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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 08:34

   En fait , ce que préfère Rajah , c'est essayer de machouiller les  rubans qui servent de signets dans l'édition de la Pléiade , je n'apprécie pas qu'il fasse ça . Proust est fabuleux à chaque page , il y a constamment de ces phrases dingues  comme en passant , mais il ne s'appesantit pas et passe à la suivante ; que du bonheur , comme disent les agents immobiliers !

 " Dans le ciel férié flânait longuement un nuage oisif." (p.170 )

  " Telle , étourdie par la gaîté des fidèles , ivre de camaraderie , de médisance et d'assentiment , Mme Verdurin , juchée sur son perchoir , pareille à un oiseau dont on eût trempé le colifichet dans du vin chaud , sanglotait d'amabilité."  ( p.205 )                                                                
( j'adore " ivre de camaraderie , de médisance et d'assentiment " . Il  a très souvent de ces tours de phrase où il accole trois ou quatre noms ou adjectifs , pour faire un millefeuille de saveurs extrêmement sensuel et stimulant )


 concernant Swann , au début de sa relation à Odette :
" Pour l'instant , en la comblant de présents , en lui rendant des services , il pouvait se reposer sur des avantages extérieurs à sa personne , à son intelligence , du soin épuisant de lui plaire par lui-même."   ( p. 267)

 et puis encore une petite dernière , sur les différentes émotions qui le (nous) parcourent , je ne retrouve plus celle que je voulais mettre ( dorénavant j'aurais toujours un petit carnet accroché à mon cou pour noter ) je repêche celle ci qui est un peu voisine :

  " Mais quand mes angoisses étaient calmées , je ne les comprenais plus ; puis demain soir était encore lointain; je me disais que j'aurais le temps d'aviser , bien que ce temps là ne pût m'apporter aucun pouvoir de plus , puisqu'il s'agissait de choses qui ne dépendaient pas de ma volonté et que seul me faisait paraître plus évitables l'intervalle qui les séparait encore de moi ."
 

13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 18:08

      Ce week-end des amis sont venus ; sous leur regard chaleureux je me suis remise à fonctionner de manière à peu près humaine ,  dramatisant un peu moins ,  le bassin pas terminé était juste un bassin pas terminé , le jardin un beau jardin plein de fleurs , et nous mêmes des personnes estimables car dignes d'amitié  ... ce que ça change de choses , un regard ... 
     Dans mon enfance les regards étaient terrifiants , j'ai déjà parlé du regard de mon père  qui passait à travers moi parce qu'il s'ennuyait tellement ;  il y avait celui de maman , totalement destructeur ou simplement désapprobateur et glacé à travers ses lunettes qui le grossissaient encore , parfois angoissé ( je sais que j'ai un tout petit problème avec  les criquets parce qu'ils me rappellent maman ; consciente que ces doux animaux sont absolument innocents de mes drames internes  , je me contente de les éviter le plus possible ...et  non , je ne vais pas chercher ma bombe d'insecticide chaque fois que j'en rencontre un  )  .  Tout ça parce que je suis née sur le tard , que mes parents presbytes portaient des lunettes , et qu'ils étaient pas chaleureux   ...  les autres regards  ne donnaient pas envie de les approcher non plus .

  Il m'a fallu bien des années de ma vie d'adulte avant de pouvoir regarder quiconque en face , tant ça m'effrayait  ( mais depuis je me suis rattrapée ! et j'ai regardé les yeux des gens ...mais souvent c'est bon de s'appuyer sur les voix , qui sont très  riches et intéressantes aussi )

      Je parlais avant-hier du regard du taureau mortce qui m'a amenée aux regards , d'une façon plus générale . J'ai revu un western spaghetti , l'autre soir , il y a des plans  de très près du beau  regard de Clint Eastwood  -  le mieux du mieux , je crois que c'est dans le Bon la Brute , le Truand , dans le duel final ,   tour à tour  les regards de Clint Eastwood , de Lee Van Cleef ,  Eli Wallach ,  chacun passionnant .   Et naturellement  le metteur en scène a tout manigancé . Peu photogénique , lui .
       Qu'est-ce que j'y vois , moi , dans ces regards ?  J'ai l'impression d'être vue . C'est marrant , le cinoche ... mais c'est pas la réalité .
  
