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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 13:15

  j'étais en train de terminer une peinture ( sur la photo un petit bout du pantalon n'est pas noir , ce à quoi je viens de remédier ) en écoutant " I feel guilt" de Marianne Faithfull - un vieux ,vieux disque ... - et puis en faisant l'oeil du serpent je me suis demandée ce que ce regard sournois, dirigé vers l'arrière ,  me rappelait ...

                      réponse : un vieux souvenir de ma soeur ( Monique ), laquelle a onze ans de plus que moi 
  
ça m'a un peu surprise
et puis je me suis rappelée comment elle me culpabilisait ...
comment elle en rajoutait sur les infernales exigences de ma mère 
comment elle me faisait tourner en bourrique quand j'avais quelque chose comme quatre ans , je ne comprenait pas bien  ce qu'elle disait mais elle se moquait de moi pour prouver sa supériorité et ça me rendait folle de colère ; je n'avais pas assez de vocabulaire , alors je lui tirais les cheveux le plus fort que je pouvais
je la haïssais et je l'admirais éperdument
je suppose que je lui dois d'avoir eu une coupure profonde entre ma parole et mes sentiments pendant la première trentaine de mes années , ce qui a rendu si difficile quand j'essayais de faire une analyse
quand on a quatre ans , on considère plein de gens comme des adultes et des modèles 
c'est elle qui m'a fait connaître " Arsenic et Vieilles Dentelles" et  Tony Hillermann et le Deller consort et Brassens et ... 


le regard en arrière du serpent c'est parce qu'elle quêtait intérieurement l'approbation de nos parents


chère Monique un de ces jours tu liras ces lignes ,  tu regarderas cette peinture et j'espère qu'elle te fera rigoler aussi ; cette culpabilité que tu me transmettais , quelqu'un d'adulte te l'avait aussi fait porter quand tu étais toute petite ... 
portes toi bien ; maintenant que j'ai écrit , peint , compris , maintenant je me sens bien avec toi et je t'aime bien .






                 P1000523.JPG





   ( la nuit suivante je me suis réveillée tout à coup , et j'ai pris conscience  de la façon dont ce souvenir avait entremêlé ses fils aux fils de ma vie de couple actuelle ...  tissant un drôle de tissu , une drôle de façon de considérer mes relations ... )

 

19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 07:42

           C'était vraiment une rencontre , cet arbre aux troncs multiples , soudés tout au  long ou à quelque distance les uns des autres , qui s'étend en poussant des racines à partir de ses branches ... à Auroville pour moi le grand Banyan  était plus sacré que le Matrimandir ( si c'est le nom exact ) dont j'ai du mal à apprécier l'architecture  vue de l'extérieur . Celui de ma peinture , mon banyan intérieur , est plus tortueux et moins élancé que dans la réalité ; pour de vrai ses branches sont bien droites ;  désolée , le peintre travaille ( accouche )  à partir de sa propre réalité , et son trajet a été semé d'embûches qui l'ont empêchée de pousser d'un jet ... mais c'était évident pour moi que ma peinture était un banyan ; et que mon propre chemin ( ce " je" ,  qui s'enracine et croit à partir de la terre-mère , mais aussi à partir de branches qui ont poussé aux gré des rencontres )  ressemble à ça . 




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              (quelques heures après) je me disais que ce " banyan intérieur" , ça  fait assez vaniteux . Je vais vous recopier une petite histoire de Rajneesh , une histoire d'arbres justement :


               

                               SELF-ACCEPTANCE


  You can be no one but what you are.So relax ! Existence needs you as you are.

  I have heard :
A king went into his garden and found wilted and dying trees , shrubs and flowers.
The oak said it was dying because it could not be tall like the pine. Turning to the pine, he found it drooping because it was unable to beaur grapes like the wine.And the wine was dying because it could not blossom like the rose.
   Then he found one plant , hearts-ease , blooming and as fresh as ever . Upon inquiry , he received this reply :
 "I took it for granted that when you planted me you wanted hearts-ease. If you had desired an oak , avine or a rose , you would have planted them. So I thought, since I can be nothing but what I am , I shall try to be that to the best of my ability."

