à une époque je le lisais beaucoup , maintenant je n'arrive plus à m'y remettre ; j'ai habité dans les années 77 une maison assez délabrée , qui se restaurait petit à petit , et j'avais inscrit dans le crépi ocre dont nous avions recouvert une partie du sol une citation ( de son journal ou des Lettres à Félice , je ne me souviens plus ), que je dois savoir encore approximativement par coeur :
" Il est parfaitement concevable que la splendeur de la vie se trouve prête à côté de chaque être et toujours dans sa plénitude , mais qu'elle soit voilée, enfouie dans les profondeurs , invisible , lointaine ; elle est pourtant là, ni hostile , ni malveillante , ni sourde , qu'on l'appelle par le mot juste , par son nom juste , et elle vient . C'est là l'essence de la magie , qui ne crée pas , mais invoque "
je ne comprenais pas très bien ; mais la magie , là , était la magie des mots , parce que vérité et beauté et confiance s'y unissaient et pénétraient à travers les carapaces qui protégeaient et enfermaient mon esprit d'alors . Naturellement ça doit faire référence à la conception judaïque de la spiritualité , que je ne connais pas .
Je sais , ce préambule n'est pas une excuse pour m'être approprié le personnage de Franz et d'exhiber la peinture ci-dessous ; sinon que pendant longtemps mon mal-à-vivre trouvait un écho dans le sien . J'ai du peindre ça en 94 ou 95
" le petit Franz devenait de plus en plus encombrant . Mr et Mme Kafka , sans ce concerter , décidèrent de le faire rôtir pour Noël ."