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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 18:49

  


      Ce matin , j'ai inspecté le placard , me demandant ce que j'allais mettre ; et j'ai vu une robe , ou robe-tunique grise que j'ai achetée cet été à Nice , pendant une brève escapade   dans la Vieille Ville ; peut-être pendant que maman était dans cette maison de retraite . Ou alors quand elle était à ruminer et souffrir au lit , avec cette fracture du bassin ... bref , je m'étais pris une heure de pause , surement que je n'en pouvais plus à ce moment là ; et je me souviens d'avoir acheté ce vêtement , en jersey ample , avec des tas de coutures apparentes , je l'avais trouvé super élégant , ravie  de trouver l'occasion , pendant ce séjour fatigant , de me trouver  quelque chose vraiment  pour moi ... et pas très cher en plus . Bon ,  ça s'est trouvé comme ça , je ne l'avais encore jamais mise , je me suis dit que c'était le moment où jamais ; je l'essaie , et
      Miséricorde qu'est-ce que c'est que cet espèce de sarreau gris terne qui me tombe dessus de tous les côtés , de tous ses plis mal repassés et discracieux , avec ça sur le dos je ressemble à une surveillante de prison Tchétchéne ***.
    Et alors comment j'ai pu acheter ça , cet éteignoir , ce truc triste comme l'enfer ? comment j'ai pu penser une seconde que ça m'allait bien ? dans quel état je suis quand je vais à Nice , pour trouver que c'était un vêtement seyant ce machin mortifère ?
   J'ai repensé à la hideuse blouse grise que mon père portait toujours à Nice à la maison ... parce qu'en arrivant à la maison après l'école , on mettait un tablier pour ne pas se salir ; je vous parle d'une autre époque , il n'y avait pas de machine à laver il y a cinquante ans ;  les femmes en général on mettait  des machins sans manches à petits carreaux , ou à  fleurs ; et mon père , de son enfance studieuse de petit paysan échappé à la terre , avait gardé le goût de passer par dessus ses vêtements une horrible blouse grise , du même gris que ses yeux d'absent ... 
   Cette robe grise alors je crois que je ne la mettrai jamais ... tant pis  . Par contre , je m'interroge ,   je donne les choses toujours que je ne mets plus ; mais là j'ai sacrément envie de faire un autodafé avec . C'est la première fois que j'ai envie de brûler un de mes vêtements . Qu'est-ce qui va se passer , si je le fais ?

    J'ai mis la robe sur le dossier d'une chaise , et puis j'ai été peindre ; je cherchais un vieux disque de Kris Kristofferson  pour m'accompagner , mais à la place j'ai retrouvé le Bollywood Brass Band , le bonheur ... alternativement j'ai peint et j'ai sauté sur place en l'écoutant ... c'est l'anti robe grise cette musique ! je vous mets ma peinture au commencement de l'article , les couleurs c'est pas encore ça  mais je vais essayer d'améliorer .



***  là c'est façon de parler , en Tchétchénie les prisons sont surement vides , ils parait qu'ils ont une justice rapide et efficace  ...

26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 07:09
Hier une jeune femme que je trouve très sympathique , mais que je connais peu , m'a demandé l'adresse de mon blog ; et j'ai hésité , puis fini par dire que ça me gênait un peu de la lui donner . Ensuite je me suis demandée pourquoi ... et ce que c'était que ce blog . Pas un journal intime , je n'y dis pas tout ; par contre , je n'y raconte rien de faux , du moins consciemment *; par contre , je n'y parle que de ma vie ....je ne sais rien faire d'autre ; et ce matin , je crois que j'ai trouvé :
              j'écris des lettres .
              des lettres à qui , alors ?
              aux amis qui sont loin ,oui ,  parce que j'ai déménagé ou qu'ils ont déménagé , et ils sont ma vraie de vraie famille ; et à qui encore ?
              à toute ma famille que je ne connais pas ... la famille dont on a toujours rêvé , celle qui comprendrait tout sans s'affoler , ne comprend rien de traviole **, n'a pas de présupposé sur vous , celle qui vous soutient avec amitié , ne vous empêche pas de vivre votre vie ni de faire vos conneries ...
                et je me dis que , vu tous les gens qui font des blogs , on est des tas à écrire des lettres à nos familles rêvées , à leur offrir notre coeur sur un plateau ...
              et de ce point de vue on est plutôt touchants , nous les êtres humains , non ?
( attention , je ne dis pas qu'on n'est pas des rats , aussi , soit dit sans vouloir offenser le peuple des rats , qui n'est pas pire que les humains , c'est juste une façon de parler )





