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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 11:08

       Ce matin  , j'ai continué le trou pour le bassin , comme je vous l'ai dit . J'ai atteint mon meilleur score : onze brouettes . ( ce qui nous donne , avec une moyenne de 17 pelletées par brouette , 187 pelletées . Wow ! ) . Je suis ratatinée .
        Et je n'ai pas fini , il y a encore plein de terre à enlever et les bords ne sont pas tout à fait assez profonds ...
        Donc pour vous dire que Penelope Cruz qui creuse  la tombe en une nuit dans Volver , c'est vraiment vraiment du chiqué . Bon , dans le film elle est motivée , c'est peut être ça qui me manque . Et puis moi , j'aurais de quoi enterrer plusieurs personnes ( en chien de fusil : le trou fait 1,60 x 1,60 m , et 60 cm de profondeur est un minimum . ) Mais tout de même , ça fait bien quinze jours que je m'y attelle ( je compte le plus gros du travail , que j'avais, fait ce printemps )

       Et puis , en plus , Phil a été chercher le bassin en résine , hier .
         et il est  : 
                              moche de chez moche .
        Le fabricant n'a pas du tout fait ce dont nous rêvions ... 
          Et en plus c'est cher .
        Je pense que j'arriverai à rabibocher un peu sa laideur en peignant l'intérieur ( parce que les flancs sont en résine jaunâtre translucide , mais il a fait les arêtes en résine blanche ! ) dans un genre de blanc grisâtre ... Encore du travail .

   J'ai une très grosse crise de découragement .
  Parce que moi j'aurais rêvé d'un bassin maçonné ... ce truc en résine c'était un compromis . On n'a pas les mêmes critères esthétiques Phil et moi . Ca fait bientôt trente ans que ça dure , et que je compromise , je compromise ... et je le fais chier avec mes exigences esthétiques .
  Aîe , aïe , aïe ... 

  Bon , je vais prendre une douche .
  Et puis de toutes façons , je ne ressemblerai jamais à Penelope Cruz .





                       veille de l'automne , me regardant dans le miroir




                                     des dix mille choses mon corps est libéré
                                     ma vie , devant ce miroir, 
                                     présente seulement deux tempes de neige , 
                                     qui demain affronteront le vent d'automne 




                                                                 Li Yi ( 694 - 789 , un poète de la dynastie Tang , lui ; vous  vous  souvenez , c'est l'âge d'or , l'époque du juge Ti ! )
 

20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 08:48

      C'est rigolo , pendant longtemps je n'ai pas remarqué la possibilité de vérifier que des gens lisaient ce que j'écris ... et puis , j'ai osé cliquer sur un outil : " statistiques " ( je dis j'ai osé parce que j'ai souvent une mentalité magique , je me dis si je clique là Ciel l'ordinateur va exploser , ou plus prosaïquement tout va s'effacer ...)  et c'est comme ça que j'ai vu que plus ou moins d'amis passent , lisent , restent ou pas ; certains sont venus là par hasard , c'était pas leur tasse de thé ce blog , c'est comme ça que j'ai accueilli des pélerins intéressés exclusivement par les piqures d'aoûtat ou une forme d'érotisme biscornu ( je pense c'est à propos du titre du chapitre 69 !!! ) 

     Mais maintenant , je sais que le " Blog Rank "   reflète    "mon  audience " . Et c'est incroyable , moi qui n'écrivais que pour moi , je me suis aperçue que je suis contente lorsqu'il augmente , déçue lorsque ça baisse ... incroyable , moi aussi je suis sensible à l'audimat ... le commencement de la fin ? oui , si ça m'influençait d'une certaine façon en me rendant esclave du " chercher à plaire " . Non , mais non , définitivement  .

   J'avais commencé ce blog pour montrer mes peintures ; mais c'est si  agréable de bavarder , c'est plus facile que de se poser pour peindre ... en fait c'est la transition entre la vie quotidienne , et mon activité méditative de peintre . Ca va plus vite d'écrire " la lumière de l'après-midi " que d'essayer de la rendre en aquarelle ...







         dans la chambre au Nord , de la sieste je me réveille et vais m'asseoir dans l'aile à l'Est
          sans affaire sur le coeur je réalise que journées et mois sont bien plus longs
         le ciel envoie au poète matière à poème
         deux papillons jaunes en train de jouir de la lumière de l'automne

                                                       Lu Yu ( 1125 - 1210 , un poète de la dynastie Song )







