Au Luxembourg , 8 Décembre , vers 17 heures .
Petites Peintures
A l'origine , c'était un blog pour montrer mes peintures ,qui sont des petits formats sur papier . Au fil des jours et des mois , et parce que j'écris quand je n'ai pas la disponibilité pour peindre , c'est devenu un endroit en dents de scie qui m'a permis d'assumer enthousiasmes et déprimes , joies et agacements ,bien souvent comme si c'était la dernière bouée qui me restait sur terre . Il est nécessaire que vous gardiez à l'esprit que c'est le blog de quelqu'un qui est en cheminement ; quelqu'un qui sait , comme le lecteur , que les émotions changent sans cesse , les émotions qui sont refus du monde qui m'advient , et qu'il ne faut pas trop s'y laisser prendre ; mais pas les nier non plus ; et que l'enseignement des sages est : " Tout est bien ". Un monde harmonieux , en somme , pour peu que nous puissions en comprendre les mécanismes ... ce qui n'est pas encore mon cas .Oui , j'ai fait quelques progrés en trente ans , si vous saviez d'où je viens ... Le chemin m'emméne , de toutes façons . Vers où ? En attendant de le comprendre , ce monde , on peut juste émettre le voeu boudhiste : " Puissent tous les êtres se sentir heureux " - si vous le préférez en Sanskrit : Loka Samastha Sukhino Bhavantu
J'explique le pourquoi du pseudonyme en partie dans le bandeau de mon autre blog , au nom tiré de Lewis Caroll , mais néanmoins consacré à des voyages en Inde - le lien est tout en bas à gauche , mais vraiment , en bas , en bas ...
Branchesetbosquets , c'est l'étymologie de mon nom de famille - et puis ça me confortait dans l'impression d'être un personnage de Tolkien . Enfin , si vous avez perdu mon e-mail : c'est francoise.rambosson@free.fr , et je préférerais , de beaucoup , que ça apparaisse en petit mais - j'arrive pas .
Au Luxembourg , 8 Décembre , vers 17 heures .
J'avais soigneusement arrangé les dates de notre séjour pour ne louper qu'une séance de yoga sur la semaine ; et ce matin je n'ai pas eu l'énergie de prendre la route ... me voilà donc condamnée à faire une séance de yoga sur clavier , à la place .
Quoi de neuf à Paris ? Quoi qu'on a vu de beau ? L'expo Monet au Grand Palais , tout d'abord ; si vous vous souvenez , à priori j'avais grand peur de la foule ... On a attendu une bonne demie-heure de pouvoir entrer , les pieds gelés et le nez qui coulait , au sein d'une troupe - dense , hélas ; et juste pendant qu'on piétinait désespérément sur le verglas en bas du grand escalier d'entrée , une classe de gamins est sortie en se bousculant . Chouette ! je déteste supporter les laïus qu'on leur asséne , et je hais les mouflets qui font du bruit , ricanent et dérangent mon Eden personnel ... ( personne ne m'a emmenée dans le moindre musée des beaux-arts quand j'étais petite , mes parents considéraient que ça n'était pas leur monde -et ça n'a pas vraiment décidé de mon amour de la peinture ) . Donc , cette expo ... ça a été un beau moment malgré l'assistance nombreuse , les spectateurs étaient respectueux et bougeaient lentement , et silencieusement . Pélerinage plutôt que visite ... J'ai pu constater qu' il y a au moins une dizaine de tableaux que j'aimerais voler , notamment une Vue de Vétheuil , qui a du être peinte au début de la matinée d'un jour d'été , depuis le bateau-atelier de Monet , ancré au milieu de la Seine ; le village , vu de loin , décrit à petites touches nombreuses , de couleurs si fraîches et si chaudes à la fois , parait tout bourdonnant de vie ; aussi , quelques tableaux du début de sa carrière , à Honfleur ou à Sainte Adresse . Je suis modeste , voyez-vous , je ne demande même pas les plus connus ... ceci dit , les tableaux qui m'intéressent sont d'un format un peu conséquent - comment faire ?
