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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 23:53

           Je suis toujours lente à la détente , façon dinosaure,  avant que l'information ne parvienne à mon cerveau ça prend du temps ... un exemple , cet après-midi à l'hôpital je demande à l'infirmière ce qu'il en est des perfs  et de l'oxygène enlevés à maman hier , elle confirme que c'était un test pour voir si maman avait suffisamment d'oxygène dans le sang .... bilan , négatif . Ils la gardent donc encore quelques jours , et la feront sortir en début de semaine prochaine , éventuellement avec un appareil pour lui donner de l'oxygène .

            Et alors , est-ce que j'ai bondi en entendant ça ? pas du tout , j'ai remercié la gentille demoiselle de m'avoir fourni le renseignement , et je suis revenue à la chambre où maman , toujours fatiguée ,  a continué à m'expliquer par le détail à quel point Nordine était gentil de l'avoir aidée à trier les carottes de la viande dans la daube de midi . Au bout d'une demie-heure de détails culinaires , j'ai senti que j'allais exploser et je me suis barrée avec le linge sale , de toutes façons il fallait que je lui achète un pyjama neuf , ils lui changent sans arrêt ses pyjamas à l'hosto .

              Et quand est-ce que j'ai commencé à réaliser ? eh ben , au beau milieu du Super U rayon lingerie de nuits ; j'ai commencé à visualiser maman au bout d'une de ces bonbonnes d'oxygène . Mais qui va surveiller que ça se passe bien , et combien de temps ? et qui va vérifier qu'elle ne s'étouffe pas la nuit ?  et qui va appeler les pompiers , ou pas ? et qui va être tout le temps attentif à ce qu'elle ait le bon débit d'oxygène ? Pas maman elle-même ,  incapable de régler ce genre de truc  puisqu'elle n'y voit pas ,  très maladroite avec les boutons d'une façon générale , la pauvre , que ça soit la radio  , ou le téléphone ou la télé ...

             Pas moi , je suis complétement paniquée au niveau médical et je ne me vois pas surveiller constamment ( pendant que maman m'expliquerait le repas de midi . Elle était , m'a t'elle dit , trop fatiguée pour que je lui fasse la lecture ... ).

             Pas la petite Léna qui préfère rester dans la lune , et comme je la comprends .

             Pas Nordine qui est capricieux comme une prima donna concernant ses horaires , je commence à ne plus pouvoir le supporter même en peinture .

             Sylvie est nouvelle , Maria divorce en ce moment ...  à qui puis-je faire totalement confiance , à part moi  ? Quoi faire alors ?

             Tiens , et mon voyage en Inde la semaine prochaine ? Qui est censée partir en Inde ? Quel voyage en Inde ? Qui va réceptionner maman à sa sortie de l'hôpital ? Qui va s'occuper des bonbonnes à oxygène de maman ? Qui , qui , qui , comment , comment ?

             La mettre en maison de retraite pour quelque temps ? Il y a presque toujours de la place à Clair Logis , mais ça va lui briser le coeur ... Renoncer à ce voyage , ça va me faire de la peine un moment , mais je peux en espérer d'autres ... la panique je vous dis ...  Je ne sais quelle direction prendre et le mauvais temps approche ...

 

 

 

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 08:45

          Depuis Samedi dernier , donc , je 1) lutte de mon mieux pour ne pas sombrer complétement dans la grippe et 2) continue à aller voir maman à l'hôpital chaque après-midi  ... en attente , donc , que les corps et les âmes se réparent  .  Espérant que je serai suffisamment rétablie dans une semaine pour partir en Inde , et qu'il en sera de même pour elle , pour que le simple bonheur du retour dans sa maison après les jours d'hosto  contraignants la booste suffisamment , pour qu'elle puisse accepter que sa troisième fille s'en est allée de l'autre côté de la terre  !