You are here because this existence needs you as you are ! Otherwise somebody else would have been here. You are fulfilling something very essential , something very fundamental , as you are.
 Why should you become a Buddha ? If God had wanted another Buddha he could have produced as many Buddhas as he wanted. He produced only one Buddha, and that was enough. Since then he has not produced another Buddha , or another Christ. He has created you instead. Just think of the respect the universe has given to  you ! You have been chosen - not Buddha , not Christ , not Krishna.

  Their work is done , they have contributed their fragrance to existence.Now you are here to contribute your fragrance. Just look at yourself.You can be only yourself... there is no possibility than you can be anibody else. You can enjoy it and bloom, or you can wither away if you condemn it.

                                                     (TAKE IT EASY, vol 2 , pp.101-103)


aïe , aïe , aïe , la traduction  , maintenant ...


                         L' ACCEPTATION DE SOI   

Vous ne pouvez être personne d'autre que vous-même. Alors détendez-vous !l'existence a besoin de vous ,tel que vous êtes.

  voilà une histoire que j'ai entendue :
 Un roi alla dans son jardin , et s'aperçut que les arbres , les arbustes , les fleurs , se flétrissaient  et mouraient .
  Le chêne dit qu'il se mourait parce qu'il n'arrivait pas à être élancé comme le pin. Le roi se tourna vers le pin , il le trouva tout affaibli ,parce qu'il ne pouvait pas avoir des grappes de raisins comme la vigne. Et la vigne se mourait parce qu'elle ne donnait pas de roses .
  Alors il trouva une plante , qui donnait de la joie aux coeurs , épanouie et aussi fraiche que jamais . En lui demandant pourquoi , il reçut cette réponse :

 " J'ai tenu pour acquis qu'en me plantant vous vouliez que je mette les coeurs à l'aise . Si vous aviez voulu un chêne , une vigne ou un rosier , c'est ce que auriez planté . Alors j'ai pensé que puisque je ne peux être rien d'autre que ce que je suis , j'essaierai d'être ça , au mieux de mes capacités."

Vous êtes ici parce que cette existence a besoin de vous tel que vous êtes ! Autrement quelqu'un d'autre aurait été à votre place . Vous remplissez un rôle tout à fait essentiel , qulque chose de fondamental ,tel que vous êtes .

  Pourquoi deviendriez vous un Bouddha ? si Dieu avait voulu un autre Bouddha il en aurait produit autant qu'il voulait . Il n'en a fait naître qu'un , et ça suffisait. Depuis ce temps là il n'a pas créé d'autre Bouddha ,  ni d'autre Christ. A la place , c'est vous qu'il a créé. Pensez à tout le respect que vous a donné l'Univers ! Vous avez été choisi - pas le Bouddha , ni le Christ , ni Krishna.
  Leur oeuvre est accomplie , ils ont contribué, par leur parfum ,  à l'existence. Maintenant c'est vous qui êtes là pour contribuer ,par votre parfum.
  Regardez vous , tout simplement . Vous ne pouvez être que vous-même ... Il n'y a aucune possibilité pour vous d'être quelqu'un d'autre. Vous pouvez y prendre plaisir et fleurir , ou vous pouvez  vous condamner et vous dessècher .

19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 07:36
  j'ai achevé celle-ci avant de partir à Paris , c'est ma préférée des peintures récentes ( à la tempéra )  



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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 11:05

                Hier soir après avoir ruminé en m'agitant à diverses tâches toute la journée , avec depuis le matin l'envie de peindre mais l'impossibilité de m'y mettre parce que mon surmoi avait jugé  qu'il y avait quantité de choses nettement plus urgentes à faire , et que ce coup ci je n'arrivais pas à résister audit surmoi ; hier soir donc vers six heures j'ai enfin pu larguer le dit surmoi ; j'ai repris une feuille sur laquelle j'avais peint un fond  à la tempéra avant de partir pour Paris . Et , après les difficultés habituelles , la peinture est venue petit à petit ; ce matin je l'ai presque achevée , tout en écoutant Marianne Faithfull comme je le disais dans le chapitre précédent ( mais alors à plein tube , quel bonheur je suis toute seule à la maison ) Elle est d'un style qui ne me plait qu'à moitié , Gustave Moreau qui aurait fait des enfants dans le dos à Arthur Rackam ou vice-versa ; mais  je ne pouvais pas faire autrement . Je pense qu'elle n'est pas pour moi - je me suis sentie heureuse en la faisant et c'est déjà beaucoup . Qui a besoin d'un ange ?  