*  là je me fais penser à Jacques Brel , vous vous souvenez de cette chanson , comment elle s'appelle : "Ces gens-là ? " ? " j'ai jamais tué d'chats , Monsieur ! ou c'est qu'j'm'en souviens plus ... ou ils sentaient pas bon ... "
** une ou deux fois , il y a une vingtaine d'années , des amis se sont empressés de sauter aux conclusions , erronnées , quand je tentais d'expliquer un de mes actes qu'il n'avaient pas compris ; alors je m'étais tue , accablée ; faut dire qu'à l'époque parler un tant soit peu m'était déjà difficile ... quand à ma famille biologique , j'avais fait une croix  très tôt sur leurs facultés de compréhension .
25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 08:40

         Ouh là là il pleut encore , mais qu'est-ce qu'il pleut ! nos escargots sont gras , gros , vigoureux , ils naviguent paisiblement sur la terrasse et chaque fois je les remets dans le droit chemin ( du pré ) .Non , nous ne les mangeons pas , oui c'est délicieux je sais , il m'arrive quelquefois d'en commander au restau avec plein d'ail et de beurre , un régal trois mille calories par escargot au moins . Mais une fois dans ma vie j'avais été conviée à une joyeuse partie de ramassage , j'en avais plein dans un panier à salade , et puis je les ai entendus couiner dans leur panier , oui ça couine un escargot , un petit bruit plaintif comme un crissement de feuille ... c'était horrible , mais comme j'avais très peur des jugements à l'époque , je n'ai pas jeté ma récolte et je l'ai donnée à l'organisateur de la partie . Mais ensuite , jamais , plus jamais je n'ai  ramassé d'escargots .

             Je m'étais réveillée morne avec l'impression d'être accablée par la somme d'obligations du quotidien ... n'arrivais pas à méditer ... je me suis traînée vers la théière d'un pas lourd , la tête fatiguée et bourdonnante ; suis allée à l'ordi ,ai ouvert mes mails , rien d'intéressant vraiment , et puis ça m'a rappelé que je n'ai pas fait ce que je m'étais promis de faire , une mise au point concernant le jeune Tibétain que je suis censée parrainer depuis quelques années  ( l'organisation s'est emmêlée les pinceaux dans les noms des filleuls , si bien que moi aussi je me sens dans une situation extrêmement embarrassante ; il n'y va de la faute de personne , mais il faudrait que j'écrive des lettres et ça pèse parce que je me sens coupable , naturellement ; et ça fait trois bonnes semaines que je laisse traîner ça ... )
           Alors je suis allée voir mon blog ,  ce blog même ,  j'ai trouvé mon dernier dessin minable ... et Dieu sait pourquoi m'est venue l'idée d'aller voir des archives ; eh ben , incroyable , j'en suis un peu confuse  , mais je m'en suis sentie toute revigorée - comme si je me tenais droite à nouveau , bien droite et à l'aise dans mon corps  ! j'ai relu la prière de Baltimore , ça m'a fait du bien aussi ..... et du coup j'ai eu envie d'aller rouvrir ces " 365 méditations sur le chemin de Compostelle " dont je parlais en Décembre ; c'est un livre plutôt lourd , on est en Mai donc j'ai feuilleté le mois de Mai ; je suis tombée sur cette citation , de Jean XXIII - pour lequel je n'ai pas d'affinité particulière - , et j'adore vraiment la première phrase  : 
  
            " Rien qu'aujourd'hui , j'essaierai de vivre exclusivement la journée sans résoudre le problème de toute ma vie ."  
  
               Vous ne trouvez pas ça incroyable ? en tout cas moi , ça me fait un bien fou à lire ; parce que je sais exactement quoi faire de ma journée aujourd'hui , plein de trucs pas forcément déplaisants et même cet aprèsme je vais chanter , ça devrait être sympa ...  et s'il y a certainement un temps pour essayer de résoudre le problème de toute ma vie ,  effectivement c'est pas aujourd'hui ...    je vous recopie la suite , bien que ça ne soit pas trop là où le bât me blesse , mais ça ne me fait pas de mal de le réentendre :   
" Rien qu'aujourd'hui , je ne critiquerai personne . Et ne prétendrai redresser ou discipliner personne , si ce n'est moi ...
"

Tiens , je trouve une autre citation au 29 mai , écrite exprès pour moi celle-là chouette c'est cadeau ! 

