Petites Peintures
A l'origine , c'était un blog pour montrer mes peintures ,qui sont des petits formats sur papier . Au fil des jours et des mois , et parce que j'écris quand je n'ai pas la disponibilité pour peindre , c'est devenu un endroit en dents de scie qui m'a permis d'assumer enthousiasmes et déprimes , joies et agacements ,bien souvent comme si c'était la dernière bouée qui me restait sur terre . Il est nécessaire que vous gardiez à l'esprit que c'est le blog de quelqu'un qui est en cheminement ; quelqu'un qui sait , comme le lecteur , que les émotions changent sans cesse , les émotions qui sont refus du monde qui m'advient , et qu'il ne faut pas trop s'y laisser prendre ; mais pas les nier non plus ; et que l'enseignement des sages est : " Tout est bien ". Un monde harmonieux , en somme , pour peu que nous puissions en comprendre les mécanismes ... ce qui n'est pas encore mon cas .Oui , j'ai fait quelques progrés en trente ans , si vous saviez d'où je viens ... Le chemin m'emméne , de toutes façons . Vers où ? En attendant de le comprendre , ce monde , on peut juste émettre le voeu boudhiste : " Puissent tous les êtres se sentir heureux " - si vous le préférez en Sanskrit : Loka Samastha Sukhino Bhavantu
J'explique le pourquoi du pseudonyme en partie dans le bandeau de mon autre blog , au nom tiré de Lewis Caroll , mais néanmoins consacré à des voyages en Inde - le lien est tout en bas à gauche , mais vraiment , en bas , en bas ...
Branchesetbosquets , c'est l'étymologie de mon nom de famille - et puis ça me confortait dans l'impression d'être un personnage de Tolkien . Enfin , si vous avez perdu mon e-mail : c'est francoise.rambosson@free.fr , et je préférerais , de beaucoup , que ça apparaisse en petit mais - j'arrive pas .
La Recherche du Temps Perdu , c'est plus de trois mille pages rien que pour raconter les désenchantements d'un enfant qui rêvait sur les noms . Ce matin , j'ai plongé dans le panneau moi aussi , conversant avec une voyageuse revenant de l'Inde ; elle m'a dit : " non , ça n'est pas à Mysore , c'est à Mangalore ... Il faut prendre d'abord la ligne Paris- Bangalore ... " J'ai cessé de fantasmer sur Bangalore qui est la Silicone Valley indienne , depuis que j'y ai dormi il y a quelques années , dans un hôtel hyper design plein de japonais , jeunes et vieux loups et louves cramponnés à leurs mallettes et à leurs P.C ... mais Mangalore , quel nom magnifique , qui évoquerait la vibration de l'Om dans une lumière pleine , bruissante de minuscules paillettes d'or ... Près de Mangalore il y a l'ashram de Swami Ramdas , Anandashram , et me voilà toute frétillante rien qu'à l'idée éventuelle de repartir ... ( Swami Ramdas , c'est le Swami du merveilleux Carnets de Pélerinage , en poche chez Albin Michel , si vous aimez les livres de voyages achetez ça , si vous ne les aimez pas , achetez le aussi .. on est heureux rien qu'à le lire ... )
Waouh ! en me documentant sur Anandashram , ( Ananda , c'est la Félicité ) , je suis tombée sur ce site ,
http://www.vanamaliashram.org/Gayatri.html
que je n'ai pas fini d'explorer ,j'ai juste regardé les images ... cliquez sur l'image ci-dessus , qui représente la déesse (? ) Ma Gayatri , vous entrez dans un monde magique !!!
Auf Dem Wasser Zu Singen (Chanter Sur L'Eau)
Auf dem Wasser zu singen, D. 774, date de 1823. Ce lieder envoûtant accompagne un poème de Friedrich Leopold Graf, comte de Stolberg.
Mitten im Schimmer der spiegelnden Wellen
Au milieu du miroitement des vagues réfléchies
Gleitet, wie Schwäne, der wankende Kahn :
Glisse, tel des cygnes, le vacillant bateau ;
Ach, auf der Freude sanftschimmernden Wellen
Ah, sur la douce et miroitante joie des vagues
Gleitet die Seele dahin wie der Kahn;
Glisse au long l'âme comme le bateau ;
Denn von dem Himmel herab auf die Wellen
Ensuite, du Ciel jusqu'aux vagues
Tanzet das Abendrot rund um den Kahn.
