... ce matin je me suis réveillée dans un vague cauchemar , profondément ébranlée par la victoire de Sarkosy , en tant que femme et dans mes sympathies politiques aussi ; malgré la vilaine voix de Ségolène ( pas sa faute si elle doit la forcer dans les meetings ), je me disais qu'lle était moins pire .
Hier soir en zappant vaguement je voyais les sourires figés des personnes de l'entourage de Sarko, j'ai entendu des bribes de son discours - et il y croit , dans l'instant , l'ambitieux , croyant à ses propres mirages , croyant à la réalité de son propre monde ; mais , est-ce qu'on ne fait pas tous pareil ? qu'est-ce qui aurait été différent en cas de victoire de la gauche ?*** puis Mireille Mathieu chantant la Marseillaise d'une voix vibrante , une horreur à tous les niveaux ( quelle chanson bizarre , quels ennemis à annihiler en un sanglant combat ???? )
*** au moins , il n'y aurait pas eu Mireille Mathieu , c'est déjà ça ...
se remettre sur ses pieds , dans sa relation à la terre et aux nuages, avec un petit peu d'Alan Watts ( " Bienheureuse insécurité " , chez Stock , je crois qu'ils l'éditent toujours )
" Comprendre qu'il n'y a pas de sécurité signifie beaucoup plus que reconnaître simplement que tout est soumis au changement , ou que la vie est transitoire. La notion de sécurité se fonde sur ce sentiment qu'il y a en nous un fond permanent et qui résiste à la fuite du temps et aux fluctuations de la vie . Nous luttons pour raffermir la permanence , la continuité , et la sécurité de ce noyau résistant , ce centre et cette âme de notre être que nous appelons l' "ego". C'est ainsi que nous croyons pouvoir devenir réellement des hommes - les maîtres incontestés de nos pensées , de nos sensations et de notre savoir . Nous ne comprenons pas que nous n'atteindrons jamais la sécurité tant que nous ne nous rendrons pas compte que cet " ego" n'existe pas. La compréhension passe par une prise de conscience . Pouvons nous donc approcher notre expérience - nos sensations , nos sentiments et nos pensées - en toute simplicité , comme si nous ne l'avions jamais connue auparavant , et pouvons nous , sans préjugé , observer son développement ? Si l'on me demande : " Mais quels sont les sentiments , les sensations et les pensées que je dois observer ?" je répondrai : " Lesquels pouvez-vous donc observer ?" la réponse est qu'il faut observer ce dont on fait l'expérience dans l'instant présent . "
voilà , puissions nous tous avoir le coeur léger ... même ce matin ...