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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 11:51

    Voilà que je navigue sur trois , ou quatre rivières à la fois ... ici pour de vrai , où il  fait un peu maussade , je compte ( et ça me fait plaisir d'y penser , d'ailleurs ) tout à l'heure me mettre deux pulls superposés , un bonnet de laine tricoté par mes soins qui me tombe sur les yeux mais qu'est bien chaud , et terminer le travail commencé hier ,  couper  les tiges desséchées des oenoptères pour nettoyer le massif d'iris entre la maison et la route ( j'espère toujours que ça va être sensationnel , j'imagine la nappe d'oenoptères roses aux larges corolles fines , aux tiges souples , dont émergeront les iris bleus et violets et ocre jaune  , hauts et un peu raides  , le contraste de couleurs ... seulement , la dernière fois , les oenoptères manifestaient une telle exubérance que les iris en étaient tout noyés ... on va voir en Mai , alors . ) 
      Il y a la deuxième rivière , celle de Jim Harrisson où j'embarque chaque matin un quart d'heure , chaque soir jusqu'à ce que je m'endorme ,et maintenant je ralentis ma lecture pour ne pas arriver trop vite au port .
      Ou encore j'ai d'abord imaginer vous parler aujourd'hui de l'Inde , mais je n'ai pas envie , pour l'instant , de me replonger dans les souvenirs doux amers de Pondichery ou Tiruvannamalai , trop de contraste de voir ce soleil et ces couleurs violentes et ces plantes folles , si ça continue je vais rayer les jours du calendrier jusqu'en Janvier 2010 ...
     Alors quoi ? ça sera une photo plus récente , mais plus dans la continuité du jour froid d'aujourd'hui , parce qu'il y faisait si glacial la semaine dernière . Au musée des Offices ils avaient fermé la salle où il y a la merveilleuse Annonciation de Simone Martini , avec son ange obstiné et confiant sur fond d'or , sa petite vierge souple qui se détourne , réticente comme on la comprend , drôle d'histoire , tout de même ...  un de mes tableaux préférés là bas ;  j'ai été pleurer dans le giron d'une gardienne , en lui expliquant que j'avais fait sept cent kilomètres rien que pour voir ce tableau en particulier , et elle  m'a dit que c'était par manque de personnel . Manque de personnel , et pourtant il y a des travaux gigantesques en ce moment aux Offices , avec des photos gigantesques du chantier en cours dans toutes les salles vides qu'on traverse , ça coute très cher des photos comme ça ... comment emploient-ils  leurs sous  ? plus question de prendre des photos à l'intérieur de la Galerie , donc , il n'y a plus , et c'est tant mieux , toutes ces petites gourdes japonaises *qui gloussaient de rire façon petites gourdes japonaises en se faisant photographier aux pieds de la Vénus de Botticelli ... on peut juste photographier de l'intérieur vers l'extérieur , le donjon du Palasso Vecchio , ou les bords de l'Arno au crépuscule , et c'est déjà pas mal :



     






















        ( sur la photo de gauche c'est la rive ,  voyons , Sud , de l'Arno ; en bas  , c'est la rangée de fenêtres éclairées de la Galerie des Offices , qui encadrent le donjon du Palazzo Vecchio -  rien que de se ballader dans les couloirs de la Galerie , une heure avant la fermeture parce qu'il y a moins de monde , en admirant leurs somptueux plafonds couverts de créatures fantastiques , me met en transe ... ) 


     


      En se tournant vers le coucher du soleil , il y avait   le Ponte Vecchio , aux splendides vitrines de bijoux tout en or , merveilles  hors d'atteinte de porte-monnaie , mais que rien n'empêche de  regarder avec plaisir . Tout en se mouchant toutes les trois secondes à travers des kleenex en lambeaux  parce qu'on a un rhume carabiné et Nom de Dieu qu'il fait froid sur ce fichu pont en plein vent .  J'y ai vu , à peu près dix fois plus cher que  ce que je l'ai payé à Auroville , un collier en argent comme le mien , avec des tas de petites perles et breloques en différentes pierres demi-précieuses ,   même un peu  moins joli que le mien  ... youpi , je suis riche ! j'ai un collier de riche ! ( riche mais pas sélect pour autant . Bof . ) 


  

* Voui , je sais , je fais du racisme anti japonais et anti ado par dessus le marché . Plus je vieillis , plus je deviens désagréable . J'ai lu un bouquin de nouvelles policières japonaises médiocres , aux éditions  Philippe Picquier , tant que j'étais à Florence ; qui m'a fait penser que c'était une civilisation tellement figée qu'elle en devenait vraiment chiante . Désolée Cosima ...