Danse tout autour du bateau le coucher du soleil.
Über den Wipfeln des westlichen Haines
Au dessus de la cime du bosquet de l'ouest
Winket uns freundlich der rötliche Schein;
Flotte, amicalement, la lueur rougie ;
Unter den Zweigen des östlichen Haines
Sous les branches du bosquet de l'est
Säuselt der Kalmus im rötlichen Schein;
Murmurent les roseaux dans la lumière rougie ;
Freude des Himmels und Ruhe des Haines
Joie du Ciel et la paix du bosquet
Atmet die Seel im errötenden Schein.
Est respirée par l'âme dans la lumière rougissante.
Ach, es entschwindet mit tauigem Flügel
Ah, le temps disparaît sur une aile de rosée
Mir auf den wiegenden Wellen die Zeit;
Pour moi, sur les vagues secouées ;
Morgen entschwinde mit schimmerndem Flügel
Demain, le temps disparaîtra avec des ailes miroitantes
Wieder wie gestern und heute die Zeit,
Une fois de plus, comme hier et aujourd'hui,
Bis ich auf höherem strahlendem Flügel
Jusqu'à ce que je, sur une aile hautement plus rayonnante,
Selber entschwinde der wechselnden Zeit.
Disparaisse moi-même dans le temps changeant.
Je vous ai parlé de la méditation apprise cet été , méditation qu'on peut chanter , que ça soit de façon sonore ou en pensée . Pour chaque chakra , pour chaque centre d'énergie , un son ... ça s'appelle les bijas mantras , ou pijas mantras . Depuis , je la pratique presque chaque matin tant j'ai ressenti , de façon presque immédiate , qu'elle me faisait du bien . Ne rigolez pas s'il vous plait , mais , en plus de me sentir bien au niveau émotionnel et énergétique , je me sens plus intelligente ( moins con , diront certains . Toujours l'histoire du verre vide ou plein ! ) ... Il faut dire , pour faire une biographie express , que j'ai ignoré les émotions pendant les premières trente années de ma vie , bien à l'abri dans son triste blockaus ; puis , à la suite d'un choc qui n'était pas piqué des hannetons et m'a amenée à découvrir l'enseignement d'Arnaud Desjardins , j'ai plongé dans ces émotions enfouies , pendant les trente suivantes ... j'ai trouvé ,en fouillant dans le bazar , énormément de vie , mais aussi un sacré pandémonium ; un coup l'allégresse et l'enthousiasme , un coup des abimes de souffrance , et qui duraient ... Ces temps-ci je commençais à en avoir un peu marre , sans doute . Comme je vous ai dit , depuis que j'ai atteint mes soixante-deux ans j'ai pensé qu'il est presque temps de devenir une grande fille ....
Donc , je vous mets un lien sur le site d'un gars qui a mis dans son blog un article très bien fait et très bien illustré ( j'ai pratiqué longtemps la méditation des couleurs , pas mal non plus mais dans l'instant c'est celle des sons qui me touche très fort . Le bleu du chakra de la gorge devrait plutôt être en bleu caeruléeum , plutôt qu'en outremer , c'est la seule réserve que je fais à l' illustration )
( Cette photo m'a été gentiment envoyée par Hélène , à ma demande . Les photos qu'Hélène a prises en Inde sont magnifiques , j'espère qu'elle fera une expo ... )
Au réveil , je ne suis rien qu'un paquet d'angoisse et de mauvaise humeur ... Deux Céphyls , un liquide chaud , j'allume une petite veilleuse et je m'assieds pour méditer ... le mental tourne et jacasse , c'est normal de sa part ... je me remémore vaguement un fragment de citation de Hui Neng : ... " le Vide qui est notre véritable nature ... " - ce qui m'aide à prendre un tout petit chouïa de recul par rapport à la déprime et à l'angoisse . L'humeur du matin , ça n'est rien que l'humeur du matin . Les boudhistes parlent volontiers des humeurs comme des nuages qui cachent le ciel bleu , ce qui ne m'a jamais trop attiré comme comparaison parce que ( encore mon enfance douloureuse , et allez donc ! elle est bien loin pourtant ! ) j'associais autrefois , j'associe encore maintenant souvent la pluie à la douceur : pas d'obligation de jardiner , il y a encore beaucoup de travail au jardin ; quand il pleut , je peux buller tranquillement , commencer une aquarelle ... Tandis que le beau temps , ah ! le beau temps ..par beau temps , tant d'obligations contradictoires se pressent , quémandent ou exigent ...