" Rien qu'aujourd'hui , j'établirai un programme détaillé de ma journée . Et me garderai de deux calamités : la hâte et l'indécision "

et le 30 Mai :

" Rien qu'aujourd'hui , je croirai fermement , même si les circonstances prouvent le contraire , que la Bonne Providence de Dieu s'occupe de moi , comme si rien d'autre n'existait au monde "

mmmhhh , ça ça fait du bien ! vous vous rendez compte , rien que pour moi ! ( rien que pour vous qui lisez ! ) Super ! alors ,  bon Dimanche mouillé à tout le monde  !




Fin de journée : eh ben la bonne providence de Dieu m'a vraiment gâtée de manière spéciale aujourd'hui : lire ces citations m'avait tellement donné de bonne énergie ,  j'ai fait avec grand soin  une tarte aux légumes pour midi , me suis vraiment régalée en descendant sous la pluie cueillir oignons , ail , sarriette et aneth du jardin ; je ne l'ai pas laissée brûler ,en sortant du four elle embaumait  ; je l'ai mise toute tiède dans un panier ; ensuite je me suis disputée comme une chiffonnière avec Phil parce qu'il n'avait plus envie de venir avec moi manger chez Danielle ( pas à cause de D mais il n'avait pas envie d'être enfermé , à cause de la flotte qui continuait à tomber .... ) ; ensuite j'ai posé la tarte dans son panier au pied de l'escalier pendant que j'allais mettre des chaussures pour sortir ;  et quand je suis revenue une demi-minute après j'ai trouvé Anaïs à côté du panier ,  l'air con et innocent comme d'habitude ... elle avait bouffé tout le dessus de la tarte ... c'était ma faute , j'avais qu'à pas poser le panier par terre , et puis je le savais bien qu'il était presque midi et qu'elle avait faim ... Phil s'est mis à rigoler comme un crétin , et  je suis partie furieuse , en leur laissant la tarte ... c'était pas grave , chez Danielle il y avait plein à manger et à boire , Renée avait sorti , entre autres , un Gigondas 89 de derrière les fagots , une merveille , j'ai laissé tomber le côté vertueux dont je parlais hier , après tout c'était Dimanche ... et c'est bien fait pour Phil et Anaïs ils n'en ont pas eu , de toutes façons Anaïs , elle , est au régime sec absolument . Ensuite j'ai été à Durfort pour la répétition des chorales * , je n'ai pas eu de contrôle sur la route et là je dois vraiment voir une intervention de la Providence Divine , même si je conduisais lentement , et puis à Durfort on a chanté du Purcell joli mais vraiment joli joli  ... 


* pour le Festival " Y'a de la voix " à Lassalle , le 14 et 15 Juin , je suis sure que ça vaut le coup que vous y alliez  ! nous on chantera le Dimanche après-midi , si j'ai bien compris .

*** Recette de la tarte salée aux légumes :
Pour six à huit personnes , ou un labrador  , il vous faut :
un kilo de courgettes , un bol de comté , 3 oeufs ,bio c'est mieux ,  25 cl de crème liquide , une pâte à tarte - moi je préfère feuilletée pour les tartes salées - , des herbes du jardin .
Faites revenir des courgettes coupées en morceaux, des cébettes , de l'ail nouveau  , de la marjolaine , de la sarriette , et un peu d'aneth c'est  raffiné , dans une sauteuse avec un peu d'huile d'olive . Battre les oeufs  ,  ajouter  la crème fraîche  , un peu de muscade , du fromage râpé . Faites chauffer le four thermostat 7 , pendant un quart d'heure . Déroulez une pâte feuilletée ,  toute faite là c'est moins sélect mais ça va plus vite quand même , dans un moule à tarte  . Verser légumes et oeufs sur la pâte , mettez au four une demie-heure environ , en surveillant , jusqu'à ce que le dessus soit bien doré . Laissez tièdir un peu avant de  laisser la tarte salée en tête à tête avec votre labrador affamé ,une minute et demie sera un délai suffisant  .
Votre moule à tarte est alors vide et presque parfaitement propre ,et vous n'aurez même pas à faire la vaisselle .

