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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 09:46

Eh ben , la semaine dernière j'étais vraiment , vraiment mal ... et hier en particulier - j'ai été faire une course dans Alès juste avant la séance de midi du yoga  , le coeur affreusement , péniblement serré , sans raison aucune ;  j'ai eu un répit en décidant de changer ma séance de lèche-vitrine en marche méditative façon Zen , c'est à dire que j'en avais tellement marre de mon ego , de mes déprimes , de mes sautes d'humeur , de mon émotivité pas possible  que je me suis tournée vers l'intérieur de moi-même , et j'ai marché en restant juste concentrée sur ma respiration , le regard baissé mais tout de même consciente , en faisant attention de ne buter dans personne bien sur ; là , au bout de peu de temps je me suis sentie vraiment bien . Vraiment bien .
  Mais tout de suite après la séance de yoga , c'était reparti le mal -être , pourtant je m'étais programmé des trucs que j'aime bien , jardinage , un gâteau , mais non , le coeur toujours serré ... ma voiture remarche ,  la maison est jolie , le jardin est superbe , les chats sont parfaits , le chien aussi , le mec quasiment ... eh beh , non , décidément pas de bonheur possible au moyen de  cet ego ... je me suis couchée à neuf heures , en me disant que le lendemain ça irait mieux - c'est l'avantage des humeurs irrégulières ..

  Ce matin , réveil à six heures , j'ai eu envie de continuer le Seigneur de Bombay , le livre de Vikram Chandra dont je vous parlais ; pas tout à fait comme un pensum , mais comme c'est un livre complexe et bien construit , c'était un peu une trahison de le laisser au beau milieu , pourtant cet univers dans lequel je marine depuis quinze jours , où l'ego , justement , l'ego du personnage de mafieux , est tout puissant , univers où désir de richesses , hémoglobine , violence ,  sexe , abondent , mais aussi les sentiments tendres , l'affection , l'amitié , l'amour ; cet univers , donc , je m'y sentais de plus en plus mal ...
    Et alors , j'en lis encore vingt pages ce matin , le temps de me rendre compte que le fameux gourou , dont je citais les paroles avec admiration , n'était pas à 100% plein de sagesse , mais seulement 90 % - lui aussi s'est laissé prendre au  piège du pouvoir , les vrais gourous que j'ai rencontrés sont libres de ce piège  -  je survole l'élucidation du meurtre et suicide qui initient le livre , juste pour comprendre de quoi il retourne -
                     - et tout à coup , c'était fini , je me suis donné l'autorisation de laisser tomber , je rendrai le livre demain à son propriétaire ... je me suis levée , et j'ai eu l'impression de revenir avec bonheur à mon univers , univers dont je vois les étriquements ,  mais aussi le côté moral , cet univers où tout le monde essaye de faire de son mieux , et moi aussi , et de créer un monde paisible . J'ai eu envie d'assumer ces étriquements , avec plus de force . Fille de fonctionnaires ...

  En tout cas je crois que j'ai compris quelque chose , dans la profondeur : que le désir de paix est universel .Pas seulement chez moi , mais chez tous .
  Et que j'ai acquis quelque chose : une  gestion plus équilibrée de mes autres désirs . Certes je ne me retrouve pas , du moins consciemment , dans ce personnage de mafieux , ni même dans le personnage du flic ,plutôt sympa mais tellement masculin  .  Mais c'est comme si la lecture de ce livre , indien justement , avait creusé en profondeur , avait été un garde-fou ... bienvenue , encore plus , à mon côté victorien étriqué !

  A part ça , c'est un bon livre , vous voyez , on peut le prendre comme une fable ... mais dans le même genre je préfère Shalimar le Clown , de Salman Rushdie . Quoique ça vous brise le coeur de le lire .

  Voilà , portez vous bien ! aujourd'hui nous allons faire une ballade vers le Mont Lozère , voir la neige avant qu'elle ne fonde ...

