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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 06:00
 
       Ce matin tôt , très tôt ... éveillée par un mal à l'aise à l'âme tout autant que par le Rajounet ronronnant sa gratitude contre mon oreille . Le cadeau envoyé par ma soeur , la puînée cette fois  , en était la cause : deux petits savons  d'hôtel , savons " d'invité " , spécifiés à moi adressés , au milieu d'un   carton destiné au Noël de maman , dont une utilité supplémentaire est d'essayer de culpabiliser les récipiendaires en leur rappelant qu'ils dépensent pour de l'inutile à Noël ; le carton ,  contient , comme d'habitude , une boite de biscuits estouffegarre , un paquet de café ou peut-être deux , une couverture aux couleurs sombres ,( surement fabriquée  par une association d'aide à des enfants orphelins , bien évidemment du Tiers-Monde  ... ), et deux petits sapins de Noël en chocolat  " pour les auxiliaires de vie "  .  ( Il faudra que je me souvienne de ne plus rapporter à cette soeur d'écharpe indienne aux couleurs chatoyantes  ou de turquoises , comme je l'ai fait quand que je revenais de mes pélerinages indiens ... ça doit lui poser problème  , surement ) . Maman a décidé de prendre tout ça avec amour maternel , et s'exclame qu'elle sera heureuse de manger les biscuits , de boire le café ... elle pensera , à chaque fois , à la gentillesse de ma soeur qui a pensé à elle .
                       Et moi ... je  me demandais par quel bout les prendre ces petits savons . Les vieux souvenirs d'enfance où j'étais étouffée  dans les méandres des infernales taquineries sororales  ne demandaient qu'à ressurgir ,
 
guilt.jpg
 
mais je n'avais pas envie de replonger là dedans . Ce cadeau , ces deux petits savons au basilic sacré -  si minuscules soient-ils au milieu de ce paquet de survie , elle a fait l'effort de penser à moi ; peut-être qu'elle pense avec rancune que " c'est bien bon pour Françoise " ; peut-être aussi qu'au sein des malheurs et des dénis et de l'humour compliqué qu'elle accumule , elle commence à me remercier de prendre soin de sa mère , le matériel et le moral ,  depuis bientôt dix-sept ans , lui évitant la moindre petite charge à ce sujet .  Que m'importe ? Ce qui compte , c'est ce que j'en fais . Je décide que c'est gentil de sa part  ... Surtout , ne nous emberlificotons pas dans ses méandres à elle ... C'est Dieu lui-même qui m'envoie ces petits savons , Dieu lui-même qui m'a envoyé ma soeur pour m'asticoter ...
             Un malaise enfantin me demeurait . Je le ressentais comme une longue et profonde égratignure , de la gorge tout au long de la trachée artère  ,  jusque vers le profond des poumons ... une douleur que je ne commentais pas : j'ai passé maintenant le temps , bien nécessaire à une époque , de commenter .
           Je me suis contentée de respirer avec la douleur ... des narines au plus profond du corps . Confortable dans la nuit , étendue de tout mon long  sur le matelas  acueillant , , dans la chambre tiède , je respire .. inspir , expir ... j'accueille la douleur , je me concentre , je m' ouvre à cette sensation  ...  Et le OM s'impose à moi . Du sommet du crâne jusqu'à la racine  , je respire avec ce OM ... La douleur se transforme , c'est la  joie qui envahit  ... irrépressible , ravageuse , paisible ... la Joie .  Je me souviens alors  de la merveilleuse introduction à l'Isha Upanishad , que je découvrais  hier soir ( je n'ai pas encore lu toute l'Upanishad , ni recopiée .) Que de mondes s'offrent  !
 
 
Aum. That unmanifested Brahman is
 
perfect, and This manifested Brahman is
 
also perfect. Fullness proceeds from fullness.
 
Taking fullness from fullness, all that
 
remains is fullness.
 
Aum Peace! Peace! Peace!
 
 
 
( Je viens de regarder plusieurs traductions , aucune ne me convient ; je pique ces vers , en anglais , sur un site indien ...  essayons .. bien que je ne sois certainement pas qualifiée pour le faire ; puissiez vous voyager avec ces quelques mots , toute cette belle journée ...
 
