
Petites Peintures
A l'origine , c'était un blog pour montrer mes peintures ,qui sont des petits formats sur papier . Au fil des jours et des mois , et parce que j'écris quand je n'ai pas la disponibilité pour peindre , c'est devenu un endroit en dents de scie qui m'a permis d'assumer enthousiasmes et déprimes , joies et agacements ,bien souvent comme si c'était la dernière bouée qui me restait sur terre . Il est nécessaire que vous gardiez à l'esprit que c'est le blog de quelqu'un qui est en cheminement ; quelqu'un qui sait , comme le lecteur , que les émotions changent sans cesse , les émotions qui sont refus du monde qui m'advient , et qu'il ne faut pas trop s'y laisser prendre ; mais pas les nier non plus ; et que l'enseignement des sages est : " Tout est bien ". Un monde harmonieux , en somme , pour peu que nous puissions en comprendre les mécanismes ... ce qui n'est pas encore mon cas .Oui , j'ai fait quelques progrés en trente ans , si vous saviez d'où je viens ... Le chemin m'emméne , de toutes façons . Vers où ? En attendant de le comprendre , ce monde , on peut juste émettre le voeu boudhiste : " Puissent tous les êtres se sentir heureux " - si vous le préférez en Sanskrit : Loka Samastha Sukhino Bhavantu
J'explique le pourquoi du pseudonyme en partie dans le bandeau de mon autre blog , au nom tiré de Lewis Caroll , mais néanmoins consacré à des voyages en Inde - le lien est tout en bas à gauche , mais vraiment , en bas , en bas ...
Branchesetbosquets , c'est l'étymologie de mon nom de famille - et puis ça me confortait dans l'impression d'être un personnage de Tolkien . Enfin , si vous avez perdu mon e-mail : c'est francoise.rambosson@free.fr , et je préférerais , de beaucoup , que ça apparaisse en petit mais - j'arrive pas .

Commençons par la fin , donc . Celle du Boudha ,dans la dernière des grottes d'Ajanta . Presques toutes mes photos de ces sculptures merveilleuses sont ratées ... enfin , ça vous donne une idée . Elles sont très grandes , deux ou trois fois plus grandes que la taille réelle d'un homme . Ce Boudha là est mort , ou mourant ; mais les sculptures qui le représentent vivant , en train , souvent , d'enseigner ou de méditer , rayonnent de la même présence paisible . Cette pierre est tellement dense , il y a là , malgré les visiteurs bavards , malgré que le site ait été abandonné en tant que monastère depuis un millier d'années , tellement l'énergie de toutes les générations de moines qui y ont habité ,qui ont médité là ; remplis de respect et de ferveur pour ce Boudha qui leur a montré un chemin pour trouver un espace de calme dans les montagnes russes de la vie ...