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  Est-ce que je crois aux anges ? en tout cas  quelquefois  une bonne énergie  prend  place en moi sans que je sache comment elle est venue , qu'on appelle ça un ange ou autre 
  jJe ne crois pas tellement aux religions ni aux diverses traditions , j'ai eu la chance de naître dans une famille athée , papa , qui avait bénéficié d'une éducation  catholique très étriquée , était absolument  anticlérical et un peu bêtement scientiste ; ce qui m'a permis de constater que l'étroitesse d'esprit n'était pas l'apanage des sectes religieuses , catholiques ou protestantes ou les autres , que je connais moins . Maman était sans opinion , mais sans anti religiosité viscérale . Je vois un début d' attitude religieuse   dans son amour pour  la botanique , qu'elle nous a transmis ;

    Je dois être vaguement panthéiste ....

            Ma première approche de la spiritualité était la lecture de Krishnamurti ,( merci à Régine et Emmanuelle qui me l'ont fait lire ) là encore je le comprenais très , très partiellement ( j'avais quelque chose comme 25 ans et une telle souffrance venue de mon enfance que mon esprit était complètement figé et enserré et fonctionnait très mal ) . Malgré ces verrouillages ,  sa lecture éveillait un écho en moi ; parce qu'il parlait de choses qui m'intéressaient à un niveau théorique , et ne négligeait pas  la beauté dans ses descriptions de la nature avant chaque paragraphe . Mais si on m'avait demandé d'en faire la lecture à haute voix , je l'aurais lu avec le  ton culpabilisateur sur lequel on m'avait toujours parlé à moi ; comme une accusation permanente .


   Je l'ai lu pendant des années ,années pendant lesquelles je lisais aussi Henry Miller en qui je voyais un frère de souffrance parce qu'il rêvait , sans y parvenir , de quitter ses boulots de dingue comme je rêvais de quitter mon boulot de prof ( et zou ! encore deux pères spirituels . Henry Miller est un vrai torrent qui roule des rochers et des graviers avec enthousiasme ... )

   Donc , je voulais citer quelques lignes de Krishnamurti à propos de cet ange , et puis en cherchant ses livres dans la  bibliothèque je suis tombée sur ses Carnets , ( Editions du Rocher ) ; les quelques pages que j'ai relues m'ont tellement ravie que je suis restée béate devant le mur avec un sourire un peu stupide ,jusqu'à ce que je me demande ce que j'étais en train de faire là . Les pommes de terre n'ont pas brûlé pendant ce temps , encore une intervention de la Divine providence soi-même ... ( N.B : je sais exactement à quoi ressemble la Divine Providence : c'est une très , très grosse dame noire , elle porte un boubou en madras et un de ces espèces de foulards assorti noué sur la tête , et tient dans sa main droite  une assiette de beignets aux pommes saupoudrés de sucre encore tout chauds  qu'elle invite , avec un grand sourire , tout un chacun à partager )

alors quelques citations  des carnets de Krishnamurti , s'il vous plait ; à ma souvenance dans les textes antérieurs il exerçait plutôt son côté un peu rabat-joie , mais dans ce carnet c'est le bonheur complet de le lire


  " Au réveil , malgré peu de sommeil , conscience de la prolongation nocturne du processus , et plus encore de l'épanouissement de cette bénédiction . Elle donnait l'impression d'agir sur l'être .
  Cette puissance , cette force , sortait , se déversait au dehors , comme un torrent surgissant des rochers , de la terre ; il y avait dans tout celà un étrange , un indicible bonheur , une extase sans lien avec la pensée et le sentiment .
  Il y a ici un tremble , ses feuilles frémissent dans la brise , et sans cette danse , la vie n'est pas ."