   Om . Le Manifesté est parfait ; et Le Non-manifesté est également parfait . La plénitude vient de la plénitude . En enlevant la plénitude à la plénitude , tout ce qui reste est plénitude . Om , Paix ! Paix ! Paix ! ...
 
 
 
 
 
 
   
9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 09:55

 

 

 

 

 

  Cherchant dans les Livres

 

 

 

 

 

 

 ( Un autre moyen de ne pas laisser l'angoisse devant la mort  des amis - c'est à dire devant la disparition de mon monde - me bouffer , c'est pour moi de jardiner  . Aujourd'hui ,  temps de lumière , froid mais pas de vent ; je vais chercher  ma fourche-bêche préférée  , une autre planche du potager attend d'être retournée  ; puis ,  je continuerai à tailler les rosiers ... l'angoisse n'est nullement une fatalité , même si la mort en est une . ) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 10:54
    Tout en peignant , j'écoutais le Clavecin Bien Tempéré ce matin ...  par Glenn Gould . En ce moment , j'écoute aussi dans la voiture un enregistrement de Bach par Hélène Grimaud -  je remercie France chaque fois du cadeau ! - avec beaucoup de joie aussi , la joie que transmet la pianiste . Mais elle a beau dire France  , Glenn Gould .. cette simplicité , ce qui fait que chaque fois que je l'écoute je retrouve  le côté à la fois doux , pur , lumineux , clair  comme un diamant , et logique   ( le genre de logique qui pour moi est associée au bonheur de la vision soudaine  : je comprends ! )  , tout ce qui pour moi est l'essence de Bach ...
 
     
 
 
 
     
 
 
post scriptum : je me rends compte qu'à la publication de cet article , on ne voit pas les interprètes . Si je me souviens bien , seule la dernière version de ce prélude est de Glenn Gould .
 
 
 
 
 
Au coin du feu
   ( les tons sont un peu clairs et acides , non ? je vais essayer de changer ça ... )
6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 08:34

          J'ai décidé de m'accorder une journée de repos intensif , après la visite de ma  soeur , hier - je suis quasiment sure que la visite à sa mère la fait abominablement chier ; mais ça peut être aussi la visite à : sa mère plus moi - sa " jeune" soeur dont les façons de parler , de bouger , de vivre , ne suscitent probablement pas en elle toute l'admiration que je m'imagine qu'elles devraient susciter  ... peut-être que c'est aussi difficile à négocier , pour elle , que pour moi sa visite , ou la visite (rare ) que j'ai pu faire chez elle . Les filles aînées , dans les familles que j'ai connues , morflaient terriblement avec de jeunes parents  durs et hyper exigeants ; leurs relations avec leurs mères sont du genre  aigre-douces . Remarquez ,moi qui suis la cadette , il m'a  bien fallu quinze ans de thérapeutes et maitres spirituels variés  pour être en paix avec la mienne et prendre bonheur à sa compagnie ; ou plutôt retrouver une certaine forme de bonheur que j'éprouvais quelquefois dans l'enfance en sa compagnie , dans certaines circonstances  ... Un enfant a toujours envie de rendre ses parents heureux  , je crois .

          Quoi qu'il en soit ,  la conversation avec ma soeur est souvent assez contrainte , les sujets ( jardin , botanique , cuisine ..  maintenant qu'elle ne snobe plus les arts plastiques comme autrefois , on peut aussi parler de certaines expositions , à Orsay de préférence ) doivent être choisis avec attention   . Je les avais invitées , elle et maman ,  à manger avec nous ;   Philippe était allé la chercher à la gare pendant que je faisais cuire le repas - pour la qualité gastronomique duquel je m'accorde quasiment 10 sur 10 : certes ,  les carottes dans la blanquette de poisson , dont la sauce était fort goûteuse ,  n'étaient pas tout à fait assez cuites ; mais la tarte Tatin aux poires a fait l'unanimité . Et le ménage de la maison était im-pec-cable  .  Je me suis donné du mal .. parce qu' après tout , si elle n'avait pas fait un don de moëlle osseuse il y a vingt ans , je ne serais pas là présentement à jacasser comme une pie .  