  En outre ,  depuis que je suis rentrée , il fait tellement beau , la terre est agréable à travailler après l'orage de l'autre jour   , alors j'ai préféré m'agiter dehors ; hier j'ai approfondi le trou pour le bassin , je me suis arrêtée au bout de trois brouettes de terre argileuse , approximativement cinquante- huit pelletées , tiens juste mon âge , j'avais les bras qui tremblaient ; et je n'ai pas compté les coups de pioche !  en pensant toujours  que j'aimerais bien être une de ces femmes sveltes et élégantes et délicatement féminines , pas  la  campagnarde aux mains terreuses , pelle et pioche à la main ... vouais , je suis comme je suis ... incapable de marcher avec des talons aiguilles , c'est ma seule ressemblance avec  Tony Curtis sur le quai de la gare de Certains l'aiment chaud ,  et rien que de regarder  du coin de l'oeil une de ces paires de collants fins je les fais filer  ...  pour me reposer , j'ai planté un rang de petits oignons , un rang d'ail , des couronnes impériales et  plein de tulipes doubles " Murillo " de toutes les couleurs.   On est vraiment bien  à jardiner en ce moment !  





                             le jardinier s'approche du treillage pour y cueillir des courges jaunes 
                             des filles du village longent la haie pour y cueillir des fleurs émeraudes
                             dans la ville persiste la chaleur de l'été
                             le paysage d'automne s'installe d'abord chez les gens de la campagne

                                                                                                        Lu Yu   






           Mais ce matin j'ai des sacrées courbatures dans les épaules ...  bon ,la terre ne va pas s'envoler hors du  trou  toute  seule !

19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 08:20

           Je parlais de grand-père , dans le chapitre précédent ... j'ai eu l'avantage ( et la souffrance ) de ne pas avoir connu mes grands-parents , aucun d'entre eux . Côté maternel , maman et tata parlaient tellement de leurs parents qu'elles les rendaient très présents . Pendant longtemps ,elles ont donné  de leur père une image surtout négative : colérique , maniaque , pessimiste ... il y avait de mauvaises relations entre leurs parents ; une maman   plutôt gaie et volontaire , qui avait décidé d'être institutrice  ( dans les années 1900 !  ) et puis s'était éteinte , étouffée petit à petit en renonçant à son métier , pour cause de deuxième enfant et de déménagement de Marseille à Gap . Elle est morte en 1935 , à 53 ans ; sa tombe est au cimetière de Sisteron , dans un coin tout à fait plaisant  , avec une jolie vue et de l'air qui circule ; en tant que descendante j'aurais la possibilité d'être enterrée là aussi si j'ai envie , mais ça fait un peu trop réunion de famille  pour mon goût . 
              Petit à petit , quelques touches de couleur sont venues compléter , ou changer , le tableau  : mon grand-père adorait la musique , il connaissait tous les chants de tous les oiseaux , emmenait ma mère le Dimanche matin écouter les concerts au jardin public ; avant que maman ne soit née , à Marseille , le jeune couple laissait Tata Lili à ses grands-parents , à Septèmes les Vallons , et allait écouter des opérettes , qu'ils appréciaient tous  deux .  Son habitude de ramasser des feuilles de menthe en se promenant , qu'il mettait  dans ses poches horripilait ma grand-mère   . Employé des postes  , il adorait les trains , aurait rêvé d'être cheminot ;  avait une petite faiblesse physique , je ne me souviens plus laquelle , genre souffle au coeur  , qui l'avait empêché d'être mobilisé en 14 ( le Tonton Marius , le terrifiant héros amputé des deux jambes après la Grande Guerre- il a sa rue à Forcalquier , car pendant l'occuppation nazie il aidait le maquis en transportant dans sa petite voiture d'infirme , toutes médailles d'ancien combattant au vent , messages et provisions - le Tonton Marius , donc,  le méprisait en le traitant de planqué ) . Il est mort en 42 ou 43 , tout tranquillement , chez une cousine à Vaumeilh , et lui a fait don d'une maison mythique , le Collet , qui aurait contenu toute la bibliothèque des oncles du Collet , qui étaient lettrés ... on en rêve encore ,de cette maison , de la bibliothèque surtout ! Il doit nous rester quelques uns de ses 78 tours . A Nice il y a une photo de lui en 1939 ou 40 ,prise dans l'Esterel avec mes parents , mes soeurs toutes petites ; il est très soigné , moustache ,  petite barbe pointue , chapeau sombre . Quelle tristesse , je ne l'ai jamais connu .

