Et plein d'amour à toutes et à tous !
Petites Peintures
A l'origine , c'était un blog pour montrer mes peintures ,qui sont des petits formats sur papier . Au fil des jours et des mois , et parce que j'écris quand je n'ai pas la disponibilité pour peindre , c'est devenu un endroit en dents de scie qui m'a permis d'assumer enthousiasmes et déprimes , joies et agacements ,bien souvent comme si c'était la dernière bouée qui me restait sur terre . Il est nécessaire que vous gardiez à l'esprit que c'est le blog de quelqu'un qui est en cheminement ; quelqu'un qui sait , comme le lecteur , que les émotions changent sans cesse , les émotions qui sont refus du monde qui m'advient , et qu'il ne faut pas trop s'y laisser prendre ; mais pas les nier non plus ; et que l'enseignement des sages est : " Tout est bien ". Un monde harmonieux , en somme , pour peu que nous puissions en comprendre les mécanismes ... ce qui n'est pas encore mon cas .Oui , j'ai fait quelques progrés en trente ans , si vous saviez d'où je viens ... Le chemin m'emméne , de toutes façons . Vers où ? En attendant de le comprendre , ce monde , on peut juste émettre le voeu boudhiste : " Puissent tous les êtres se sentir heureux " - si vous le préférez en Sanskrit : Loka Samastha Sukhino Bhavantu
J'explique le pourquoi du pseudonyme en partie dans le bandeau de mon autre blog , au nom tiré de Lewis Caroll , mais néanmoins consacré à des voyages en Inde - le lien est tout en bas à gauche , mais vraiment , en bas , en bas ...
Branchesetbosquets , c'est l'étymologie de mon nom de famille - et puis ça me confortait dans l'impression d'être un personnage de Tolkien . Enfin , si vous avez perdu mon e-mail : c'est francoise.rambosson@free.fr , et je préférerais , de beaucoup , que ça apparaisse en petit mais - j'arrive pas .
Et plein d'amour à toutes et à tous !
Lucienne nous a quittés ... Quand Ysé m'a annoncé ça au téléphone j'ai dit avec elle que c'était bien qu'elle soit partie comme ça , tranquillement il semble , sans avoir à affronter les ennuis des traitements à l'hôpital . Après est venue la peine : je me sentais comme un de ces immeubles dont on a démoli une partie , il reste des pièces coupées avec un pan de carrelage sur le mur , un lavabo dans une autre pièce ... . En même temps j'étais consciente que ma tristesse était légère , comparée à celle des gens de là bas . .
Il y a quelques années elle m'avait tricoté une écharpe à raies , plein de couleurs orange et bleu et vert .. Il y a encore plus longtemps , je devais avoir vingt- sept ou vingt-huit ans à l'époque , c'était un châle noir . De penser que je vais porter ce châle , ou cette écharpe , me fait monter les larmes aux yeux , et en même temps le bonheur et la tristesse se mélangent dans le coeur , parce que c'est fabuleux d'avoir reçu un cadeau comme ça et de pouvoir encore le porter . Je l'aimais et l'appréciais ; j'avais l'intention d'aller les voir Mardi prochain , je ne le leur avais pas encore annoncé , et je me reproche de n'y être pas allée avant Noël comme elles me l'avaient proposé . Si je ne les avais pas connues , elle et Renée , il y a bien plus de trente ans , elles et les gens autour de Lopy , je me serais sans doute perdue .
Comment les remercier de tout l'amour reçu .
( Sri Nisargadatta Maharaj , " Je suis ", chap 26 )
Q . On raconte que Boudha a dit qu'il était extrêmement important d'avoir entendu parler de l'éveil , d'un revirement complet et d'une transformation totale de la conscience . On compare la bonne nouvelle à une étincelle dans un chargement de coton : lentement mais continuement celui-ci se transformera en cendres. La bonne parole de l'éveil aménera tôt ou tard une transformation .
M . Oui ... d'abord l'écoute ( shravana ) puis la remémoration ( smarana ) puis la réflexion (manana ), etc ... . Nous sommes en terrain familier . Celui qui a entendu laparole devient yogi , les autres demeurent dans bhoga .