4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 09:33
 ( 29 mars , vers 10 heures , maintenant il défleurit , il y a les poiriers , mais ils sont encore tout petits et puis je n'ai pas trop réussi les photos ! )
















3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 09:13

    Au matin , oui ce matin , le moral dans les chaussettes et encore plus bas que ça , ( hier c'était pimpant et gai , j'ai invité Maria et ma voisine à venir voir le jardin qui est magnifique ,ensuite on a pris le thé comme des vraies petites dames ,  elles étaient ravies , et moi aussi  ...  humeurs qui vont , qui viennent , qui passent , reviennent  ,  repassent ... ) ; je relis le chapitre avant -dernier de ce blog , ou avant-avant-dernier , intitulé " si le plus important c'était ça ? ( je relis les chapitres écrits parce que je suis une terrible snob de l'orthographe ) et je me rends compte que c'est bati de travers ; je voulais y dire en conclusion que le plus important , c'est peut-être le fait que l'émotion qui passe , les pensées qui passent , ne sont pas mon vrai moi ... et on comprend que le plus important , c'est les semis ... d'un autre côté , si j'ai terminé le chapitre comme ça , c'est probable qu'à ce moment là le plus important pour moi était de mener à bonne fin mes semis de radis .
   Alors ce matin , et pour me remettre d'applomb , je vais semer presque tout ce qui me reste de graines : carottes parce que je ne vais pas  jeter bien que mes carottes servent plutôt de havre pour culture de la mouche de la carotte ; navets , idem ; et oeillets d'inde parce que Dominique , qui vient de temps en temps tondre l'herbe , m'a dit qu'en mélangeant les graines dans le même semis , elles se protégeaient les unes les autres ; belles -de-jour , certaines que j'avais récupérées cet été au hasard des ballades , plus un sachet que j'avais oublié ; roses trémières rouges , j'ai oublié de le faire cet automne ; et enfin un sachet " cadeau -surprise " de Bakker , dont je n'attends pas grand chose , mais enfin ... on ne sait jamais ...
       Il ne  restera dans la boite que les graines de courges longues et de citres , blanches et noires , ( tout un symbole ! ) cadeau de Maria ; après son expérience de réfugiée , elle qui est arrivée d'Espagne avec rien que son mari et le bébé dans ses bras , qui a connu les camps de concentration français , Maria respecte et protège toutes plantes ...  pour celles -là j'attends encore un peu que le printemps soit installé , alors je les mettrai avec amitié sous un tas de compost bien moelleux .
     Et les pois gourmands qui ne sortent toujours pas , non plus que les fèves ... quelle inquiétude . 

    Temps que je me souvienne , et que je vous recopie , un extrait d'un livre étrange de Vikram Chandra . Mon voisin , qui approche les quatre-vingt ans , est invalide et passe son temps à bouquiner , me l'a proposé , sachant que tout ce qui vient de l'Inde m'intéresse ; c'est un pavé qui doit bien peser deux kilos , en tout cas mille pages , un polar indien qui doit être vraiment bon parce que je suis en train d'arriver à la fin , je me suis accrochée - mais j'en ai un peu marre de baigner dans ce milieu bizarre et étouffant , où mafieux et policiers sont si bien entrecroisés et entretiennent des relations de quasi amitié . Il est émaillé de mots en hindi ,( mais il y a un lexique à la fin ) , ceux qui reviennent le plus souvent sont les plus orduriers , je ne sais pas si c'est un plus mais j'en ai retenu plusieurs  , moi avec mon côté victorien , je suis gâtée .  L'un des héros est un mafieux , qui a aussi des liens avec les services de sécurité indien , quelqu'un que je n'aimerai vraiment pas rencontrer en réalité . C'est curieux, comme nous au village , qui ne rêvons que de vies tranquilles au milieu de nos jardins , lisons pour nous distraire ce genre d'horreurs ... Ca me fait penser à la présentatrice d'Arte - mais maintenant elles ont toutes le même genre de voix sur les autres chaînes aussi , à la fois enfantine , sensuelle ,tellement douce et insistante - qui annonce avec une gourmandise égale le programme du soir : "ce soir nous irons dans la Florence du début du siècle pour chercher une vue sur l'Arno avec le James Ivory de Chambre avec vue ; puis , à 23h 30 l'enfer des camps chez les Khmers rouges ; enfin une émission sur le tueur en série qui défraie la chronique  en ce moment ... Bonne soirée avec Arte !"
Et vraiment pour annoncer chaque sujet , elle a la même émotion dans la voix , la même sensualité , la même douceur ... ça aussi c'est bizarrre , non ?  Que ça parle du chocolat de Pâques , d'Auschwitz ou des dessous des élections en France , la même voix ... la présentatrice , on lui a dit : tu annonces les émissions comme ça - et elle le fait ...