19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 06:29

Réveil en fanfare à six heures et demie , Rajah affamé   ,  Anaïs voulait pisser .. alors j'ai plongé dans Krishnamurti au  saut du lit .( Il fait frais ici , maintenant , le matin, plus question de plonger dans la piscine à six heures  )


                

Interlocuteur : [....] Qu'y a-t'-il en nous qui nous incite à chercher l'inconnu , la réalité , Dieu ? 
             Krishnamurti : Existe-t'-il en chacun d'entre nous un besoin de découvrir l'inconnu ? Vraiment? Comment peut-on aller à la recherche de l'inconnu ? Comment peut-on trouver ce qu'on ignore ? S'agit-il d'une impulsion vers le réel , ou d'un simple désir du connu , mais élargi ? Comprenez vous ce que je veux dire ? J'ai connu beaucoup de choses ; elles ne m'ont pas donné le bonheur, le contentement , la joie; alors à présent je veux autre chose , qui me donnera un plus haut degré de bonheur , de contentement , de vitalité , ou que sais-je encore [...] 
C'est une illusion de croire que nous sommes tous à la recherche de Dieu; rien n'est moins vrai . La lumière , nous n'avons pas besoin d'aller à sa recherche . Une fois dissipées les ténèbres , la lumière sera ; et ce n'est pas par les ténèbres que nous pouvons accéder à la lumière . Tout ce que nous pouvons faire , c'et ôter les barrières qui créent les ténèbres , et tout dépend pour celà de l'intention qui nous anime . Si vous les ôtez en ayant un but en vue -voir la lumière-, alors vous n'ôtez rien du tout , vous ne faites que substituer aux ténèbres le mot lumière . Même regarder au -delà des ténèbres est une tentative pour les fuir.
   Ce que nous devons considérer , ce n'est pas ce qui nous pousse , mais pourquoi il y a en nous une telle confusion , de tels remous , de tels conflits , de telles contradictions , bref , toutes ces inepties de l'existence . Lorsqu'elles cessent , alors la lumière est , nous n'avons pas besoin d'aller à sa recherche . La sottise disparue , vient l'intelligence . Mais le sot qui veut devenir sot est toujours sot .
[...]
Vous n'invitez pas l'inconnu , la réalité ultime , Dieu - peu importe le terme . C'est lui qui doit venir. Il ne peut venir que lorsque le champ est prêt , que la terre est convenablement labourée ; mais si vous labourez avec pour motif de faire venir à vous , l'inconnu , alors il vous échappera.
  Notre problème n'est pas la quête de l'inconnaissable , mais la connaissance du processus cumulatif de l'esprit , qui est toujours le connu . C'est une rude tâche , qui exige une constante attention , une constante lucidité sans distraction , ni identification , ni condamnation : c'est être avec ce qui est . Alors seulement l'esprit peut-être calme, silencieux . Et aucune dose de méditation , de discipline ne peut le rendre silencieux -dans le vrai sens du terme . On ne peut pas forcer un lac à être calme : il faut d'abord que le vent tombe pour qu'il devienne calme . Aussi notre tâche n'est-elle pas de poursuivre l'inconnaissable , mais de comprendre la confusion , le désordre , la détresse qui nous habitent . Alors , mystérieusement , entre en existence cette chose dans laquelle il y a de la joie .

 

 


            Ce bon vieux rabat-joie ... il me fait l'impression d'un grand-père ronchon , mais que j'adorerais . En fait , autrefois , je le lisais en me culpabilisant , et maintenant , Dieu sait pourquoi ( grand-père apprécie que je parle de Dieu , même dans des expressions toutes faites ! ) quand je lis des pages comme celles du haut je baigne dans une allégresse toute douce ... Pour contrebalancer je vais vous mettre une petite prière ( celle-ci  vient du Japon , elle est un peu courte , je chercherai des poèmes de Toukaram tout à l'heure  )  pour contrebalancer :




      Rends mon coeur si tranquille , si tranquille 
      Quand je me plonge dans la prière,
      Que je puisse entendre les blanches volutes de brume
       Se perdre dans les airs !





