Et voilà , je suis de retour en France depuis hier après-midi ; il est cinq heures et je viens de passer toute la première partie de la journée à divers travaux de rangement , nettoyage de la maison parce que Philippe n'a pas la même notion de l'ordre que moi , lavage et repassage des vêtements portés en Inde , etc , etc ... donc maintenant , récréation , j'ai enregistré mes photos , je vais terminer le récit du voyage puis revoir les chapitres écrits avec ce foutu clavier anglais qui n'a pas d'accents , et introduire les photos adaptées ...
Donc ,Jeudi dernier on est allés à Varkala , parce que le village où j'ai passé les cinq derniers jours , au Kerala , est à une trentaine de kilométres de cette station balnéaire . Nos copains , qui étaient déjà venus l'année passée , nous avaient décrit en termes enchanteurs la baignade dans les rouleaux au pied des falaises rouges , les petits ruisseaux d'eau thermale qui dégringolent la pente , et dans lesquels on peut se rincer après le bain de mer ... On a pris des bus pour y aller , grosse rigolade ; un premier bus pour aller au village voisin , puis un deuxième ;rien que des indiens dans ces bus sans vitres , jamais de touristes , déjà on était l'attraction , on l'est devenu encore plus quand le deuxième bus , sorti du village , a pris sa vitesse de croisière sur une route minuscule , tortueuse , dont seulement une bande au milieu était goudronnée ; parce qu'on s'était assis tous quatre sur la banquette du fond , et que le bus roulait à fond la caisse , sautant vigoureusement sur les cahots , secouant les gens dans tous les sens au milieu d'un nuage de poussière , ça faisait penser au train fantôme des fètes foraines ; plusieurs fois , après un bond de dix centimetres qui nous faisait retomber en plein sur le coccyx , l'une ou l'autre des filles ( mais pas moi ! ) poussait un cri ; les naturels du pays étaient en joie - nous aussi , faut dire , des bus comme ça , j'en avais vraiment jamais pris ; donc tout le monde était hilare . Le top , c'est quand des poissonnières sont montées avec leurs gros bassins de fer blanc à l'odeur innommable , qui glissaient dans nos jambes à chaque tournant ; et bien sur c'aurait été en dessous de la dignité du chauffeur de ralentir . Sur la photo on ne voit pas , mais les poissons ( pêchés Dieu sait quand ) étaient dans les bassins du dessous .
La route serpentait en zone ombragée , traversant des villages , des jardins avec des villas plutôt proprettes ou même luxueuses , parce que beaucoup de gens ici travaillent à Dubai , et se font des sous avec lesquels ils construisent la maison de leurs rêves ( quand à savoir comment sera la plomberie de la jolie maison dans dix ans , c'est une autre question ) . Descente de la mort à fond de train sans ralentir , on traverse une jolie rivière , on remonte en passant devant une grosse mosquée verte - il parait que souvent dans les émirats on exige des hindous qui travaillent là bas qu'ils se convertissent à l'islam - on arrive dans des quartiers plus pauvres ; et finalement , le bus toujours hilare est arrivé à la gare routière de Varkala ; terminus , tout le monde descend .
Nous avons pris ensuite un rickshaw , direction la falaise Nord , North cliff . Petit à petit on est rentrés dans des quartiers plus cossus , et partout il y avait des affiches ou des pancartes proposant des soins ayurvédiques , massages ou cures complétes . On a arrêté le rickshaw , pris à pied une petite piste entre des villas qui indiquait " beach" , et atterri enfin sur la corniche de Varkala . Falaises rouges et cocotiers étaient bien au rendez-vous ... mais ce n'était pas exactement ce à quoi je m'attendais ...
Parce qu'on a marché sur la corniche que vous voyez en haut à droite , qui s'étire sur des kilométres le long de la plage , d'un côté vous avez la mer en bas , et de l'autre vous avez ça partout partout :
Quand j'ai vu comment c'était , j'ai commencé à me sentir ronchon , en plus il faisait de plus en plus chaud ; il était une heure de l'après-midi , orienté plein cagnard , et c'est juste le moment que mes copines ont choisi pour entrer dans une boutique après l'autre ...
... et puis l'une , ou l'autre , a eu faim - avec cette chaleur , c'était incroyable ... envie de manger des crevettes grillées , rien que de les voir me soulevait le coeur , je me suis contentée de descendre verre après verre d'eau glacée , et de m'en répandre sur le visage tant j'avais chaud ... on est restés longtemps à l'ombre dans le café restaurant , puis on a encore marché sur la corniche le long des boutiques . J'ai fait une allergie compléte à ce lieu et me suis refusée à acheter la moindre bricole . Enfin on est arrivés à la plage que les autres cherchaient , j'en avais tellement marre , j'avais tellement chaud que j'ai craint la descente et surtout la remontée de la falaise par les escaliers dans la chaleur lourde de l'après-midi ; je suis restée dans un café , me suis remonté le moral avec deux massala tea délicieux , et puis je me suis tout de même fait un copain .
Mais mon copain était du genre inconstant , le temps que je rentre dans une boutique lui acheter des biscuits - il était tellement maigre - il était parti .... les autres sont remontés , ils avaient l'air enchantés mais assez fatigués ; il faisait un peu moins chaud , le soleil se couchait ; on a continué à marcher , on est arrivés à une zone avec des restaus et des éventaires à l'odeur écoeurante chargés de gros poissons aux yeux visqueux , Marie-Aline s'extasiait sur leur beauté et je sentais bien qu'au moindre encouragement de ma part elle allait proposer qu'on y mange ; j'ai fait de mon mieux pour la décourager , insinuant que les poissons n'étaient pas si frais que ça - entre nous , je n'y connais rien - et mes efforts ont été couronnés de succès , Dieu merci . On est rentrés , malheureusement on a loupé le satsang du soir , mais j'avais évité le pire .
Mais je crois bien que je ne reviendrai plus jamais à Varkala . Une fois suffit amplement .