( ça c'est une vieille aquarelle de 92 , mais je ne résiste pas au désir de vous la montrer à nouveau . Le personnage terrifiant est ma mère , si agressive et stressée à l'époque ... Tout y est , de ces horribles Dimanche matin perpétuellement ensoleillés de mon enfance Niçoise . Bouh !)
Et puis je me dis , cette histoire de nuages , de Vide qui est ma véritable nature , c'est encore rien qu'un concept , et pas besoin de s'en alourdir . Juste être attentive à ce qui passe par là ..
Hier soir j'ai regardé la première partie de Don Giovanni sur Arte - rien que des voix magnifiques et un régal , et j'ai adoré en particulier Leporello : il était parfait à tous les niveaux , parfait comme chanteur ,mais aussi parfait comme acteur et comme attitudes ... J'ai quelques réserves à faire sur la mise en scène des autres personnages , notamment une Donna Anna hyper glamour , ce que je trouvais inadapté , une vision étriquée de Donna Anna . Cette idée que la première scène , qui aboutit si vous vous en souvenez au meurtre du Commandeur , se passe au lit , et Donna Anna est aussi souvent dessus que dessous ... certes , ça attire le chaland , mais tout de même ... Donna Anna a eu une éducation vertueuse , et à qui faire croire qu'elle confond encore Don Giovanni et Ottavio là ? Mais bon , je jacasse , je jacasse , pourquoi est-ce que je vous parle de cette représentation ? ? Juste à cause de l'ouverture . Alors là, c'est une trouvaille : dès que le rideau de scène tombe , on est face à une espèce d'immense miroir mobile où le théâtre ( la Scala de Milan ) et les spectateurs se reflètent de façon liquide et changeante ,
... Eh ben pour moi c'est ça , le début de la méditation . Cette espèce d'immense miroir vertical mouvant et déformant , pensées et images , et on se dit : mais Bon Dieu qu'est-ce qu'il peut bien y avoir de l'Autre Côté ?
Et voilà , au fil des mantras qui m'aident à équilibrer chaque chakra , au fil de l'assise tranquille , angoisse et mauvaise humeur ont disparu ... l'instant présent n'est plus dans l'enfance ... c'est le début d' une journée de 2012 , un délicieux bien-être m'envahit . Je retourne un moment au lit pour me régaler de la lecture de Nisargadatta Maharaj : un terrible et exquis logicien , qui pousse les raisonnements le plus loin possible , de façon quasiment Lewis Carrollienne , aidé par les questions faussement naïves du questionneur emberlificoté dans son propre mental - Quel régal ! que je savoure à petites doses , j'en ai bien pour quelques années à absorber ce livre .
" Tant que vous vous attacherez à l'opinion que seul ce qui a un nom et une forme existe , le Suprême vous apparaîtra comme non-existant .Quand vous comprendrez que les noms et les formes ne sont que des coquilles vides , sans aucun contenu , et que ce qui est réel est sans nom ni forme , pure énergie de vie , lumière de conscience , vous serez en paix , immergé dans le profond silence de la réalité . "
Q. Le silence est-il un attribut du réel ?
M. Cela aussi appartient au mental . Tous les états et toutes les conditions appartiennent au mental .
Q. Quelle est la place de samadhi ?
M . Ne pas faire usage de sa conscience , c'est samadhi . Il suffit de laisser le mental seul . Vous ne désirez rien , ni de votre corps , ni de votre mental .