( Bon , c'est chouette , j'ai lu , vous avez lu ... il n'y a plus qu'à laisse la graine pousser ... ou le ballot de coton se consumer ! On voit souvent de ces énormes chargements de coton en Inde , sur des chars traînés par des boeufs ou un tracteur , ou encore sur des camions ; quand on est derrière on ne voit plus rien d'autre ... )
( extrait du journal intime d'Hermione R-J ... )
Cet après-midi , il y avait plein de vent partout . Papa s'est préparé pour aller chez le dentiste et maman m'a dit " Viens Hermione , on va balader " . J'étais contente , maman a mis ses chaussures de marche et sa vieille veste , celle qui est toute tachée depuis qu'on est allées aux champignons dans le bois de Valz , il y a quelque mois . Elle m'a mis la laisse , on a traversé la route devant la maison il faut faire attention il y a des voitures j'étais bien sage je marchais au pied ,tout près de maman , et on a tourné le coin de la maison de Mlle B... qui est toujours vide . Alors elle m'a dit de m'asseoir dans l'herbe et m'a enlevé la laisse ; je me souvenais que j'avais laissé un os à cet endroit mais je ne l'ai pas retrouvé , j'étais un peu déçue . On a pris le chemin qui monte , je faisais des tas de sauts avec le grand vent qui jouait avec moi ; après avoir passé la ferme , j'ai senti une odeur passionnante et là je me suis mise à courir vraiment , j'ai trouvé un passage dans l'enclos au dessous de la route ; j'ai bien entendu que maman me criait de revenir mais je ne pouvais pas m'arrêter , je courais plus vite que le vent ; il y avait un groupe de petits chiens blanchâtres tout frisés , ils ne voulaient pas jouer et ils avaient un drôle d'aboiement , du genre " bêêêêêêh ..... bêêêêêêêêêêhhhhhhhhhh ... " j'ai couru en rond autour d'eux plusieurs fois , c'était rigolo ; j'entendais un peu aussi maman , restée sur le chemin , qui hurlait de façon incroyable , elle criait " Hermione au pied ! " " Hermione ! reviens " - elle braillait de plus en plus fort , je me suis dit qu'il était temps de revenir et j'ai fait un galop dans le sens inverse ; j'ai du sauter le grillage pour revenir sur la piste et maman était vraiment dans une colère noire , elle m'a engueulée très fort , je n'aime pas ça , et mise en laisse . Qu'est-ce qu'elle est colérique des fois .
Après on a marché un peu et elle m'a enlevé la laisse de nouveau , et là je suis vite retournée à l'endroit où j'avais trouvé des gros os la dernière fois et , c'était vraiment le cadeau de Noël , incroyable , il y en avait un autre ! aussi énorme , très épais, avec un peu de très , très , très vieille viande autour qui sentait délicieusement bon . Je l'ai fait voir à maman mais elle a détourné la tête et pincé son nez , elle a des drôles de goûts des fois . Ensuite c'est la montée , où maman marche lentement , elle dit que c'est raide mais je ne comprends pas pourquoi elle ne veut pas courir , c'est super de courir dans la montée , surtout quand on a un gros os dans la gueule ; de temps en temps je m'arrêtais pour attendre maman et lécher mon os .
Maman s'est arrêtée pour prendre la photo d'une fleur , elle a dit que c'était la dernière fleur de l'année et qu'elle était jolie . Je n'ai pas trop regardé , j'avais la tête contre mon os , elle m'a dit qu'elle mettrait la photo dans l'article .
On est reparties , et puis je me suis mise à gronder parce qu'à notre rencontre sont venus deux chiens très , très grands , vous en avez surement déjà vu , ils sont plus hauts que la tête de maman ou que moi quand je saute , avec des gens sur le dos des chiens . Je me suis réfugiée près de manman qui m'a mis la laisse et expliqué que ça n'est pas des chiens , ça s'appelle des chevaux , et qu'ils ne sont pas méchants . Mais je leur trouvais une sale tête quand même . Après on est encore montées , jusqu'en haut de la colline ; maman a cherché du petit houx sous les arbres mais elle voulait des boules rouges et il n'y en avait pas beaucoup ; mais elle était contente quand même , d'ailleurs elle en a déjà un bouquet sur la cheminée . Elle a pris encore d'autres photos , et puis on est redescendues , le vent était dans l'autre sens et c'était rigolo comme tout .
