et les violettes , c'est Françoise P. qui me les a données parce que toutes devenaient blanches sous le pin . C'est la première fois qu'elles fleurissent !
Petites Peintures
A l'origine , c'était un blog pour montrer mes peintures ,qui sont des petits formats sur papier . Au fil des jours et des mois , et parce que j'écris quand je n'ai pas la disponibilité pour peindre , c'est devenu un endroit en dents de scie qui m'a permis d'assumer enthousiasmes et déprimes , joies et agacements ,bien souvent comme si c'était la dernière bouée qui me restait sur terre . Il est nécessaire que vous gardiez à l'esprit que c'est le blog de quelqu'un qui est en cheminement ; quelqu'un qui sait , comme le lecteur , que les émotions changent sans cesse , les émotions qui sont refus du monde qui m'advient , et qu'il ne faut pas trop s'y laisser prendre ; mais pas les nier non plus ; et que l'enseignement des sages est : " Tout est bien ". Un monde harmonieux , en somme , pour peu que nous puissions en comprendre les mécanismes ... ce qui n'est pas encore mon cas .Oui , j'ai fait quelques progrés en trente ans , si vous saviez d'où je viens ... Le chemin m'emméne , de toutes façons . Vers où ? En attendant de le comprendre , ce monde , on peut juste émettre le voeu boudhiste : " Puissent tous les êtres se sentir heureux " - si vous le préférez en Sanskrit : Loka Samastha Sukhino Bhavantu
J'explique le pourquoi du pseudonyme en partie dans le bandeau de mon autre blog , au nom tiré de Lewis Caroll , mais néanmoins consacré à des voyages en Inde - le lien est tout en bas à gauche , mais vraiment , en bas , en bas ...
Branchesetbosquets , c'est l'étymologie de mon nom de famille - et puis ça me confortait dans l'impression d'être un personnage de Tolkien . Enfin , si vous avez perdu mon e-mail : c'est francoise.rambosson@free.fr , et je préférerais , de beaucoup , que ça apparaisse en petit mais - j'arrive pas .
... après avoir passé encore une journée en montagnes russes ... dispute avec Phil dés le petit déjeuner pour n'importe quoi , en revenant du cours de yoga ( moment béni entre tous ) je songeais avec ennui à la montagne d'affaires , livres et vêtements , qu'il faudrait que je déménage si on se séparait ... à midi ça allait mieux entre nous mais fallait pas trop insister ... ... passé l'après-midi à faire ma valise , de la paperasse avant départ , avec fatigue ; me culpabilisant parce que les réceptionnistes à Park Guest House n'ont pas été de parole ( au lieu de 2 chambres , comme c'était entendu , ils ne nous ont réservé qu'une seule ), et que je n'ai pas eu l'énergie de râler fort ( mais il faut dire que je m'en fiche un peu à priori , moi , d'avoir une chambre ou deux ... j'avais insisté , en Octobre , parce que ça semblait important pour M ... ) et puis m'inquiétant un peu , parce que j'ai proposé à M qu'on parte ensemble , sans la connaître beaucoup ; comment va t'on s'entendre ...moi qui déteste chaperonner les gens ... le chat qui s'en va tout seul c'est moi ... il faudra que je lui en parle à M . Naturellement je suis au courant que la réalité qu'on va vivre ne correspondra pas forcément à mes fantasmes ... naturellement ... mais ça n'empêche pas l'inquiétude de revenir , de temps en temps ;
... j'ai été à la chorale hier soir ; je n'ai pas mieux chanté que les fois précédentes parce que je ne travaille pas les chansons entre les séances , mais je me suis régalée à entendre notamment deux gars , ténor et basse , ensuite deux filles qui ont chanté ensemble , soprano et alto ,une chanson de Villa Lobos , la plus jolie du répertoire à mon avis ... mais aussi quelquefois tout le choeur c'était joli ... je parlais hier de me sentir bien dans un groupe , mais c'est juste ce qui m'est arrivé - tant j'avais l'impression qu'on faisait tous des efforts pour chanter juste , mais dans la bonne humeur .