" C'était un matin sans nuage , il était très tôt , le temps semblait s'être arrêté. Il était quatre heures et demie , mais le temps semblait avoir perdu toute signification. Comme si hier , demain , ou l'instant àvenir n'existaient pas. Le temps s'immobilisait et la vie se poursuivait sans ombre aucune , sans pensée ni sentiment. Le corps était là , sur la terrasse . Devant , la haute tour et l'éclair de son phare , les cheminées innombrables. Le cerveau les voyait ,mais en restait là. Le temps, identifié à la mesure , à la pensée , au sentiment , s'était arrêté. Il n'y avait pas de temps; toutmouvement avait cessé , mais rien pourtant n'était statique. il y avait au contraire une extraordinaire intensité , une sensibilité , un feu brûlant sans chaleur ,sans couleur. Au dessus les Pléiades , et plus bas vers l'est , sur la crête des toits  Orion et l'Etoile du matin. Et avec ce feu , la joie , la félicité. Non que l'on fut joyeux, mais l'extase régnait, sans que l'on y soit identifié ,puisque le temps s'était arrêté. Ce feu ne pouvait s'identifier ni se relier à quoi que ce soit. Il était là parce que le temps s'était arrêté. Orion , les Pléiades puis l'Etoile du Matin s'effacèrent à la venue de l'aube."




( wow ! ça m'a fait le même effet que la première pivoine qui fleurit dans le jardin ; ou  la première bouchée d'un énorme marron glacé ; mon aspect vivtorien m'interdit tout autre comparaison   )


  






     


 

17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 00:01

 Il y avait un camion qui bouchait la rue , dans le quartier de Thomas .
 Je suis ravie de cette photo !(N.B : me souvenir de tester la bière en question ... mais en général je préfère la bière blanche )




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  ( marrant , j'avais d'abord mis la photo à droite , machinalement ; je me suis dit que c'était mieux au centre , j'ai refait le processus bien soigneusement , l'ordi n'a pas enregistré ; je recommence , toujours bien soigneusement , que dalle ;  il est comme vous et moi , une fois qu'il a un chemin de pensée un peu rodé dans ses petits neurones , il préfère l'habitude ; et tant pis pour l'intelligence de la situation  ... ) cher ordinateur , veux tu s'il te plait mettre cette photo au centre de la page ?

16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 17:50

          Une nuit , il y a  plusieurs années , je m'étais éveillée avec une crise d'angoisse pas possible au niveau du coeur et du plexus ; pendant , à ce qu'il m'avait semblé,  plusieurs heures, et parce que les autres tentatives *** avaient échoué ( je travaillais beaucoup sur la genèse de mes émotions à l'époque , et je gérais en général mes crises d'angoisse nocturnes comme ça ) , donc pendant ... au moins une demie-heure , j'avais  consacré toute mon énergie à accepter la sensation pénible, en respirant juste à l'endroit de l'angoisse , sans changer ma respiration , ni plus forte qu'avant ni plus faible ; juste accompagnant la sensation .  
          Peu à peu l'angoisse est partie et j'ai eu l'impression de quelque chose qui ronronnait en moi  , au même endroit - pas un chat ,un félin , encore plus merveilleux qu'un chat

      Après j'ai fait cette peinture ; j'avais dans l'oreille ,tout en peignant , une chanson des Beatles



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      ( zut , je n'arrive plus à retrouver le texte de la chanson , ni dans les CD "bleus" , ni dans les rouges ;et j'ai la flemme de réécouter - ce matin je réécoute  Marianne Faithfull , Broken English , un autre de mes disques préférés ; au fait , j'ai bien aimé "Irina Palm"  ... y compris le patron du sex shop , il me semble qu'on l'avait déjà vu dans Kusturika celui-là , avec ses yeux noirs mouillés de bon chien manipulateur  ... vous y croyez , vous ? )



*** vous me direz , pourquoi tu n'as pas pris d'antidépresseur ? je n'en ai jamais pris , parce que j'ai découvert seulement à partir de trente ans que  moi aussi je pouvais éprouver des émotions riches et variées ( colère , angoisses , etc ... ) , pour moi c'est  être vivant , c'est de l'énergie ... qui passe ...

  et que j'avais lu "Mars" de Fritz Zorn , à l'époque où j'ai passé une bonne dizaine d'années à me coltiner une leucémie ( c'est passé, Dieu merci  )  - une lecture que je recommande à toute personne malade , s'il vous plait  ; et même aux bien-portants !


   et vous ,  portez vous bien ... puissiez vous être en paix et joie toute la journée ...