 
Voilà , c'est le matin , je suis toute contente , thème : ça fait du bien d'être de retour à la maison après un intermède un peu éprouvant ... toute contente pour un jour , ou une heure , ou dix minutes ... pendant qu'on n'était pas là il a plu et la terre n'est plus aussi dure ; si bien que ce matin je vais pouvoir me mettre à aggrandir le trou pour le bassin , qui est prêt . Mais là , ça va être le moment béni du petit dej , confiture de figues comme d'hab , nous nageons dans la confiture de figues , et bon pain complet rapporté de Nice , alors ...!  Puissions nous tous avoir le coeur tranquille et heureux ,ce matin !

Je compose des poèmes ,dira-t-on !
 Leurs mots ne sont pas les miens , mais ceux d'un autre.

Ce n'est pas mon art qui les revêt de beauté :
le Nourricier cosmique me fait parler.

Je ne suis qu'un rustre , moi !
Comment pourrais-je connaître les mots subtils ?

Je parle , c'est Govind qui parle.

Mon unique fonction , mesurer le chant:
son auteur , ce n'est pas moi , mais le Maître.

Je suis un simple secrétaire , dit Toukâ :
j'appose sur mes cahiers le sceau de son Nom.

                                                                                       Toukârâm

 
18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 20:16

 

18 septembre ,  18 h 58 mn 15

 





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18 septembre , 19 h 05

Et je n'ai même pas trafiqué les couleurs !
Bonne nuit , portez vous bien !

18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 18:28








Dans le jardin de Nice , 18 septembre , vers 9h 30

16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 07:34

 Préparatifs de départ à Nice ; vous me direz qu'on ne part que pour trois jours , mais hier soir j'étais dans un stress abominable . Ce matin c'est passé , me voilà dans les dispositions les plus chaleureuses et sympathiques pour pouvoir soutenir le moral de maman . Mais si je considère l'épuisement où je me trouvais ces derniers jours , - le prix à payer pour être dans des dispositions d'esprit adéquates tout à l'heure . Qui fera que maman pourra continuer à gazouiller quand on sera là .  Phil aussi paye le prix , en suportant ma mauvaise humeur et mon stress dingue - mais si je ne suis pas de mauvaise humeur et stressée pour ça , je trouverai autre chose ! et en partant de mauvais gré pour Nice ce matin - .
        Ceci dit , je décris l'ancienne manière de fonctionner de ma mère , qui resurgit dès qu'elle est malade ; nous avons grandis , tous .  Ma mère est devenue plus adulte , je crois , et moi aussi . Enfants , nous avons toutes ( là je parle pour mes soeurs et moi ) terriblement été choquées du fait qu'elle se conduisait comme un bébé de trois ou quatre ans   dès qu'elle était malade , et il me semble qu'elle l'était tout le temps . Quand elle ne l'était pas , elle était terrifiante d'autoritarisme et d'égocentrisme . Ouf ! Et on a tellement été dressées à prendre soin de cet enfant malade ... au détriment de nous mêmes . Mais je le redis , on a toutes grandi . 

( mais je te le re-redis ,
j'irai pas à Vierzon
d'ailleurs j'ai horreur de tous les flonsflons
de la valse musette et de l'accordéon ... )

j'adore cette chanson ... quand une chanson est vraiment bonne il y a d'abord l'air , qu'on ne peut plus s'enlever de la tête , et puis tiens ! ah ! les paroles ! Au fait , j'ai entendu l'autre jour une remouture d'Amsterdam ,mais par un autre chanteur fadasse , quelle abomination .
      Je vais parler à maman de la maison de retraite : Notre Dame des Pins , et lui laisser les papiers pour qu'elle prenne sa décision ; elle et Monika , qui a son mot à dire . Sachant que là bas ça ne sera pas le paradis ,  ni pour elle ni pour moi ni ...

            Au revoir , portez vous bien ! l'émission boudhiste de ce matin ( sur l'impermanence ) m'a fait vraiment du bien à écouter ... Cath si tu lis ça je téléphonerai tout à l'heure pour voir si on peut passer mendier un café chez vous , mais il va être neuf heures et on n'est pas encore prêts , et puis si vous avez prévu autre chose c'est pas grave , on repasse Mercredi ! Bises Françoise