... et naturellement , dans la voiture en rentrant à la maison ,venait une souffrance à l'idée de quitter l'environnement familier . J'ai beau voir passer mes états d'âme contradictoires à toute vitesse , zou ... dans un sens , zou ... dans l'autre (aaaah j'en peux plus je veux partir c'est plus supportable cette situation - mon Dieu j'ai envie de rester je veux pas m'en aller je veux quitter personne je veux être tout le temps avec tous les gens que j'aime et il y en a un sacré paquet et je les aime tous intensément - mais je ne les supporte pas trois heures d'affilée ...) j'ai affreusement mal dans un sens , ensuite affreusement mal dans l'autre ...
... Mais à partir de ce moment le reste de la soirée était gai , alors que je m'étais traînée lamentablement toute l'après-midi , je me sentais plus équilibrée et en forme ( au fait Patricia , au yoga , m'a dit que les élixirs de Bach peuvent avoir cet effet , d'aller chercher à grand bruit ce qui va mal dans les fonds de tiroir du corps/esprit , ça lui est déjà arrivé ... ça m'a fait du bien de le savoir ... et elle m'a souhaité bon voyage , je l'ai revue dans la rue en partant , j'étais très contente de la voir avant de partir , je ne la connais pratiquement pas mais c'est je la trouve plaisante , intéressante )
... vers les dix heures du soir j'ai baguenaudé sur des sites d'aquarellistes divers ( méthode si vous voulez en voir de jolis : allez sur le site d'une Belge qui s'appelle Catherine De Ryck
" Walkonwater , Catherine De Ryck's Art Blog" , ce qu'elle fait est bien au niveau technique , ses portraits basculent assez facilement dans la convention et ne m'intéressent pas trop , je préfère ses oeuvres plus surréalistes ; ça doit être une jeune peintre , j'imagine . En tout cas il y a un paysage exceptionnellement joli , un petit port en Grande Bretagne vu d'en haut , peint de manière à la fois précise , ronde , légère et solide ... si c'était moi qui l'avais fait je serais vraiment très très fière . Et elle donne une liste de ses artistes de référence , où je trouve plusieurs aquarellistes tout à fait remarquables ) ,
.... ceci pendant que ma confiture d'oranges bouillonnait sur le feu ( j'ai rapporté des oranges non traitées de Nice , là bas j'en ai fait , suivant plus ou moins les indications de maman ,m'agaçant souvent parce que maman entend de plus en plus mal , ce que je me reproche ensuite ... enfin , cette confiture est un délice ... )
J'avais complétement oublié ma confiture , bien sur, en regardant les aquarellistes ; mais par chance elle n'a pas brûlé ; et je crois qu'elle va être vraiment bonne aussi .
Ensuite je l'ai mise en pot hier soir et ce faisant je me disais sans envie que j'ai un talent limité pour la peinture , pour l'écriture , vraiment tout petit quand je regarde certaines aquarelles magnifiques ;
mais que pour la confiture d'oranges la Divine Providence ( ça faisait longtemps que j'en avais pas parlé , de celle là , hein ! ) me gratifie parfois de réussites exceptionnelles . Youpi !
P.S de ce matin , après tartines : elle est bonne mais pas exceptionnelle , pas tout à fait aussi extrordinaire que celle que j'ai faite à Nice , où j'avais du mettre un poil de sucre en plus - eh oui , je n'arrive jamais à me tenir strictement à une recette , au début je fais comme ils disent , et puis ensuite je laisse mon intuition prendre le pas ... La Divine Providence , quand je vous le disais ..
J'ai passé la soirée de Vendredi à regarder de vieux albums photos ; à l'aide d'une loupe très puissante , maman arrive un peu à voir , elle se remémore de bons souvenirs ... le premier sur lequel je suis tombée concernait les années de jeunesse de mon père : photos de camarades de classe à l'Ecole Normale ,de jeunes militaires , de jeunes filles des années trente , qu'il avait du trouver jolies ... mon père faisant des démonstrations de ski dans la neige , comme n'importe quel gamin de vingt -vingt-cinq ans ... c'était drôle de le considérer comme je considère un jeune adulte, maintenant .