24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 10:25

      Et voilà , hier soir , on a donné notre premier concert , l'église à Anduze était pleine ( mais c'était essentiellement  les amis de la chorale , donc le public nous était acquis d'avance ... ) Phil est arrivé en retard ; à sa mine lugubre pendant les cinq ou six premières chansons , je détectais qu'il trouvait qu'on était mauvais mauvais mauvais , comme je sais que de toutes façons il n'aime pas les spectacles d'amateurs , je ne m'en suis pas autrement souciée ... je me suis juste demandé s'il allait s'endormir , et tomber en avant de son banc d'un coup * . On a été très applaudis , en tout cas , même cette horrible Barcarolle , où nous n'arrivons jamais à  coordonner les temps pour les différents pupitres  au moment des : Ah-Ah ! ,( qui devraient symboliser des gémissements de volupté , il y aurait beaucoup à redire là , mais on n'en n'est pas non plus à travailler l'interprétation Dieu merci )  . Bon ! en tout cas la chanson à boire ( Qui veut chasser une migraine ) était entraînante à souhait , même entendue de ma place au milieu des altis ( c'est bien ça le pluriel d'alto ? ). Et c'était un plaisir de la chanter .
       Et j'en arrive à mon propos , qui est de couiner un peu  , comme d'hab : parce que ça me faisait fantasmer de chanter avec d'autres personnes , avant d'entrer dans cette chorale ; et ça me plait , certes ; mais quand on chante , parmi les autres qui ont le même registre , ce qu'on entend est un peu plat : on entend les autres voix , les sopranos , les ténors , les basses , bien sur ,  mais pas du tout aussi bien que lorsqu'on est au milieu de l'église et que toutes les voix vous emplissent les oreilles , venant de tous les côtés ...
      Encore une démonstration de ce que le fantasme d'une situation , qu'on voit , ou qu'on imagine , de l'extérieur , n'est absolument pas ce qu'on en vit , une fois qu'on est réellement à l'intérieur ... ( vous vous y retrouvez ? ) mais naturellement , on ne peut jamais savoir comment ça va être  avant de l'avoir vécue . Si bien qu'on continue à s'escrimer en galopant à la poursuite de ses rêves ... et allez donc ...
       Ensuite , autre fantasme ,  on a tous partagé un repas convivial  après le concert ( en fait dans ces repas où chacun apporte un plat ,  on se retrouve avec une succession d'étouffe-chrétiens , et ma génoise chocolat-orange , hélas , ne faisait pas vraiment exception à la régle ) j'étais entre deux autres altos , ou altis ,  charmantes mais ...la conversation est restée attendue et terriblement conforme aux poncifs du genre  , je n'étais pas assez en forme pour la rendre intéressante à mon goût , ou alors c'est le  grand verre de punch planteur à jeun  qui m'a fait  agréablement flotter sur mon nuage alcoolique  mais n'a pas amélioré le niveau des échanges verbaux  ... je peux vraiment rendre grâce à celui des membres de ma famille  qui m'avait fait ressentir , quand j'étais minotte , un total dégoût pour l'odeur des gens qui boivent ( vous n'avez pas eu des alcooliques dans votre famille , vous ? vous êtes bien le premier ! ) , je crois que sans lui je me construirais pour mes vieux jours une bulle tapissée de  muscats , liqueurs , plus  quelques vins choisis , du Gewurtztraminer , tous les vins du Jura , les Gigondas et les vins autour du Mont Ventoux ,ceci dit les vins  par ici ne sont pas mal non plus .. parce que , moi , qu'est-ce que je me sens bien quand je picole ... mais bon , là , je suis au régime vertueux en général ,  parce que je voudrais bien reperdre avant l'été les kilos ( huit , pas moins ... je ne tombe pas dans l'alcool , donc , mais dans tout ce qui est sucré ... ) dont je me suis entourée douillettement à mon retour de l'Inde pour m'adoucir l'atterrissage  dans le quotidien  ...




* eh ben non , il parait qu'il ne nous a pas trouvés mauvais au début , il essayait de ne pas croiser mon regard pour me laisser mon espace ... c'est gentil ! il ne nous a trouvés mauvais qu'à partir du milieu  du concert ...