      

16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 17:43

            

                Avant-hier à l'aube  ,  dans les brumes du demi-sommeil demi-réveil , j'ai eu conscience de manière très fugitive  d'être non-pas, comme je me vis d'habitude , une sardine compressée dans une boite de sardines , mais  toutes les sardines vivantes , tous les poissons et la mer autour et tous les bateaux et tous les gens dans les bateaux et tous les oiseaux et ... 


                  ça n'a pas duré



              après je suis revenue à ma conscience habituelle ,
        
              l'impression d'être une sardine ,
      
              compressée dans une boite de  sardines .




( mais tout de même , je suis contente d'avoir vécu ça . Je suppose que c'est plus proche de la réalité que ma conscience de sardine dans une boite de sardines )
 ( ou alors c'est simplement un autre épisode de la folie de mon ego ... )

16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 13:48

              En revenant de Paris je suis passée voir ma marraine ; elle a 86 ans et n'est pas en très bonne forme . Mais ça fait bientôt quarante ans que je l'entends se plaindre de sa solitude le Dimanche ...elle habite un endroit isolé , et surtout n'avait pas assez bonne considération d'elle-même  pour avoir de vrais amis , j'imagine . Comment faire , là encore . Mon chemin à moi a bougé tout le temps , je ne sais pas comment ça se fait ; je n'ai pas été capable de l'aider dans son chemin à elle . Encore que , ça n'est pas à partir de ce qu'elle manifeste dans sa relation à moi que je puisse juger ... je sais bien que c'est absurde de juger  . Ca n'est pas parce qu'elle s'est plainte au téléphone il y a dix minutes , qu'elle ne se sent pas heureuse l'heure qui vient ... qu'est-ce que j'en sais ?( mais tout de même , je suis inquiète )
         Maman aussi aimerait que je vienne plus souvent la voir , et tata qui est presque tout le temps à côté de ses pompes ,( on lui a fété ses 100 ans cette année ),  mais me reconnait toujours quand j'arrive , elle reprend une conversation comme autrefois ( " tu as fait bonne route ? -  ne conduis pas trop vite ... , comment vont tes chats ... " ; chaque fois ça me fait de la peine .  Comment faire , comment faire ... je suis déchirée chaque fois



P1000501.JPG






( ça ça correspond à une situation d'enfance où j'étais aussi déchirée , bien sur )






 












j'ai eu tellement de difficultés par rapport à ces personnes autrefois ; il y a quelques années je me suis rendue compte que c'était parce que j'avais eu très envie qu'elles m'aiment ; donc à partir de là je me suis mise à avoir une bonne relation avec chacune d'entre elles . 

Mais maintenant , je n'habite plus avec aucune , je vais les voir mais pour elles ce n'est jamais assez , jamais assez longtemps ...        




                             P1000503.JPG











( ça fait des années que maman ressemble à ça , mais encore plus maintenant , parce qu'elle s'assied dans son fauteuil et attend - elle ne peut plus lire et n'a jamais écouté la radio.)        













        Peut-être que , si je deviens vieille , très vieille , moi aussi je me plaindrai que " personne ne vient me voir" ( encore que j'ai du mal à l'imaginer ; j'espère plutôt que lorsque j'aurai cet âge , je choisirai d'habiter toute seule dans une toute petite maison d'un village , pas trop loin de la colline ou d'une forêt , avec un petit jardin , des sauges et deux ou trois rosiers  seulement - allez , quatre ou cinq ... ; et je barboterai dans la joie intérieure non-stop ... que je voie des gens ou pas ... )
 


P1000373.JPG





( je les ai toujours vu tricoter , toutes les trois ; pour moi , pour mon père , pour elles , pour mes soeurs , puis pour mes neveux et nièces et encore ensuite pour mes arrière-neveux et arrière-nièces ... ) maman était spécialiste des " points irlandais " en relief ( elle n'y voit pratiquement plus ), tata du jacquard ( tata est paralysée depuis onze ans ). En revanche , elles n'ont jamais eu de chats , c'est moi qui en ai mais je ne suis pas terrible au tricot , trop impatiente et puis je perds des mailles ...