J'ai continué à regarder , prenant les albums dans le désordre , comme ils sortaient du placard ; le suivant concernait les années quarante , enfance de mes deux soeurs ; j'ai été étonnée de les trouver si gaies , deux petites filles heureuses aux sourires malicieux .Fêtes costumées à l'école , mes soeurs avec des petites copines ... Et puis , surprise des surprises , une photo de maman avec ses deux petitounes , ça c'est normal , mais par contre je crois bien que c'est la première fois de ma vie que je vois ma mère avec un tel sourire , complètement épanouie . La seule fois . Sur la photo elle est accroupie , dans un jardin méditerranéen , entre les deux petites filles bien coiffées , rieuses , rayonnantes aussi . Je retourne la photo , Mai 1942 : mes parents venaient de s'installer à Nice ,Villa Thisbé . Pétain avait supprimé les Ecoles Normales , mes parents , qui étaient tous deux profs à l'Ecole Normale de Draguignan , avaient du changer d'établissement ; personne ne voulait aller à Nice , de peur que les italiens envahissent le France ; et mon père craignait moins les italiens ( il venait de passer plusieurs mois dans les Alpes du Sud , vers Barcelonnette , à se battre contre eux ) que les allemands .Si bien qu'ils ont été nommés à Nice . Arrivant là , on trouvait très facilement à se loger , car beaucoup de logements avaient été délaissés par leurs occupants ; et mes parents avaient trouvé cette maison début du siècle , sur les hauteurs , poétique et délabrée , avec son grand jardin , sa glycine qui escaladait les murs . Eh oui , en plein milieu de l'occupation , ma mère était heureuse ... ça alors ... pourtant , Dieu sait que mes parents , qui ont toujours voté rose ou rouge , n'étaient pas pétainistes , n'étaient pas anti sémites .... la situation politique ne les enchantait vraiment pas . Mais ils avaient pu atteindre un havre , au milieu du désastre ... et ils étaient enfin réunis .
Ils avaient emmené Y avec eux ( Y était venue auprès de mes parents en 1937 , à la naissance de ma soeur aînée , pour aider maman , alors toute jeune prof ; elle avait alors quinze ans , petite haute savoyarde enthousiaste ... mes parents étaient très " Front Populaire " , chez eux soi-disant pas de distinctions de classe ... ( en fait , il y en avait ; mais non-dites. C'était des distinctions de savoir , essentiellement . ) Y. partait en vacances avec eux , en partie , passait le reste des vacances chez ses propres parents ; et puis elle et maman ont vécu la drôle de guerre ensemble , des liens forts s'étaient noués ; c'est comme ça que , lorsque je suis venue , bien plus tard , je suis devenue sa filleule , sa vraie filleule ; elle et son frère m'ont portée sur les fonts baptismaux en 1949 . ( D'un autre point de vue ,quand on est petite ça fait une sacrée empreinte d'être la filleule de la bonne , dans une famille de profs ... je ne savais pas trop qui était ma vraie mère ,et il a fallu que j'aie une greffe de moëlle osseuse pour être sure , vraiment sure , jusqu'au tréfonds de l'inconscient , que ma mère biologique était bien ma mère ...)
Donc , pour revenir à cette photo de Mai 1942 ,c'est la seule photo sur laquelle je sens ma mère pleinement , profondément heureuse . Et j'adore son sourire . Son homme venait de revenir sain et sauf de la guerre , elle s'installait avec lui et ses deux petites filles sur la Côte d'Azur ... Je ne sais qui a pris la photo , mon père , ma tante qui habitait alors Cannes ? A chacun d'eux elle pouvait sourire de tout son coeur .
J'ai éprouvé comme une nostalgie , j'aurais bien voulu faire partie de cette famille heureuse moi ... mais je suis venue sept ans trop tard , le pays était paisible mais toute la famille avait vieilli ,et à l'intérieur de cette famille , qui vivait dorénavant repliée sur elle-même , il y avait des rancunes terribles , larvées le plus souvent , éclatantes quelquefois ( Y contre ma tante , contre mes parents) , des peurs terribles .... sur les photos où je suis petite ma mère n'a plus jamais de sourire aussi heureux . Elle sourit , mais à moitié , comme malgré tout .