Autre beau moment : à Beaubourg , chez Mondrian . J'aime beaucoup Mondrian , moi qui peins façon pattes de mouches et graffitis ... depuis quelques années est affichée en bas de notre escalier une toute petite reproduction de Ragtime , rythme de carrés bleus , rouges , bruns , sur fond blanc , qu'il a du peindre à New York dans les années trente , presque à la fin de sa vie . Ce côté simplificateur et plein de décision des couleurs primaires , des rythmes verticaux et horizontaux uniquement ... tout le contraire de mon quotidien où le moindre frémissement d'une branche de pin , le moindre battement de cil plaintif de ma mère dans le téléphone , le moindre miaulement du Rajounet , le moindre rêve dont j'émerge le matin un peu plus vaseuse qu'à l'ordinaire , retentissent sur toute l'énergie de ma journée ... Quel bonheur de se reposer sur ce total manque de nuances des peintures géométriques , ces couleurs simples - blanc , bleu , jaune , rouge , gris , noir ... de se dire qu'on a décidé que ça serait comme ça et pas autrement ... Quel repos , quelle énergie ... le top m'a été offert par une visite de la reconstitution grandeur nature de l'atelier du peintre qu'il occupait 26 rue du Départ , dans les années 20 , si je ne me trompe . Pièce à peu près carrée , plutôt haute de plafond ; plancher peint en noir , murs blancs , petits tapis gris , un meuble immense laqué noir , avec un rectangle rouge en haut à droite d'une des portes ; deux tables laquées blanc , quelques fauteuils badigeonnés de gris pâle ... on est à l'intérieur d'un tableau , d'un Mondrian . Ouah ! Une cure réenergétisante !
Et quoi encore ? Moebius à la fondation Cartier - je vous en parle demain ...
On peut , soit penser que la promenade d'hier se paie pour une grippeuse , ma fille je te l'avais bien dit t'es sortie hier toussant comme tu toussais , et en plus t'as même pas voulu appeler ta maman après- la bonne vieille conception judéochrétienne donc - soit , tout simplement , se dire que l'énergie du soleil n'est plus étincelante comme elle l'était hier , qu'il est temps de s'harmoniser avec celle de la pluie glacée qui tombe sans disonctinuer ; me voilà donc calfeutrée au coin du feu . J'ai terminé le livre sur Monet ; l' aquarelle en train , que j'ai commencée hier soir , s'annonce bien . Parce que c'est important de donner ce qu'on a à donner , qu'on soit un grand artiste ou un peintre mineur , un arbre ou une boutured'une plante modeste - comme me le faisait remarquer justement tout à l'heure le cactus de Noël .
Et à propos de cactus de Noël , la bouture dans le pot à gauche m'a été donnée par le cousin de St Laurent , et j'ai bien l'impression que ça n'est pas tout à fait la même que la plante à droite , que les couleurs en sont un peu plus vives . J'ai visité ce matin un site extra sur ces plantes , qui sont sympa et faciles à vivre : http://cactusepiphytes.pagesperso-orange.fr/index.htm , ça m'a occasionné une crise d'avidité - ouah , il y en a des jaunes , des panachées jaunes et roses , et des blancs , je ne savais pas , oh j'en veux j'en veux j'en veux ...
Un temps glacé certes mais lumineux , je me sentais pleine d'énergie encore que tousseuse cattarheuse ... l'envie d'une promenade me tentait trop , je me suis super emmitouflée et suis donc partie , me sentant vertueuse et prudente : après Ribaute-Les-Tavernes au nom évocateur ( de quelles débauches , en pays Camisard ?) : dans les vergers et les champs fertiles de l'autre côté du Gardon , l'approche de l'hiver fait fleurir des couleurs rares , des harmonies recherchées dans les tons pastels assourdis : les champs d'asperges ( asparagus , mais oui !) comme une brume orange clair à cinquante centimètres du sol , les tas de sarments de vignes , du terre de Sienne au gris sombre , les grandes étendues plantées de cardons , ou d'artichauts je ne sais pas trop distinguer quand ils sont un peu écroulés comme ça , sculptés et recourbés en volutes rigoureuses ciselées comme des chapiteaux grecs , émeraude dessous , jade dessus , les branches des noyers , argent clair ponctuées des taches jaunes des lichens , les vergers de pêchers dont les rameaux rougeâtres jaillissent droit vers le ciel ... Qui a dit que l'hiver est terne et triste ?