( Et puis c'est tout mouillé dehors ... Mais comment faites-vous pour survivre ?moi depuis ce matin j'empile les couches de pulls ... j'ai réussi à défaire mes valises , à enregistrer mes photos ce matin , et maintenant je n'ai plus envie que de me rouler en boule sous la couette ... j'hésitais , j'avais envie de reprendre tous les articles écrits pendant le voyage mais qui ne sont pas illustrés - et puis , la flemme . Alors , et comme j'ai envie de montrer mes photos , je vais commencer quand-même ; dans le désordre ! )
La gentille Elise-de-Comptoirs-du Monde m'avait dit , mais si , ca vaut le coup Bombay , il y a plein de trucs interessants a voir , les grottes sculptees sur l'ile d'Elephanta , le Musee Prince of Wales et ses miniatures , et puis des quartiers sympas ... ( c'etait avant les attentats ) . Bon , alors va pour une journee a Bombay ... un train tres pittoresque nous y a amenees hier soir , a peine six heures passionnantes depuis Aurangabad pendant lesquelles on n'a pas arrete de s'extasier , de prendre des photos des paysages secs dans la belle lumiere , des champs de coton et de cereales , des chars a boeufs , avec de temps en temps sur le quai d'une gare la note de couleur vive du turban rose framboise d'un villageois , du sari orange d'une jeune maman . En s'interrompant de temps a l'autre pour grignoter les petits repas exotiques sans cesse proposes par les employes veloces , croquettes vegetariennes accompagnees de pain de mie tres blanc , heritage britannique tardif mais delicieux , et de ketchup , ou riz jaune melange a des noix de cajou et des legumes avec une sauce incroyable ( quoi qu'on demande , les serveurs disent toujours : " not spicy , not spicy " avec un bon sourire rassurant .Ensuite , debrouillez vous comme vous pouvez pour expliquer ca a votre systeme digestif ). Douillettement installees sur des sieges branlants dans tous les sens et parfaitement sales , la clim pas trop froide en plein dans le cou , ( comment se fait-il que ces wagons , qui datent manifestement d'une cinquantaine d'annees , soient si agreablement climatises ? mystere ...) , nous avons vu passer agreablement ce voyage , et sommes meme arrivees a Bombay a l'heure prevue ...
Mais aujourd'hui , c'est Lundi , et le Lundi a Bombay , plein de trucs sont fermes . Nous avons donc fait un tour de ville avec un chauffeur tire-au-flanc et directif , histoire d'apporter notre contribution personnelle a l'incroyable nappe de pollution qui plane sur la ville et baigne l'horizon maritime d'un nimbe poetique ; nous sommes bagarrees une heure durant avec ledit chauffeur pour qu'il consente a nous mener a la Poste , tres joli batiment victorien plein de petits guichets antiques , ( not possible , Madam ... not possible ... ) puis avec son boss , qu'il avait appele a la rescousse , parce que nous voulions regarder d'un peu plus pres la Railway Station (not possible , Madam , visits are not allowed ...) , egalement batiment victorien plein de clochetons neo gothiques et de gargouilles ... je ne comprends pas pourquoi ils nous ont dit qu'on ne pouvait pas rentrer a l'interieur , puisque tout le monde y rentre , et nous aussi ... et puis nous devrons mener une autre bataille ce soir pour qu'il nous laisse nous reposer a l'hotel jusqu'a dix heures du soir comme c'etait prevu . Notre avion part a trois heures moins vingt du matin , demain matin on sera chez vous ... la ou il pleut ,ou c'est le debut Fevrier et qu'il fait froid , ou il n'y a plus d'idlis moelleux ni de sweet lassis , la ou on peut se laver les dents a l'eau du robinet , ou les chiens ne sont pas galeux ni les chats squelettiques ... la France , c'est chez nous aussi ? je ne sais plus; on me proposerait maintenant de repartir a Tiruvannamalai , je ne dirai pas non ...
Hier , visite du site d'Ellora , a vingt kilometres d'Aurangabad . . Sortis des faubourgs d'Aurangabad , on passe devant les restes de remparts magnifiques , une ville immense a vecu , avec ses marchands et ses seigneurs , ses temples , ses femmes , ses enfants , ses soldats , toute une civilisation disparue . Completement oubliee .
On s'engage dans la montagne seche et poussiereuse , croyant avoir definitivement dit adieu aux champs fertiles ... surprise , arrives sur un genre de plateau , d'autres villages , d'autres rickshaw , des etangs couverts de nenuphars , d'autres champs de ble et de canne a sucre ... enormement de chevres , certaines en liberte , d'autres attachees , et toujours des bovins , ceux a bosse ,tout maigres , et des buffles enormes , tres massifs , noirs ou gris , qui font penser a des betes prehistoriques .