  ( la question que je me pose  en ce moment : à partir de quand  me jugerai-je assez vieille pour aller habiter toute seule  dans ce genre de petite maison ... dans vingt ans , dans trois ans , cet automne ? qu'est-ce qui est le mieux pour moi ,à quelles émotions je préfère être confrontée , moi la peureuse ,  crever de trouille la nuit parce qu' un loir insomniaque gambade dans le grenier , ou être perpétuellement ronchon pour cause de difficultés de cohabitation avec mon compagnon ? )

16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 06:58

  Je n'étais pas retournée chez Gibert depuis longtemps , la richesse de leur rayon " polars" m'a émerveillée ; me suis offert le dernier Tony Hillerman publié en français . Ca s'appelle " l'homme squelette ; pas mal , pas meilleur que les autres , plutôt un tout petit peu moins bon . Je suis inquiète parce que j'ai lu sur sa biographie que Tony Hillermann avait un cancer ( mais en rémission , Dieu merci ), il est né en 1925 , donc moi je peux m'attendre à sa mort ; et lui aussi ; et surement il s'y prépare aussi . Cet homme-squelette ,la figure mythologique qui a appris aux Hopis à ne pas craindre la mort , si j'ai bien retenu , est apparu dans ce dernier roman ; est-ce pour nous signifier , pour lui signifier , l'approche du départ ? ça me rend triste . Je n'ai pas été vraiment triste de la mort de mon propre père , naturellement j'ai eu à faire face à divers raz de marées émotionnels à l'intérieur de moi , mais il ne m'a pas vraiment manqué ; en fait , je ne me suis pas rendue compte de sa mort , seulement au bout de quelques années . Quand je venais à la maison et qu'il était vivant , il était à peine visible , comment dire , soit il était "à la cave" ( en fait une cave-semi-rez de chaussée ) où il s'était installé un vieux canapé et toutes ses fiches concernant le cinéma , soit il écoutait de la musique en haut ; il me souriait vaguement à travers moi , est-ce qu'on s'embrassait quand j'arrivais ? sans doute , à  lèvres lointaines ( dans notre famille  , on ne s'embrassait guère ), parce que ça se fait quand quelqu'un arrive ou part ; papa vivait toujours enveloppé de son nuage de brouillard . Donc quand il est mort ça n'a guère changé . Maintenant seulement , au bout d'une vingtaine d'années , je me rends compte qu'à sa façon , il m'aimait bien ... 

   Donc j'ai eu des tas de pères de substitution ;  notamment Tony Hillerman , cet homme de la colline ;  s'il meurt,  qui va nous accompagner pour marcher dans la beauté ? je sais , on pourra toujours le relire ... mais ça ne sera plus pareil ... déjà  que Van Gulik est mort ...

  Pour me consoler j'ai été voir sur le site de Van de Wetering ( est-ce que vous connaissez la série des policiers d'Amsterdam ? )j'ai eu à la fois une satisfaction d'amour-propre , parce que j'avais deviné juste en pensant  qu'il avait pratiqué le boudhisme Zen en particulier( il y a dans sa façon légère d'évoquer les pires abominations  d'un trait de phrase , un meurtre ou un détour capital de l'intrigue ,le même refus de s'attacher aux émotions qu'on pratique dans la méditation Zen ) mais j'ai appris que lui aussi n'était plus un jeunot ( né en 1931 )... en plus j'ai eu du mal à trouver un site autrement qu'en néerlandais ...
   
   Comment je vais faire si mes pères spirituels disparaissent les uns après les autres ...  j'aime les polars ,parce que dans ma vie d'enfance il y avait un squelette dans un placard , que je ne savais pas lequel , il n'était même pas censé être là , mais à certains signes je percevais sa présence ( absolument rien dont mes parents puissent avoir honte , celà je le percevais , et je peux le certifier maintenant que je connais la vérité ; mais des choses cachées qui amenaient leur paquet de souffrances et rancunes , un sacré paquet ... ); il y avait aussi , comme dans toutes les familles , des souvenirs qui ont fait trop mal , des générations avant , mais les épines de souffrance sont restées dans nos parents, et ils nous les repassent ; plus quelques  mystères ( le "père inconnu" de mon arrière-grand-père maternel , par exemple ). 