Le retour nous amène devant un plaqueminier chargé de fruits , joyaux orange sur le bleu profond du ciel , merveille sur merveilles ...personne n' a cueilli les kakis, quel dommage ... quelle chance pour Hermione et moi qui nous régalons , même s'ils sont un peu trop murs !
Bouh ! trois jours à ne pouvoir rien faire d'autre que dormir ; Mercredi j'ai fini par descendre au village et me traîner chez le toubib , me v'là bourrée d'antibiotiques et de cortisone (moi qui suis plus que parano dès que je quitte les médecines naturelles , j'ai lu les notices du tout chimique en blémissant , heureusement les effets secondaires des uns semblent contrebalancer ceux des autres , le premier donne des chutes de tension , l'autre de l'hypertension , les deux s'entendent pour le glaucome , aucun ne parle de problèmes intestinaux , et pourtant ... ) Jeudi et Vendredi j'ai continué à roupiller sans quitter la chambre , enfin ce matin j'émerge un peu ... Il fait tellement beau que je meurs d'envie d'aller balader !
Je n'ai pas totalement perdu mon temps , pendant que j'étais au lit j'ai attaqué la lecture d'un gros livre sur Monet , dont je ne connaissais presque pas la vie ; afin de mieux préparer ma visite à l'expo la semaine prochaine . Je m'en étais fait une idée de ce mec , un bourge plutôt heureux , qui serait arrivé à la reconnaissance et à la fortune tranquillou , avec une vie de famille sympa et ce merveilleux jardin de Giverny -quoi demander de plus ... ( et je l'opposais , connement , au pauvre Vincent Van Gogh , à Cézanne si tourmenté )
Misère ! tourmenté et malheureux , obsédé par ses exigences de perfection , il l'était autant que n'importe quel artiste ... certes un train de vie plus que bourgeois , mais vie de famille semée de difficultés et de drames , les cinquante premières années de sa vie passées à courir après l'argent , criblé de dettes , la lutte contre les ricaneurs et les critiques méchants ... - alors , il devait être heureux quand il peignait ? C'est ce que j'avais toujours cru , tant il me donne à moi de joie lumineuse quand je regarde La Pie , ou l'Hôtel des Roches Noires à Etretat , des bords de Seine , les nymphéas ... eh non , ça n'est même pas sur ; peut-être à l'instant où il avait le pinceau en main heureux oui ; mais tout de suite après , l'enfer , le mécontentement de soi , la critique féroce et destructrice de son propre travail , la destruction ou le grattage de ses toiles après les heures passées dehors à peindre par tous les temps , oui par tous les temps , même s'il pleuvait ,même s'il gelait , pas le genre à rester au chaud sans travailler ...
Et alors ... tout ce drame , toute cette souffrance , et à nous il reste , il nous a donné , tous ces instants de beauté enfermés dans des carrés de toile peinte ... c'est drôle , non ?