     Dans ma réalité il y a des regards que j'aime ,  où je peux me plonger sans crainte :

     Le regard de Rajah , de l'amour à 300 % . Mon préféré , je peux bien l'avouer ici parce que malgré l'intelligence supérieure de mes chats , c'est peu probable qu'ils lisent un jour ces pages  (Rajah a des gouts très classiques , en ce moment il relit "Du côté de chez Swann" )

    Celui de Noisette , toujours légèrement mélancolique et romantique , parce qu'elle a les yeux un peu relevés sur les côtés ( elle a des yeux dorés , comme dans Baudelaire ) . Probablement que lorsqu'elle a ce regard d'une haute teneur philosophique  elle pense à un bol de Ronron tout frais sorti de la boite .

  Le regard d'Elli , que j'ai rencontrée récemment  . Elli a neuf mois , m'arrive déjà à la taille , c'est un mélange avec une bonne portion de briard ; elle est noire , a un long museau noble et des yeux bruns pas très grands , légèrement rapprochés, qui lui donnent une expression pleine de gravité mais pas du tout dramatisante . Elle m'impressionne par son sérieux ...  j'ai l'impression , quand je plonge mes yeux dans les siens , d'entrer en contact avec un  être qui cherche à comprendre le monde , à ordonner ses sensations , à y mettre un ordre rationnel ...

 

  Le regard d'une des statues des stalles de la cathédrale d'Ulm , buste  en bois sombre  d'un  personnage en face du Christ ; là aussi je vois ce désir de compréhension du monde , ( mais dans ce cas particulier il s'agit d'un croyant , d'un chrétien , encore une croyance bizarre à assimiler et à éclaircir pour les gens de ce temps , qui s'envoyaient facilement au bûcher pour des finasseries intellectuelles ) ; je n'avais pas d'appareil photo quand j'étais là bas , faudra que j'y retourne , même si c'est un peu  loin 


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  Et mon regard à moi ? je ne le connais pas , il change à chaque minute , et dans l'instant je l'imagine assez comme celui de ce vieil homme , lequel connait l'aspect limité de la pensée ,mais n'a pas envie d'empêcher sa pensée de baguenauder pour autant .
 

12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 19:32

...  depuis cinq jours notre connexion internet déconne , au début j'arrivais même pas du tout à me connecter , et là c'est pas l'ADSL . Rien que des ennuis matériels , mais du coup j'ai eu hier et aujourd'hui une sérieuse attaque de pensées terriblement décourageantes , le genre auxquelles je suis habituée à me confronter  juste avant de me mettre à peindre ; là c'est nouveau , ça concernait le fait d'écrire ici ( quelle idée tu as de faire un blog , raconter toutes tes petites histoires concernant ton petit monde étriqué , tu n'es pas écrivain , etc ...tu veux juste te rendre intéressante ... vieille rengaine d'enfance  ) - eh oui , tout le monde a envie d'être intéressant ... et moi aussi .


 


    Le démon a un peu la tête d'un aspirateur qui me terrifiait quand j'étais petite . Je déteste toujours les aspirateurs , d'ailleurs .
    Dans mon atelier j'ai mis une citation de Georgia O'Keefe :
                     " Chaque fois que me vient une idée pour une toile je me dis : comme c'est banal. Pourquoi peindre ce malheureux rocher ? Pourquoi ne pas faire plutôt une promenade ? Et puis je comprends que pour quelqu'un d'autre ça ne sera pas banal ."

  ( moi j'écris parce que j'adore lire  des autobiographies )