J'ai pris cette photo , ainsi qu'une autre de la même époque , mes deux parents avec mes deux soeurs , où ils sont très beaux tous quatre . Je les ferai retirer , aggrandir à plusieurs exemplaires , pour mes soeurs et moi , et je les remettrai dans l'album la prochaine fois .
Et maintenant je regrette de n'en avoir pas emporté une troisième , de photo , une photo de moi avec ma soeur Monique ...dans un autre album ... ce sont les photos de l'été cinquante-deux , et sur toutes ces photos , on voit une pitchoune de trois ans , moi , presque toujours maussade , ou bougeant , ou tournant le dos ; avec d'autres membres d' une famille presque toujours maussade ; sauf sur cette photo , ou la petitoune sourit de manière particulièrement insolente et moqueuse à sa soeur tête baissée , une adolescente qu'on devine plus qu' agacée . Je ne sais pas ce qui se passait cet été là... dans mes souvenirs c'est ma soeur qui me martyrisait , mais la petite insolente a l'air d'être pleine de ressources ...
Dans la nuit j'ai rêvé que je lisais des articles commentant les qualités d'appareils photos , je voulais en acheter un à Philippe , et il cherchait , de beaux rendus pour le noir .
Puis j'étais dans le sous-sol de l'Ecole Normale ( quand j'étais petite , les classes se rendaient dans ce sous-sol pour préparer la fête de l'Ecole ... ) un groupe de rock répétait ; en fait c'était plutôt un groupe de gens costumés , dont je ne voyais pas les têtes , qui dansaient en rond .
Ils étaient éclairés ,par intermittence ,à la lumière noire . Je m'asseyais en dehors du cercle et je m'extasiais , à voix haute , sur les couleurs de leurs vêtements ... tout en sentant qu'elles étaient pas mal , mais pas forcément besoin de s'extasier autant .
( En me réveillant je me disais : mais quel besoin incroyable j'ai , dans ce rêve mais peut-être sous-jacent ( le sous-sol ! ) dans la réalité , d'être acceptée par un groupe ... groupe familial , des personnes maintenant âgées , toutes sauf moi ont plus de soixante ans , mais représentées dans le rêve par ces rockers toujours jeunes ... qui dansent en rond dans leur danse à eux ... qu'est-ce que j'en ai à foutre ,moi , de leur danse à eux , qui préexistait à ma naissance et dans laquelle ils peuvent continuer à danser en rond , jusqu'à la mort ? le fantasme , faire partie d'un groupe dans lequel on est comme un poisson dans l'eau ... est-ce que j'ai jamais vécu ça , en réalité ? mais non , le rêve me rappelle que moi je suis juste là pour prendre les photos ...vraies photos , photos en mots , ou dessinées sur le papier avec mes peintures et mon porte-plume ... )
Je suis donc partie à Nice Vendredi de bon matin ... passant par le village , je me suis arrêtée pour acheter du pain , et des saucisses aux herbes . Les saucisses aux herbes c'est une spécialité d'ici , de même que les caillettes aux herbes , en fait c'est de la viande hachée de porc mélangé à des blettes et c'est absolument délicieux ( parole de quasi végétarienne ) surtout que le boucher du village les fait particulièrement bien . Quand je vais voir maman et tata c'est une tradition , venant de la campagne , je leur apporte des trucs bons à manger , elles sont encore très gourmandes toutes les deux ... maman s'oblige à manger d'horribles beafsteaks , souvenir de l'époque révolue où elle était petite fille , et où on lui serinait tellement que c'était bon pour la santé , qu'elle continue à le croire quatre-vingt dix ans après . J'ai un blocage pour acheter du boeuf ,et je ne suis pas très boucherie , mais chez nous c'est la saucisse aux herbes . alors va pour les saucisses aux herbes ... il n'y avait que moi dans le magasin , j'ai papoté avec le boucher qui a une belle tête charnue , rose et sanguine , de boucher nourri au charolais , je lui ai demandé si les saucisses on pourrait ne les manger que le lendemain parce que j'allais les faire voyager ; il s'est enquis de la longueur du voyage , je lui ai dit bien trois heures , trois heures et demie , que j'allais à Nice et que c'est pas la porte à côté , que j'étais niçoise et que j'avais encore des vieilles dames de ma famille là bas ... ses yeux ont pris alors une expression poétique et gaie , il m'a dit , ah , Nice , avec ma femme on y a été une fois , la Vieille Ville à Nice , c'est joli - je sentais venir les banalités d'usage mais je vous l'ai dit , c'était de bon matin , j'étais fraîche et disponible , donc j'ai dit , ah oui , la Vieille Ville , oui c'est joli ... ( prenant moi aussi une expression poétique ) - il est devenu enthousiaste , j'attendais l'inévitable évocation de la mer et de la Promenade des Anglais , mais il a continué : " il y a des spécialités , là bas , il y avait de ces boucheries , dans la Vieille Ville , une surtout , une grande , les gens faisaient la queue , je suis bien resté un quart d'heure à regarder , c'était magnifique ... "
Et ses yeux brillaient , alors qu'il évoquait , tout attendri , le souvenir des splendeurs du voyage .
