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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 07:51

         Hier , en début d'arès-midi , je pars ( en retard , comme d'hab , en me dépêchant , comme d'hab ) vers Nîmes et la Camargue , j'ai rendez vous avec Martine pour planifier notre futur voyage en Inde . J'ai emporté tout un stock de lettres à mettre à la poste , fruit d'une matinée agaçante consacrée au rangement et à l'ordre ... je passe par le village , en arrivant au rond-point , je vois , venant d'en bas à gauche , que la voiture qui vient de s'y engager est passée par dessus un chat , un chat orange qui reste au milieu de la route ...je vois la queue du  chat qui bouge ,alors  tant pis pour le retard , je vais voir comment il va , s'il faut l'apporter chez le véto ... je me gare , je m'approche , sur le trottoir d'en face une mémé ( elle a bien mon âge ... ) et ses deux petits enfants qu'elle emmène à l'école , tous figés ... hélas ,il est tiède quand je le touche mais il a déjà les yeux qui deviennent fixes , des moucherons s'approchent de sa tête à cause du sang qui est dessous ... quelle tristesse , un joli jeune chat orange et blanc ; je porte la tristesse oppressante tout le trajet jusqu'à Générac . Tout en me disant que ce chat a juste pris une porte de sortie ; vers quoi ... je n'en sais rien . Le pays où il n'y a plus de visites chez le dentiste , plus de paperasses à remplir , plus de bonbons à la framboise ( je paraphrase qui , Rilke , là , je crois bien) , plus de dahlias roses frais et lumineux , plus d'automne et plus de printemps ... plus de sensations , donc ni plaisir , mais ni souffrance non plus ... plus de ponctions de moëlle osseuse  non plus , cette abomination ( note : je n'en ai plus jamais eu depuis vingt ans , Dieu merci ) 
          J'arrive chez Martine , j'admire sa merveilleuse bignone rose , dont elle a pensé à me faire une bouture , ça c'est vraiment gentil . Pour l'Inde , on avance dans notre projet en éliminant des dates et des lieux , mais on patouille toujours , hélas ....j'ai l'impression d'être engluée
          Je rentre ,tout le monde roule à toute berzingue sur la petite route  vers Nîmes ; à cent mètres devant moi arrive une moto que je vois soudain déraper et rouler dans le profond fossé ... je me gare dans un petit chemin tout près , je vais voir là encore . Le conducteur se remet lentement sur pied , je reste un bon petit moment à côté de lui pour être sure qu'il va bien , il appelle sa femme sur son portable ... bon , je ne peux servir à rien , il est d'applomb et donc il peut toujours demander à quelqu'un de l'emmener , moi je n'ai pas de portable et  il y a beaucoup de passage sur cette route .
          Bizarre , j'ai assisté ,  à deux accidents le même après-midi ...je suis plus touchée par le chat écrasé , que par le motard miraculé .  Passé Nîmes , un témoin se met à clignoter sur le tableau de bord , je regarde c'est pour m'indiquer que l'airbag est opérationnel , mais il devrait s'arrêter de clignoter , ça c'est pas normal . Du coup , qu'est-ce que je roule lentement pour rentrer ... 
        Et hier soir , et ce matin encore , je me demande ce que je peux avoir à comprendre , de ces  coïncidences . En tout cas les deux étaient dus à notre précipitation de cinglés ,   à nous les civilisés qui essayons d'être toujours à l'heure , qui essayons de ne pas rater un rendez-vous et qui ne pouvons résister à la tentation de caser le plus d'occupations possibles dans notre temps non élastique ... tous cinglés . Tous aliénés . Et moi ? et moi ...      
    

13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 08:12

        Aujourd'hui temps d'automne parfait , tout doux tout gris tout brumeux  ; les collines ont des ondulations suaves ,  les angles s'adoucissent ... et moi je me sens toute pareille . Pas très tonique . Pas le jour à soulever des montagnes ; mais après tout il n'y a que dans mon enfance que maman voulait que j'en soulève une nouvelle chaque jour  ... aujourd'hui , je vais aborder tout tranquillement les papiers et les comptes de tata à faire pour la tutelle et peut-être ensuite je pourrai me remettre à la tempéra , comme je le projetais l'autre jour ... et le jardin va attendre tout tranquillement , lui aussi , que j'aie la disponibilité de m'y consacrer ... pendant que les feuilles tombent , l'une après l'autre . 