11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 12:06

         Vendredi matin on est allés  faire un tour à Arles , j'avais vu ici , du coin de l'oeil , à un feu rouge , une affiche d'expo photo ( Lucien Clergue ) , une photo en noir et blanc avec des rayures de lumière , comme l'ombre de persiennes , je n'avais pas trop détaillé le sujet  ... ( un zèbre ? ai-je pensé vaguement  ) Je sais qu'il y a presque toujours de bonnes expos là bas , que ça soit pendant les rencontres du mois de Juillet ou avant . Bon , on arrive à l'espace Van Gogh en flânant dans ces petites ruelles paresseuses , fleuries de jasmins et de géraniums ;  le jardin , dans le patio , était plein de fleurs , il y avait l' odeur des tilleuls , et comme toujours plein de Japonais en train de s'entrephotographier  ; je vois alors une grande affiche , pas celle que j'avais vu à Alès -   une photo de corrida ... pour moi qui aime bien les animaux , tous les animaux , la seule idée de faire toute cette mise en scène autour de la souffrance infligée à  un  bestiau qui n'a rien demandé à personne ,  lui enfonçant des banderilles dans la nuque ( je sais bien , la profondeur maximum à laquelle  les picadors doivent les enfoncer , c'est soi disant , 10 cm ; vous aimeriez ça , vous ? dix centimètres de ferrailles diverses dans la nuque , pour éviter des coups de corne aux humains qui s'agitent ? non , vous n'aimeriez pas ça , personne n'aimerait ça ; mais nous ,  on n'est pas des bovidés , on est des êtres humains pleins de noblesse ... ) sous prétexte d'art tauromachique , avant de le tuer ; cette seule idée me parait infantile , grotesque et pour tout dire à vomir .  Et dire que toute une mythologie s'est édifiée là dessus ... une vague connaissance disait avec enthousiasme : oui , mais moi , j'y vais surtout pour l'ambiance ! eh oui , l'ambiance ... olé ! et le taureau , il en pense quoi , lui , de l'ambiance ? vous y pensez , un peu , au taureau ,  vous tous  qui vous prenez pour Picasso , qui vous identifiez au matador , qui projetez des parties de vous- mêmes sur le toro , sur le torero ...ah , oui ,  c'est chaleureux , c'est couleur locale , c'est la fête , la feria  ...  ( une fois où j'avais été soutenir un peu le comité anticorrida local , en tenant une banderole anti devant la mairie , un petit vieux , à qui je n'avais rien demandé , est venu me faire des confidences dont je me serais bien passée , tant ça m'a horrifiée :  " vous savez , moi j'y ai travaillé , dans les arènes , et je peux vous dire que ce qui s'y passe avant les corridas , c 'est pas beau ; ces pauvres bêtes , s'ils sont trop vifs on leur met un clou dans le sabot , ou de la vaseline dans les yeux pour brouiller leur vision .."  sympa , non ?  et allez donc ! tout pour l'ambiance ! c'est la fête , je vous dis !

   Et alors , je regardais cette affiche , cette photo de Lucien Clergue , représentant un torero qui salue la foule , tête basse , devant la tête du toro mort . La photo se lit sur trois niveaux , verticalement : en  haut , la foule ; au milieu , le tout petit torero , tête baissée ; et tout en bas , au premier plan ,  une énorme tête de taureau , mort , l'oeil ouvert et le regard fixe .

   Moi ce que je lis , dans ce regard , c'est : " et alors , c'était la peine de me faire venir dans cette arène , de m'enfoncer toutes ces lames d'acier aiguisées dans la nuque , toute cette souffrance , cette  douleur dans le corps ? pour qui ? pour quelle abstraction ? le taureau , il en demandait pas tant ... 

  Mais c'est une bête ... qui s'en soucie ? l'important , c'est le courage et l'art du torero , le courage des spectateurs assis le cul sur leurs strapontins , qui sont passés par dessus leur sensibilité naturelle pour assister au spectacle jusqu'au bout , qui se sentent en résonance avec Picasso ou Hemingway ... 

  J'ai pas eu envie de voir l'exposition .
  De toutes façons , on était trop en avance .



  Vous pouvez soutenir le CRAC , la FLAC , la SPA , si vous voulez ... mais , s'il vous plait , ne vous laissez pas persuader d'acheter des billets pour une corrida , sous prétexte de participer à la couleur locale  et de secouer votre sensiblerie ... en plus , c'est une sacré mafia , les gens qui organisent les corridas sous prétexte de spectacle culturel (!) il y a plein de fric en jeu ... boycottez ! 

