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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 08:44

   On peut voyager de bien des façons ... j'ai rencontré , et apprécié , plusieurs voyageuses solitaires ; la première à Pondichery ,nous l'avions déjà vu méditer au Samadhi , mais je crois qu'on a fait vraiment connaissance parce que Martine et moi hésitions à entrer dans un petit restau de la promenade qui ne payait pas de mine - cette  grande fille aux yeux bleus , le genre sans chichis ,  entrait justement  ; elle nous a dit que c'était bon . On a mangé ensemble ,effectivement c'était très bon ,  pour quelques roupies on nous a servi une immense crêpe au fromage genre cottage cheese et à la pomme de terre , épicée et délicieuse , bien plus aérienne que les crêpes bretonnes mais après ça on peut dire qu'on est rassasié ... elle était à Pondi pour plusieurs jours , d'abord  à Park Guest House puis il n'y avait plus de place là , elle s'était trouvé un hotel à cent roupies la nuit ( ça fait un peu moins de deux euros ) mais  propre et avec douche , disait -elle ; faisait ses adieux à l'Inde pour cette année avant de rentrer dans la Marne , ou dans l'Oise , je ne sais plus ; depuis vingt ans elle s'y balladait tous les ans , seule ou accompagnée , seule le plus souvent , à l'entendre ça avait l'air simple , aussi . Nous a parlé de quelques ashrams , du plaisir de jardiner , de quelques coins magnifiques près de Mysore ... à l'entendre tout avait l'air  facile .
  Une autre , c'était dans le Kerala . Une femme qui pouvait avoir dans les soixante-dix ans , ex- blonde platine un peu replète , enroulée dans un sari de mousseline aux couleurs printanières , vert pomme et bleu ; elle n'allait pas au yoga du matin , parce qu'elle préférait méditer longuement dans sa chambre ,oubliant l'heure disait-elle . Elle venait d'acheter un immense terrain plus au Nord pour fonder un orphelinat , près d'un ashram ; ancienne agente immobilière ( et je pouvais bien l'imaginer en France comme agente immobilière , toujours blonde platine mais habillée autrement ) , elle était heureuse de l'achat , du bon projet ;  là encore elle se promenait sans encombre en Inde , du Nord au Sud et du Sud au Nord , amoureuse de ce pays où elle  sentait son vrai pays , sa vraie famille ( j'ai senti percer un  soupçon d'amertume quand elle  a évoqué les splendides chemises indiennes qu'elle avait rapportées à son fils en France ; lequel ne les mettait jamais )
   Une troisième , toute jeunette et qui a fait mon admiration par sa maturité et sa débrouillardise ,  nous confiait  que le cambodgien était une langue facile , à la différence du laotien  mais de même que le Malayallam - la langue du Kerala -  le Kanadda , celle du Karnatakka , ou le Tamoul ( j'ai mal retenu , c'est peut-être l'inverse ) ; à elle , toute l'Asie semblait territoire d'exploration passionnant , elle finançait ses voyages d'étudiante en vendant ses emplettes sur les marchés , par exemple des dhotis , ces pagnes unis, à carreaux  ou à fleurs , de longueur variable , que les hommes , exclusivement , enroulent autour de leur taille ; celui qu'elle nous a montré ,  en coton tout fin à bordure ornementée , était d'un violet  si chatoyant que toute occidentale normale rêvait de s'en faire une écharpe ... 
    Etre loin de chez soi , des habitudes ou soi-même et les autres nous ont enfermés , de la vision qu'on a de soi , qui a tendance à se figer de plus en plus ... loin de chez soi , dans des circonstances autres ,et des capacités nouvelles se font jour , quel étonnement ! ( moi-même et à ma propre surprise  , je me suis régalée , vraiment régalée , à faire l'interprète en anglais , parce que les autres membres du groupe étaient vraiment encore plus nuls que moi ;  m'habituant peu à peu au débit rapide , nasal et liquéfié , des indiens , massacrant gaiement la grammaire british de compagnie avec eux ... mon jour de gloire , ça été à Badami , j'ai pu traduire plein d'histoires concernant Vishnou ,Shiva et Parvati , parce qu'en plus  j'avais eu la chance  de les lire dans un bouquin  acheté quelques jours auparavant ) 

  Et pendant ce temps , ma voisine elle aussi faisait un voyage tout le  mois durant : elle a passé tout ce temps à l'hopital d'Alès ; au téléphone , elle m'a raconté longuement les records de liquides que les toubibs ont retiré de ses poumons , le professeur de Montpellier qui n'avait vu ce genre de maladie qu'une fois dans sa carrière ... autre façon de voyager .Que j'ai pratiquée à une époque ;  tout de même il y a plus rigolo ...

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