          Un point lumineux , dans ces jours un peu difficiles : l'ascenseur qui mène directement à la section " pneumologie " est muni d'un miroir où vous vous voyez toute mince , et d'un éclairage qui efface les rides et donne bonne mine ... Quelques minutes où l'ego se sent tout requinqué  (  mais souviens toi ! tu n'es pas ton corps , et tu n'en es pas , non plus , propriétaire ... - ouais , mais ça fait plaisir de voir quelqu'un d'attrayant en face de soi dans l'intimité de l'ascenseur !!! )

 

           Petites joies , oui ... la vie en est émaillée ... et ça me rappelle que je voulais , depuis notre retour des vacances lumineuses en Angleterre , vous montrer des photos de ces délicieux petits coussins , brodés au point de croix , sur fond bleu la plupart du temps , qui sont placés sur chaque siège dans les églises  afin de protéger du contact des dalles glacées les genoux osseux des ouailles britanniques .  A moins que ça ne soit pour leurs fesses , également osseuses , sur les bancs durs .... J'aime à m'imaginer que ce sont les pieuses dames du village qui les brodent , assises toutes en rond autour d'une table tout en dévidant agilement les horribles potins du comté . Philippe , qui est négatif , m'a dit que c'était peut-être une entreprise qui les a fait , ou fait faire , peut-être même en Thaîlande ou en Chine .. Mais non ,   je ne peux le croire et m'en tiens aux  dames qui brodent  ,  toutes un peu amoureuses du pasteur ...

 

 

 

 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 07:22

 

      Vendredi , donc , on a fait une belle balade de l'autre côté du Rhône - un peu beaucoup de kilomètres , tout de même !  après Clamensane , on est allés au pied de la montagne de Lure pour aller chercher  ma cousine , prévoyant de la poser chez maman le soir . Elle est beaucoup plus jeune que maman , à peine plus de quatre-vingt ans , une jeunette  ! Je l'ai toujours appréciée ,  et ça m'a fait du bien dans la voiture de l'entendre parler de son amour pour maman et tata Lili , qui lui étaient un refuge contre un oncle terrifiant . Parler du petit col en dentelle que tata lui avait tricoté quand elle était gamine pour égayer une robe sombre , un petit col rose qu'elle a encore dans ses tiroirs ... Comme les rôles s'échangent suivant les situations ...  , maman , qui me paraissait souvent , qui paraissait à mes soeurs ,  le pire des dragons ,  a été pour elle une jeune tante gaie , douce et affectueuse ... 

 

            Nous arrivons devant la maison de maman , que se passe -t'il ? tout est fermé , les volets clos , juste un papier scotché : " votre maman hospitalisée mais  pas grave  "

 

 ???????????

 

De retour à la maison , j'apprends que la toubib consultée pour maman aujourd'hui par Nordine , les a expédiés faire un scanner , au scanner ils ont dit que la chute n'avait pas fait de dégats , mais que maman a une infection pulmonaire ... Je suis si fatiguée que je me contente de lui téléphoner , elle  me dit d'un ton assuré qu'elle va bien , Nordine s'est bien occupée d'elle , ce que je crois tout à fait , il est précieux dans ces cas là ;  j'irai donc le lendemain matin seulement ...            

 

           Samedi matin : ma cousine et moi partons pour le nouvel hôpital d'Alès , une splendeur . Les visites sont interdites le matin mais le personnel ne nous éjecte pas . Nous trouvons maman très fatiguée dans sa chambre d'hôpital , avec deux perfus et de l'oxygène dans le nez ; si fatiguée que même la présence de sa nièce , qu'elle aime énormément , lui arrache à peine un sourire et un peu d'intérêt ... quand ma soeur téléphone , elle trouve l'énergie de lui répondre d'une voix solide , pourtant . Un cadeau qu'elle lui fait ...  nous restons jusqu'à midi , j'ai le temps d'échanger avec Nordine ; les auxiliaires de vie se sont bien occupés  hier de tout l'administratif et des bagages de maman  , ça me soulage beaucoup ! Mais nous voilà bien inquiétes , tout de même .  Ma cousine semble penser que maman va se laisser partir , et je ne suis pas loin de la croire . Je retourne voir maman l'après-midi , elle a l'air mieux ... mais le mal de gorge me taraude , je tousse un peu aussi - mais je me retiens  de peur que l'équipe de pneumologie  ne décide de me capturer .

 

         Je pars de l'hôpital avec la sensation reposante que pour l'instant j'ai fait tout ce que je pouvais . L'automne est arrivé et le froid ; dans la soirée nous allons observer la nuit , attendant  la pluie prévue d'étoiles filantes  - je n'en ai vu que trois   ou quatre , peut-être que j'en ai inventé ! mais ce matin - aïe  mes amis , ce matin , le mal de gorge ! malgré l'écharpe douce autour de mon cou ,malgré les gargarismes , malgré les comprimés sucés toute la nuit - Alors ce matin je fais quand même une méditation en me chantant tout doucement , d'une voix coassante , le son adapté pour chaque chakra . L'amour  bienfaisant envahit  ce drôle de véhicule  , pas très beau , un peu lourd , un peu vieilli - mon "corps"  ... mon " moi " ...            