On descend dans une autre vallee en traversant des sous-bois , l'herbe y est rase ou absente , des arbres sans feuilles mais fleuris de fleurs blanc rose , ca ressemble a la campagne en Toscane au printemps sauf qu'il fait trente degres a l'ombre , que des cactus bouillonnent ca et la ... Au pied d'une falaise , plein de voitures garees , et beaucoup de monde , surtout des classes de gamins en visite : Ellora .
Ellora , c'est une serie de grottes sculptees ; une douzaine correspondent au boudhisme , a peu pres autant a l'hindouisme , et quelques unes au jainisme . L'une des grottes n'en est pas vraiment une , c'est un extraordinaire temple hindou , dedie a Shiva , qui a ete creuse de haut en bas dans la falaise , au marteau et au ciseau comme nous dit le guide . Les gens ont creuse sur trois cotes en bordure de falaise , ensuite ils ont paufine les details , elephants grandeur nature , sculptures innombrables representan des dieux et deesses varies , Shiva ou sa compagne Parvati dans toutes les circonstances , bas reliefs racontant le Ramayana ou le Mahabarhata ... j'avais deja vu des photos , mais la - quoi dire ... c'est tellement fabuleux que j'en avais les larmes aux yeux - ce temple dans le roc ... les gamins indisciplines ont beau hurler de joie , les indiens ont beau se faire photographier devant les plus belles sculptures avec des sourires avantageux des heures durant , les vendeurs de bimbeloterie et de cartes postales ont beau nous harceler - c'est incroyablement magnifique .
Quand aux grottes boudhistes , il y a des sculptures du Boudha tellement belles aussi ... si paisibles . Et les grottes jainistes ne sont pas les moins belles .
On a eu de la chance , notre guide , choisi au hasard , etait du genre discret et intelligent . Je l'ai soupconne d'etre boudhiste , du type boudhiste libre-penseur . Rien a voir avec le cretin qui nous a tenu la jambe toute la journee a Ajanta aujou'hui , et qui attirait notre attention sans cesse sur les details les moins interessants , les plus anecdotiques ; se montrait a la fois visqueux et autoritaire , alors que j'aurais voulu me recueillir devant les merveilleuses statues du Boudha prechant dans le parc aux Gazelles , devant les fresques tres abimees mais dont on percoit l'extraordinaire raffinement et delicatesse ... il a failli me gacher la visite . Failli seulement . Parce que la aussi , dans un genre different , c'est un lieu extraordinaire . Et pourtant , qu'il faisait chaud ...
a tip , c'est un pouboire ... on ne sait jamais combien donner , naturellement . Les chauffeurs qui nous conduisent sont , en principe , payes par l'agence qui les emploie . Mais on est aussi censes leur donner un pourboire . Quel embarras ... et quelle horreur , de voir le visage de quelqu'un qu'on trouvait sympathique et ouvert , et ceci depuis plusieurs jours , se defaire brusquement , se figer de souffrance et de deception , quand on leur glisse un nombre de billets qu'on croyait raisonnable ... j'ai vu quelquefois des indiens au sourire d'ordinaire eclatant prendre une expression douloureuse de dignite blessee , et je me suis recroquevillee de honte devant ma propre radinerie . Le dernier m'a fait le meme coup de la culpabilisation que me faisait ma maman autrefois ; on s'etait entendues sur la somme a donner qu'on croyait correcte , c'est Martine qui lui a glisse les billets en le remerciant , tout allait bien ... puis il manquait un papier que j'avais oublie de signer , j'ai ete le chercher dans notre chambre et je suis revenue - avec seulement le papier ... le chauffeur m'a demande ' won't you give a tip ? ' - on revenait d'une ballade fatigante ,la chambre est loin du parking , je ne pensais qu'a une chose , pouvoir enfin me laver et me changer .. j'ai bredouille quelques mots pour dire que je croyais que ca suffisait ... il a ete splendide alors en me disant avec unemagnanimite infernale : " if you are happy , then all is well "- en accentuant bien fort sur le " you " et le " happy " . Et il a enfonce le coup en repetant la phrase deux fois ... Malheur ! me dire ca a moi , je ne vais pas en dormir de la nuit ... j'ai vole un pauvre ...