11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 22:00

              Jamais eu autant de choses à faire que depuis que je vis à la campagne ... on pense toujours qu'en quittant la ville , il y aura moins de stress : les gens de la campagne sont paisibles , ils vont au  rythme lent de la terre et tout et tout et allons-y gaiement en patouillant dans les clichés ... mais finalement , en ville sont les vrais contemplatifs ; surtout à Paris avec tout le temps passé dans les transports . Tous les gens que je connais par chez nous ont une tendinite par ci , un lumbago par là , un petit mal au dos sournois qui se rappelle à leur bon souvenir en fin de journée d'avoir trop porté de seaux de terre , poussé des brouettes ou pioché ... Moi , mon articulation cocco - machin truc est presque déliée grâce au mouvement de détente que m'a conseillé Nathalie ; du coup j'ai recommencé à jardiner comme une dingue . J'y ai passé plusieurs heures aujourd'hui , et je n'ai pas fait le dixième du quart de ce que je voudrais absolument faire avant l'automne ... et pourtant je me suis démenée , enlevant les romarins ( des boutures que j'avais faites l'an dernier , et qui ont toutes pris ... ) qui sont mal placés contre le noisetier pour les replanter en plein cagnard , mais pour ça faut bêcher dans un coin qui est plein de chiendent , la terre est plaisante à manipuler à cause de la pluie d'il y a deux jours ,et le chiendent se détache facilement des mottes , mais j'en ai eu pour deux heures ; replanter les budléias -le blanc que j'ai acheté parce que j'ai été trop faible pour résister aux offres promotionnelles de Cora l'autre jour ,et celui que j'avais récupéré dans la colline cet été et dont je ne connais pas la couleur - planter le petit rosier " Clair matin " - une bouture qu'avait fait Daniela pour moi - déplanter le rosier rouge grimpant - une bouture que j'avais faite et que j'ai donnée à Renée hier - en plus il y a une fuite et il faut aller chercher l'eau tout en haut du jardin ... déplanter la sauge verte et jaune qui est étouffée par la lavande , mettre à la place un rosier rose qui a tendance à pousser en hauteur , replanter la sauge dans un coin très sec du potager , bêcher un peu autour bien sur , désherber le talus près de mon potager , qui est plein de ronces sournoises , elles  ne rêvent que d' attraper les tomates avec leurs pattes griffues ,  tenter d'y planter romarins et boutures de sauges grises qui font un bon couvre-sol ...  déjà ça m'a pris la matinée . Ouf ! j'ai terminé vers onze heures et demie , juste le temps d'aller dans les bois voir si les champignons avaient poussé avec les dernières averses ; mais mon panier leur a fait peur aux champignons , je n'en ai pas vu la queue d'un . J'ai failli me faire tirer dessus  ; dans ces cas là je me mets à chanter à tue-tête , du Monterverdi s'il vous plait ; je ne sais pas si ça avertit les chasseurs d'une présence humaine , en tout cas ça fait surement fuir le gibier , c'est déjà ça de gagné . Je sais , faudrait vraiment être bigleux  pour me confondre avec un chevreuil , mais je n'ai aucune confiance dans l'acuité visuelle des chasseurs d'ici (et d'ailleurs, d'ailleurs ) ; en tout cas  un chevreuil qui chanterait fort , et faux , un madrigal de Monteverdi c'est rarissime . Je joue toutes mes chances de survie là dessus ...
          Après , j'ai fait un petit tour dans les vignes pour grapiller du raisin noir délicieux , avec des pépins un peu trop gros , en guise d'apéritif , et puis j'ai  rempli mon panier de fenouil sauvage ; à défaut de girolles ...




































      Et l'après-midi , rebelote ; jusqu'au lever de la lune et au coucher du soleil . J'ai commencé à déterrer le rosier " Clos fleuri " jaune ,  qui pousse des branches de deux mètres vigoureuses et pleines d'épines taille XXL dans tous les sens , Philippe lui voue une haine toute particulière . Je vais le mettre en pot ( le rosier , pas mon jules ; quoique quelquefois ça soit vraiment tentant d'y penser ... ) pour le fourguer à quelqu'un qui a de la place . C'était plus dur que prévu , en plus j'ai pas de pot assez grand ; en cherchant quel pot je pourrais vider pour lui faire de la place  , j'ai donné un coup d'oeil aux  boutures de rosiers que j'ai faites l'année passée , constaté avec fierté et un rien d'accablement que j'en ai  des tas de  qui sont pétulantes  ; une forêt de rosiers en perspective ... j'adore les roses , mais quel boulot ... parce que plus j'en plante au jardin , plus c'est joli , plus il y a d'espace à entretenir ... pas une sinécure d'avoir la main verte !