Eh oui , moi je peux vous parler avec sympathie de tel petit tableau d'anges musiciens admiré au Museo Correr ,de la couleur de l'eau entre Torcello et Burano ; lui c'était d'une "belle" boucherie ...
Sans doute l'émotion est la même , finalement .
Sans doute l'amour est le même .
Hier matin je suis passée dans un bazar de la zone commerciale , je cherchais des rideaux ; il y avait une musique trop présente , comme souvent ( est-ce que ça pousse vraiment les gens à acheter ? en tout cas moi ça me décervelle et je me retrouve hagarde entre les rayons en train de me demander ce que diable je suis venue chercher ) mais là , j'ai tendu l'oreille tant c'était remarquable , un baryton à la voix volontairement chevrotante , qui voulait peut-être évoquer le regretté Klaus Nomi ( je dis regretté mais je ne supportais pas d'entendre Klaus Nomi , heureusement que Phil a cessé de l'écouter depuis quelques années) des paroles que je ne vais pas citer exactement , j'en suis désolée , pourtant j'ai écouté attentivement : " on m'appelle Lolita , L-O-L-I-T-A ... tous veulent m'avoir ... " je crois que c'était ça qu'il disait , quelque chose de ce genre en tout cas , il n'aurait pas dit "tous veulent me sauter " parce que ça aurait certainement fait trop vulgaire , j'espère ne pas trahir le message ... mais c'était croquignolet de voir les aimables ménagères du village en train de choisir attentivement le nouveau décor de leur cuisine , tasses et soucoupes , assiettes et torchons , tandis que le prétendu pervers - j'imaginais un travelo à la Almodovar mais un peu grassouillet - égrenait sa chanson aberrante ...
Mais c'est la chanson suivante qui m'a fait fuir ( sans rideaux , c'est bien fait pour eux ) , un chanteur extraordinairement mollasson à la voix légère et molligasse avec un vague accent anglo-saxon reprenait " Ne me quitte pas " sur un rythme fade entre samba et ... ?
Malheur ! Malheur ! Malheur ! pauvre Jacques Brel .... n'avait pas besoin de ça ... vraiment pas ...
.... que j'ai faites hier , je ne suis pas allée dans la colline malgré le temps radieux qui m'y invitait ... j'ai préféré m'escrimer avec papier et pinceaux , en m'obstinant bougoubougoubougou malgré que ça ne venait pas ... je vous montre celle qui me déplait le moins , c'est presque un style cubiste ( cubiste soft , on va dire ! ) , en tout cas m'évoque l'Océan et ça me fait du bien ...