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( sur cette image on voit " la négresse de la cave" , ma marraine me faisait peur en me racontant qu'à la cave il y avait "une négresse" ...ceci pour que je n'aille pas jouer avec le tas de charbon qui était dans la cave . Ca se passait au début des années cinquante , des personnes à la peau noire j'en avais jamais rencontré , et par ailleurs mes parents les estimaient exactement autant que les gens à la peau blanche  )














   Mais comment faire ? je n'apprécie pas de rentrer trop longtemps dans des univers trop  noirs ( par exemple , j'apprécie la complexité chez Connelly , mais sa vision du monde est vraiment trop déprimante ; ou encore ,ce qu'on perçoit chez Le Carré , avec ses hommes de pouvoir qui manipulent à chaque niveau et de pire en pire , le reflet du père manipulateur et mythomane que je crois me souvenir il avait , et sur lequel on tombe inéluctablement , etc ...  j'aime les polars qui sont soutenus par une conscience profonde de l'harmonie du monde . Tony Hillerman concerne plutôt le chakra du coeur ,et puis j'aime le lire l'été ( l'idéal , c'est d'être à plat ventre sous un pin ) ; Van de Wetering plutôt le Zen ; il y a aussi bien sur Frère Cadfaël et son herboristerie ( sur le site d'Ellis Peters elle s'est fait photographier tenant un bouquet de nigelles sèchées ) ; Van Gulik est mort ; quand à Sue Grafton , que j'aime beaucoup aussi , elle tient tout simplement un miroir ...( mais moins trouillarde que moi );    j'ai lu un Fred Vargas , qui n'est pas mal , avec son commissaire brumeux  , mais c'était un peu trop gore pour moi ... ( il ne m'en faut pas beaucoup ! ) du coup je n'ai pas réitéré . Et puis , j'aime bien voyager avec un polar . 

       ... alors ... affaire à suivre ...
    

15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 16:54

Retour de Paris  hier soir ... un séjour couci-couça , je supporte pas bien en ce moment la proximité dans une chambre d'hôtel 
  le point positif , c'est que j'ai retrouvé , rue Soufflot , des pinceaux Pentel "néo-sable" ,ils sont montés comme des pinceaux chinois mais en synthétique ce qui les rend nerveux ;  les miens , notamment le plus fin  , n° 6, que j'utilisais  depuis une douzaine d'années , étaient à bout de course ; depuis deux ans j'avais cherché le même ,impossible , j'en étais arrivée à la déprimante conclusion que ça ne se faisait  plus , et comme aucun  ersatz ne m'avait donné satisfaction , je me disais  que moi aussi j'étais trop âgée ( et tout de suite ça part dans le mental , la peinture pour toi c'est fini , etc , etc...)
 eh ben il en restait trois dans le magasin , je les ai pris tous les trois ( ça va me durer une trente ans , chouette ... ) et ne les ai plus lâchés du regard jusqu'à ce qu'ils se trouvent en sécurité sur mon bureau ici  
  dans la vitrine était affiché le poème de Viera da Silva sur les couleurs ; rigolo parce qu'il me semble qu'elle peignait plutôt dans les gris ... des gammes de tous genres de gris , très très raffinés ...


           

 ( je suis pas d'accord avec tout  ) 
 j'avais vu une expo d'elle il y a longtemps , en bas d'un dessin elle disait que lorsqu' elle était petite , elle se réfugiait toujours sous une table ; ça m'a touchée parce que moi aussi , quand j'étais petite , la place où je me sentais le mieux c'était  sous un grand bureau , à l'abri des regards et des commentaires. Si je survis à maman ( ce qui n'est pas sur ) j'adorerais hériter de ce bureau , qui est carré , immense et sombre , avec quatre rangées de tiroirs de style 1930 ; il est très sécurisant . Ceci dit , je pense que j'utiliserais plutôt le dessus du bureau maintenant (encore que , en cas de crise d'angoisse ... à une époque je m'étais rendue compte que je pouvais me délivrer temporairement de l'angoisse quand je devais téléphoner pour avoir mes résultats d'analyse de sang , en m'intallant dans un placard ... )