8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 08:08

       Envie de parler de tout , aujourd'hui ... mon côté oiseau ... contrairement à ce que m'avait dit l'interne il y a quinze jours , ma marraine va de mieux en mieux , déjà ; elle raconte avec énergie comment l'intervention miraculeuse d'un des médecins ,( dans son semi-coma elle l'a vu engueuler l' interne qui avait fait un diagnostic erroné ),  lui a sauvé la vie . On l'assied dans son fauteuil , et elle commence à s'ennuyer . Tant mieux ! Ca me rappelle , une fois de plus , combien je peux avoir une vision étriquée des choses .
     Le jardin est joli ce matin , bien que le bassin ne soit toujours pas fini ; je ne peux même pas supporter le dixième du millième de l'idée de me remettre à creuser ,et je ne suis pas maçon non plus ;  je vois tout à fait  ce qu'il faudrait faire ( un joli petit bassin maçonné ) mais je n'ai pas envie d'y investir de l'argent non plus ( que je réserve pour le voyage en Inde de cet hiver ) . Le copropriétaire du jardin , lui , n'est pas du tout persuadé que MA vision soit le mieux du mieux ;  donc reste ce trou carré béant ... image de la Vacuité , mais peu attrayante ! ou peut-être un reflet de notre vie de couple en ce moment ? hier j'ai fait deux peintures bien sombres ; l'une d'entre elles tout au moins
.



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           C'est drôle , deux de nos amis divorcent , et ça a des répercussions , tout ce que j'acceptais de mon mieux chez l'autre , toutes les différences de conditionnement qui tiennent à nos naissances humaines , au fait qu'on est nés dans des familles différentes , avec des lieux différents , des empreintes différentes ...  donc toutes les différences de conditionnement s'exacerbent ;  ras-le-bol d'être tellement à l'opposé l'un de l'autre, ( même si toutes les relations , avec quiconque , me démontrent que l'autre est toujours différent et donc qu'aucune relation ne peut être à 100% satisfaisante pour l'ego ) , de me sentir à l'étroit , d'être toujours écartelée ...  


  et à part ça ? à part ça ce matin tout va bien ... mais c'est vrai , ce matin je pépie et je me sens gaie comme tout ...( Arnaud disait : " à chaque seconde son acceptation , à chaque instant son " oui" ... " )  alors , vous aussi , portez vous bien , et prenez soin de vous ...

7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 18:32
         Fatigue  que je me trimballe depuis tout à l'heure . Qui dit fatigue , sans raison apparente , ( j'ai fait une sieste à l'ombre , sur la plate-forme en bois , là j'étais très bien ) dit souvent conflit intérieur ... je me rends compte que cette fatigue est liée au sentiment d'échec que j'éprouve par rapport à la gestion des aides-ménagères de maman et tata . L'association qui s'occuppe d'elles a augmenté ses tarifs de plus de 30 % , tout d'un coup ( il parait qu'ils ont prévenu , mais comment vérifier ? je n'ai pas trouvé les papiers  la dernière fois que je suis allée là bas , je ne savais rien de cette augmentation , maman les a -t'elle jetés ) ; et ceci sans augmenter la paie des aide-ménagères . C'est un peu bizarre , lc'est une association  sans but lucratif ; qu'est-ce que ça serait si c'était à but lucratif ? Maman , qui a gardé une vieille ardeur  Front Populaire , râle que ce sont des exploiteurs . L'association  est actuellement sous contrôle judiciaire , parce que ,parait-il , le directeur est parti à Noël avec la caisse ; mais rien n'a été expliqué aux clients ; ou alors , je n'ai pas été prévenue , ou maman a égaré les papiers  ( voir ci-dessus ) . Et puis ,  même si c'est des escrocs , que faire ? Chercher ailleurs , il faudrait que JE retrouve d'autres gardes malades , il faudrait que je passe plus de temps à Nice , mais j'ai pas envie ... et au téléphone , je me rends mal compte . Là , tant bien que mal , ça cahote ...