 

                  puissent tous les êtres se sentir heureux

 

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 17:58

 

     Jeudi soir , revenant bien tard d'une chouette soirée , amitié et  rigolade réunies , je trouve sur le répondeur un mot  de Maria : " votre maman a fait une chute mais l'infirmier l'a regardée et ça n'est pas grave " . Ouf ! une heure moins le quart du matin , si maman était aux urgences Maria me l'aurait dit , inutile de les déranger aussi tard ; je dors quelques heures d'abord  ... A cinq heures , je me lève en catimini , tout le monde dort sauf Hermione qui m'a entendue ... une douche chaude  termine de me réveiller , nous nous glissons dans ma voiture , en cinq minutes je suis chez maman ; l'infirmier est déjà là pour sa toilette du matin , elle n'a mal nulle part et marche sans problème ,  mais  a vomi son repas du soir , c'est tout de même un peu inquiétant . Je demande à Maria de rester avec elle pour qu'elle ne soit jamais seule et d'appeler la toubib dés que possible .. Philippe et moi devons faire le trajet jusqu'à la région de Sisteron où je compte , d'abord , aller voir une très vieille amie , puis aller chercher une de mes cousines préférées pour qu'elle passe la journée avec maman , jolie balade et heureuse journée en perspective ... j'interroge maman pour savoir si elle veut annuler la venue de la cousine , elle me dit qu'elle est heureuse de la voir . Ca compte en ce moment , car je la trouve assez déprimée , elle répète que ça serait bien de mourir , que mes soeurs ne viennent plus jamais la voir ... Bien sur , c'est juste un passage dépressif , et je sais , personnellement , que la dépression n'est qu'une émotion qui passe ,mais  bon , ça m'inquiéte  quand même . Le bon point , c'est qu'elle ne s'est rien cassé !  Donc , on maintient notre projet , et nous voilà partis , Philippe , Hermione et moi ..

 

           Trois bonnes heures pour arriver à Sisteron où souffle un grand vent terrible ; on trouve avec difficulté une place pour se garer et me permettre de faire un pélerinage à la boulangerie de la rue droite qui vend des fougasses à l'anchois et des fougasses au sucre ,  délices noyées d'huile d'olive qui me rappellent les migrations saisonnières de ma famille , quand on partait de Nice à la Haute-Savoie ; toute la journée en voiture , mal au coeur dans les routes qui tournaient ...  la  halte à Sisteron était bienvenue .  Maman et tata allaient au cimetière fleurir la tombe de ma grand-mère , que je n'avais jamais connue ,  donc ça n'était pas vraiment triste : c'était dans la partie du cimetière la plus haute , les morts  , et les vivants qui les visitent ,y jouissent d'  une belle vue ;  on achetait ces fougasses succulentes , j'enfonçais jusqu'au nez  mes petites dents avides dans la pâte moelleuse  et grasse ...  

 

               Dans la boulangerie  , je fais juste provision de fougasses pour maman , puis nous montons à Clamensane . Nous négligeons la route de Saint-Geniez , berceau aérien  de ma famille maternelle où je me promets sans cesse de revenir ; prenons Nibble ... nous longeons une petite rivière à l'eau étincelante , pour arriver à un village ensoleillé accroché aux  pentes basses . Une amie de très longue date habite là , ou plutôt ses parents y habitaient ; sa maman est en maison de retraite maintenant , à Digne , un crève-coeur pour la maman et pour la fille ; mais pas moyen de faire autrement ...  nous sommes surement un peu cousines , car de Clamensane à Saint-Geniez il n'y a que quelques kilomètres à vol d'aigle .  Quel bonheur de retrouver ses yeux bleus , son accent chantant des Alpes du Sud , le même que celui de ma cousine ... De regarder , de son balcon , la belle montagne  dont les flancs commencent à prendre des teintes d'or , qui sépare son nid , du mien ... 

 

 

Clamensane 

7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 07:22

 

             Je rêvais d'iode et d'air marin , j'avais même emporté mon maillot de bain ... Je ne me suis pas baignée , mais cette plage  très prisée par les autochtones n'a pas déçu mon envie d'exotisme ; rien n'y manquait , ni les nombreuses boutiques de fish and chips , ni les échoppes de machines à sous ,  ni la vase visqueuse brunâtre dans laquelle les sufeurs devaient piétiner avant de pouvoir prendre leur essor dans l'eau glacée ...