9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 08:19

        Finalement ,  je ne sais pas si je vais y participer . C'est un peu casse-gueule d'envoyer un livre à quelqu'un qu'on ne connait pas : soit c'est un livre que j' adore - et si l'autre est déçu(e) , misère .. c'est un peu donner de la confiture au cochon , comme disait marraine ... ou alors , envoyer un bouquin que je trouve simplement " pas mal" , mais j'aurais un peu l'impression de mépriser le destinataire ...  les bouquins que j'aime ,  je n'ai envie de me séparer d'aucun ;  c'est toute une expédition ici d'aller dans une librairie , faut aller " en ville " ...et puis surtout , surtout : en ce moment je suis déçue par la plupart des livres qu'on me recommande ( note : je ne me suis pas encore procuré " La Rose et le Chardon " que m'a recommandé une extraordinaire exploratrice qui se reconnaîtra ... ) . Par exemple , une amie , dont j'apprécie l'incroyable délicatesse et courtoisie , l'amour des animaux et du jardinage , m'a gentiment offert un Yasmina Reza " L'attentat" , je crois , après que j'aie passé une après-midi délicieuse pour l'aider à ranger sa bibliothèque après leur déménagement . Qui a été , si j'ai bien compris , un de ses bouquins phares . Et j'ai trouvé ça ennuyeux mais ennuyeux ,  je n'avais pas du tout envie de rentrer dans cette histoire déprimante . Mon Dieu , je n'ai pas encore osé lui dire que ce livre ne me plaisait pas du tout ... et qu'il sera mieux dans les mains de quelqu'un d'autre ...
              Je crois que ce dont j'ai envie , c'est de partager mon amour pour un bouquin . Ca , oui . Et c'est ça qui me donne envie de lire , en général .. Alors , une chaîne de "fiches de lectures préférées " , pour lectrices -eurs prudents ? Eh , ça serait peut-être le moment d'en démarrer une ... Mais il faudrait que chacun chacune défende son livre  bien-aimé . C'est moins risqué que de l'envoyer ... Qu'est-ce que vous en pensez  ? Qui s'inscrit ? 
          D'un autre côté , je suis peut-être en train de me figer dans une attitude de méfiance et de repli sur soi , oh que c'est pas beau ça ... Quoi décider Quoi décider Quoi décider ? Gertrud Hirshi donne , dans son deuxième bouquin ( encore un bouquin ! ouiiii !!! ) qui s'appelle quelque chose comme " Les mudras de bien-être " , une façon intéressante de faire un choix ; j'ai lu ça en diagonale : on associe à chaque choix une lettre , ou un chiffre , qu'on écrit sur un bout de papier ; et on tire ( au sort ? je ne me souviens plus ) un bout de papier , ça permet de quitter un peu la superficie de soi-même et d'être aidé dans son choix par une intuition plus profonde .Si j'en parle de façon si confuse , c'est que je n'ai pas le livre avec moi , je l'ai prêté à Maria ...  eh que voui , je l'ai prêté celui-là , parce que je suis  en train d'assimiler le premier tome , donc pas encore temps pour attaquer le deuxième ; et davantage parce que je suis sure que Maria y prend un intérêt extrême  ( elle dit avec son accent espagnol  génial " yé fais lé moudrra contre l'hypertension ...  " ) Donc là , c'est tout sauf la confiture au cochon . D'ailleurs je vous ai dit que Maria a quatre-vingt-neuf ans et qu'elle fait mon admiration ...

               Je me rends compte que je suis vachement sensible sur cette histoire de livres ... pourquoi , c'est parce que les bouquins ont été ma planche de salut, la seule dès le moment où j'ai su lire ( avec deux ans d'avance , là encore , hélas ...) dans ma famille de cinglés ; le seul refuge , la seule échappatoire autorisée qui m'a fait découvrir mon  paradis intérieur ... j'ai fait cette peinture à la tempera il y a longtemps , elle est dans notre escalier , et c'est certainement pas demain la veille que je m'en séparerai :


 

( J'ai du m'y reprendre à trois fois pour la photo , qui est pas réussie dans le sens où les bords du cadre sont normalement horizontaux . Mais je me suis à moitié bousillé les ongles pour défaire le sous-verre , et je n'ai pas envie de recommencer ... ) du coup ça me donne envie de retravailler avec cette technique à la tempéra cet après-midi , ça donne une lumière chaude à la peinture , plus que l'aquarelle , justement cet après-midi j'ai du temps ...