J'ai passé sagement la journée au chaud pour être en forme et aller au kirtan , la soirée de chants indiens , organisée par Nathalie et Adam tout à côté , ce qui n'arrive pas trop fréquemment . ( C'est plus souvent à Uzés , en hiver je n'y vais pas le soir , trop loin ) Je sais qu'une soirée de kirtans change l'énergie , j'en attendais littéralement la guérison totale de ce rhume qui devient importun . Las ! vers les sept heures du soir j'étais si fatiguée , fièvreuse et quasi aphone ,si peu enthousiaste à l'idée de sortir , d'entrer dans ma voiture glacée même pour faire seulement deux kilométres , de me retrouver dans une pièce dont je n'aime pas toujours l'odeur de chauffage au gaz , au milieu de beaucoup de gens aussi - tous fort sympathiques ,mais rien que le fait de chuchoter " bonjour !" à travers mon gosier râpeux me paraissait épuisant - sans imaginer même de chanter ... donc , je suis restée ici sur le canapé , à essayer de gagner de l'espace sur Noisette toujours ronchon ( cette chatte me ressemble de manière effrayante , par certains côtés ) . Mais j'étais mal à l'aise de ne pas être allée à cette soirée ... je me couche bonne heure , bourrée de Cephyl et d'huiles essentielles , espérant que la bonne énergie des mantras parviendra jusqu'à ma chambre ... me réveille à une heure et demie , suis incapable de respirer , la gorge et l'intérieur du nez me brûlent à chaque passage de l'air , le cuir chevelu me démange ... incapable de rester couchée , incapable de bouquiner , me sens au bord du suicide , si je vivais avec un mec qui a le moindre intérêt pour la spiritualité indienne ah ben tout serait certainement mieux ah ben oui ça serait autrement , je plonge dans le désespoir , le mental s'en mêle et cavale : et puis début Décembre on part une semaine à Paris que nous espérions festive , on a déjà réservé les billets de train , passer une semaine enrhumée dans une chambre d'hôtel parisien , avec des sorties théâtre et musée prévues ça sera super - Il faut couper ce genre de cycle infernal des pensées qui tournent , quoi faire ? je m'occupe d'abord de l'hygiène de mes fosses nasales , prends un bain de pied chaud , n'ai envie ensuite ni de me coucher ni de m'asseoir - alors j'attrape le balai et la serpillère et je fais le ménage ... me sentant terriblement et abominablement misérable . Ce faisant , j'ai l'impression d'éliminer les microbes à l'intérieur , en même temps que la poussière et la boue argileuse , et ainsi de faire au moins quelque chose pour ma guérison . Oui , je sais , c'est peut-être un peu tordu ; mais au moins demain matin le ménage sera fait .
Et c'est dans ces cas là justement que mon copropriétaire est d'une gentillesse absolue , incroyable , et totalement imméritée . Moi qui n'ai jamais connu de tendresse paternelle , et plutôt des aigreurs maternelles , moi qui ne suis pas quelqu'un de gentil ni de tendre ,surtout d'ailleurs depuis que j'ai maman en charge , je vois bien qu'il se conduit alors avec moi aussi patiemment que si j'avais cinq ans , supportant avec constance mes humeurs acariâtres . Misère de rhume !
.. qui m'a sauté dessus par surprise , Jeudi matin au yoga j'étais en super forme , Jeudi soir v'là que j'ai froid , et que je passe plus d'une heure à grelotter en claquant des dents , malgré le gros édredon et deux chats commodément installés , l'un contre mes pieds , l'autre à cheval sur ma hanche ( commodément pour les chats , bien sur . Ce qu'ils sont lourds , quelquefois ...) , tout le monde sur le canapé en plein devant le feu qui pétillait . Je me suis fait un traitement de cheval , j'avais justement le matin même refait des flacons de mélange d'huiles essentielles commandées sur Aromazone ( thym-niaouli-eucalyptus radié- tea-tree -pin sylvestre ), mais ça ne m'a pas empêché d'avoir un peloton de fils de fers barbelés coincé sous la glotte pendant toute la nuit ; dans la journée le mal de gorge est passé , revenu cette nuit ... reparti ce matin , reste une toux bien importune et le nez qui dégouline . Le bon côté des choses , c'est que Vendredi j'ai passé la quasi totalité de la journée à roupiller , avec juste assez d'énergie pour bouger le pouce sur la télécommande , ouvrant un oeil vaseux pour ne pas rater les émissions télé les plus débiles ( ma préférée est le téléachat : tous ces appareils destinés à vous fabriquer une silhouette divine en vous agitant cinq minutes par jour seulement , quel fantasme ! Quoique dans cette vie , je ne crois pas que j'aimerais être une de ces fausses blondes bodybuildées , avec en bas du maquillage un sourire qui fait surtout honneur à leur prothésiste dentaire ) ; toujours le bon côté des choses , quand je dors le jour je suis insomniaque la nuit , aussi mon état cérébral s'était suffisamment amélioré pour que je puisse continuer la lecture de " Et que le vaste monde poursuive sa course folle " , de Colum Mc Cann . Bouquin que j'ai terminé ce matin et j'ai :
A-DO-RE .