          
15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 15:00

Comme je vous le disais il y a pas longtemps , je viens de me relire le guérisseur de cathédrales , encore un immortel chef d'oeuvre de Philip K . Dick , ça doit faire le cinquième livre de lui que j'ai relu en quelques mois , (La vérité avant-dernière ,  Le Dieu venu du centaure , Robot blues ( les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ) , Dr Bloodmoney ) histoire de renouer connaissance  parce que j'ai grandi depuis la dernière fois que je les avais lus . Je pense que je vais arrêter , ou peut-être  un petit dernier à la rigueur , où il y a le thème du double: Flow , my tears , the policeman said . J'avais peu apprécié le guérisseur de cathédrales la première fois que je l'ai lu , c'est pas un bouquin réussi à cent pour cent , je trouve que certains passages gagneraient à être plus développés ; mais il est quand même extraordinaire . Pour moi , c'est  l'histoire symbolique d'une réunification de la personne .( comment est-ce que Jung appelait ça , déjà ? l'individuation ? )  Le héros principal est comme toujours un petit mec pas très glorieux et dépressif ,  coincé sans issue  dans une société abominablement aliénée et fliquée ;   celui-ci est guérisseur de poteries , le meilleur dans sa spécialité . Pour guérir une poterie , il faut qu'il en ait tous les morceaux ( le côté obsessionnel de Dick ! ) Le voilà recruté de façon bizarre par un extraterrestre presque tout-puissant , le Glimmung , pour aller sur une planéte lointaine aider à la résurgence d'une cathédrale engloutie sous la mer . ( ça c'est un symbole magnifique , la réunification du Moi , on fait une plongée dans l'inconscient -océan assez effrayant pour que resurgisse un Moi plus apte et lumineux  - presque le symbole d'une psychanalyse  !  Là ça devient de plus en plus confus , ce Glimmung colérique , fantasque , tout puissant  , ne l'est pas totalement , son pouvoir est limité , entre autres , par un livre ésotérique et cryptique , le livre où  tout est écrit dans le désordre , passé , présent et avenir    ; le héros ( Joe Fernwright ) plonge sous la mer , c'est assez éprouvant comme expérience ,  découvre entre autres horreurs  qu'il y a un double noir de cette cathédrale de lumière , ainsi qu'un Glimmung noir assez déplaisant ... confrontation avec l'Ombre , celle de la cathédrale , celle du Glimmung . Mais ça finit relativement bien , la cathédrale lumineuse émerge sur la terre ferme ( le moment où elle émerge est décrit de manière très cinématographique ,  elle passe par un stade où c'est un ( une ) enfant nouveau-né ( on sait que Phil .K. Dick avait une soeur jumelle , Jane , morte à quelques semaines , aussi le symbole d'une petite fille est particulièrement positif pour lui . Ceci dit , il me semble que cette cathédrale , comme l'enfant nouveau -né , est un archétype universel que chacun chacune peut s'approprier ) Alors tout va bien ? non ,  sur le plan amoureux , ça capote pour Joe qui laisse son amour ,  son anima , la belle extra-terrestre , le quitter pour rester  fusionnée  à l'intérieur du Glimmung ; dans sa réalité quotidienne il en sera à jamais séparé ...  finalement il décide de créer une poterie nouvelle , plutôt que de passer sa vie à guérir des vieilles ; et sa première oeuvre originale est :    immonde . ( mot de la fin et reflet de l'opinion que Dick se faisait sur lui-même en tant qu'artiste , à ce moment là ? )
 Ce Glimmung capricieux , presque tout puissant ... à quel âge un enfant s'imagine t'il tout puissant ?

  Tous ces thèmes , ça vous fait penser à quoi ? mais bien sur , relisons le  cycle de l'Incal de Jodorowsky et Moebius , que tous les amateurs de BD qui ont mon âge connaissent par coeur ... Jodo s'est surement nourri de  Dick ! parce qu'il y a plein plein plein de péripéties et de symboles dans le récit de Dick qui sont reprises et développées , quel bonheur , dans l'Incal . Dont le héros est assez Dickien ,plutôt anti-héros fort peu glorieux , mais qui s'individue au fil du récit et des ( 5 ou 6 ? je ne me souviens plus ) tomes ( N.B : me souvenir de relire l'Incal , notre grand mythe fondateur  à nous qui approchons de la soixantaine ...)

  Et en plus , et surtout : c'est bien écrit , parce que Dick est un bon écrivain même quand il baclait à toute vitesse , carburant aux amphétamines , et c'est bien traduit par Marcel Thaon , ( sauf que je m'interroge sur le nom de la cathédrale , Heldscalla , que je traduirais plutôt comme si c'était Hell does call us , l'Enfer nous appelle ) qui était prof de psycho à Aix en Provence (mais à  Aix  les Lacaniens et Freudiens avaient assasinés tous les  psys d'autres tendances  , alors que ce bouquin est Jungien non ? ) J'insiste un peu parce qu'en cherchant des critiques sur la Toile , j'en ai rencontré une qui m'a agacé ,  le p'tit gars n'avait rien compris . Trop jeune . Mais j'étais de mauvais poil et j'ai mis un commentaire un peu acerbe .