  et qu'est-ce que tu as vu à Paris , à part des pinceaux ? j'ai eu envie de retourner à Beaubourg , on n'y était pas allé la dernière fois , j'y ai attrappé la nausée  , parce qu'il y a plein d'installations ou de sculptures ou de peintures contemporaines qui me débectent ; qu'est-ce que j'en ai marre de ce genre de trucs ...  ; juste Rothko trouve grâce à mes yeux , encore qu'il soit mort depuis belle lurette, on ne peut l'appeler un contemporain ; j'ai à peine regardé l'exposition Klossovski , le frère de Balthus mais qui ne dessine pas très bien , c'est laborieux ;  des grands dessins d'un érotisme qui peut-être rigolo rarement , mais qui m'ennuie en général . Une petite salle contenait quelques peintures d'Ashile Gorky , j'espérais en voir plus et mieux connaître ses oeuvres ; bon , décidément Beaubourg c'était pas ça . Je me suis remis le coeur d'applomb en revoyant la salle des cubistes pendant les années de la Iere guerre mondiale ,dans des ocres et gris , avec quelques verts émeraudes tranchants ;  un très joli Juan Gris ( nature morte sur une chaise ) . Je me dis que les cubistes peignaient une réalité dépiautée , disséquant toutes ses facettes , dans une époque où la réalité de la guerre était ingérable par excès d'horreur , et il y a une harmonie extrêmement forte qui se retrouve à la fin ,  par la synthèse qu'en fait le tableau ; en tout cas les tableaux cubistes me font du bien en ce moment .

   quoi encore , une  chouette expo sur Pacsin ( ou est-ce Pascin ? )au musée Maillol , lui j'aime beaucoup beaucoup beaucoup sa façon de peindre et de dessiner , y'a rien de trop , un virtuose du dessin qui ne joue pas de sa  virtuosité  ; encore que l'affiche a failli me dégoûter d'y aller , parce qu'elle reproduisait une peinture d'un style absolument pas caractéristique de ce qu'il a fait ,on aurait cru un Toulouse-Lautrec pataud;  ça doit être le seul tableau qu'il ai fait dans un style lourdingue et c'est celui-là qui était sur l'affiche ... heureusement , l'expo ne correspondait pas  . Il s'est suicidé dans les années trente ...

  et puis David Lynch à la fondation Cartier ,pas mal du tout , je connais mal son oeuvre cinéma , je vais essayer de mieux connaître, j'ai adoré ses dessins ainsi que ses abominables dessins animés  ; que j'ai regardé avec plaisir , ça m'a étonnée ( d'y prendre plaisir )

  et encore deux expos photos à la Maison de la Photographie ( dans le 9e) , l'une , faite par une femme, où j'ai pu me voir en noir et blanc et en fragments vidéos ,ça me plait bien ,( moi , moi , moi et encore moi ,je vois  des fragments de moi ,quelqu'un me voit ,  j'existe !!) et l'autre genre tranches de vie en instantanés ,les autres  j'ai pas regardé 

  bon , est-ce que ça valait le coup d'aller à Paris pour ça ,d'attraper mal au dos dans la voiture ,  de mal dormir , de mal manger ? mais il y a eu les  pinceaux ,le Juan Gris ,  le ciel et la lumière là bas qui font qu'on se retrouve à l'intérieur d'un tableau de Monet , le  jardin du Luxembourg  ,  et puis ça m'a sorti le nez provisoirement de mes plantations et arrachages de mauvaises herbes ...

 l'autre nuit  je ne dormais pas j'ai écrit un haïku qui me plait assez



                         nuages épars
                          dans le ciel gris déchiquetés
                             le vent les pousse

                   Testament 

         Je lègue à mes amis
Un bleu de céruléum pour voler haut
Un bleu de cobalt pour le bonheur
Un bleu d'outremer pour stimuler l'esprit
Un vermillon pour faire circuler le sang allégrement 
Un vert mousse pour apaiser les nerfs
Un jaune d'or : richesse
Un violet de cobalt pour la rêverie
Un garance qui fait entendre le violoncelle
Un jaune barite : science- fiction , brillance , éclat
Un ocre jaune pour accepter la terre
Un vert Véronèse pour la mémoire du printemps
Un indigo pour accorder l'esprit à l'orage
Un orange pour exercer la vue d'un citronnier au loin
Un jaune citron pour la grâce
Un blanc pur :pureté
terre de Sienne naturelle : la transmutation de l'or
Un noir somptueux pour voir Titien
Une terre d'ombre naturelle pourmieux accepter la mélancolie noire
Une terre de Sienne brûlée pour le sentiment de durée