21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:26

    
       De retour depuis trois jours et je n'avais pas eu l'envie d'ouvrir l'ordinateur ... à Nice ,  tout allait comme d'habitude ,  maman plutôt bien   ,  tata très fatiguée de vivre , pédalant  dans la semoule quelquefois , puis  faisant , à d'autres moments ,  des réflexions tellement touchantes et qui nous déchirent le coeur ; de moins en moins interessée par le fait de s'alimenter ( je voudrais tant qu'elle puisse aller vers de la douceur . Les filles qui l'entourent , infirmières et auxiliaires de vie , sont adorables , mais ce n'est aucune de nous qui va commander ça ) 
           Ensuite , et malgré le rhume assez fatigant qui ne m'avait pas lâché , on a prolongé vers Florence , parce que le trajet depuis la frontière ne dure que quelques heures , et que dans ma famille on a toujours considéré qu'il ne faut pas se laisser arrêter par un petit ennui de santé , rien de tel qu'un petit voyage pour se remettre d'applomb  ... en général ça me convient bien , mais là , de manière tout à fait exceptionnelle ,  il y faisait si glacial  que ma toux , déjà  caverneuse , y  a atteint des profondeurs abyssales , sans se laisser détourner de son devoir de toux caverneuse par l'enthousiasme que suscite toujours en moi un  tour dans la Galerie  des Offices  . Je me sentais comme les héroïnes plus ou moins tuberculeuses du XIXe siècle qui venaient soigner en Italie leur mal de vivre et leurs poumons affaiblis par la conjonction du fichu climat britannique et les corsets trop serrés .
                Je continue à appeler ça un rhume parce que j'ai l'impression de  tenir à distance tout genre de bronchites  avec les mots , mais j'ai tout de même pris rendez vous chez la toubib d'ici . Avec un peu de chance je serai guérie quand je la verrai ( Lundi ) : je me soigne avec de l'hygiène nasale façon yogi  et de l'extrait de pépin de pamplemousse , plus une cure de lecture sur le lit de la chambre du bas qui est toujours merveilleusement chaude et  ensoleillée en hiver . Je deviens carrément enhousiaste de Jim Harrisson et de ses grands espaces , de sa liberté  intérieure et extérieure ; malgré que je ne sois montée à cheval qu'une fois dans ma vie d'adulte ( pendant une heure environ , qui s'est mal terminée pour moi ) , malgré sa quasi indifférence à l'égard de ma bien- aimée espèce féline , malgré que ses histoires de baise sont décrites  , à mon goût de femme , d'un point de vue trop masculin pour que je puisse trouver ça vraiment érotique , malgré que je ne sois jamais allée dans les endroits qu'il décrit autrement que par livres et films interposés ,et  que très probablement cette sorte de voyage en Amérique  sera la seule que j'expérimenterai dans ma vie .... je viens de lire Dalva  en saluant intérieurement chaque paragraphe d' un long hurlement laudatif  silencieux  ; et je suis sure que ça fait autant d'effet sur la bonne santé de mes poumons qu'une bolée d'antibiotiques .
          En plus , il fait si beau que hier après-midi je suis descendue au potager , j'ai semé une rangée de fèves , une d'ail , une d'oignon , puis nettoyé les coussins d'erigeron de leurs pousses desséchées ; et pour me reposer , des vastes espaces Harrissonniens comme du jardinage au soleil , j'ai passé cinq heures de suite sur le canapé avec Rajah ronronnant contre mon ventre ;  petite cure de Friends , ensuite  quelques émissions agréablement débiles ( j'en reparlerai ) contre lesquelles c'est un plaisir tonique de vitupérer ; plus , pour terminer , l'émission du Vendredi soir en clair sur Canal , un régal sans mélange là ...