23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 12:41


( c'est vraiment pas très bon , c'est pour ça que je ne le mets qu'en petit , mais je peux pas faire mieux pour l'instant , j'ai ces feuilles d'impots à remplir et je n'ai pas reçu tous les papiers nécessaires bien que j'ai téléphoné aux organismes ad oc alors ça me prend de l'espace sur le bureau , qui n'est pas celui où je peins mais quand même , et ça me prend surtout un espace énorme dans le mental ... )

23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 08:50

       En fouillant dans la pagaille de papiers pour retrouver le mode d'emploi de l'appareil photo , je suis tombée sur une carte postale achetée à Tiruvannamalai en Février , représentant Arunachala au printemps , avec au premier plan une prairie de fleurs jaunes , qui , au dos de la carte , sont qualifiées  de marigolds - mais j'imagine plus volontiers des marguerites jaunes , ou des pavots , je n'arrive pas à imaginer une prairie de soucis - à cause de mes présupposés botaniques , ce qui est  stupide puisque  je ne connais pas ce coin de l'Inde au printemps , également à cause du glissement de sens sur souci , ce qui n'a pas lieu d'être , j'ai vérifié dans le Robert historique , le nom de la fleur vient de "suivre le soleil " ; mais qui se soucie de proférer des stupidités , pas moi ...  ( marigold , si je ne me trompe , c'est le souci en français ) .
         J'ai d'abord eu envie d'envoyer la carte à Birgit dont c'est bientôt l'anniversaire , parce que c'est un lieu important pour moi ; et puis j'ai décidé de la garder , me disant que je lui en ai probablement déjà envoyé une , et que ce qui était important pour moi ne l'était peut-être pas de la même façon pour elle ... il y a déjà deux photos d'Arunachala dans la pièce où je dors , et médite , une troisième , différente , ne ferait pas de mal  . J'ai sorti un petit porte-photo ( que j'avais acheté pour mettre dans le paquet d'anniversaire de Birgit , justement , et puis j'ai oublié , le paquet est déjà fait prêt à envoyer , j'espère qu'elle me pardonnera ... , un petit truc tout simple en fer tortillé , avec une libellule en fer moulé dessus , que je trouve très joli ; j' y ai placé la photo d'Arunachala ... et  je me suis sentie plutôt gênée : je trouvais que cette carte , la prairie de fleurs jaunes qui font penser à cette saison printanière , la libellule , ne vont pas dans la pièce . Pourquoi ? Parce que dans mon éducation montagnarde ,( j'en ai déjà parlé , plus que parlé , c'était tous les Dimanches on monte on monte plusieurs heures sur le sentier tout raide avec le sac à dos , au col on s'arrête un petit moment on mange vite avant l'orage et puis on redescend avec la satisfaction du devoir accompli ... ) dans ce genre d'éducation vers un But , une Performance , c'est bien d'avoir une montagne dans sa pièce de méditation , ça vous réimprègne de l'idée que , telle que vous êtes , vous êtes minable mais qu'en se donnant beaucoup de peine , en faisant beaucoup d'efforts pour sortir de votre innommable médiocrité , vous pourrez peut-être arriver à un dixième de milliardième de fraction de seconde de réalisation spirituelle ...
        Ca serait  bien d'avoir une montagne , donc , mais une libellule ... pensez donc , et une prairie de fleurs jaunes où on n'a qu'une envie , se rouler dans les marguerites ( avec un amoureux tant qu'à faire ? misère , non  ,en tout cas moi  je préfèrerais un chat , ou deux  ... et tant pis si des symboles phalliques s'immiscent subrepticement dans mes peintures ) ou encore voler à son gré de la prairie aux arbres , comme ces demoiselles bleues outremer ou turquoise , légères libellules comme je ne me suis jamais sentie et surtout pas quand j'étais lourde adolescente accablée ...
         J'ai mis ça en relation avec ce pénible , ce lourd sentiment de toutes les choses  que je dois faire , qui me pèse ces jours-ci ,-  je dois faire ça , je dois faire ça aussi , et ça aussi , - sentiment qui n'a pas lieu d'être objectivement , parce que chaque chose prise isolément , que ça soit repasser , nettoyer les iris qui sont tout fanés minables ,  faire la feuille d'impots pour Tata Lili - et la mienne , d'ailleurs , j'ai tendance à m'occuper en priorité de ses papiers et à oublier les miens -  ,etc. , etc. ... ,   chaque chose prise isolément , donc , je sais que je peux la gérer et que ça n'est pas la mer à boire , que  même ça n'est pas déplaisant . C'est vraiment une ressucée du lourd sentiment d'enfance , qui lui avait lieu d'être , d'avoir à remplir une telle quantité insurmontable d'obligations pour être aimée . Cinquante-neuf ans et je me crée tant d'obligations ... vraiment je suis à ma place dans ce pays parpaillot .
        Alors j'ai fait quoi ? il était six heures et demie du matin , j'ai mis la carte avec la prairie de fleurs jaunes au pied d'Arunachala , le porte photo avec la libellule , sur le piano qui est aussi dans la pièce de méditation ; je me suis fait un thé au lait , et je me suis autorisée trois bons quart d'heure de Sue Grafton , tout en sirotant mon thé , avant de faire ma méditation du matin . Et ensuite , dès les premières respirations conscientes , je sentais l'air comme porteur d'une liberté et d'une légèreté pas possibles ...

