Petites Peintures
A l'origine , c'était un blog pour montrer mes peintures ,qui sont des petits formats sur papier . Au fil des jours et des mois , et parce que j'écris quand je n'ai pas la disponibilité pour peindre , c'est devenu un endroit en dents de scie qui m'a permis d'assumer enthousiasmes et déprimes , joies et agacements ,bien souvent comme si c'était la dernière bouée qui me restait sur terre . Il est nécessaire que vous gardiez à l'esprit que c'est le blog de quelqu'un qui est en cheminement ; quelqu'un qui sait , comme le lecteur , que les émotions changent sans cesse , les émotions qui sont refus du monde qui m'advient , et qu'il ne faut pas trop s'y laisser prendre ; mais pas les nier non plus ; et que l'enseignement des sages est : " Tout est bien ". Un monde harmonieux , en somme , pour peu que nous puissions en comprendre les mécanismes ... ce qui n'est pas encore mon cas .Oui , j'ai fait quelques progrés en trente ans , si vous saviez d'où je viens ... Le chemin m'emméne , de toutes façons . Vers où ? En attendant de le comprendre , ce monde , on peut juste émettre le voeu boudhiste : " Puissent tous les êtres se sentir heureux " - si vous le préférez en Sanskrit : Loka Samastha Sukhino Bhavantu
J'explique le pourquoi du pseudonyme en partie dans le bandeau de mon autre blog , au nom tiré de Lewis Caroll , mais néanmoins consacré à des voyages en Inde - le lien est tout en bas à gauche , mais vraiment , en bas , en bas ...
Branchesetbosquets , c'est l'étymologie de mon nom de famille - et puis ça me confortait dans l'impression d'être un personnage de Tolkien . Enfin , si vous avez perdu mon e-mail : c'est francoise.rambosson@free.fr , et je préférerais , de beaucoup , que ça apparaisse en petit mais - j'arrive pas .
L'autre jour , je regardais un documentaire sur le Kerala . Plusieurs fois , l'auteur revenait sur ces femmes qui se rasent la tête et offrent leurs cheveux à un temple . Les dits cheveux , les magnifiques cheveux des femmes tamoules , sont revendus , on s'en sert en Occident pour faire des perruques , ou des ( je ne me souviens plus du nom ) ajouts pour les femmes qui veulent coudre , ou accrocher , des cheveux longs à leurs cheveux courts.. On avait vu le résultat , chevelures somptueuses sur les coiffures compliquées de très , très jeunes femmes , à NewYork ou à Paris , mannequins squelettiques à l'air expressément ronchon , ou dépressif , pour les défilés de la Mode ..
Le film se terminait sur le sourire rayonnant d'une femme d'âge mur , tête rasée , qui venait de sacrifier ses cheveux . Qui était la plus heureuse , des petites mannequines anorexiques , friquées , aliénées , de la femme indienne " pauvre" qui s'est détachée de sa chevelure ?
Le quotidien Cévenol me rattrape .. depuis quinze jours que je suis rentrée , j'ai du en passer deux au lit avec la fièvre , trois autres avec une totale extinction de voix - ce qui ne m'était jamais arrivé , il parait que c'est un virus - quatre ou cinq autres encore à me traîner sans énergie enrhumée toussante déprimée ; mon sas de décompression habituel chaque fois que je reviens de voyage dans un pays chaud , semble-t'il . Un " mauvais sort " répétitif .. en voyage , je voléte partout à mon gré ; après avoir vécu une vie de papillon , on n'a pas envie de se remettre à bêcher , à commencer le nettoyage d'automne du jardin où la terre est lourde , pas envie de m'occuper de sa mère , pas envie de faire le ménage et de ranger , pas envie d'aller voir la voisine qui a une sciatique , etc , etc .. Mais si je peux vous en parler avec détachement , c'est que m'en voilà sortie .. et enthousiaste à l'idée de toutes les belles heures qui m'attendent ici . Eh oui ! Super , je vais pouvoir jardiner et nettoyer le jardin ; avant-hier j'ai fait les emplois du temps des auxiliaires de vie , hier vérifié les comptes et fait les bulletins de paie , j'ai pu passer aussi de bons moments avec maman ( la pauvre , elle se paie une infection urinaire , une de plus .. ) ; la maison reluit , un bouquet des derniers dahlias , zinnias et cosmos blancs rayonne doucement sur la petite table en demi-lune de l'entrée ... j'ai même commencé un tricot ... etc , etc ... Et là , il est tard , ou tôt , Philippe ronflote , les chats ronronnent , Hermione sen dormant s'étire et soupire de satisfaction sur son canapé .
