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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 08:38

                                     Je termine " De Marquette à Vera Cruz " , le quatrième volume de Jim Harrison  prêté Dimanche par Cath et dévoré avec enthousiasme ... comment est-ce que je peux trouver si légère  et libératrice cette histoire glauque  d'un héros au  père dévoyé et violeur ( qui est-ce qui a pu l'inspirer , Les Frères Karamazov ? un livre que j'ai lu quand j'étais jeunette ,  Dostoievski n'est plus vraiment ma tasse de thé , trop exalté , trop de poids de culpabilité infernale ... enfin je crois ... )  Pour revenir à Jim Harrison ,  c'est aussi un livre de délivrance , bien sur . Brefle , ( qui disait Brefle à la place de  Bref ? vous vous souvenez ? ) je me suis trouvé une place dans ce livre , et là je vais être teriblement en manque , je n'ai plus de nouveau livre de lui pour ce soir au secours ... malgré le temps joli joli et venteux qui appelle au jardinage , je crois que je vais plonger à Alès dans les rayonnages chez Sauramps cet après-midi ( j'ai essayé de voir sur Amazon , mais ils n'ont que ce que j'ai déjà lu ) . Ceci dit , son univers n'est pas uniquement Dostoievskien ,  parce qu'il est aussi  l'amoureux des forêts et de l'espace et des animaux ** , qui fait que , en le lisant , j'ai l'impression de donner  la main à un ami ...
         Mais quelle culpabilité ils  ont , les Américains . Par rapport au massacre des Indiens , au massacre des bisons ( je vérifierai sur le net qu'ils en ont bien détruit soixante-quinze millions , comme dit l'auteur ) , à la déforestation . L' histoire de viol  terrible d'une très jeune fille , dans le bouquin , recouvre aussi une histoire de viol terrible de la nature , aux dimensions d'un continent .  En tant qu'Européenne , vivant depuis ma naissance dans un paysage que la main de l'homme a façonné depuis trois ou quatre mille ans , terrasse après terrasse dans les collines , restanque après restanque comme on les appelle de l'autre côté du Rhône ,  ou faïsse après faïsse comme ils disent ici , mon approche personnelle de la " nature " , est à peu-près  pacifiée  .  Pourtant , quand j'étais en psychanalyse  il y a quelques siècles , j'ai rêvé d'une forêt de pins coupés nets . ( Pour ceux qui n'ont pas lu de Marquette à Vera Cruz , il y a ce thème des milliers de souches énormes  de  pins blancs ,de forêts terriblement saccagées ,  qui s'entremêle et sert de fil conducteur au livre . ) Pour moi , c'était le symbole d'une éducation trop sévère , qui avait coupé à ras , à l'époque , les forces de vie nombreuses ... Mon Dieu , il faut absolument que je trouve son autobiographie - Catherine m'a dit que ça s'appelle " En Marge " - à défaut autre chose de lui ... je vais craquer sinon ...allez , pour changer de ma  prose un peu lourde , je vous mets quelques citations :



( Carla est sa chienne labrador bien-aîmée . On voit qu'il connait les labradors et leur légendaire goinfrerie ... )
 
"Carla s'est passionnée pour la localisation des grouses et des bécasses grâce à son flair , mais elle refusait de lâcher les oiseaux qu'elle allait chercher et considérait dés lors comme siens . Un jour , Coughlin a abattu une grouse au moment où l'oiseau traversait la rivière ; Carla  a nagé jusqu'à la berge opposée , puis elle s'est assise pour dévorer l'oiseau en nous regardant , alors que nous comptions vraiment sur cette grouse pour notre dîner."


" Il n'y a pas plus apaisant que de pêcher la truite à la mouche . toutes les autres considérations ainsi que les soucis se dissipent peu à peu ; d'ailleurs , même si vous le vouliez , vous ne pourriez pas les retenir . C'est peut--être parce ce qu'on est debout dans une rivière dont l'eau vous arrive aux cuisses , une eau qui file à la vitesse exacte mais cariavle de l'existence . On reconnait aisément ce caractère éphémère , mortel , qui imprégne bientôt tout le paysage  "

( Moi j'ai pêché quand j'étais gamine , mais je ne pourrais plus , je n'ai envie de faire souffrir , ni un ver , ni un poisson ...quand à la chasse , n'y pensons même pas .) 

 Encore celle-ci , en sortant d'une sacrée dépression ;  il a pile écrit ce qu'on en comprend à chaque fois qu'on sort d'un aspect dépressif de soi-même  ...

" ma vision tunnel s'est élargie pour englober davantage de vie que mon esprit n'en avait enfoui "


*** oui , pas que de ça , bien sur , mais je le laisse aller seul quand il devient le chantre des beaux culs féminins , qui personnellement ne m'ont jamais émue ...

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