          Le soir , en manière de récompense pour ma bonne conduite , j'ai dévoré coup sur coup pas moins  de huit délicieux ( mais un peu gras , surtout le huitième ...  ) chocolats de la boite raffinée qu'elle nous avait offerte - boite que j'ai ensuite planquée , en général j'en mange plusieurs au début mais après je n'en ai plus envie , Dieu merci .    

          Et ce matin : il fait beau et lumineux , plus de stress !  je vais prendre mon temps , prenant exemple sur un de mes maîtres spirituels - photo ci-dessous - , puis  passer la matinée à peindre ; pas , ou presque pas , de jardinage  , j'ai encore le côté droit un peu douloureux .depuis Dimanche..

 

 

 

 

 

002

                  Rajah , Jeudi 6 Décembre ; méditation matinale .  

 

3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:09

 

                 Hier , temps encore automnal , j'avais décidé de tailler les rosiers - ce que je fais toujours  avant l'hiver , je trouve ça trop triste de tailler au printemps quand toutes les plantes sont pleines  d'enthousiasme  . Bêtement , je m'étais levée tard , parce que la nuit précédente j'avais voulu profiter d'une petite insomnie entre trois et cinq heures du mat   pour finir un polar qui m'avait scotchée  ( sicilien , le polar , vous devez connaître   .. ) . Mais un peu angoissant  , je ne devrais pas lire des trucs comme ça moi .  Bref , je ne me pointe dans le jardin que vers dix heures , après avoir fait une petite séance de yoga ,  pris mon temps pour le petit dej , et terminé le courrier urgent ; de l'intérieur , j'avais vu avec attendrissement que Philippe était dans un des oliviers , déjà occupé à  cueuillir les négrettes , à moins que ça soit les picholines .. Qu'est-ce que c'est idyllique de jardiner à deux dans un grand jardin .          

                   Ben non . Non ,  parce que le Philippe quand il cueille les olives il écoute la radio posée en bas de l'olivier  - France Culture , toujours France Culture - et que le son porte a-bo-mi-na-ble-ment , même dans un grand jardin  ;  et que moi quand je jardine j'aime n'entendre que le vent dans les feuilles , le coq du voisin qui chante ou ses ânes qui me crient bonjour  .. à la rigueur , une voiture qui passe sur la route ... pas plus . L'émission  était surement intéressante ,mais elle me bouffait mon espace . Je ne voulais pas lui demander d'arrêter parce que ça l'aurait foutu de mauvais poil , je culpabilisais déjà  de le laisser se débrouiller tout seul avec les olives ( trente kilos , aux dernières nouvelles ) . J'ai donc décidé de tailler les rosiers de l'autre côté de la maison , seul endroit protégé des commentateurs oiseux : seulement , c'est le côté qui  est à l 'ombre le matin ; au bout d'une demi-heure ,  qu'est-ce que je me caillais ...  je coupe , je taille , je remplis les grandes poubelles plastiques de branches que je détaille en petits morceaux pour ne pas que ça prenne trop de place , j'apporte ensuite en bas du jardin pour brûler ( en me bouchant les oreilles parce que ça rentre dans l'espace sonorisé ) , je garde de belles boutures pour envoyer à la copine qui m'en a demandé ... j'attends avec impatience que l'émission se termine pour aller tailler les rosiers côté soleil . Je commence à être de mauvaise humeur ,  qu'est-ce que ça dure cette émission , qu'est-ce qu'ils sont bavards  ...  pour me concentrer sur ce que je fais je me chante un mantra intérieurement , Om Nama Shiva -  sur l'expir , ça m'aide à ne pas me sentir envahie par la radio , après tout les vrais sannyasins ils arrivent à méditer dans un aéroport , ma fille prends en de la graine ,  j'inspire , j'espire Om Nama Shiva mais dés que je me déconcentre le bavardage à l'extérieur , la mauvaise humeur à l'intérieur ... et pourtant tailler les rosiers j'aime bien en général mais là  : je coince .