            Et me voilà avec mes sentiments d'échec et d'incompétence , comme d'habitude ... ça me rappelle une peinture que j'ai faite l'année passée , dans des circonstances analogues


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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 19:44

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 ( C'est joli ...  je le trouverais encore plus passionnant et merveilleux si c'était le jardin de quelqu'un d'autre  )

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( penstemon )


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( hémérocalle )




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bourraches dans le potager ; elles sont encore plus bleues que ça 



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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 19:06

   Ce matin ( Mardi ) séance de  yoga à 9 h , c'est sympa le matin sauf que la séance n'était pas piquée des hannetons , beaucoup d' équilibres , j'en avais les jambes qui tremblaient . Heureusement , après on va papoter au café ... sans savoir pourquoi ,ensuite je surfais sur une vague de bonheur  en allant reprendre ma voiture  , je devais avoir un sourire béat , regardant les martinets au dessus des toits ( les martinets me font penser aussi à l'expression si belle de Machado quand il décrit la courbe du Douro " ta courbe d'arbalète ... )  si bien que ça a appâté un quelconque mormon ou autre Témoin de Jéhovah avec une chemise couleur saumon , qui a essayé de me brancher , j'étais contente de pouvoir me débarrasser de lui sans y mettre d'agressivité . Je lui ai dit en rigolant que chercher Dieu ne m'intéressait pas . Ce qui n'est pas vrai , bien sur . j'aurais du dire , chercher Dieu dans la Bible ne m'intéresse pas ... c'est toujours après que j'ai de l'à-propos . Mais si ça change je vous préviendrai ...
         La route du retour est toute étroite et super jolie , je passe devant un premier champ de céréales avec des coquelicots , suivi d'un deuxième où l' agriculteur a mélangé des bleuets roses et bleus ,on peut admirer en roulant à trente à l'heure sans que personne ne râle ...

        Mercredi . J'étais envahie par un ennui mortel dès le réveil , l'impression que ma vie est totalement morne , banale , inintéressante , limitée , et qu'il n'y a pas de raison que ça change ... ça a un peu passé après le café au lait , puis c'est revenu et a persisté en toile de fond tout au long du jour ; ou presque , il y a eu un orage et juste avant la lumière était magnifique sur le jardin , rendant toutes choses merveilleusement belles  . J'ai tout de même bien jardiné , malgré l 'ennui assis sur ma tête ; nettoyé le massif de rosiers sur le devant et mis de l'engrais ,  planté cinquante petits plants de poireaux , une rangée de laitues , trois aubergines parce que les autres n'ont pas très bonnes mine ( piratées , je crois , par le peuplier voisin qui prend toute l'eau que je leur donne  , et  il est splendide , lui ) , une verveine , deux plantes violettes très jolies , je n'ai pas résisté chez le pépiniériste , elles ont un nom angélique que je suis incapable de me rapeler dans l'instant , deux coléus splendidement sombres , donné plusieurs coups de fil  pour une histoire de gardes malades pour Nice , fait une pâte à tarte ,  etc ... une journée vertueuse à tous égards . Ah , et j'ai aussi fait les bulletins d'invitation pour mon expo , qui est comme les autres fois au temple de Corbès du 21 au 29 Juillet ,je serai là mais seulement l'après-midi de 4 à 8 , et le vernissage sera le 21 qui est un Samedi . 

      Je repense à l'histoire de la madeleine ( je saute du coq à l'âne mais seulement en apparence ), on cite toujours les mêmes lignes , mais il me semble que , avant que la fameuse partie de pêche sous-marine dans les profondeurs de sa mémoire ne démarre , Marcel Proust dit quelque chose du genre "j'étais  accablé par la perspective de la morne journée du lendemain  " ( je cite de mémoire ) ; pourquoi ses souvenirs lui paraissent -ils si passionnants  , et sa vie présente si morne ? 



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4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 08:27

              Rêves qui m'ont laissé le coeur lourd , cette nuit ... ( j'ai rêvé qu'un chalet , situé sur la pente en face de la maison où  j'habitais , venait de brûler . Je téléphonais à maman pour lui dire que j'avais aidé les pompiers , que ce n'était pas dangereux , non , je ne m'étais brûlé que la main ( la droite ) et j'avais trouvé un guérisseur qui m'avait " coupé le feu" . Tout en téléphonant je jetais un oeil par la fenêtre et je voyais le chalet , en face , un gros chalet complètement cramé . Dans le rêve je racontais ça à maman pour lui envoyer un message du style " ne t'inquiète pas , tu vois que tout va toujours bien " parce que depuis l'enfance on a été habituées à porter maman et à lui éviter toute angoisse , elle qui était fragile ( mes soeurs , à ce qu'il me semble , et moi  , ce dont je suis sure , nous sommes toujours vécues comme des dures à cuire ...  ) et ça fait , pour moi , cinquante-huit ans que ça dure ...
         J'ai probablement rêvé ça à cause de ma marraine , qui va sa fin de chemin ,à son allure , à l'hopital en Haute-Savoie . J'ai un peu la flemme d'analyser plus à fond le rêve , et puis ici ça n'est pas l'endroit , mais si ça intéresse quelqu'un , la meilleure panoplie que je connaisse de  pistes de compréhension de vos rêves m'a été fournie il y a une vingtaine d'années par Maurice Clermont : ( étant admis que le rêve est message d'une partie de soi à soi ) ; voici ce dont je me souviens