Bon ,alors moi j'ai fait une toute petite peinture  pour mon individuation personnelle ...



P1010253.JPG

  moi et mon ombre dépressive


P.S : en me balladant sur les sites hier soir , je suis tombée sur deux zigs qui échangent au sujet de la SF de manière vraiment intelligente  ,www.celestia.ikiru.ch:: , plus intelligente que tout ce que je peux écrire !
bonne nuit , portez vous bien , prenez soin de vous .
14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 21:43

Rajah et Noisette à l'heure du goûter ; vous remarquerez qu' ils attendent avec beaucoup de dignité silencieuse , et font preuve d'une remarquable tolérance par rapport à notre manque de tact ( cinq heures passées et maman ne les avait pas encore servi ) . Ils mangent à : six heures du matin , sept heures , huit heures , midi , quatre heures et demie , et le soir pour faire comme tout le monde ... et au moment où nous allons nous coucher parce qu'ils ont un peu faim , avant de partir au jardin pour une petite virée au clair des étoiles  ... ( mais ils peuvent rentrer ensuite par la chattière , et se remettre au creux douillet de l'édredon)

 

 




14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 15:57

( c'est de m'être promenée dans la communauté " Religion " qui m'a donné envie de revenir à ce bon vieux Krishnamurti . Plus , d'avoir regardé le documentaire sur le Pakistan l'autre jour sur Arte . Quel gâchis . ( à ce propos avez vous lu Shalimar le clown , de Salman Rushdie ? ) J'ai pris un recueil qui s'appelle" à propos de Dieu " , je cherchais la citation de Koù il note - c'est peut-être dans son journal- qu'Indous et Musulmans ont fait plus de ravages en Inde depuis l'indépendance  que deux cent ans de colonialisme britannique mais je ne l'ai pas retrouvée ; alors  je vais vous recopier une page  , ça vaudra mieux que mon bavardage : cet après-midi il fait trop chaud pour jardiner , la piscine avait des traces d'algues vertes et Phil y a versé un produit qui me rendra certainement chauve et écorchée vive si j'y trempe ne serait-ce que le bout d'un orteil  , non je n'ai pas envie de téléphoner à ma mère , j'ai balayé la cuisine d'été la cuisine d'hiver et passé la serpillère , j'ai coupé et pesé les figues pour une nouvelle et dernière session de confiture ,( quand il fera moins chaud j'irai en porter à la voisine  ) et je ne dessinerai que tout à l'heure ...














                

 L'esprit , c'est le connu , c'est à dire tout ce dont nous avons fait l'expérience . Et c'est avec pour mesure le connu que nous essayons de connaître l'inconnu . Il est pourtant évident que jamais le connu ne pourra connaître l'inconnu; il ne peut connaître que ce qu'il a vécu , ce qui lui a été enseigné , ce qu'il a engrangé. Notre esprit peut-il voir la vérité de son incapacité à connaître l'inconnu ?
     Il ne fait aucun doute que si je vois très clairement que mon esprit ne peut pas connaître l'inconnu , il se fait en moi un calme , un silence absolus . Si je crois pouvoir saisir l'inconnu grâce à des capacités qui relèvent du connu , je fais beaucoup de bruit : je parle , je rejette , je choisis , j'essaie de trouver une voie jusqu'à l'inconnu. Mais si mon esprit se rend compte de son incapacité totale à appréhender le connu , s'il perçoit qu'il ne peut pas faire le moindre pas dans sa direction , alors que se passe-t'il ? alors l'esprit devient totalement silencieux . Il n'est pas plongé dans le désespoir : il ne cherche plus rien .
     Notre quête suit un mouvement qui ne peut aller que du connu au connu , et tout ce que peut faire l'esprit , c'est réaliser que jamais ce mouvement ne dévoilera l'inconnu. Tout mouvement de la part du connu reste inscrit dans le périmètre du connu . C'et la seule chose que je puisse percevoir , la seule chose que l'esprit ait à réaliser . Alors , en l'absence de toute stimulation , de tout objectif , l'esprit est silencieux .                                                              
( Bombay ,6 Janvier 1960)

 




 ( un instant , j'ai été emportée sur ses ailes ... )