22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 01:42

( on aperçoit aussi une fleur rose du nom de laquelle je ne me souviens plus , c'était un genre de rhizomes que j'avais commandé à Bakker , je ne sais plus ce que j'ai fait de l'étiquette ! elle n'avait guère de place et a poussé comme elle a pu , la pauvre  )
22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 01:28


 

        L'espèce de phallus en bas à droite est en fait un troisième personnage (eh oui ! je tourne souvent ma peinture dans tous les sens pour voir si ça s'équilibre , et  ledit personnage voulait absolument se manifester .Ciel , j'ai été trahie par mon inconscient ! ce qu'on peut aussi exprimer en disant , l'Ange des petites peintures a encore frappé  ... ) vous le verrez mieux si vous voulez bien retourner l'écran de l'ordi , ou vous mettre sur la tête   . C'est un genre de pélerin spirituel , qui a tous les défauts mais aussi les qualités Saturniennes ... j'ai déjà fait son portrait l'été dernier  ,le chapeau est différent mais seulement le chapeau ...



20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 16:16

       Je parle beaucoup de jardins ...  les alentours sont peuplés d'amateurs de jardinage , il n'y a qu'à faire quelques kilomètres pour en admirer des dizaines  ...  c'est rigolo comme ils ressemblent à leurs propriétaires . Le nôtre est une synthèse un peu bizarre de deux jardins idéaux : celui de Phil , qui ne s'est jamais remis de son Jardin du Luxembourg de petit Parisien , a de grands arbres , de l'herbe plutôt rase , des bordures rectilignes impeccables ; le mien , ou les deux ou trois miens , des ilots  chaotiques  de fleurs et de légumes qui s'immiscent au milieu de ce parc bien ordonné. Le jardin du haut , entre la maison et la route , roses et iris seulement , est celui dont je m'ocuppe le moins ; je le trouve très joli , mais il m'intéresse moins  , c'est un jardin préliminaire  ... . Il va tout à fait bien avec  notre absurde bout de chemin goudronné à la  largeur hollywoodienne , entre la route et la maison .   
             Mon deuxième jardin , le jardin du milieu , que j'ai fait parce que je trouvais que celui du haut était trop près de la route , est à peu près carré , avec le bassin aux poissons rouges au centre ; il déborde de tous genres de fleurs , de pots de plastiques entassés , des instruments de jardinage semés partout ,  de gros tas de mauvaises herbes , iris fanés ,  racines de chiendent emmêlées avec de la boue  ,  que je n'ai pas encore eu le temps de mettre sur le compost ;  il est toujours en chantier et probablement le sera jusqu'à ce qu'on ( ou je ) déménage . Reflet de mon "moi" intérieur ce bouleversement permanent ? parce que j'ai toujours l'impression que je pourrais améliorer ... mon surmoi étant encore assez présent - mais je suis bien près d'abandonner ce combat , je crois . Au niveau du jardin , je veux dire . Ce jardin , mon préféré , a des murets en pierres entassées comme j'ai pu , mais du mieux que j'ai pu , qui s'écroulent un peu - mais je me suis régalée à les faire ces murets ; les pivoines y poussent les rosiers qui poussent les iris qui poussent les népéta qui enserrent  les oeillets ... parce que j'ai planté trop serré quand on s'est installés , il y a quatre ans , et que cette année les plantes ont poussé dans tous les sens , avec vigueur , de manière démentielle . 
         Mais je m'y sens vraiment bien , que ça soit à faire du terrassement , à refaire les murets , enlever désespérément les mauvaises herbes  ou à regarder simplement les poissons danser ou un bourdon comme une minuscule peluche dorée  butiner  les lavandes  ...