Elle m'a mise en laisse en bas , là où elle m'avait engueulée avant , là où les oliviers commencent , et on était contentes toutes les deux .
Ensuite un roquet , de la maison de la vieille petite dame qui habite au dessus de la route , m'a dit des mots désagréables . Avant dans cette maison il y avait un grand chien qui me faisait toujours des compliments , là c'était un nouveau chien tout petit ; maman me tirait par la laisse alors que je voulais sauter la barrière pour m'expliquer une bonne fois avec ce crétin . Maman a parlé un peu avec la vieille dame qui lui a expliqué que le grand chien était mort ; la vieille dame est un peu à côté de ses pompes des fois , elle aime bien parler avec maman mais maman dit qu'on la comprend mal des fois parce qu'elle n'a plus du tout de dents .
On a continué à redescendre vers notre maison . j'ai préféré laisser mon os au coin de la maison de Mlle B ... et maman m'a dit que c'était bien parce qu'elle n'avait pas envie que je le ramène à l'intérieur ; j'espère que je le retrouverai la prochaine fois ...
Même s'il fait beau dehors ,certains apprécient la tiédeur et le calme d' une pièce ensoleillée ... Noisette m'a dit qu'elles penserait à commencer un régime " après les fêtes " . Mais qui se plaindrait de la voir si douillette ? Quand j'étais petite , ma marraine me disait " qu'il vaut mieux faire envie que pitié .."
Q . - Pour autant que j'en puisse juger , le monde est une école de yoga , la vie en étant la pratique . Chacun s'efforce à la perfection et , qu'est-ce que le yoga sinon l'effort . Il n'y a rien de méprisable chez ceux qu'il est convenu d'appeler les gens "ordinaires " , ni dans leur vie ordinaire . Il luttent aussi dur et souffrent autant que le yogi , mais ils ne sont pas conscients de leur vraie fin .
M . En quels sens vos gens ordinaires sont-ils des yogis ?
Q. Dans les deux cas , le but ultime est le même . Ce que le yogi s'assure par la renonciation ( tyaga ) , l'homme commun le réalise par l'expérience ( bhoga ) . La voie du bhoga est inconsciente , elle est par conséquent répétitive et lente , celle du yogi , qui est délibérée et intense , peut être plus rapide .
M . Peut-être les périodes de yoga et les périodes de bhoga alternent-elles . D'abord bhogi , puis yogi , et de nouveau bhogi puis yogi ?
Q . Mais pourquoi ?
M. On peut supprimer les désirs faibles par l'introspection et la méditation , mais les désirs forts , pleinement enracinés , il faut les les satisfaire et en goûter pleinement les fruits .
Q. Mais alors , pourquoi encenser le yogi et parler du bhogi avec mépris ?Nous sommes tous des yogis , en un certain sens .
M. Sur l'échelle des valeurs de l'homme , l'effort volontaire , réfléchi , est considéré comme digne d'éloge . En fait , le yogi comme le bhogi ne font que suivre leur nature profonde , se pliant aux circonstances , et profitant des occasions . La vie du yogi est dominée par un unique désir : trouver la vérité ; le bhogi sert de nombreux maîtres . Mais le bhogi peut devenir un yogi , le yogi peut se laisser entraîner par des activités bhoga . Le résultat final est le même .
( Je Suis , Sri Nisargadatta Maharaj , chap . 26 )
On peut regarder à ses pieds
On peut regarder un peu plus loin ... moi , j'aime tout . Entre parenthéses , j'ai bien travaillé hier après-midi !
Etonnant , la façon qu'a l'eau , à Venise , de prendre pour le regard un aspect plus dense , plus compact , plus présent , et que j'ai ressenti littéralement plus réel et plus solide , que les constructions qui en émergent ...
Et l'eau peut aussi se faire oublier , en parfait miroir - trompeur comme tous les miroirs ...