 

 

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 07:59

         Vous avez du remarquer , comme moi , la place privilégiée qu'occupe la rivière dans la littérature anglaise - enfin dans ma littérature anglaise préférée , celle du XXe siècle et de la  fin  XIXe  . Bien sur , il y a eu l'inoubliable Trois hommes dans un bateau , mais aussi The wind in the willows pour les enfants ,    les baignades estivales  dans Rosamond Lehman , le côté mystique de la rivière  dans Elizabeth Goudge .. pour terminer avec Virginia Woolf , la pauvre . Et même en nos temps pollués , j'ai vu , de mes yeux vu , les gamins barboter bruyamment sous les yeux de leurs parents dans l'Avon à Bradford .

          Pas de bains pour nous cette année , ni même de canotage parce que nous n'avons pas trouvé tout de suite l'établissement qui louait des barques ; mais la balade  en suivant le sentier le long de la Stour était magique , rien n'y manquait : ni les saules creux , ni le moulin , ni l'apparition d'une famille de cygnes tous pleins de dignité , y compris les oisons aussi gros que leurs parents .

 

 

 

 

 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 09:04

          Vers les quatre heures du matin , Hermione saute  partout en faisant un raffut pas possible  - une petite insomnie ? essayant désespérément de préserver ma juste part de sommeil ,  je marmonne : " est-ce que tu l'as emmenée pisser hier soir ? " à Philippe  , y'a pas de raison que je sois la seule à être réveillée ; tout en continuant à dormir il  me répond que oui ; j'en conclus qu'elle a juste envie d'aller gambader sous les étoiles , comme en général ça s'accompagne de joyeux aboiements et que je n'ai pas envie de me brouiller avec les voisins , je la sermonne et l'enferme dans " sa" chambre ( la chambre de l'ordinateur ) . Elle essaie d'ouvrir la porte , n'y parvient pas , gémit ... je lui crie : "couchée ! " , elle se calme ; puis recommence . Bon , pas moyen de roupiller , quatre heures et quart c'est une bonne heure pour une petite méditation .. Adam nous a appris cet été des mantras , un son pour chaque chakra , et c'est un bonheur de chanter en respirant à l'endroit approprié , ensuite c'est un bonheur ... tout court ...

        Je médite , je médite ... pas si facile avec un chien qui gémit et menace de démolir la porte ( ce qui ne dérange pas Philippe , l'heureux homme continue à ronfler ... ) . Je me déplie , il est cinq heures , je décide de laisser notre fofolle courir la campagne ... elle part comme une flèche ,  je l'entends au loin aboyer dans les vignes , j'espère que personne ne saura que c'est notre chien . Et moi , quoi faire à cinq heures du matin ? Bon , je dois reprendre l'emploi du temps des trois zigotos qui gardent maman chacun à leur tour . J'en avais fait un splendide , d'emploi du temps - comme il font des nuits je préfère qu'ils se reposent un peu après ... S. travaille ailleurs le Vendredi matin , L. élève , seule ,  son petit garçon et demande les week-ends et le Mercredi  , Nordine en a marre de travailler tous les Dimanches matin ... c'est relativement nouveau pour moi et donc  intéressant de faire ça depuis un an , et j'étais contente de mon oeuvre , qui satisfaisait les trois intéressés  . Pouf ! V'là la p'tite Léna ,( avec ses hauts talons vertigineux , son décolleté itou et un collant qui  lui moule les fesses  ) qui me dit qu'elle a trouvé un travail le week-end ,  y compris le Vendredi soir ... Elle va faire hôtesse dans un bar  .Tiens , c'est donc pour ça cette tenue , que  moi je ne trouve guère adaptée pour aller travailler chez une centenaire ; je lui fais une remarque , ou pas ? Après tout , c'est pas mes oignons - en outre , l'infirmière  , qui est hyper sérieuse dans son boulot , arbore elle aussi  des décolletés vertigineux , c'est moi qui suis une vieille fille coincée ... Donc , je ne lui fais pas de remarque . Seulement , l'emploi du temps prévu ne lui va plus ... Donc , j'essaie d'en concocter un nouveau , cette gamine , seule avec son gamin , et sa grand-mère qui a un cancer  ; pas évident , je rame , je rame ... Noisette vient jouer avec mon stylo bille et ma gomme pour m'aider , elle est d'humeur mutine ; je n'apprécie pas car Noisette mord , les doigts ou le stylo , puis m'insulte si j'essaie de la virer ...