  Bon , enfin toute cette digression c'était pour introduire une citation du "Seigneur de Bombay" , de Vikram Chandra ; parce que le personnage de mafieux abominable dont je vous parlais , Ganesh Gaitonde , rencontre aussi un gourou , par dessus le marché ; et que je suis touchée par ce que dit ce gourou , des paroles de sagesse . Mes courges poussent dans le compost , oui ... mais tout de même , tout de même ...  je trouve que j'ai de la chance de vivre en France , un pays où le système de pots de vin n'est pas installé comme il semble l'être dans certains coins de l'Inde , d'après le  bouquin ...

  " Le discours du jour traitait de la réussite . Pourquoi , s'interrogeait-il , l'échec nous tourmente-t-il de si cuisante façon ? Et, pourquoi la réussite nous laisse-t-elle parfois un sentiment d'insatisfaction ? Pourquoi le but nous déçoit-il alors que nous en rêvions depuis si longtemps , que nous nous sommes tant battus pour l'atteindre , en suivant une route si cruelle ? Pourquoi ? Dans les deux cas , expliquait Shukla-ji , la réponse tient à notre croyance dans l'illusion du moi. Je suis celui qui décide , croyons-nous . C'est ce que nous crions au monde , je décide ceci , je décide cela , je , je , je . En ajoutant foi à cette illusion , la plus insaisissable de toutes , nous pensons que nos échecs sont notre faute , qu'ils découlent de notre moi . Nous nous croyons propriétaires de nos victoires . Et pourtant , quand nous trouvons la réussite , nous découvrons que cette illusion ne peut vivre que dans l'avenir ou dans le passé . Elle est éternellement séparée du présent et donc , tant que nous y ajoutons foi , nous ne connaissons que la perte . C'est seulement lorsque nous transcendons cette illusion , lorsque nous sommes capables d'en rire , que nous pouvons connaître le plaisir du moment , et  rire d'être pleinement vivants . Mes enfants , a ajouté Swami-ji , renoncez à vos actes et découvrez la nature véritable . Connaissez vous vous-mêmes . "


             Et alors , si c'est pas de la sagesse ça ... si je ne peux en faire mon miel , au moins pour l'instant ... mais là encore , on ne sait jamais .

30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 13:36

    Maudite heure d'été , il est 13 heures 34 exactement et quoique j'ai eu l'impression de me lever tôt je n'ai pas fait le quart de ce que je voulais faire . Enfin , pour me remonter le moral , j'ai réussi tout à l'heure à fermer la fermeture éclair du jean neuf dans lequel j'étais à l'aise il y a quelques mois , et qui maintenant hélas .... enfin ,  la première fois c'est toujours le plus difficile . Et puis j'ai passé ce matin plusieurs heures délicieuses à jardiner , j'ai terminé de planter les dahlias - j'avais fait une grosse commande chez Bakker à l'automne , toujours incapable de résister aux photos merveilleuses du catalogue ;  je persiste à vouloir des dahlias tout en sachant bien qu'ici n'est pas tout à fait le climat idéal ; mais comme on a l'arrosage automatique dans le potager , l'été ils ne sont pas trop mal ,même si on n'est pas en Bretagne ou en Normandie ...  j'ai éclairci les radis , que j'avais semés trop serrés , bien sur - ce que je réussis le mieux dans mes semis de radis , c'est les fanes , la partie charnue est la plupart du temps immangeable ou filiforme ; par contre , parlez moi des fanes ! je sais bien , on ne cultive pas les radis pour les fanes , qu'y puis-je ? les pois gourmands et les fèves se font attendre , et j'ai des inquiétudes , vont-ils lever ? ça fait déjà dix jours que j'ai semé ... Quoi encore , j'ai fait du nettoyage ,enlevé le chiendent autour de mes trois pieds de  vignes à la fourche-bêche - outil  dont j'ai déjà maintes fois chanté les mérites ;et voilà ,  le potager est splendide , ordonné et tout , avec ses petits chemins de bois entre les plates-bandes . J'ai planté dans un coin une bouture d'un rosier à grosses roses roses , faite l'automne 2006 , et qui se languissait dans son petit pot de trouver sa vraie place . Je l'aime beaucoup , lui en particulier ( mais j'aime tous les rosiers ) parce qu'il me rappelle ceux qui , à Malchamps , bordaient la petite route poussiéreuse qui longeait la maison et le jardin .
       Il ne me reste plus qu'une plate-bande à bêcher ,actuellement  il y a des poireaux , des bleus de Solène ( les noms de légumes sont fantastiques ! les derniers radis que j'ai semés étaient des flamboyants ); poireaux de taille  respectable  , on en a mangé hier et ils étaient tout à fait bons - ça m'étonne toujours quand des légumes convenables parviennent à émerger de mes cultures ... j'y mettrai les haricots cet été , j'ai le temps de la préparer . 