                 - écrire le rêve , lui donner un titre
                - dessiner le rêve
                 - raconter le rêve à haute voix à quelqu'un de confiance
                - prendre un personnage du rêve et le faire parler à la première personne

    J'ai beaucoup fait ça pendant des années , mettons entre trente -trois et quarante-cinq ou cinquante ans ; mais là comme j'avais un peu la flemme , j'ai pris le parti d'aller peindre , à la place ... ce qui m'a donné un éclairage nouveau 



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( la peinture n'est pas très réussie et ne le sera jamais ;  mais j'ai toujours  beaucoup  aimé cette expression ( " si c'est du lard ou du cochon " ) 

  la deuxième peinture est un peu meilleure


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(  vous voyez , je sais maintenant faire en sorte que le papier de la feuille ne fasse plus grisâtre sur la reproduction ; du coup j'ai un peu la trouille que les gens qui verront les oeuvres réelles , sur papier , ne soit déçus . Comme pour les expos où on voit une affiche sensationnelle et puis on se trouve devant une  des pièces minuscules et inintérressantes - je me souviens notamment d'une exposition sur l'art des Cyclades à la Vieille Charité , à Marseille - la photo de l'affiche était une statuette , qui s'avéra être plus que  minimaliste dans sa petite vitrine , et je n'avais pas réussi à m'intéresser au reste . En général je ne suis pas passionnée par la statuaire grecque , sauf quand c'est un peu archaïque , mais là ça l'était trop  )


                  Les deux peintures étant bien démarrées ce matin , j'ai décidé d'aller faire des photocopies et m'acheter une brosse à cheveux - j'ai laissé la mienne à Nice , je crois , ce qui fait que depuis cinq jours je me brosse les cheveux avec les doigts . Ou pas du tout , parce que j'oublie . Bof , ça ne se remarque pas forcément - mes cheveux sont lavés de frais , tout de même . Après mes rêves angoissants de la nuit , ça m'a donné l'occasion d'incarner un autre des passionnants aspects de mon moi  : " la zombie" *. Je me colle un vague sourire , héritier du vague sourire paternel , sur les lèvres , et je rentre dans le supermarché , complètement à côté de mes pompes . J'ai tourné en rond un bon quart d'heure , pendant que la soupe musicale du magasin me dégoulinait dans les oreilles , me concentrant sur ma recherche de brosses à cheveux , avant d'atterrir triomphalement devant ce que j'ai cru  être le rayon des brosses et peignes et qui en fait était celui des brossettes à vaisselle et autres goupillons pour nettoyer les bouteilles . Là j'ai attrapé un sacré fou-rire , ce qui m'a un peu fait sortir du sommeil profond ... 



*    un aspect pas plus facile à vivre pour moi que pour mon copropriétaire , hélas



                 

3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 08:46

                         Hier après la séance de yoga , dans un pré rond comme un nid ; étendue sur le dos , je regardais le ciel de  fin d'après-midi que  parcouraient les martinets , à toute vitesse comme d'habitude ; d'abord très haut , puis ils se sont un tout petit peu rapprochés de la terre ; très loin  au dessus d'eux un reste de voile de nuages blancs floconnait dans le bleu clair . Pour la première fois de ma vie ( je l'avais toujours vu comme une expèce d'écran , appréciant encore plus , je l'ai déjà dit , les nuages , que le ciel lui-même  ) j'ai ressenti  le ciel comme une immense profondeur . Dans laquelle on aurait envie de plonger , de nager ...