13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 11:30
.. pour cause de départ pour Nice . J'ai eu bien du mal à me remettre dans les dossiers de la Tata Lili , surtout que , outre Philippe,  m'accompagne ce rhume qui enveloppe mes neurones d'une bouillie compacte et ralentit considérablement mon fonctionnement mental , déjà peu satisfaisant ... à dans quelques jours ! je vous laisse avec ces plus récentes photos de Pondichery , mais il y en aura d'autres ...
12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 13:42

       On s'y était prises comme des manches pour la visite d'Auroville . Ou plutôt ,non ,  il y avait eu , d'abord le Dalaï Lama qui était allé y faire un tour quelques jours auparavant , et donc ça n'était pas le meilleur moment pour nous de nous y pointer aussi , puis , les jours d'après , un répondeur bizarre mais multilangues et multiprises qui se coinçait et donc  ne répondait pas  - ce qui  m'a permis , après coup , quand nous avons été sur place , d'admirer l'esprit scientifique de la réceptionniste là bas . Pour cette personne , le répondeur ne pouvait être détraqué , mais nous n'avions pas été assez patientes pour attendre qu'il marche mieux . Fascinant , comme façon de raisonner ... en tout cas elle ne tenait absolument pas compte de notre expérience à nous , seulement de ce qu'elle avait comme présupposés dans sa tête à elle .
     Comme : moi , méditer dans le Matrimandir , je ne m'en souciais pas trop , je n'ai pas considéré que notre ballade à Auroville ait été un échec . On a pu aller voir le merveilleux atelier de fabrication de bijoux , Memories from the future , installé au milieu de la forêt . Il était , nous avait-on dit ,  peut-être fermé , mais  peut-être aussi ouvert . En fait il y avait là une belle jeune femme , qui a gentiment attendu  en notre compagnie que le propriétaire , déjà sur le départ , vienne lui apporter  les clés , et nous permette ainsi d'accéder à la grotte aux trésors .. Chaque fois que j'y viens , je me crois toujours transportée au beau milieu d'une nouvelle de  Kipling , celle où Mowgli entre par accident dans la grotte gardée par Kaa le serpent , avec ses accumulations fabuleuses de bijoux et de pierres précieuses . Autre forme de contemplation , toutes ces pierres qui rayonnent doucement ... J'y ai acquis des boucles d'oreilles de cornaline d'un orange infiniment doux  ,des boucles d'oreille en argent avec , sur chacune , une perle de forme bizarre et un pendant d'agathe noire , que je porte en écrivant ; un petit collier de péridots que , j'espère , l'une de mes soeurs appréciera , et un autre de topazes , parce que je suis tombée amoureuse , autant de leur nom dansant " lemon topaze " que de leur doux rayonnement citronné . Je mets très rarement des colliers , de toutes façons .






12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 13:35
    En Inde , faut faire gaffe à ne pas manger n'importe quoi . C'est pour ça que , ces glaces que les gens du coin apprécient tant , je n'en ai jamais goûté , et ne m'en porte pas plus mal ( le seul voyage de ma vie où j'ai attrapé la tourista , c'était à Munich , il y a quelques années ... no comment .)  Pourtant le marchand a gentiment accepté de poser à côté de sa superbe carriole , je lui ai montré la photo ensuite et il avait l'air satisfait de mes talents de photographe .

12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 12:46
Est-ce que je me lasserai jamais de ce genre d'atmosphère ? Quand il suffit de se promener , vêtu  de ses habits du Dimanche , lesquels n'ont pas besoin d'être différents de ceux de la semaine , avec à la main ,  un ballon , un moulinet aux couleurs d'arc-en-ciels qui cliquète dans le vent , une friandise trop sucrée , pour avoir le sentiment de faire partie de la fête ?












12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 12:22

        Quand j'étais petite à Nice , une fois par an , ma famille - qui ne sortait jamais , mais vraiment jamais , le soir -  allait voir " les illuminations" de la place Masséna , au moment du Carnaval . Je ne vais plus voir les illuminations de Nice , mais j'ai pu profiter de celles du Parc et du Palais du Gouverneur à Pondichery , ( et je vous ai déjà confié que Pondi  me rappelle Nice , en plus petit ...)  
 

