Je regrette Pondichery , oh oui ! Dieu sait pourquoi , ou plutot Sona sait pourquoi , nous sommes a Chennai ( Madras , si vous preferez ) depuis deux jours pleins , et il reste encore demain , jusqu'au depart de l'avion . En fait S. ne voulait pas louper un satsang , soiree de chants sacres , chez Yogananda Amma dont il est , visiblement , un devotee passionne . Le Satsang etait hier soir , c'etait un bon moment : Amma , enveloppee dans un merveilleux sari orange et rose vif , tronait souriante sur un canape a fleurs ; on nous a offert un de ces fauteuils plastiques ou je me sens mal assise , j'ai decline , preferant m'asseoir par terre , comme les indiens , ce que je trouve nettement plus confortable . Un jeune chanteur s'accompagnait a l'harmonium , avec une belle voix de tenor . Je m'attendais a ce qu'on chante des mantras , comme la premiere fois ; j'ai ete fort etonnee , au debut , de l'entendre attaquer dansun registre tres pathetique et douloureux . J'ai compris petit a petit , en voyant un jeune femme de l'assiatance , belle comme le jour mais dont le visage etait , des son arrivee , plutot ferme et douloureux , commencer a se tordre et a geindre ; une autre a suivi , quelques personnes sont donc entrees en transes . Le chanteur continuait a jouer dans les tonalites sombres et tristes ; je suivais avec curiosite la progression de l'affaire , sans etre autrement impressionnee - de toutes facons la personnalite d'Amma m'inspirait tout a fait confiance . Ca a pris une ou deux heures avant qu'on n'en vienne a un repertoire un peu plus guilleret , , suivi d'un delicieux pique-nique ... les transis sont partis rasserenes , le devotee francais avait l'oeil humide , et personnellement je me sentais pleine d'energie ... rien de tel qu'un satsang pour vous remettre les idees en place ...
Heureusement , car la nuit qui a suivi etait un peu penible : mon voisin a l'hotel , dont je ne suis separee que par une mince cloison , a mis la tele jusque a minuit .Vers les quatre heures du mat , il s'est mis a tousser a fendre l'ame . Un de ses amis est alors venu lui remonter le moral en lui racontant de vieux souvenirs et des histoires gaies , haussant le ton pour que tout l'etage en profite ;comme tous les indiens quelle que soit l'heure . Je marronnais , mais n'avait pas l'energie de sortir de mon lit pour protester . Vers les cinq heures , ils ont pense que ca serait une bonne idee de mettre la tele a fond la caisse pour distraire le cattarheux agonisant de ses quintes de toux ; d'entendre la voix percante d'une presentatrice de tele-achat vantant les merites d'un produit que je ne connaitrai jamais ( en tamoul , bien sur ! ) m'a galvanisee , j'ai trouve le courage de ramper hors du lit pour protester aupres des voisins ... ouf ! j'ai enfin pu recuperer une petite demie-heure de sommeil avant le reveil : j'avais justement demande qu'on parte tot pour aller visiter le jardin de la societe Theosophique - a l'autre bout de Madras ...
Nous nous trouvons , donc , dans un hotel plutot propre , et pas cher : 320 roupies la chambre , pensez ... un peu plus de 5 euros ... a cote de la gare ferroviaire d'Egmore . Le seul avantage que je trouve a etre la , precisement , est finalement important : par hasard , nous nous trouvons jouxter le centre Boudhiste du Sri Lanka , une grande batisse presque inoccuppee ou je peux aller mediter dans une salle calme , au pied d'une tres grande statue du Bouddha debout , les yeux ouverts . Ca c'est bien parce que sinon , la rue ou nous nous trouvons n'est pas passionnante , malgre que j'y ai teste plusieurs echoppes de the ( attendez de voir la photo , le petit gars qui vous sert est encore un de ces virtuoses , il fait passer d'un verre a l'autre un jet parfait de quatre-vingt centimetres de the au lait bouillant , sans louper son coup ... sinon il faut prendre un rickschaw pour aller ailleurs ,ce qui ne m,enthousiasme guere , tant la circulation est dementielle . Decidement , Chennai est une trop grande ville pour que je prenne plaisir a y circuler