Hier matin donc , le 29 , nous avons pris le train , le Mumbai express , direction Aurangabad . Petit dejeuner d'idlis et de parotta , un genre de crepe de ble feuilletee un peu epaisse ( nous avons quitte le Sud et ses rizieres pour le Nord , ses plateaux arides et ses petits champs de ble ) . Au petit dejeuner nous avons droit a un ballet de serveurs , ils n'ont pas grand monde et les clients habituels sont des hommes d.'affaires presses , donc deux dames d'age canonique ca les ravit ; l'un d'eux fait de grandes glissades sur le ciment lisse du sol pour me servir mon cafe plus vite , puis il ouvre mon sachet de sucre , le verse dans ma tasse et tourne avec la cuillere ... personne n'a jamais fait ca pour moi , c'est peut-etre une bonne habitude a faire prendre a Philippe ... je rigole , et le petit serveur me dit qu'il me considere comme sa mere - et ca a l'air vrai , en plus ... trop gentil ...
Gare d'Aurangabad , notre porteur nous a installe devant la place prevue pour le compartiment C1 ou sont nos places , bien sur le train s'arrete de sorte que nous devons cavaler avec nos bagages , qui enflent de jour en jour , a l'autre bout du quai . On s'installe tant bien que mal ; je me case entre deux couples d'indiens du Nord , d'age mur ; pendant tout le trajet ils ne cesseront de faire passer par dessus mes genoux , fruits ,couteaux , sachets de graines de grenade , sodas , eau ... les deux hommes des couples sont splendides , le genre qu'on voit sur le portrait du sultan Mehmet Ali et ses dignitaires a la Galerie des Offices , nez noblement recourbe quoique empate par l'age , joues ocres pesantes encadrees de belles barbes noires soyeuses taillees court qui doivent etre delicieuses a caresser - non , je n'ai pas essaye - turbans violets ou turquoise , longs yeux noirs ... mon proche voisin surveille mes lectures , j'ai emporte Jane Eyre que je n'avais pas lu depuis une bonne vingtaine d'annees , en anglais pour progresser , ca ne le branche pas trop ; par contre , je lui sors mon bouquin sur les mudras , le voila ravi , et nous dissertons sur les bienfaits du yoga qui rend toutes medications inutiles ; il pretend diagnostiquer toutes maladies rien qu'en tatant les mains des gens ( est -il medecin ? je n'ose pas trop demander ) enfonce avec energie l'ongle de son pouce dans le gras de ma main droite , me demande si ca fait mal , oui bien sur ca fait mal , il me diagnostique un manque de calcium et me suggere de masser energiquement cet endroit tous les jours ... bon , si ca fait pas d' bien ca fait pas d'mal ... il continue et martyrise mon poignet , ah ben non la ca fait pas mal , mes autres doigts , non plus ... je reprends ma lecture . Le train s'arrete au milieu de nulle part , passe un marchand de tschai , je lui achete un gobelet de the que je m'apprete a poser sur la tablette adequate devant mon siege , mais la tablette ne tient pas et le contenu brulant du gobelet se repand sur mon ventre ... ca fait mal ... et puis j'ai la trouille , je dois avoir une brulure au quinzieme degre ... je repands de l'eau sur mon penjabi pour rafraichir , mais ca ne calme pas beaucoup . ( Bien sur j'avais mis celui qui est blanc avec les petits dessins noirs , et l'echarpe blanche assortie ... tout est badigeonne de the au lait aux epices , et sucre par dessus le marche ) Heureusement , Martine a emporte toute une pharmacopee et une fois arrivees , je peux me tartiner de creme grasse qui calme tout de suite , j'en serai quitte pour des cloques ... je crois que je ne boirai plus jamais de the dans le train .