      Six heures du matin : j'ai fini mon projet d'emploi du temps . On va voir si ça leur convient , aux jeunes ... et aux moins jeunes : Sylvie , Dieu merci , approche de la cinquantaine ... vous ai-je dit qu'elle m'a fait le récapitulatif des horaires et des salaires , tout nickel , sans une erreur de calcul ? Oui , j'ai du vous le dire ... un ange venu du ciel ,  cette Sylvie , je vous dis . Maman n'est pas de mon avis ,mais c'est une autre affaire ... Donc , contente de moi , je lève le nez de mes paperasses , et c'est pour voir Rajah , mon chérubin , en train de pisser à l'horizontale sur le rideau de la porte -fenêtre ... j'ai le temps de lui dire , Rajah , qu'est-ce que tu fais ? du coup , il s'arrête , mais le mal est fait ...

     Six heures et demie : la machine à laver tourne  avec les deux rideaux dedans - tant qu'à faire ... , Hermione est rentrée et roupille , et moi j'ai le temps de me recoucher , quel bonheur ... je commence à avoir un peu sommeil ...

       Sept heures et demie : Hermione gambade et gémit , qu'est-ce qui se passe ? Une chienne qui ne parlait jamais ... où est-ce qu'elle a appris à pleurer comme ça ? je  me traîne juqu'à la porte de la cuisine du bas  pour lui permettre d'aller dehors , apparemment ça pressait ... elle n'avait pas pris le temps de faire pipi au cours de sa randonnée matinale ?

         Je remonte , temps pour la douche ? eh ben non , je me rends compte alors qu'Hermione a pissé dans le salon , et sur les rideaux de l'autre porte-fenêtre ...ça  pressait vraiment ...  re-machine à laver ; j'étends les autres rideaux  , maintenant propres ; puis  nettoyage du salon à la serpillère ... ,

          J'ai le temps de petit-déjeuner , de me prévoir une matinée sympathique , de continuer la peinture commencée hier soir   - je téléphone à Nordine qui est  arrivé chez maman à 9 heures pour lui donner des précisions sur l'emploi du temps  ; un peu inquiet , il me dit que maman a vomi " toute la nuit ... "

                Et c'est reparti ... maman vomit quand quelqu'un  a fait , ou dit , quelque chose qui ne lui plait pas ...  et qui lui tenait compagnie hier soir ? devinez ...

           Philippe doit emmener Hermione en voiture avec lui ce matin ,et je l'entends , dans le jardin , appeler désespérément et siffler pour attirer la vagabonde , qui était sur le canapé il n'y a pas cinq minutes ...  allez , je vais descendre pour lui soutenir le moral , et cueillir des poivrons pour donner à la voisine ...

 

 

 

 

 L'idée que nous sommes séparés de Dieu et  l'idée que nous devons entreprendre une sadhana ardue pour L'atteindre , sont aussi fausses que les idées de cet homme dans son rêve. Tandis qu'il était couché tranquillement dans son lit , son imagination lui fit croire qu'il était en train de souffrir dans une forêt et qu'il lui fallait faire de gros efforts pour retourner dans son lit . On atteint Dieu et on demeure dans l'état du Soi quand la pensée de vouloir l'atteindre disparaît .

 

 ( Ramana Maharshi , cité par Anamalai Swami dans  : Comme une montagne de camprhe )

 

29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 22:36

 

 

     Ce ne sont pas les miens , hélas  ... ceux là avaient leur place attitrée au sein d'une palette très organisée qui déployait sur un arc de cercle des centaines de dahlias , flamboyant du presque blanc au grenat le plus sombre , dans un de ces parcs  aristocratiques où les bourgeois lambda peuvent  flaner tout à loisir .  Cet endroit  s'appelait Anglesey Abbey ; on observera qu'il faisait tout à fait beau , mais qu'une averse nocturne bienvenue  avait évité aux jardiniers toute corvée d'arrosage  ... Tout de même , ces anglais , ils ont vraiment une chance fétide : jamais besoin d'arroser ... sinon par coquetterie .