8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 09:04

          Hier matin à Uzès , en marchant vers la salle de yoga : sur l'autre trottoir j'aperçois entre les voitures garées ,  un jeune binoclard ( absolument moche ) marchant en sens inverse , et la queue fièrement dressée vers le ciel d'un chien noir qui suit papa pour une promenade du matin  . Fugitivement , je suis émue , on dirait un petit morceau de labrador ...tout en continuant mon chemin  je me dévisse la tête pour voir la totalité du clebs . C'est bien un labrador , et je suis très touchée de constater que le chien aussi a tourné la tête en continuant à marcher , pour me regarder yeux dans les yeux ...  une relation sans lendemain , hélas .

7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 07:53

Ca paraissait une bonne idée pourtant , et je l'avais adoptée parce que tout semblait s'imbriquer , si facilement ... mais non , il y a eu une coIncidence parfaite ; et je n'en ai pas pris occasion - elle m'a seulement permis de comprendre plus profond . Le premier maillon , c'est ce rhume qui m'a pris la semaine dernière , et qui a fait que je me suis mise à ranger les bouquins . Ce qui a fait que Phil a rangé aussi , ce mec a le rangement dans le sang ( normal , sur les bateaux faut que tout soit absolument à sa place ... ) Et qu'il m'a dit triomphalement : si on fait un carton  de livres pour Emmaüs , il faut te débarrasser de " Plexus " , d'Henry Miller , parce qu'on en a deux exemplaires . J'ai commencé par lui affirmer que ça n'était pas possible ( ça c 'est le genre de défaut que moi j'ai dans le sang , toujours mettre en doute avec vigueur une information qui me dérange un peu , tant que je ne l'ai pas vérifiée par moi-même ) ensuite j'ai été vérifier sur les étagères  - pas de doute ,un des exemplaires de poche était marqué " Françoise , 1989 " - l'autre , je l'ai piqué à Nice , où personne ne le lit , en croyant que c'était le mien . Donc on l'a en double . Donc ça serait logique de le donner  .Suivant la logique de mon Poulou . Qui est toujours très rationnel , et il faut que je cherche en général pendant vingt minutes , pour lui donner cinq longues minutes d'explications ,qui l'impatientent , pour lui faire comprendre pourquoi non , moi je ne peux pas faire comme il dit .
      Donc :  j'avais pas trop envie de le donner à Emmaüs ... mais comme d'hab , je me suis dit qu'il avait probablement raison , et j'ai mis le bouquin dans un carton . Sans joie .
       Et puis le lendemain , deuxième maillon ,  il y avait au courrier une lettre de mon amie Françoise , une autre Françoise R , qui me proposait de participer à une chaîne de livres de poche : vous envoyez un bouquin de poche à la première personne de la liste ( il y a deux noms ) , et une proposition de participer à la chaîne , avec deux noms , dont le votre ,à six de vos copines . Qui enverront chacune un livre à la première personne , etc ... comme ça vous êtes censée recevoir trente-six bouquins .
         Du coup ça m'a paru une étonnante coïncidence , l'appel du destin littéralement ; et une bonne idée de donner " Plexus " comme ça ... j'ai tout préparé , l'enveloppe , six versions de la lettre en imprimante ... et puis j'ai laissé traîner . Le rhume ? oui , peut-être . Peut-être pas , après tout ... mon rhume se termine , je n'ai toujours pas envoyé le bouquin et les six lettres , alors que j'ai fait plein d'autres choses . M'arrive un mail de Françoise , toute contente d'avoir " déjà reçu deux bouquins " . Culpabilité de ma part , ( ça vous aurait étonnés , hein , que je ne me sois pas sentie coupable ) j'ai fait traîner alors que j'avais dit que j'allais le faire - je n'ai pas été fidèle à mes engagements ... je lui réponds par  mail pour lui dire que je n'ai pas eu le temps , elle m'en renvoie un pour me dire que ça n'est pas grave , que sa copine ( celle à qui je devais envoyer un livre ) je la verrai Dimanche à la partie " Chataîgnes " qu'elle organise . Bon , je pourrai lui donner le bouquin Dimanche alors à cette fille que je ne connais pas , sans passer par la poste ... Mais hier soir , je me sentais mal à l'aise avec l'idée . Parce que Plexus , ç'a été , pendant longtemps , un bouquin Sésame , un par lequel je sentais ,dans le marécage qui m'a tenu lieu de vie pendant longtemps ( disons , entre cinq et trente ans , ou encore - j'ai eu plusieurs remparts à franchir - entre cinq et quarante deux ans ; il y a eu encore un rempart à franchir à cinquante -quatre ans , mais je n'étais déjà plus dans le marécage . Et puis il y en aura peut-être encore ... ) Parce qu'Henry Miller l'a écrit en étant lui-même dans un terrifiant bourbier , lui qui rêvait d'être écrivain et qui n'y arrivait pas ; et qu'à l'époque ce qui m'étouffait le plus , c'était moi aussi d'être enfermée en faisant un métier qui ne me correspondait pas ,dans lequel je me débattais terriblement ,  mais duquel je n'arrivais pas à sortir . Pour cause de conditionnement familial absurde , tout ça causé par de bonnes intentions et de la stupidité ... paternelle notamment . Et donc , je me contentais de rêver , comme Miller , de rêver très fort qu'un jour j'arriverai à sortir de cette gangue, moi c'était pour être peintre ... lui , ça a été en partant pour Paris , le Pays des Artistes dont il rêvait  . 
           Cette nuit , j'ai rêvé d'Avignon et de mon passé ; je courais ,  je courais , pour échapper à un homme qui était mon père dans le rêve , et qui voulait m'enfermer ... je finissais par lui échapper , en courant dans la nuit , dans les petites rues noires et sombres , je me sauvais ... il courait moins vite que moi . Et c'est comme ça que j'ai été sauvée - dans le rêve ... 