 

 

 

P1090620.JPG

                 ( ça , c'est  en Mai , le rosier rouge au dessus du Blush Noisette , qu'au moins vous compreniez pourquoi je m'escrime )

 

 

 

 

                 Midi . L'émission enfin terminée , j'arrive à extraire de ma pauvre  cervelle dont le fonctionnement est déjà notablement ralenti par le froid une plaisanterie de bon ton pour que Philippe arrête la radio - ce qu'il fait . Quel bonheur , ce silence ! J'ai sorti l'escabeau , déjà , pour pouvoir tailler les rosiers les plus hauts de la pergola au Sud Ouest . Je commence par le bas du rosier rouge ... puis je m'apprête à aller chercher l'escabeau , je l'ai posé contre le mur du garage tout à l'heure . Zut alors , il n'y est plus ; mais par contre qu'est-ce que je vois au pied de  l'olivier ? l'escabeau ; et sur l'escabeau , les chevilles de Philippe , qui est en train de cueillir le haut de l'olivier ... Je lui demande quand est-ce qu'il a fini ; comme il est déjà de mauvaise humeur d'avoir  arrêté la radio il me dit que c'est pas tout de suite et que j'ai qu'à continuer à tailler le bas des rosiers , qu'il voudrait terminer les olives avant la pluie ... Il a raison . Oui mais moi j'ai raison aussi , parce que si j'attends après la pluie la terre sera molle et les pieds de l'escabeau s'enfonceront trop dans le sol , abîmant les clématites et les hémérocalles que j'ai plantées en bas   du rosier rouge  . Intérieurement , je ronchonne et je râle tout ce que je sais ... et je taille , je taille le bas des rosiers . Heureusement , il fait moins froid . Oui ,mais le soleil se cache ... J'avais décidé de terminer les deux  grimpants aujourd'hui ; je prends donc une chaise de jardin que je câle sur des planches pour que les pieds ne s'enfoncent pas dans la terre meuble de l'automne ;   installée en équilibre douteux au milieu des branches épineuses  , en espérant que je ne vais pas me casser la figure dans les rosiers du bas , je m'occupe du rosier rouge parfumé à grandes fleurs , je l'ai planté il y a trois ans et je n'aurais jamais imaginé qu'il pouvait atteindre un tel développement ...  , je taille , je taille , en attendant qu'on me rende ce fichu escabeau ...

                 Deux heures et demie . Ras -le-bol , je suis crevée , tant pis pour le haut du rosier , j'arrête ... je le dis à mon cher et tendre toujours perché . Mais là , il me sort qu'il a fini dans cinq minutes ; et me rend l'escabeau . Bon , je le voulais je l'ai , ça serait bête de ne pas m'en servir .. je  me réinstalle , et que je te coupe et que je te taille .. je ne suis presque plus fâchée contre lui .

                 Trois heures et demie . Ouf ! Terminé pour celui-ci . Il me restera encore " Pierre de Ronsard " , et puis l'autre rosier rouge à grandes fleurs qui pousse contre la maison ,  mais je n'en peux plus , j'arrête .  D'ailleurs , j'ai un tantinet mal au dos . Et les pieds gelés . Et puis ,il commence à faire faim ... pas question de faire la cuisine , tout de même , il reste de la pâte à crêpes de la veille , ça sera parfait avec un bon thé brûlant  . Nous mangeons paisiblement nos crêpes , je vide gaillardement la moitié d'un pot de confiture de l'été dans la crêpe moëlleuse sous prétexte que j'ai travaillé toute la matinée dans le froid ... ( pêches de vigne aux épices  , un régal je ne vous dit que ça   ... je n'ai pas plaint le gingembre et  c'est le dernier pot  ) . Complétement rassérénée , je décide d'une  petite sieste , le chat roulé en boule dans le creux de mes genoux . Quelle bonne matinée , finalement .