     Le troisième est le potager , avec ses petits chemins en planches ;  la vue d'un potager bien ordonné avec des légumes et des fleurs me remplit toujours de bonheur , et quand c'est le mien en plus j'ai l'agréable sentiment d'avoir rempli mon rôle . En ce moment j'ai deux pieds d'artichauts - qui ont donné de vrais artichauts , aussi incroyable que ça paraisse ; des salades , ail et oignons nouveaux ; les fèves et les tomates sont seulement en fleurs , et il y a plein de plantes qui fleurissent  bleues , outremers pour la bourrache,  bleu lavande pour les lavandes  bien sur , mais aussi les sauges qui font des touffes monstrueuses  ... les courges , tomates , poivrons et aubergines poussent gaiement  ( surtout avec toute la flotte qui est tombée ) . Ceci dit , si j'apprécie de pouvoir me faire un aïgo boulido comme repas du soir en cueillant  l'ail nouveau ,  la sauge et les cébettes , je me rends compte que l'émerveillement que je tire du  spectacle du potager m'est plus important que son utilité alimentaire ... mes radis trop forts sont immangeables , les pois gourmands ne donneront peut-être rien , mais ça me donne un plaisir incommensurable  de les voir pousser dans tous les sens , bien à leur place dans leur petite plate-bande ...

       Le jardin de Maria ,fouillis plein de minuscules sentiers où l'on circule à l'ombre des kiwis , des rosiers grimpants , des pruniers et des figuiers ,courbées en deux pour ne pas prendre ses cheveux dans la branche ultra épineuse d'un énorme agrume inconnu dans la nomenclature mais magnifiquement fleuri ,  labyrinthe encombré de pots - poubelles en tous genres  ,de vieux bidons en plastique et en fer remplis de bonne terre noire , dans lesquels poussent des semis de plantes mélangées   ,   piments ,  rosiers , oeillets de poètes , chrysanthèmes  et  plumbagos , anthémis et passiflores ,   enchevêtrement de mauvaises herbes et de bonnes , est  très espagnol par son côté ombreux , mais incarne aussi  la grotte-jardin d'une réfugiée qui aide avec amour  toutes  autres réfugiées , toutes plantes à survivre . Maria ne se préoccupe absolument pas d'esthétique , les jolis pots elle s'en fout ,  et son jardin est parfait comme ça . Ca devait être ça sa vocation à Maria , sauver des individus végétaux . Elle a quatre-vingt huit ans et souffre dans son corps de très grandes  misères de l'âge , en plus des petites ; mais dans son jardin les douleurs disparaissent ... je lui avais apporté quelques cerises , je suis repartie avec : cinq sortes de plants de poivrons ( ce qui en fait une bonne trentaine ) , des plants de tabac à fleurs , de rudbeckias parce que les siens ne sont pas les mêmes que les miens , un genre de minuscules marguerites jaunes , des lilas d'Espagne blancs et roses qu'on a eu du mal à arracher mais on y est arrivées quand même , et deux ou trois plantes dont ni elle ni moi ne connaissions le nom mais qui sont mignonnes comme tout ... j'ai juste eu le temps de tout planter avant l' averse suivante.




*** recette de l'aïgo boulido à ma façon :  vous coupez ail et oignon en petits morceaux , vous faites bouillir un quart d'heure dans de l'eau salée avec une branche de thym  , un bouquet de sauge fraîche ,  servez avec un peu d'huile d'olive sur une tranche de pain grillé ; c'est souverain contre  tout début de rhume ou migraine ou de déprime ...

19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 00:33

     ça me touche toujours profondément de marcher sur un chemin ancien ;  en compagnie - de fantômes ? j'ai l'impression de communier avec tous ces chemineurs , toutes ces chemineuses ... les lieux historiques m'indifférent en général ; mais un chemin , c'est autre chose . Est-ce qu'ils regardaient amicalement ,  leurs pieds comme je le fais , le ciel et les nuages comme je le fais , le paysage autour comme je fais , était-ce en hiver et qu'il pleuvait et qu'ils avaient un peu froid , était-ce une fin d'après-midi d' été  étouffante de  chaleur , pensaient -ils  à leurs intérêts ,  à leurs amitiés , à leurs amours ?