... après ma visite à l'hopital de Thonon - c'était moins pire que je ne m'y attendais, en tout cas mieux que la dernière fois - on est partis en Italie ; à Milan , une ville qui m'enthousiasmait fort peu à priori , Phil avait depuis longtemps envie d'y aller et année après année je trouvais des prétextes variés pour éviter , là je me suis dit que c'était le moment ( parce que je voulais passer en Haute-Savoie ); on est tombés dans une chaleur intense et extraordinaire et torride , de quoi rater un séjour dans une grande ville ; mon gout du paradoxe , et pas mal de chance , ont retourné le ratage probable en une réussite : déjà l'hôtel avait la clim , et puis surtout je suis tombée amoureuse de la cathédrale qui m'a complètement ravie dans le genre , un énorme gâteau , pur gothique flamboyant , effilochages aériens , surabondants et excessifs de pierre couleur biscuit blond , plein de sculptures sympas dans tous les coins - quand on est arrivés , dans une lumière de six heures du soir , c'était devenu comme plusieurs cathédrales de Rouen par Monet , à profusion ... bref , tout était bien , je n'ai même pas bronché devant les bataillons de moustiques qui se sont jetés avidement sur ma chair de touriste au goût exotique , en traversant un parc le soir ... ( ils se sont jetés sur moi et uniquement sur moi , comme toujours, encore une de ces injustices terribles quand on est en ballade à deux ) J'avais emporté une bonne quantité de bouquins , tous bons , là encore plein de chance , je vous en parle la prochaine fois , je les ai dévorés en quelques nuits à peine insomniaques , mes boules Quies bien enfoncées dans les oreilles . Quoi encore ? une bonne exposition Kandisnsky à côté du Duomo ; visite de la pinacothèque , pas géniale mais quelques peintures rigolotes ,dont un placide Saint-Stephane au visage inexpressif , en belle tenue d'évêque , portant en équilibre sur sa tête et sur son épaule gauche deux galets comme deux pommes de terre en robe des champs qui se trouveraient là par hasard , ceci pour rappeler qu'il a été lapidé , j'en ai pris un croquis plus une photo ( j'adore prendre des croquis dans les musées , ça donne une justification à mon existence ... )
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je vous joins la photo du cappucino le plus esthétique que j'ai jamais eu dans un café , à part ça tout à fait banal ( cher , bien sur ; au diable l'avarice ! )
Retour au pays , dès la frontière franchie , les vieilles angoisses étaient au rendez vous , une grande crevasse à la place du coeur , ça faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé à ce point . Bof ,juste un mauvais moment à passer , je le sais . Ca me rappelle une phrase qui illustrait une photo du film Nosferatu , je ne sais plus où j'ai vu ça :
" De l'autre côté du pont , les vampires vinrent à notre rencontre "
( mais en pensant à Nosferatu , ce sont les premières extraordinaires images du film de Werner Herzog que je revois , ce navire avec la peste qui rentre au port ) . E. me racontait un jour qu'elle devenait une autre femme dès qu'elle quittait la France ; c'est pareil pour moi . Je mets un seul pied à l'étranger , me voilà optimiste , énergique , tonique , pleine d'initiative ...