Arrivees a Aurangabad , apres avoir fait un brin de toilette a l'hotel nous partons voir le " Petit Taj Mahal " , copie du Grand faite dans les annees 1600 et quelques par un notable local . Une merveille , je ne sais pas comment est l'autre mais celui-ci me convient tout a fait , en marbre blanc et en stuc , decor ultra raffine de dentelles de pierre et de bas reliefs floraux , precedes par de longs bassins ou nagent des poissons translucides ,au milieu de jardins un peu peles mais tres architectures , style l'Alhambra de Grenade ; l'avantage sur ces deux derniers sites c'est qu'a part nous deux , et un groupe de Polonais pales comme des cachets d'aspirine , il n'y a que des indiens ; nous jouissons donc d'une enorme popularite , les gamines des ecoles defilent pour se faire photographier avec nous , c'est agreable d'avoir son heure de gloire meme si je me dis que , serions nous des ours blancs ou le clown Mac Donald , elles defileraient tout pareil pour demander a leurs copines de les photographier entre nous , un bras sur chacune de nos epaules ... toutes les ecoles des alentours viennent visiter le monument , et tous veulent un petit morceau de nous ... chouette !
Cosima m'ecrit qu'elle a adore Nasik ... euh ... nous on a pris un rickshaw pour aller de notre hotel ( le Quality Inn Regency , aux grandes chambres delicieusement decaties , avec une salle de bain d'epoque , je veux dire bien avant l'independance de l'Inde , et le dernier nettoyage devait dater de cette epoque aussi ) Le trajet en rickshaw etait un des plus excitants que j'ai vecus , conduites par un trompe la mort dans un vehicule qui est egalement une antiquite nous serpentons , avec juste quelques centimetres de marge , entre des poids lourds monstrueux et des scooters diriges par des amazones courageuses ( les petites indiennes font mon admiration , ca n'est pas rien dans ce genre de pays qu'une femme conduise un scooter ) On se retrouve au centre de Nasik , magasins de pompes , d'electro menager , de valises et de sacs de voyage en toile , de saris et d'ensembles penjabis , ( certains vraiment magnifiques ) et surtout merveilleux magasins pour hommes : ils vendent des vestes brodees pour mecs , une splendeur ,comme des vestes de cheez nous mais avec juste quellques arabesques en fil d'qrgent sur les revers , juste quelques applications de tissus soyeux ton sur ton aux manches ... j'aurais vraiment envie d'en rapporter une a Philippe mais je suis sure qu'il ne la mettrait jamais . Quel dommage ... tout ca dans un vrai festival de pollution et de decibels , au bout d'une demie heure j'ai les yeux qui piquent ...on monte un petit escalier sous une arche et on se retrouve dans un jardin public frais et presque preserve du bruit ou des gamins jouent sur des toboggans , on marche sous des tonnelles de bougainvillees , des jeunes meres bavardent paisiblement .. on rentre en se donnant encore des emotions fortes ,on retrouve avec soulagement ce havre de culture et de paix , le Quality Inn. On mange des lassis delicieux et un curry vegetarien mediocre ou de trop rares legumes nagent dans une sauce trop cremeuse ... question gastronomie , une seule adresse : l'ashram de Ramana Maharshi a Tiruvannamalai .Ouf ! je ne crois pas que Nasik sera un de mes souvenirs preferes a moi ...