 


 

 

 

 

 





12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 09:46
    Pendant les jours de Republic Days , le quartier français a une allure de ville en Dimanche , peu de trafic , magasins souvent fermés , les rues sont calmes ... on s'est balladées tranquillettes , le nez en l'air . L'après-midi on est allées voir Mother's Guest House où logeaient nos copines ;  une maison d'hôtes de l'ashram , toute petite , très charmante et très proprette - gérée par une Allemande ... située dans une partie de la ville à peine un peu plus au Nord que nos périples habituels  , au bord de mer  ( à pied ,  un quart d'heure à peine de l'ashram . )






 Le quartier est en pleine mutation  : C'est un mélange de maisons traditionnelles , souvent des cabanes de pêcheurs aux toits de chaume , et de petits immeubles neufs et proprets .

   En face de la petite église Saint-François Xavier et d'un troupeau de chèvres musardières , on tombe sur un kolam inhabituel  , dédié à ce jour anniversaire de la création de la République Indienne ; comme nous sommes en train de le photographier , la dame qui l'a fait sort de sa petite maison et nous bavardons ,  elle parle très bien le français .  Elle nous dit qu'elle est catholique , s'appelle Pauline , et qu'elle a longtemps travaillé pour des français . Je suppose que c'est eux qui lui ont donné le prénom ? Elle appelle sa belle-mère pour la photo ...




12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 09:02

 C'était mon dernier matin à essuyer la vaisselle du dining room . Ma tâche finie , je suis partie en gambadant  par les petites rues , sur le chemin de mon propre petit déjeuner à Seaside Guest House - les meilleurs idlis du voyage , aériens , légers et doux  comme des cumulus , sur l'assiette comme sur l'estomac  - et j'ai entendu ce genre de hautbois nasillards que les fètes traditionnelles indiennes affectionnent . J'ai fait un crochet vers la musique , et je suis tombée sur un char traîné par deux costauds :



 J'ai suivi le char , qui allait pile dans ma direction , vers la promenade ... on donnait des bénédictions face à la mer . J'étais contente pour Lakshmi , je la trouvais  un peu pâlotte ces derniers temps , à force de rester toujours dans la même petite ruelle malsaine à côté du temple de Shiva ; je me suis dit que ça lui ferait du bon air à respirer et puis une distraction .






  J'ai traîné là un moment , puis je suis rentrée à l'hôtel pour le fameux petit dej . Quand je suis ressortie ça a duré encore un moment , puis la fête était finie , Lakshmi , menée par son cornac , est repartie vers son sacerdoce ; et les autres participants se sont dispersés aussi . Bénis.

    












11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 09:10

       Et voilà , avant ce paysage continental que je vous montrais et qui se trouve à deux ou trois cent kilomètres à l'Est de Bombay  , il y a eu l'Inde du Sud  ( En bas  à droite de l'espèce de pointe triangulaire indienne sur la carte , pour les gens qui sont aussi abominablement nuls en géographie que moi )   A une dizaine ou une vingtaine de kilomètres au Sud de Madras et comme on avait du temps de reste avant l'avion , le chauffeur a proposé de s'arrêter dans cette réserve un peu spéciale .

 

 



 Je crois que j'aime tous les animaux à priori ; mais tout de même , ceux là ... j'ai du mal ( désolée pour Croc et sa copine ! mais je suis sure qu'aucune de vous ne leur ressemble vraiment ... ) Ce qu'il y a de rigolo , c'est qu'à les voir paresser , doucereux , pesants et léthargiques , on ne se douterait jamais qu'ils puissent être hyper vifs quand c'est le moment .




       Je vous mets cette photo parce que c'est une des plus spectaculaires , mais faut pas croire , ça ressemblait pas du tout à un camp de concentration ce truc . Il y avait de l'eau , des grands arbres , de l'ombre et de l'espace ; des oiseaux aquatiques , genre ibis ,   venaient faire une halte de temps en temps , histoire de donner un peu d'animation excitante aux crocodiles ... ça sentait pas trop bon , mais je crois que c'est du aux principaux occupants .