  Et il me reste quoi , plein plein plein de repassage ( Phil me dit que je n'ai pas besoin de repasser , mais on prend de l'âge tous les deux , on est de moins en moins beaux , on a jamais été très soignés ni l'un ni l'autre alors si en plus on a des vêtements tout froissés , c'est pas un cadeau ) ; et surtout , surtout  mon bureau à ranger - parce que je veux écrire à mes soeurs et mes neveux pour les mettre au courant de mon entretien avec la juge de tutelle de tata Lili , laquelle était très sympathique , mais je veux faire ça avec soin  ; et alors , non , malheureusement , je n'ai pas le temps ou la disponibilité pour peindre ces temps ci ... bon , j'espère que ça viendra . Le café d' Uzès , où nous les filles allons gaiement papoter après le yoga , offre des places sur ses murs pour de petites expositions , en ce moment il y a d'horribles croutes d'un type provencal tartinées au couteau à grandes épaisseurs enthousiastes   ( on n'insitera jamais assez sur les ravages opérés par l'influence du regretté Nicolas de Staël auprès des peintres amateurs , hélas ! ) mais du coup , je me suis dit que j'allais y retenir une place d'expo pour l'année 2009 , ça me stimulera ... 

28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 10:49

... alors pour le 2eme blog , je suis obligée d'attendre un peu ... en attendant j'ai envie de vous raconter que j'ai revu " Retour à Howards End " , de James Ivory , sur Arte hier soir , et que j'ai encore plus apprécié ce film que la première fois où je l'avais vu . Malgré qu'on ne comprenne pas trop bien comment il se fait que Margaret , l'aînée des deux soeurs et la plus raisonnable certes , mais tout de même une femme intelligente et peu conventionnelle ,  ait eu la moindre envie d'épouser le personnage de fat prétentieux et borné - joué , je crois , par Anthony Hopkins ; ou serait-ce l'attrait du home confortable , l'envie  d'avoir quelqu'un de rassurant qui prenne tout en charge au niveau matériel ? je suis vraiment mal placée pour la juger , surtout moi ... surtout moi . Peut-être que le rôle de la maison , de l'appartement , ( puisque les deux soeurs sont tellement ennuyées d'avoir à déménager , au début du film ) est encore plus important que ce que j'en avais compris de prime abord . La flemme d'avoir à déménager ... qui devient moteur d'une vie .Ouf !
  En tout cas , j'ai revécu une fois de plus l'aspect thérapeutique d'une oeuvre d'art réussie , qui décrit les multiples aspects de l'être qui la regarde et les rassemble avec ce regard bienveillant , qui m'a fait si souvent défaut .


27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 20:43

     Un bout de temps que je n'ai plus écrit ... plus envie , ou envie de changer ; en tout cas aujourd'hui j'ai joué avec l'idée d'arrêter celui-ci et de créer un nouveau blog ; une autre personne inconnue ,  un autre nom inconnu ; peut-être , peut-être bien ... peut-être que vous tomberez dessus par hasard , ou peut-être jamais ... 

16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 23:43

 J'ai déjà dit qu'au fin fond du fond du Kerala , j'avais rencontré un petit hindou qu'avait l'air de rien mais qui nous a donné de très chouettes cours de yoga . A la fin du cours il y avait une relaxation en shavasana , c'est à dire étendu sur le dos tout tranquillement ... et j'ai  été surprise de l'entendre nous proposer une relaxation dans un style que j'avais découvert en lisant des bouquins américains , puisque moi c'est là-dedans , et à la faveur d'une maladie grave ,  que j'ai découvert la relaxation et les visualisations , il y a une vingtaine d'années . Ceci dit il était très traditionnaliste , donc j'en ai déduit que tout ce qu'il nous disait devait faire partie de la tradition de sagesse indienne .
   Il terminait par une petite litanie qui doit être de l'hindou de l'inde vrai de vrai 100 % , après avoir pris conscience de notre corps segment par segment , les pieds les jambes le bassin le dos etc ...
  " I'm not this body , I'm not this mind , I'm not these emotions ... I'm pure consciousness , pure happiness , pure light ... "
( et moi je me souvenais ,tiens il me semble qu'Arnaud Desjardins disait quelque chose de ce genre  ...  d'accord " je" ne suis finalement qu'une espèce de flux d'ondes , ou de lumière puisque les scientifiques contemporains disent la même chose que ce que disent les indiens depuis des millénaires ... mais quand à être uniquement conscience et félicité , tiens v'là autre chose , en tout cas ça ne correspond pas à une réalité que j'aie expérimenté )