                 Quatre heures et demie . Je me réveille en me sentant le dos très raide  , Dieu sait pourquoi .  J'avais dit à maman que je passais la voir ... je m'extrait difficilement du canapé , je prends la voiture , j'arrive là bas ; j'essaie , pour la distraire ,  de lui montrer des photos que j'ai réussi à enregistrer sur clé USB - la pauvre , elle a beaucoup de mal à voir  , ça n'était vraiment pas une bonne idée , finalement . Arrive Sylvie , re-thé . Je me sens de plus en plus coincée , le côté droit tout douloureux dés que je veux me baisser . Curieux . Nous bavardons gentiment toutes trois , je rentre chez nous ;  enlever mes chaussures est un vrai défi et je me tortille pour ne pas réveiller la douleur .. Ce soir , ils repassent les Tontons Flingueurs sur la 2 - je m'en réjouis d'avance , voilà qui sera souverain contre le mal de dos .  Je fais un peu de sanskrit sur internet en essayant de ne pas m'endormir , puis c'est l'heure du film - j'ai du mal à m'extirper de la chaise pour aller sur le canapé .. Philippe me badigeonne le dos avec du Rhumalaya , la pommade chauffante ayurvédique miracle pour  muscles froissés ... ça chauffe , c'est agréable . Je m'effondre sur le canapé ... ce film est toujours aussi génial . Patricia mon petit , je ne voudrais pas paraître vieux jeu et encore moins grossier , l'homme de la pampa parfois rude  reste toujours courtois , mais  la vérité m'oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser menu ...  

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=bg_OL7OXVj8

 

  http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&v=7SUGG0ClUP0&NR=1

 

 

                    Dix heures et quart ... mon côté droit est coulé dans du béton  . Je vieillis , je vous dis ...  je vais me coucher avec un mug de tisane brûlante , avant le mariage des tourtereaux  . Eh beh ....

 

 

 

 

 

1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 08:44
           Samedi dernier , prenant la route pour passer le Rhône , et par temps gris , j'avais été submergée par la beauté du paysage : déjà , en descendant sur Bagnols sur Céze ,   les vignes jaune d'or entourées de bois  , chênes d'un roux -orange délicat ,  pins et  yeuses vert froid ... puis , en arrivant à Villedieu - et c'était si beau que je me suis trompée de route , pour mon bonheur - toujours les vignes , les jaunes , les rouges , mais ponctuées de cyprès sombres et d'oliviers argent dans un paysage ondulé de petites collines qui montent et qui descendent ... au fond de la vallée , les montagnes bleues outremer ...  J'avais proposé à Philippe de l'emmener voir toute cette splendeur . Mercredi .           
                Mercredi , il pleuvait comme vache qui pisse ... bon , on attend Samedi . Samedi , ciel clair et brillant ; le mistral et la tramontane , tous deux un peu frais , tourbillonnent dans notre jardin où tout ce qui est feuille caduque ... est tombé . Mais peut-être qu'un peu ailleurs , les couleurs seront restées ? Nous prenons la voiture ,, direction de l'Est . On peut maintenant compter les rares feuilles jaunes restées sur les vignes dans la descente de Bagnols .. plus on approche du Rhône , plus les vignobles sont exposés au vent , moins on voit de couleurs ...  Arrivés à Pont Saint-Esprit , nous renonçons -  la ballade sera pour l'automne prochain !
            La ballade change de but , nous faisons demi-tour vers la vallée de la Céze .. on sort de la grand-route pour regarder de plus près  un joli village que j'avais , jusqu'à présent , regardé avec intérêt depuis la nationale  : Saint-Alexandre . Bon sang qu'il y fait froid ! C'est un village un peu perché , avec une belle vue sur la vallée du Rhône ( et les Centrales Nucléaires ! )  ; le mistral s'engouffre dans les ruelles étroites ,   je commence à regretter le manque d'épaisseur de mon pantalon de velours  usé  à travers lequel le vent passe facilement ; Hermione manque de se faire violer par deux naturels du pays ; nous fuyons ... On traverse la belle forêt de la Chartreuse de Valbonne ; la lumière joue à cache-cache dans les arbres scintillants .
 