(Zut , j'ai oublié de retravailler les couleurs , elles sont plus froides en vrai . Naturellement je n'ai pas réussi à m'en tenir au noir et blanc que je programmais le matin ; c'était trop triste , il n'y a que lorsque je faisais de l'eau -forte que j'étais ravie d'obtenir des noirs profonds sur fond blanc crémeux ... mais ça date d'il y a longtemps et j'ai donné ma presse )
Le dernier est vraiment cafardeux , reflet de la sacrée déprime qui est revenue le soir ... est-ce que je vous ai déjà dit qu'une de mes hantises est que ce blog serve d'étude de cas à une classe d'internes en psychiatrie boutonneux , cornaqués par un prof de fac supérieur et pontifiant ? Bah ... au point où j'en suis ....
A la lecture du chapitre précédent , il y en a surement qui se sont dit :" mais pourquoi cette pauvre Françoise ne prend-elle pas une bonne dose de Prozac ?" - un élément de réponse , c'est que j'ai déjà vu des gens qui prennent du Prozac , ça donne des personnes toniques chez lesquelles on sent une triple dose d'agressivité qui bouillotte en dessous avec des bloucs bloucs de soupe sur le feu ... de Charybde en Scylla ...
Donc , pas de Prozac ; cependant , ma déprime matinale vient de passer d'un coup , et vous savez comment ? parce qu'en m'attaquant au repassage , j'ai remarqué le t-shirt noir à fine rayures blanches que je me suis acheté récemment ( eh oui , les soldes ! ) au rayon sous-vêtements ; je ne l'ai pas mis de prime abord ce matin , me contentant du gris , un de mes favoris que je mets souvent ( peut-être à cause de la couleur de mes yeux , peut-être parce que le gris contient toutes les couleurs ... ) donc gris par dessus mes sous-vêtements propres de ce matin ,qui sont noirs à pois blancs et vous ont un petit air guilleret ( soldés aussi ! ). Et puis , tout en repassant , tandis que mes flots de larmes dégoulinaient du bout de mon nez sur le fer à repasser ( j'exagère un peu , d'accord ) j'ai revu les causes de ma déprime , pensé rapidement que mon père devait être un dépressif aussi , sinon en tant que chef de famille il n'aurait pas laissé l'atmosphère à la maison se dégrader comme elle était dégradée , repensé à mon père et me suis dit qu'à sa place , avec son enfance , aussi ce qu'il avait vécu ensuite , je n'aurais surement pas fait mieux ; suis passée à la colère contre une personne de mon enfance qui n'avait pas assumé certains de ses actes et faisait peser ça , la colère contre elle est passée très rapidement aussi pour les mêmes raisons que celle contre mon père ; suis revenue à mon état dépressif du matin fatiguée le coeur lourd ... et tout à coup , zoum ! j'ai repensé au t-shirt noir et blanc que j'avais rangé dans le placard bien plié , ai enlevé mon t-shirt gris - je l'avais mis à peine un quart d'heure donc remis dans le placard - et enfilé le noir à rayures blanches ... Waouh ! la déprime est partie , me voilà avec le tonus qui remonte , une détermination d'enfer ... sans rancune pour aucune des bien-aimées personnes de mon enfance , non plus ... noir et blanc , c'est pas du tout pareil que gris ! le blanc sur noir proclame à l'univers que moi aussi j'existe ... j'y ai droit , j'ai droit à une place ...
NOIR
( mmmhhh ... , le noir , profond , velouté , la nuit étoilée profonde dans le manteau de laquelle on s'enfouit , le noir chaud du poil de Rajah qui ronronne quand je mets mon nez contre son flanc , l'ombre comme une Mère ... mais le noir tout seul mène aussi à l'étouffement ... )
BLANC
( tout frais tout neuf , pimpant propret qui sent bon la lessive et l'air pur, tonique le blanc , mais ça n'est pas forcément quelqu'un de compréhensif , faut pas lui demander de finasser , il n'en a rien à fiche et suit son sentier tête droite à pas précis ... )
Mais comme le faisait remarquer Allan Watts ( hélas , comme j'aurais aimé le rencontrer , celui-là ! ) , comme nous rappelle le dessin du yin et du yang , pas de noir sans blanc et pas de blanc sans noir , pas de lumière sans ombre et pas d'ombre sans lumière ...
Eh ben je crois que lorsque j'aurai fini le repassage je vais me mettre à dessiner ...en noir et blanc , bien sur ! heureuse journée à toutes et tous !