         Et voilà pourquoi je ne donnerai pas Plexus . De toutes façons , donner un livre , c'est casse-gueule : j'ai trop souvent confié , avec un enthousiasme délirant de prosélyte , un bouquin qui m'avait enthousiasmée , à quelqu'un que j'aimais bien , mais qui acceptait juste pour me faire plaisir ; et qui oubliait ensuite de me le rendre ( normal , le bouquin lui était complétement indifférent ou ne lui plaisait pas ) pendant des mois , des années , ou même ... définitivement . Les livres , ça a été ma planche de salut pendant très longtemps , pendant toutes les années où je n'avais pas de mots pour parler de moi .
       Il reste que j'ai " Plexus " en double , et c'est vrai , c'est un peu dommage ; à qui le confier alors , à quelqu'un qui a fait la même bêtise que moi , pour qui c'était un livre phare , qui l'a prêté et à qui on ne l'a pas rendu ...
mais si l'un (e) de vous le veut , en jurant crachant qu'il ( elle ) me le rendra , en jurant sur la tête de son chat ou de son chien , alors je lui envoie tout de suite , j'ai l'enveloppe déjà ... c'est un bon bouquin .

5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 19:03

    Ce Dimanche c'était l'inauguration , en grande pompe et au soleil , du poulailler de  Daniela . Les poules ( dont ma filleule Kinsey , qui est , n'en doutez pas , la plus jolie du lot ) étaient déjà installées , ainsi que les oies ( Plume , Konrad en hommage à Lorenz , Grise et Perle ) devant lesquelles je suis tombée d'admiration ... je rêve d'installer un petit poulailler avec des poules de Bantam , maintenant -  les oies ça a l'air un peu plus compliqué , ça aime l'eau et je ne me sens vraiment pas de creuser un autre bassin . Phil est contre , mais j'ai trouvé parmi les copains de Daniela plein d'alliés manipulateurs qui vont m'aider à le circonvenir ...



à gauche et au premier plan : Konrad ( le jars est le seul à avoir un genre de jabot ) . A droite en train de lui crier une information importante , je crois que c'est Plume , encore que  je ne sois pas sure , je ne la distingue pas trop de ses soeurs .



ça c'est quand ils ont vu qu'on ne leur avait rien apporté à bouffer . Un peu vexant pour nous qui venions le coeur sur la main dans l'espoir de  commencer une belle amitié . Comme vous voyez , tous sont installés dans un paysage agréablement dégagé , au calme , idéal pour amoureux de la nature comme disent les agences immobilières .

   Et ça c'est le poulailler , l'extérieur est charmant et l'intérieur cosy avec une petite échelle et de la paille qui sent bon . On a vraiment envie d'y habiter !