Chouette Chouette Chouette ! un bon romancier que je ne connaissais pas !
La meilleure surprise depuis Best Love Rosie , de Nuala O'Faolain ( tiens , une irlandaise , elle aussi . ? ?)
Bon , alors , je n'ai plus de nouveauté à lire , j'ai une provision de kleenex qui devrait suffire jusqu'à ce soir , et le dilemne dont je vous parlais l'autre jour demeure - en attendant que je me procure d'autres livres de Collum Mc Cann - Tolkien maintenant ? ou Proust ?
J'ai beau râler contre le ménage , la gérance de la vie quotidienne pour maman , etc .. et le manque de temps pour peindre , je vais marcher tous les après-midis , emmenant Hermione , bien sur , mais aussi Philippe , ce qui m'agace et me plait à la fois ( me plait parce que , s'il conduit la voiture , je peux explorer davantage ) . En ce moment , la recherche de champignons ajoute un côté bien plus excitant à la promenade . Hier , vers le château de Fressac , j'ai trouvé plusieurs pieds-de-mouton qui poussaient discrétement dans une petite restanque à l'ombre , à demi cachés sous le tapis de lierre et de feuilles de chêne tombées à terre , tels de blanches fleurs charnues et sensuelles . Je me vois tellement accro à cette cueillette de l'après-midi , tellement avide , je m'étonne moi-même ... du coup j'ai essayé , par le genre de gymnastique mentale exécutée par Marcel Proust avec sa madeleine , de préciser le genre de plaisir que me procure leur découverte ( de retour à la maison , je les cuisine , bien sur c'est délicieux , mais ça n'est pas la gastronomie qui me motive : l'autre jour j'ai donné ma cueillette à la voisine parce j'avais la flemme de les préparer )
Je réévoque le moment passionnant où je les découvre , j'essaie de détailler les sensations corporelles ressenties alors , et je tombe avec surprise sur un plaisir quasi érotique , le genre d'émerveillement que Marcel prête au baron de Charlus découvrant un bouquet de charmants jeunes gens hyper désirables ( il me semble que c'est au Grand Hôtel de Balbec , mais peut-être à la première réception chez le Duc et le Duchesse de Guermantes ). Tiens , tiens , moi qui ne suis guère tentée par les petits jeunes ... et laissons de côté , si vous le voulez bien , toutes interprétation phallique primaire , le pied-de-mouton offre aux regards admiratifs une large corolle , blanche ou abricot clair , qui s'amincit progressivement en approchant des bords , délicatement festonnés et arrondis comme des pétales de fleurs ; et ne m'évoquent donc vraiment pas le sexe masculin , un peu sommaire dans sa forme ... non , je ne suis pas attirée par celui des dames non plus , si vous voulez savoir . Mais où l'érotisme ne va t'il pas se nicher , tout de même ...
( Hier j'avais oublié l'appareil photo , ça c 'est la ballade de l'autre jour , vers les mines de la Vieille Montagne , au nom Tolkienien , et j'y ai surtout trouvé des sanguins . J'hésite pour cet hiver , qu'est-ce que je relis , Tolkien , ou Proust ? )
Moi qui , au réveil , suis souvent déprimée , ou maussade ou en rogne , ou encore accablée par la prolifération de tâches non absolument enthousiasmantes , ou difficiles ; si , avant même de m'habiller , de faire ma toilette , je peux prendre une demie-heure pour m'occuper de peinture - même si c'est seulement le papier aquarelle à "préparer" en choisissant des couleurs avec lesquelles je fais des taches et des coulures légères sur toute une partie de la surface blanche , qui me donneront ensuite l'inspiration pour le sujet de la peinture - même seulement celà , alors la vie et la journée m'apparaissent ensuite comme passionnantes et je peux m'atteler à l'inévitable et au chiant , avec ce qui ressemble presque à de l'enthousiasme , ou tout au moins du courage .