 
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          Nous arrivons dans la vallée de la Céze ; la rivière coule à flot abondant , quelquefois d'un vert profond ,  vert sapin , vert de vessie , bleu de Prusse ...  quelquefois  scintillante et lumineuse  , on n'en finit plus d'admirer le paysage et les rochers aux formes fantasques  .  Avant Goudargues , nous nous arrêtons pour dégourdir nos (six !) pattes ; la piste est jolie , au long de la rivière ,  le soleil est un peu pâlichon , les bois au loin dorés , mais il fait frisquet quand même - au bout de trois petits quart d'heure de marche , je suis ravie de me précipiter dans la voiture tiède ...  On arrive à Barjac vers les trois heures de l'après-midi ; j'ai fantasmé sur un chocolat chaud pour me sustenter et me réchauffer - que nenni ! il devait y avoir un marché à Barjac le matin , les rues de ce début d'après-midi sont désertes , et les cafés fermés ...  le nez gelé , les doigts gourds et les oreilles violettes , c'est là que je me suis vraiment rendue compte que l'hiver était en marche  .
 
 
 
 
 
 
 
28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 07:59
                                      A la fin de mes études , menées tambour battu ( dans une famille quasiment normale  - parents hétérosexuels pleins de bonne volonté , mais aussi d'ambitions et  d'oeillères diverses  , plus quelques cadavres dans les placards , plus une fratrie de deux oiselles pépiantes ...  ) ,    jusqu'à ce que je devienne agrégée de Maths  après le passage obligé par Normale Sup , je me suis retrouvée à peu près impotente émotionnellement , avec une parole gelée , hachée , qui ne savait pas dire  mon chaos intérieur . Donc , l'autisme m'intéressait ; j'ai d'ailleurs travaillé comme éducatrice au milieu d'enfants autistes dans les années soixante-dix , avant d'entamer dans les années quatre-vingt , quatre-vingt dix , un grand chantier de ce qui était dans mon inconscient , chantier qui m'a donné accés à la parole et même au bonheur de jacasser à toute vitesse comme tout le monde  . Or , il y avait un " documentaire " sur l'autisme ,  sur France 2 ,  hier soir ; je m'installe donc devant la télé avec beaucoup d'intérêt . 
                               Première impression bizarre : certains personnages sont évidemment des acteurs . D'autres évidemment pas . On ne sait pas où l'on met les pieds ..Pour un film sur l'autisme , c'est vraiment malappris de méler fiction et réalité .  
                                Deuxième impression :  les jeunes autistes sont filmés avec sensibilité - et j'ai  l'impression , comme autrefois , de les comprendre , je me sens de coeur avec eux ; mais leurs parents .. je les trouve tous un peu bêtasses .D'accord , c'est pas de la tarte ce qu'ils vivent , mais je les trouve tout de même sacrément  bêtasses .  Z'ont tous tellement envie que leurs gamins se socialisent ... soient comme les autres enfants ... la mère du jeune pianiste prodige ( celle-là , c'est une actrice , je l'avais repérée ; mais pas que son "fils" était un acteur )  qui a envie qu'il réussisse son concours de piano .. Comme si la réussite à un concours stressant ,pour faire une carrière hyperstressée , était une garantie de bonheur .  On dirait qu'aucun , et pas non plus la cinéaste , ne saisit l'occasion , la perche merveilleusement tendue par la présence d'un autiste  dans la famille , pour remettre en question l'aliénation de certains de leurs désirs . Sur qu'avoir un gamin qui hurle tout le temps et ne peut dormir  , qui se cogne avec énergie la tête contre les murs pendant des heures , ça doit être une abomination ; mais enfin , heureusement que les parents de Glenn Gould lui ont permis d'avoir une éducation en dehors de l'école où il était persécuté par les autres chiards bruyants  ... Voui , tous les autistes ne sont pas Glenn Gould . Et alors ?
 
         Quand au débat , j'ai décroché rapidement ; la présence d'une quelconque chef de cabinet à la santé sous l'ère Sarkosyste , une dame qui ressemblait comme une soeur à sa supérieure hiérarchique Roselyne Bachelot telle qu'elle apparait dans les Guignols , ladite dame  regardant en chien de faïence la dame qui a hérité de la même fonction dans le ministère socialiste ; laquelle s'était planté sur le visage un immuable sourire sardonique avec les coins de la bouche baissés pour signifier qu'elle n'en pensait pas moins  , était pourtant croquignolette .   Toutes ces bonnes gens avaient pourtant des masques magnifiques , bien peaufinés , pour éviter d'apparaître en défaut  ...  Tous , sauf les autistes ...
 