On a retrouve notre chauffeur d'hier et sa minivoiture Tata ... communiquer est toujours aussi difficile , je m'esrime a lui expliquer qu'on veut aller voir le temple de Sai Baba a Shirdi et il s'escrime a m'epliquer ... je ne sais pas quoi , finalement il me passe son boss au telephone (il a ete tres decu quand je lui ai dit que je n' avais pas de telephone portable ) et le boss essaie dessesperement de me convaincre de quelque chose , mais de quoi ? mystere ... je lui ai demande de parler moins vite , il a tenu vingt secondes et ensuite il s'est relache , et moi j'ai completement decroche ... finalement , je dis : O.K , mais a quoi est-e que j'ai bien pu acquiescer , de quoi m'a-t'il convaincue ? je me saurai jamais ... on part donc gaiement , vers Nasik en tout cas . On met longtemps a s'extirper des faubourgs decatis de Pune , qui est une grande ville . Enfin , la campagne ,terres arides recouvertes d'une rare herbe jaune et grise , ponctuee de bosquuets d'un genre d'acacia , collines terreuses qui montent et qui descendent , et entre les collines des rivieres grandes ou petites ; pres des rivieres des petits champs , d'oignons ou d'ail , de cereales ,ble ou orge , de fleurs , des villages de terre et des temples minuscules surmontes d'une toiture conique en forme de melon tres etire vers le haut , ou de bonnet , et peints presque toujours dans des tons pastels ou acidules . Tres jolis .
Plusiers heures a rouler dans ce paysage aride , puis on passe un genre de petit col , et on se retrouve dans une plaine plus fertile ; beacoup de champs de canne a sucre , toujours des cereales , et des cultures maraicheres . Le chauffeur nous arrete dans un bouiboui ou l'on peut consommer , a l'ombre , du jus de canne a sucre tout frais presse sous nos yeux , avec un peu de citron ,un regal ... on arrive a un grand rond-point , etonnee et soulagee je vois qu'il prend la route de Shirdi ... parfait ! nous arrivons a Shirdi vers les deux heures .
Shirdi , le temple de Sai Baba... Je m'imaginais un grand temple un peu isole et tres poetique , comme ceux que nous avons visite a Tanjore , par exemple . Ben j'ai pas ete decue ; tout d'abord on a vu des tas et des tas d'hotels et de restaus , des tas et des tas de rickshaw , des tas et des tas de gens en processions diverses ... et puis on a commence a chercher ou se garer . Pas facile ... des cars , des voitures , des camions , des tas de petites boutiques d'objets plus ou moins pieux - pour autant que j'aie pu m'en rendre compte . Un type avec une tunique blanche et un badge d'allure officielle nous prend en mains , nous fait garer la voiture puis nous pilote , Martine et moi , vers le temple .Que de monde ! le chaufeur nous a dit que les appareils photos etaient interdits ; je me suis betement laissee impresionner par l'attitude frondeuse de ma copine et j'ai garde le mien dans mon sac ... on approche du lieu saint , le gars en tunique blanche nous amene a un magasin et nous dit d'enlever nos chaussures , j'entame une crise de parano , qu'est-ce qu'il veut encore nous vendre celui-la ? rien , rien , on n'achetera rien ...bon , on lui donne quand meme nos sandales , et nous voila parties pieds nus sur les dalles , a suivre un infernal circuit qui repart sur une partie de la rue , serpente en plein cagnard entre des barrieres metalliques , on croit qu'il se dirige vers le temple et puis ca rebrousse chemin , on se croirait dans Lewia Carroll ... entre temps on s'est fait fouiller par des fliquesses et on a avoue que oui , on avait bien des apparreils photos , donc on a du ressortir pour confier nos appareils a une autre officine , comme tout le monde ... enfin on rentre dans la cour du temple , on veut entrer , on monte un escalier ... seigneur Dieu , on se croirait au pelerinage de la Mecque comme on le voit a la tele ,ou au metro statin Chatelet a six heures et demie du soir ; la foule des devots est coude a coude fesse a pubis et ils scandent quelque chose a grand cris en tournant dans une grande salle ... on rebrousse chemin aussi sec . Ouf ! inexplicablement , ma parano et ma mauvaise humeur ont disparu et je me retrouve tout a coup benefiiciant d'une humeur angelique , prete a reconnaitre , comme Sai Baba , Dieu dans chaque etre que je rencontre ...pourvu que ca dure ...