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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 09:21

 

 

 

 

Chapitre 1988 : ressentir , dans l'instant

       Quel plaisir d'écrire ... Il pleut , depuis deux jours .  Mais depuis deux nuits j'angoisse à écouter la respiration de mon compagnon . ( Je reprécise , dans la journée il va très bien ; et la nuit , il ne fait des apnées  que s'il dort sur le dos . Donc , chaque fois ,  je me sens la responsabilité de lui suggérer , avec douceur , de se remettre sur le côté ... )  Mais ensuite -   j'écoute , j'écoute ... . Donc , et comme chaque fois , c'est "moi" qui ai la responsabilité de mon émotion , de cette angoisse . Quoi faire .. rester dans l'instant , juste dans l'instant , surtout ne pas penser ,  ne pas faire de projections sur l'avenir , juste ressentir , ressentir , ressentir ...

       Hier , j'avais été voir ma vieille amie d' Avignon . C'était , là encore , un moment précieux de faire la route sous la pluie , avec la certitude que j'allais la retrouver . Précieux , parce qu'elle a eu une grosse bronchite cet hiver , qu'elle n'est pas super en forme ( elle me dit : je passerais ma journée à dormir .. )

      Le soir , j'étais rentrée  sous cette petite pluie douce qui fait du bien , du bien aux près et  aux bois , du bien aux vergers , du bien à mon jardin .. Y'a qu'Hermione qui trouve que ça dure de trop ...  Quel plaisir à mon arrivée !  Philippe avait pensé à allumer le feu dans la cheminée . En ce moment j'ai l'impression nous sommes très fort conscients , l'un et l'autre , que les moments que nous passons ensemble sont précieux ; et nous sommes d'autant plus prévenants l'un avec l'autre ( hum ! pourvu que ça dure ... ) . Conscients de l'insécurité , aussi . La soirée en famille ( chat , chat , chien , et nous ! ) était douce .

         Pour me changer , le flux de pensées revenait au mail bizarre d'une co-voyageuse en Inde . Elle a pris pour elle  le miroir que je lui tendais concernant les refus occidentaux de la " saleté " indienne . La pauvre , c'était effectivement son cas ...  Elle trouve qu'un article que j'ai écrit dans le blog indien a un ton  "  sournois et un peu méprisable "  . J'ai relu l'article , où je parle de ma fatigue à voyager en groupe .. et où je retranscris des fragments de phrases entendus alors . Peut-être même n'a t'elle lu , dans tout ce blog - et avec émotion -  que ce qui la concernait .. Et moi , alors , pourquoi le fait que quelqu'un que je ne connais pratiquement pas , quelqu'un qui emploie ce genre de qualificatifs que j'essaie , le plus possible , de rayer de mon vocabulaire   ( sournois .. méprisable .. ) me toucherait -il ? C'est son monde à elle , sa conception à elle de la spiritualité .. Si elle méprise certains humains , si elle juge , c'est sa façon d'être à elle , et probablement l'a t'elle reçu d'ailleurs ; et elle a émis ce jugement ,  juste dans l'instant où elle a écrit ce mail , en plus .  Pourquoi ça me fait tellement mal à moi ??? Pourquoi cette souffrance , la douleur depuis le coeur jusqu'au ventre ... ?

        J'essaie de creuser ; et je trouve , comme toujours : l'enfance : lorsqu' une prof , que j'admirais  beaucoup , avait cru , à tort , que j'avais copié . A tort , je peux le jurer maintenant . Mais , la souffrance , la douleur depuis le coeur jusqu'au ventre ,  la honte ,  l'incompréhension , l'envie de rentrer sa tête dans les épaules et de cacher ses larmes ... Ou encore plus ancien : ma maman , j'avais cinq ans , m'avait accusée de mensonge parce que j'avais dit avoir lu un livre , un petit livre d'enfant . Là , par contre , maman m'a dit  ensuite avoir  du se rendre à l'évidence - j'avais bien lu . Dans cette famille cinglée où j'avais peur des jugements de mes ados de soeurs , des moqueries ,  j'avais plus ou moins appris toute seule . Mais , la souffrance , la douleur depuis le coeur jusqu'au ventre , la honte ,  l'incompréhension , la honte , l'envie de rentrer sa tête dans les épaules et de cacher ses larmes ...

      Et d'inviter cette souffrance de l'enfant à se manifester au présent , de lui donner tout l'espace  - me permet , tout à coup , de restituer à cette jeune femme de maintenant la responsabilité de ses jugements de valeur . Je peux respirer pleinement , respirer cette douleur dans le coeur ,dans le ventre , devenue comme plus légère ...  c'est juste ça mon moi de l'instant , et je peux le ressentir dans l'instant , en jouir dans l'instant . J'ai écrit ce que j'ai écrit ; ou encore , la Shakti l'a écrit à travers moi , comme la Shakti a écrit son mail à travers elle , comme la Shakti décidera de notre durée de vie , à Philippe , à Renée, à moi ...

        Voilà ; il fait jour .  L'averse s'est arrêtée , et j'ai enfin compris que pour faire des photos de fleurs un peu nettes faut que j'appuie sur un bouton précis de l'appareil photo ( une année que je l'ai !!! pas dégourdie  la nana ! ) et tout à l'heure , j'irai semer des épinards et des  pavots entre les rosiers ... S'il ne pleut pas trop !

  

 

 

 

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