  Mais depuis que je suis rentrée , une fois passé le flux des émotions de retour à la vie ordinaire que j'ai trouvée bien morne une fois descendue de l'avion , une fois passée une éprouvante visite à maman et tata à Nice ( éprouvante parce que l'atmosphère y était tendue , que ça ne venait pas de moi , que ça me fait souci d'ailleurs ) ,  une fois revenue à plus d'équilibre ici - c'est l'époque des semis de printemps ...    
            je me dis ...         ... tout de même , et si  le plus important c'était ça ?

12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 07:21

             Lakshmi est l'éléphante qui se tient à l'entrée du temple  (de Shiva ? ) , dans un petit passage entre Nehru Street et la rue de la Marine . C'est un endroit toujours bondé ,qui ne sent pas très bon  ; touristes et fidèles , mendiants , vendeurs d'offrandes et de babioles pour le temple s'y pressent . On peut  acheter pour quelques roupies une botte d'herbes ou des bananes ; on les tend à Lakshmi  qui les prend avec délicatesse du bout de sa trompe et les fourre dans sa bouche , quelquefois elle est tellement gavée qu'elle ne prend pas l'herbe ; on peut aussi lui tendre des piécettes de monnaie qu'elle donne à son gardien .
 
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Elle passe toute la journée là , à piétiner doucement sur place . Elle a l'oeil ocre clair , moi qui  croyais que les éléphants avaient de petits yeux noirs ... elle me fait peine , toujours au même endroit , à s'embêter .  Quelquefois on lui met des enfants sur le dos , certains paradent , d'autres sont terrorisés ... les parents , indiens ou occidentaux , prennent des photos ,et on les redescend . Quelle vie . Mais je peux aussi considérer qu'elle excelle dans son  job d'hôtesse .

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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 08:17

Sur le marché Goubert à Pondichery , qui est un genre de halle couverte immense et labyrinthique ,  on trouve de tout : poissons à la fraîcheur douteuse enveloppés dans des nuages de mouches , céréales , fruits secs compressés , sacs à provisions ,produit de maquillage et poudres de couleurs ,  jupons  pour mettre sous les saris ,  soutien-gorges , bijoux plastiques , serrures , outils en tous genres ...
  Et des fruits aussi . J'ai photographié des bananes particulièrement splendides , et puis je suis tombée en arrêt devant une pile de fruits jaune pâle sur un journal ; des gamins en achetaient et les mangeaient aussitôt . J'ai fait comme eux .... un délice , parfumé à mourir , juteux seulement ce qu'il faut ... j'ai demandé le nom , on m'a dit quelque chose comme jackfruit ; le vendeur les retirait du ventre d'un énorme fruit vert brunâtre , un peu  comme une  pastèque contournée , à l'écorce recouverte  d'écailles . 


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J'ai réussi à ne pas tous les avaler au fur et à mesure (  dix roupies pour un kilo ) , à en laisser quelques uns pour les faire goûter à Martine ,, qui s'est extasiée de concert ; et puis ensuite ,  jour après jour j'ai essayé d'en retrouver - mais c'est pas si facile , on n'en trouve pas partout . Depuis j'ai appris qu'ils doivent être pile à maturité quand on les mange , trop murs c'est pas bon , pas assez non plus ... je crois en avoir aperçu sur un  arbre , un  jour qu'on s'était arrêtées dans un garage ; et ensuite , plusieurs fois , je les ai repérés sur ces arbres , très beaux , très hauts , dont les feuilles ressemblent un peu à celles des troènes dans les jardins  ; les fruits  poussent tout contre le tronc .


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  La deuxième et dernière fois que j'en ai mangé ,  c'était à Tiruvannamalai , mais les prix avaient augmenté , c'était cinq roupies les deux ....