Le séjour à Rishikesh a ranimé en moi un très vieux conditionnement , légué par des dingues de parents ultra perfectionnistes forcenés de sommets en tous genres . Pas un hasard d'ailleurs d'avoir rapporté ça du pied des Himalayas ... Les dingues du But à atteindre cherchent souvent la proximité des montagnes ... Donc me voilà avec ce vieux malaise qui me travaille sous une forme différente , je n'ai pas atteint l'Eveil moi et dire que j'ai déjà plus de soixante ans ... ( atteindre l'Eveil façon Zen , atteindre Dieu , peu importe le vocabulaire )
Ce n'est pas que les échelles de valeurs me tourmentent encore tellement ; mais il me reste comme une petite épine dans le pied ... ou une arête dans la gorge ... Je me souviens que Rajneesh ( ou Osho ) raconte une histoire très chouette dans son tarot à ce sujet , concernant deux sages qui cherchaient l'Eveil . En attendant que je la retrouve - le paquet de tarots est tout au fond d'un tiroir et je ne l'utilise plus guère - , on peut toujours se régaler avec cette vidéo assez courte , où les images réjouissantes sont particulièrement adaptées au message du même Rajneesh .
http://www.youtube.com/watch?v=tixffN68VjE&feature=relmfu
Je suis très en retard pour le jardin cette année ... Mais aujourd'hui le temps était délicieux : j'ai taillé les rosiers du massif à l'Ouest contre la maison , nettoyé dessous , arraché les repousses tenaces de bignone , biné , enlevé des bulbes de montbretias que j'ai mis de côté pour donner , mis en place les derniers oignons de tulipes rouges ( je fais des voeux pour que les monnaies du pape fleurissent en même temps , je trouve qu'un mélange de tulipes rouges et de monnaies du papes mauves au printemps c'est le beau du beau ... ) ,et enfin mis de l'engrais bio sur le tout ... Puis je me suis attaquée à l' abricotier que j'avais malencontreusement laissé pousser dans le potager et que je ne pouvais y laisser ... le pauvre avait fait pousser d'énormes racines ; il sera mieux placé ailleurs , mais j'espère qu'il va se remettre du déménagement ..
Et comme il faisait si beau j'ai bêché une planche du potager , en prévision des oignons que je planterai en Février . Pour un début de Décembre il faisait vraiment doux , j'ai jardiné en T-shirt jusqu'au crépuscule . Mais ce soir : ouh là les courbatures !!! Et il me reste encore cinq massifs de fleurs à bêcher , et le potager à terminer de nettoyer !
Mon mental à l'instant - alors que j'étais confortablement assise en tailleur sur le canapé du salon , tentant de méditer - ressemblait à l'Assemblée Nationale un jour où l'on présente une loi contestée ... ( la comparaison était couramment utilisée par Alexandra David Néel qui avait du assister à des séances ; maintenant tout un chacun peut voir à la télé à quoi ça ressemble l'Assemblée Nationale , et c'est proprement incroyable , ceux qui tentent de parler , ceux qui crient , ceux qui crient plus fort , ceux qui huent , ceux qui mimiquent , ceux qui ricanent , ceux qui roupillent .. tous plus infantiles les uns que les autres ... ) Et par là dessus y'a un moi , furieux , qui essaie d'imposer silence .. Silence , tout le monde ! on médite ...on se concentre sur sa respiration .... Et allez donc !
Ce matin , après avoir acheté une agrafe pour ma veste au marché d'Uzés , et contemplant mon reflet dans une vitrine avec satisfaction - veste de laine grise , l' agrafe avec des petits trucs brillants rouges qui tintinnabulent, certains rouge clair , d'autres rouge sombre ... j'ai tout à coup repensé à une journée entière , à Rishikesh , où j'ai été complétement libre de l'attachement à mon image ... Un attachement que j'ai considéré à ce moment là de l'extérieur , et le trouvant vraiment incroyable et absurde - quoique communément répandu . On dirait bien que tous mes moi y sont retombés , en ce moment . Ou presque - il me reste à peine une minuscule lueur . Bouh ! Allez , je retourne sur mon canapé ...