( deux photos prises à Torcello ... mais nous n'avons pas pu aller manger les succulentes pâtes à l'encre de seiche à la Taverna del ponte del Diavolo , elle était fermée ! )
Décidément , je m'étonne moi-même ... je n'ai pas stressé avant de partir Dimanche dernier ; je n'ai pas eu , en rentrant hier soir , le cafard terrible et le morne désespoir qui m'étaient habituels il y a quelques mois encore - d'ordinaire accompagnés d'une terrible crise de rangement et de nettoyage ... Soit que le séjour à Rishikesh ait vraiment bouleversé quelque chose en moi , m'ait vraiment donné une bouée insubmersible pour éviter de me noyer dans la bouillie émotionnelle familière ; ou encore que la pratique quotidienne du rééquilibrage des chakras ( pijas mantras , je vous en parlais l'autre jour ) m'aide à garder une certaine stabilité ( peu familière , celle -là , alors .. ). Voui , mais ... me direz vous : c'est bien joli , mais , est-ce que tu n'es pas en train de refouler joyeusement tout ce qui n'était pas bien agréable à voir , tout ce qui ne correspondait pas à l'image sympathique de toi qu'il est toujours plus agréable de montrer ?? Raahhhhhhh , oui , on n'est jamais sur... et moi , moins que personne ... , au détour du Chemin les monstres peuvent ressurgir et c'est alors qu'on s'aperçoit qu'ils n'étaient pas anéantis , seulement enfouis ... Donc , la seule réponse possible est : je ne sais pas , je vous en reparlerai dans quelques mois ...
Mais en ce qui concerne le retour du refoulé ... Vous ai-je dit à quel point je me sentais contente de moi au retour de Rishikesh , quasi certaine d'avoir franchi une étape dans le détachement et le progrès spirituel ? et j'avais fait un énorme paquet de tous les vêtements en trop que j'ai donné au secours populaire ... en route pour la sainteté , je vous dis ... l'est pas trop tôt ...
Ahiiiiii ! comme disaient mes petites élèves des quartiers Nords autrefois ... Malheur ! A peine ai-je eu posé le pied sur le quai de la place Saint-Marc , débarquant du vaporetto , qu'une crise de folie s'est emparée de moi et m'a emportée haletante pendant ces quelques jours , passant frénétiquement d'une vitrine à une autre avec la langue pendant jusqu'aux genoux ( malgré le froid vif ..) , en proie aux désirs variés de tout , tout , tout .. toutes ces choses transparentes pailletées d'or , tous ces colliers chatoyants , toutes ces boucles d'oreilles scintillantes , ces verres en cristal tout fin , comme gaufré , dont le pied est un animal marin délicatement sculpté , ces presse-papiers au fond desquels s'offre un frais bouquet de fleurs printanières en perles millefiori , ces miroirs , ... et puis , ailleurs , il y avait les gants , les petites bourses brodées de fleurs , les soies et les velours , et les tissus Fortuny dont se parait Albertine ; les petites lampes aux abat-jours de papier plissé en forme de coquillage , qui diffusent une lumière chaude et douce ... ou les marionnettes à tête de chat , habillées de robes somptueuses de marquises . Je me suis trouvée bien incapable de lutter .Quand au détachement , il est allé voir en Inde si j'y étais ... et m'a suggéré qu'un peu d'humilité ça ne fait pas de mal .
Tout de même , j'ai réussi à rester dans les achats raisonnables , en espérant que ça n'était pas made in China ( il y a une concurrence terrible avec les verriers de Murano) ... Depuis nos Cévennes enchassées dans les terres , où la tentation de l'austérité m'est plus aisée , favorisée par l'arrière-plan paysan et protestant , je peux contempler , soit la ligne des collines en face , soit sur le bureau un souvenir de ces petites lumières Vénitiennes dansantes et si gaies malgré que le verrier les ait enfermées dans des boules de verre ...
... nos valises faites , bourrées de chaussettes chaudes et de chemises itou ; Hermione chez son tonton José ; les plantes les plus fragiles à l'abri du mur du Sud ; le planning des auxiliaires de vie chez maman bien ficelé , l'argent pour les courses de la semaine distribué ; le distributeur de croquettes pour les chats rempli ( Rajounet est en train de se faire une ventrée en prévision des mauvais jours ) ainsi que plein d'eau fraîche quand ils auront soif , les volets du bas fermés ... en route pour l'Italie ! Venise et ses merveilleux mirages nous attendent .. ( la météo nous prévoit qu'on va se geler ... ne pas oublier les écharpes , les bonnets , les gants , et les huiles essentielles anti-rhume ... ) ... à bientôt , à bientôt !