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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 08:44

   On peut voyager de bien des façons ... j'ai rencontré , et apprécié , plusieurs voyageuses solitaires ; la première à Pondichery ,nous l'avions déjà vu méditer au Samadhi , mais je crois qu'on a fait vraiment connaissance parce que Martine et moi hésitions à entrer dans un petit restau de la promenade qui ne payait pas de mine - cette  grande fille aux yeux bleus , le genre sans chichis ,  entrait justement  ; elle nous a dit que c'était bon . On a mangé ensemble ,effectivement c'était très bon ,  pour quelques roupies on nous a servi une immense crêpe au fromage genre cottage cheese et à la pomme de terre , épicée et délicieuse , bien plus aérienne que les crêpes bretonnes mais après ça on peut dire qu'on est rassasié ... elle était à Pondi pour plusieurs jours , d'abord  à Park Guest House puis il n'y avait plus de place là , elle s'était trouvé un hotel à cent roupies la nuit ( ça fait un peu moins de deux euros ) mais  propre et avec douche , disait -elle ; faisait ses adieux à l'Inde pour cette année avant de rentrer dans la Marne , ou dans l'Oise , je ne sais plus ; depuis vingt ans elle s'y balladait tous les ans , seule ou accompagnée , seule le plus souvent , à l'entendre ça avait l'air simple , aussi . Nous a parlé de quelques ashrams , du plaisir de jardiner , de quelques coins magnifiques près de Mysore ... à l'entendre tout avait l'air  facile .
  Une autre , c'était dans le Kerala . Une femme qui pouvait avoir dans les soixante-dix ans , ex- blonde platine un peu replète , enroulée dans un sari de mousseline aux couleurs printanières , vert pomme et bleu ; elle n'allait pas au yoga du matin , parce qu'elle préférait méditer longuement dans sa chambre ,oubliant l'heure disait-elle . Elle venait d'acheter un immense terrain plus au Nord pour fonder un orphelinat , près d'un ashram ; ancienne agente immobilière ( et je pouvais bien l'imaginer en France comme agente immobilière , toujours blonde platine mais habillée autrement ) , elle était heureuse de l'achat , du bon projet ;  là encore elle se promenait sans encombre en Inde , du Nord au Sud et du Sud au Nord , amoureuse de ce pays où elle  sentait son vrai pays , sa vraie famille ( j'ai senti percer un  soupçon d'amertume quand elle  a évoqué les splendides chemises indiennes qu'elle avait rapportées à son fils en France ; lequel ne les mettait jamais )
   Une troisième , toute jeunette et qui a fait mon admiration par sa maturité et sa débrouillardise ,  nous confiait  que le cambodgien était une langue facile , à la différence du laotien  mais de même que le Malayallam - la langue du Kerala -  le Kanadda , celle du Karnatakka , ou le Tamoul ( j'ai mal retenu , c'est peut-être l'inverse ) ; à elle , toute l'Asie semblait territoire d'exploration passionnant , elle finançait ses voyages d'étudiante en vendant ses emplettes sur les marchés , par exemple des dhotis , ces pagnes unis, à carreaux  ou à fleurs , de longueur variable , que les hommes , exclusivement , enroulent autour de leur taille ; celui qu'elle nous a montré ,  en coton tout fin à bordure ornementée , était d'un violet  si chatoyant que toute occidentale normale rêvait de s'en faire une écharpe ... 
    Etre loin de chez soi , des habitudes ou soi-même et les autres nous ont enfermés , de la vision qu'on a de soi , qui a tendance à se figer de plus en plus ... loin de chez soi , dans des circonstances autres ,et des capacités nouvelles se font jour , quel étonnement ! ( moi-même et à ma propre surprise  , je me suis régalée , vraiment régalée , à faire l'interprète en anglais , parce que les autres membres du groupe étaient vraiment encore plus nuls que moi ;  m'habituant peu à peu au débit rapide , nasal et liquéfié , des indiens , massacrant gaiement la grammaire british de compagnie avec eux ... mon jour de gloire , ça été à Badami , j'ai pu traduire plein d'histoires concernant Vishnou ,Shiva et Parvati , parce qu'en plus  j'avais eu la chance  de les lire dans un bouquin  acheté quelques jours auparavant ) 

  Et pendant ce temps , ma voisine elle aussi faisait un voyage tout le  mois durant : elle a passé tout ce temps à l'hopital d'Alès ; au téléphone , elle m'a raconté longuement les records de liquides que les toubibs ont retiré de ses poumons , le professeur de Montpellier qui n'avait vu ce genre de maladie qu'une fois dans sa carrière ... autre façon de voyager .Que j'ai pratiquée à une époque ;  tout de même il y a plus rigolo ...