 

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 22:54

                Je suis revenue à la gestion  des affaires de maman ... Avant-hier au téléphone ,  encore sur le trajet du retour , j'avais plongé dans des affres terribles rien qu'en l'entendant me parler d'un ton atrocement implorant , comme elle me décrivait à quel point N. a été gentil et s ympathique dans son rôle d'auxiliaire de vie ( tant mieux !) ,  l'emmenant souvent prendre le café au village le matin ; très bien , mais grand Dieux - pourquoi me parle-t'elle de cette voix implorante ? Qui voit-elle à ma place ? elle me dit , suppliante : " parce que je ne sors pas beaucoup ... " reproche à l'égard de sa dernière fille , récemment encore réfugiée outre-Manche ,  qui ne la sort pas beaucoup ? ( mais les autres , qui ne viennent pas la voir , ne la sortent pas du tout ... ) Je me sens mal ... pourquoi me supplier ? et je me sens encore plus mal quand , lui demandant comment ça s'était passé avec S. , la nouvelle , elle change de ton et me dit avec rancoeur : " oh , ça va ... ça va . Elle n'est pas mal ... sauf que , de temps en temps , elle déraille ... " . Pourquoi S. déraille t'elle ? D'où vient , à maman , ce mot de dérailler , qui n'avait jamais fait partie de son vocabulaire ? cette S.  m'a semblé , à moi , une femme pleine de bon sens ... une histoire d'horaires de travail , semble-t'il ... et me voilà à me tourmenter , bêtement , et malgré que je sois désormais résolument décidée à ne plus me noyer dans l'univers tortueux de ma mère (il me suffit de mon univers , qui a été suffisamment tortueux ... ) . Heureusement  qu'il y a les méditations pour me remettre dans mon axe ...

 

                 Cet après-midi , munie d'une gigantesque boite de sablés  achetés en route ( près de Sablé , où nous avons dormi , en fait près de l'abbaye de Solemne dont les moines sont spécialistes en chant grégorien ) et d'un bouquet de roses , je refais mon apparition dans l'antre maternel . Je la trouve plutôt en forme , ma mère ...  Elle ronchonne beaucoup contre S. qu'elle trouve trop autoritaire ...

                     Je lis le cahier de liaison pour savoir ce qui s'est passé en mon absence ; ils ont eu leur tenant de mini catastrophes d'un genre chiant , problémes de plomberie , de téléphone , etc ... En tout cas , S. , à qui j'avais demandé de me faire des comptes rendus détaillés , a parfaitement accompli son office . Chouette ! Je leur suis reconnaissante à tous et leur écrit un gigantesque MERCI sur ce cahier ... Arrive I. , l'infirmière , une fille sympa , pleine de feu et d'énergie ; mais championne  , hélas , toutes catégories , des jugements à l'emporte pièce ... Je me rends compte alors qu'elle a attisé les passions des " anciens " contre la " nouvelle " , ajoutant stupidement un absurde diagnostic pseudo psychologique   à l'encontre de cette dernière - tout ça parce que j'ai demandé à S. de me faire un compte rendu  hyper détaillé ... et qu'elle a trouvé S. indiscrète ...

                 Et dire que j'espère trouver en S. ma probable remplaçante ... c'est pas encore gagné ...  

 

 

 

  Nous nous sommes baladés dans l'East Anglia ; lors d'une promenade en bateau  ( à moteur ! nous espérions trouver une barque à louer , il n'y en avait pas ) , un grand voilier nous a dépassé , qui remontait le vent dans ce canal étroit en tirant des bords avec une maestria qui m'a  émerveillée ...j'ai encore dans l'oreille le bruit qu'il faisait , la coque qui fend l'eau à toute vitesse  , le bruit du vent dans la voile  , un son que je ne saurais décrire mais tellement fort , tellement plein , que son seul souvenir me  remplit de  joie et de force ...  

 

 

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  Un peu après , je crois , il  nous a croisé , dans l'autre sens ... où allait-il ? vers la mer ?

 

 

 

 

 

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 14:57

.. Retour de l'East-Anglia , une région que j'ai ressentie paisible , ordonnée et douce , quadrillée de rivières et de canaux  . Nous avons habité quinze jours la maison d'Hillary et Jim ,dans un village tout proche de Cambridge . Petites maisons de brique jaunes , petits jardins agencés comme des vitraux où chatoient des fleurs lumineuses , anémones du Japon et rosiers grimpants , cosmos et géraniums , et les dahlias  ... De ces deux là ( Jim est handicapé , sans doute par une polio , entre échangeurs de maisons on ne se connait pas tout d'abord )  ,  de cette petite maison ,des petites villes anglaises provinciales , des anglaises de mon âge dont j'adore la façon simple de s'habiller ,   si je pouvais apprendre à gérer l'espace , le temps , les relations  qui me sont impartis avec moins d'à-coups  , plus de mesure ...

 

 

 

 

 

 

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