5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 18:56
 
5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 10:29

... c'est toujours quand vous venez de nettoyer le carrelage de la cuisine et qu'il reluit de propreté , que vous êtes en train de vous rengorger parce que lorsque vous avez  demandé à votre copine ce qu'on apportait pour le pique-nique de midi , elle vous a dit " apporte un de tes délicieux desserts " ( le dernier dessert avant le régime sans gras sans sucre qui commencera demain c'est promis ça sera Lundi ) , que ledit dessert cuit au four avec une odeur exquise mais un peu lentement alors vous venez de mettre le four au maximum pour faire gratiner un peu le dessus , histoire de ne pas faire attendre l'autre copine qui va se geler à vous attendre sur le parking à Anduze si vous êtes trop en retard, donc je disais c'est toujours à ce moment- là que vous vous apercevez que le siphon de l'évier a débordé , qu'il faut enlever tout ce qu'il y a dessous et éponger l'eau ,  que vous sentez une odeur de brûlé dans le four et que c'est déjà trop tard pour le dessus du crumble qui est tout noir  , une de vos gloires le crumble aux poires ,  et c'est alors  que votre copain arrive et vous dit de l'air excédé du mec qui s'est battu toute la matinée tout seul contre les éléments pendant que vous vous étiez en train de rêvasser connement dans la cuisine : peux tu venir m'aider à tendre la bâche sur la piscine ( ... cette maudite bâche d'hiver que vous détestez , lourde et trempée , dont  les sandows ont tendance à sauter traitreusement dans tous les coins au risque de vous éborgner )

4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 16:57

       Un début d'après-midi lumineux , peu de vent , les feuilles jaunes vont toutes tomber et l'automne sera passé sans que j'en profite ... j'ai avalé vite fait mon frichti (  dernières aubergines et  avant-derniers poivrons du jardin ,que j'ai cuisinés  avec plein d'ail et un piment histoire d'anéantir les derniers microbes de rhume ... )  , en ce moment j'ai arêté le café donc j'ai juste rincé mon assiette et les couverts , tout laissé le reste en plan ,  j'ai juste pris  l'appareil  photo , mes clefs de voiture et en route ... par acquis de conscience j'ai demandé à Phil s'il voulait venir ballader avec moi , mais il n'avait pas envie et c'était vraiment aussi bien ... naturellement , mon clebs me manquait parce que la dernière fois que j'avais fait cette ballade c'était avec elle . Alors en prenant la voiture je me sentais pas trop bien ... ( outre que la veille j'avais téléphoné à ma marraine qui ne va pas terrible , du fond de son lit du fond de sa maison de retraite ... ) 
         Et puis ,  à peine arrivée au tournant de la petite route d'où l'on voit le village de V .. , apercevoir une vigne vierge d'un rouge profond , grimpant dans un fouillis de ronces et des feuilles d'or pâle d'un murier  , a fait que je me suis sentie  paisible .  Ensuite ... arrêter la voiture là où vous voulez sans avoir à expliquer pourquoi vous  l'arrêtez là et non pas plus haut , traverser tranquillement le hameau  à pied , puis prendre le chemin que des générations et des générations de paysans ont emprunté , marcher dans leurs pas , marcher seule à son allure , en écoutant juste le bruit tout doux tout léger de sa propre marche ,  sur les toutes petites feuilles des yeuses , d'un gris vert clair très doux ,  qui recouvrent le sentier  , ne pas être accompagnée de quelqu'un qui sifflote quand vous avez envie de silence , qui demande où vous allez , où vous voulez aller , s'arrêter juste aussi longtemps que vous voulez pour  contempler une petite flaque de lumière sur un arbuste ou une échappée sur les rouges et les jaunes et les vert anis lumineux en contrebas   ...





Marcher jusqu'à retrouver un très vieil ami , s'appuyer longtemps contre lui en s'imprégnant de sa force et de son calme

Quitter son ami parce qu'il faut bien retourner de toutes façons ; revenir tranquillement , en prenant le temps de faire un brin de causette avec une demoiselle toute fine qui traverse le chemin


 


        Passer dire un petit bonjour à Maria pour terminer de se remonter le moral puisque de toutes façons je passe devant sa maison , échanger avec elle sur les vertus du bouquin sur les mudras qu'elle pratique aussi assidument que moi ... finalement c'était super cet après-midi . La ballade en compagnie de moi-même m'a fait du bien ... me manque un chien , quand même .