocie gaiement des pêches , puis des fromages de chèvre  , tout en discutant du temps qu'il fait avec la marchande ... 

 

           On rentre chez elle ; elle se souvient qu'elle vit une tragédie  , me dit presque en pleurant qu'elle ne peut se passer de Nordine ... Il est onze heures du matin , je vais encore me faire bouffer tout mon temps , il faut que je commence cette fichue valise et j'ai aussi d'autres choses à régler avant mon départ en vacances . Je mets rapidement V.au courant des rendez vous à prendre , je rentre à la maison ...

          Une heure et demie , V. m'appelle pour me dire qu'elle a pris les rendez -vous , et m'annonce en même temps , en pleurant aussi , sa démission à partir du premier Septembre , " elle en a ras-le-bol des histoires de Nordine "  C'est le pompon ! V., ma préférée des auxiliaires de vie de maman , qui s'en va ... et quoi faire ? en Septembre on part en Angleterre , on a échangé la maison ... Je m'interroge fébrilement , j'ai vingt-quatre heures pour trouver une solution   .  L'illumination : je medis que je vais licencier Nordine  et mettre maman pendant un mois dans une maison de retraite . Sitot décidée je téléphone pour revisiter un établissement, pas loin chez nous ,  qui est à peu près correct ; c'est pas terrible une maison de retraite , mais pour un mois  , un mois seulement .... maman devrait accepter .             

          Quinze heures : nous visitons l'établissement , assez sympa ,  il reste une chambre libre pour Septembre ,nous discutons avec le directeur qui nous souhaite bon courage , il sait de quoi il parle ... Je  prends un dossier d'admission ... en rentrant je téléphone à maman pour la mettre au courant .  Elle aura le temps de réfléchir , sans sombrer dans la déprime puisqu'elle est accompagnée de M. , qui prend son service à l'instant .

          Vingt-et -une heures : je retourne chez maman , pour donner mes instructions à la garde de nuit qui va arriver .  Je la trouve d'une humeur charmante , elle m'annonce triomphalement qu'elle ne veut pas aller en maison de retraite , que X et Y sont d'accord pour la garder - pas déclarées , bien entendu ... Ca me fiche en boule parce que je suis contre le travail au noir ; et qui devrait , en outre , se coltiner plusieurs retraits en liquide à la poste pour payer X et Y ? devinez ...   Disputes , arguments , maman sort le grand jeu , pleurs , " tu veux me mettre en prison " , " je vais disparaître et comme ça je ne gênerai plus personne .." Ouh là ... on dirait la mère de Guy Bedos dans Un éléphant , ça trompe énormément , un film que j'ai eu la chance de revoir à la télé tout juste au début de la semaine .... La garde de nuit , Marie-Paule ,qui arrive juste et a des forces neuves , me suggère de ne pas culpabiliser ; en outre , elle connait peut-être quelqu'un ... Je rentre épuisée ; trop fatiguée pour faire ma valise .

           Jeudi matin : j'ai mal dormi ; je plante vite , à la fraîche ,  les iris que j'ai commandés mais qu'on m'a envoyé en dehors des dates que j'avais précisées , si je ne les plante pas ce matin ils vont flétrir ; je suis un peu sur les nerfs et je me dispute connement avec Philippe .  Je vais chez maman donner la provision d'argent à Nordine pour dix jours  , je lui annonce la démission de V ; il me demande pourquoi ,  je suis tellement fatiguée  que je le lui dis tout net ... pas maligne là , et j'ai honte de moi , j'ai trahi V...  le voici douloureusement touché des insinuations , puis en rogne contre V...  en outre il nie complétement avoir demandé à maman de payer ses dettes ... s'il  ne m'avait pas demandé un prêt il y a quelques jours , prêt que j'ai refusé , je croirais avoir des hallucinations . Je deviens gâteuse , je vous dis ...  

           Jeudi , quatorze heures : j'ai rendez-vous avec  la copine de Marie-Paule , S.   Je lui explique le travail , les conditions , elle est d'accord pour reprendre le service de V . Je l'emmène voir maman , qui l'accueille avec un sourire lumineux : elle est redevenue l'adorable petite vieille dame si fragile , et non pas la harpie qui me rappelle mon enfance ... S. et elle gazouillent de concert , je me sens ignoble , avoir voulu me débarrasser de cette exquise personne  âgée, ma propre  maman , en la mettant en maison de retraite , même si c'est pour un mois seulement .

           Jeudi , seize heures : je me fais un sandwich au jambon ( je n'ai pas encore mangé ) et je m'écroule sur le canapé du salon . J'ai un mal fou à émerger , deux heures plus tard ...

 

       Et je vais enfin faire ma valise ...

 

 

 

         

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