 
 
 
 
 
26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:23
Ce soir , en allant sur la Vache Cosmique , un article (- qui m'ennuyait , le dernier ! - coupage de cheveux en quarante mille entre érudits - )  m'amenant à un autre ... Je tombe sur ces chants magnifiques    sur des poèmes de Kabir   . L'érudit auteur de La Vache Cosmique ne met pas les traductions , dommage !  Les versions vidéos , splendides ,  qu'il a repiquées sur You Tube sont un peu poussives - arrêts fréquents ! mais repartent en cahotant - Bref , j'ai adoré  :
     
 
 
 
 ça m'a vraiment fait penser à la façon de chanter d'Adam et Nathalie , avec Alain à la percussion . Nath et Adam , qui doivent être dans l'avion en ce moment ... Bon voyage à eux ! je mets   ci-dessus , le lien pour  La Vache Cosmique ; et puis un petit morceau des mêmes frères Gundecha en l'honneur de Ganesh , qui supprime les obstacles ... 
 
 
22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 09:46

C'est celui-ci , dont je mets une première traduction , en mixant celle de Sylvaine Legrand et  celle d'Eric Sablé . J'ai mixé parce que la signification générale est tellement ce que répétait Arnaud .  Est-ce que Patanjali , si tant est qu'il ait existé , c'était avant le Boudha , après ? Peu importe ... en tout cas ça me parait tout à fait adapté à ce plaisir que j'ai de ce  bel automne , plaisir mélangé avec la souffrance  , parce que l'automne dure si peu , parce qu'aucun de mes amis n'est immortel , qu'aucun et aucune de nous n'est doté de l'éternelle jeunesse  .Je ne comprends pas pourquoi tâpa , qui était utilisé jusqu'à présent pour signifier l'ardeur , l'ascèse , a pris le sens de souffrance , détresse , anxiété . Mais toutes les traductions disent pareil , là .  

 

 

Sûtra I. 66 ( dans la classification de S. Legrand , pour les autres c'est classé  II. 15) 

 

 

Parinâmatâpasamskâradukhairgunavrittivirodhâchcha

 

duhkhameva sarvam vivekinah

 

 

- Parinâma : résultats, conséquences,

 

- tâpa : souffrance aiguë, détresse,

 

- samskâra : empreinte, marque, tendances du caractère,

 

tensions psychiques,

 

- duhkhaih : par ces trois douleurs (causes indiquées cidessus),

 

- guna : trois (guna), formes changeantes de la manifestation

 

de la matière, Sattva incarne, l’essence - Rajas, l’activité -

 

Tamas, l’inertie. L’impermanence de toute chose, « apparition,

 

transformation, disparition »,

 

- vritti : fluctuation, agitation, modification du mental,

 

- virodhât : cause de, s’opposant à, contradiction, conflit,

 

incompatibilité,

 

- cha : et,

 

- duhkham: douleur, peine, misère,

 

- eva : seulement,

 

- sarvam: tout,

 

- vivekinah : ceux capables de discrimination.

 

 

 

Pour les êtres ayant développé le discernement , tout est douloureux

 

parce qu’ils sont conscients que les souffrances résultent de leur

 

instabilité, de l’impermanence de toutes choses, des tendances de

 

leur personnalité, de leurs contradictions.

 

  P1130352.JPG

 

          ( au moins , je me fais plaisir en copiant !)

22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 08:57

 

 

 

 

 

 

 

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                                       Ces après-midis d'automne sont si beaux ... si précieux .., ces merveilleux contrastes entre l'or  et le cuivre des feuilles des chênes et des chataîgniers , le vert froid vif de l'herbe nouvelle dans les prés , ça dure si peu  ..     du coup ça génére en moi des crises d'avidité  et de stress , parce que je n'arrive pas à faire tout ce que je devrais faire d'autre que promener dans la forêt . M'occuper du jardin  , de mon visa pour l'Inde ,passer plus de temps auprès de maman ..  A peine . Dés qu'il fait beau , je me précipite dehors . Balade après balade ,  encore sortir , encore en jouir , encore , encore  ..