Donc , depuis quinze jours que je suis rentrée et que je vous parle de ce que j'ai vu de la Crète , il a beaucoup plu ( c'est pas ça qui remonte le moral .. ). Je remercie le Ciel et Philippe , car nous avons pu terminer la taille d'hiver du murier chez maman avant toute cette pluie , sans avoir à faire à un monceau de feuilles larges et solides toutes dégoulinantes .. Tout est moite et humide ici , ce qui n'est pas habituel . Le côté positif , c'est que les champignons s'épanouissent ; hier de grandes chanterelles éclairaient le bois sombre comme de somptueuses fleurs phosphorescentes , d'un jaune orangé si doux .. Et je ne vous dis pas quel délice dans l'assiette , avec un peu de thym .
Mais bon , je voulais vous montrer un petit bout de Crète , une dernière fois : de ces plantes dont j'ai eu du mal à trouver le nom , qui abondent sur les pentes les plus sèches et rocailleuses , au dessus de la mer . Leurs grandes tiges - si hautes que j'ai du prendre une photo en deux morceaux - s'ornent d'épis de petites fleurs blanches ; elles semblent pousser à partir d'un oignon ( j'ai un tout petit peu cherché à en emporter un pour le ramener ici , mais il n'avait pas trop envie de sortir de terre donc j'ai renoncé pour ne pas l'abîmer . Oh que je regrette , maintenant ... ) Il semble que ça soit un genre d'Eremurus , appelé aussi Quenouille de Cléopâtre ou lis des steppes .Seulement , je ne comprends pas , tous les articles consultés me disent que ça fleurit au printemps ? Je suppose que l'été elles rentrent dans un anonymat protecteur .. pour refleurir quand la température devient plus clémente . Un genre d'hibernation estivale , en somme .
( sur un mur à La Canée )
Avec tout ce qui se passe en Grèce .. On gardait l'oeil ouvert pour voir les répercussions de la Crise .
Quoi dire ?
Ben , on n'a rien vu de particulier . Vous me direz , qu'est-ce que j'aurais pu voir en passant quinze jours en Crète ? Philippe parle grec , mais pas très bien ..
Déjà : sur toute la côte , et l'intérieur , les magasins fonctionnaient : petits commerces en tous genres ( légumes et fruits , fromageries , poissonniers , électricité , matériel agricole , mobilier , audiovisuel , etc .. ) , tous ouverts . Quand aux magasins pour touristes .. il suffit de se promener dans la rue du Cuir , ( rue de l'Enfer , ou rue du Paradis .. en fait , plusieurs ruelles à Chania , dédiées exclusivement aux sacs ,des grands des petits des moyens et de toutes les couleurs par dessus le marché .. sacs , besaces , cartables , ceintures , porte-monnaies , sandales - j'en avais les yeux qui tourbillonnaient , hélas !) pour être un peu rassurés sur les débouchés de l'artisanat grec en ce domaine . C'est vrai , ça n'était pas très cher ( du moins il me semble , je n'achéte pas souvent de sac à main ) .Et encore , une floraison incroyable de magasins de nappes brodées - vraiment très jolies , moi je n'en mets jamais parce qu'on n'est pas assez soigneux chez nous - dans tous les villages proches de la côte Nord .. bien sur , je ne sais pas s'ils en vendent assez pour que ça soit rentable .
Ah si , on a vu trois ou quatre magasins fermés : à Agios Nikolaos . Que je vous explique : il y a sur la côte Nord de l'île un petit port ; endroit qui devait être charmant il y a cinquante ans , qui est maintenant incroyablement et abominablement construit et fréquenté même en Octobre ( le Routard parle du Saint-Tropez crètois , si je ne me trompe , mais les immeubles sont moches ) , et qui grouille de boutiques de luxe , mais vraiment de luxe , luxe et luxueux : des bijoux qui valent un bon mois de salaire , de vraies fourrures .. Qui peut acheter des vraies fourrures ? des Russes , bien sur .. il y en a un tas qui visitent . Pas autant que d'allemands , tout de même . Mais les russes , qui font un grand retour vers leurs racines spirituelles ( Chrétiennes orthodoxes ) , combinent harmonieusement , donc , tourisme et pélerinage , par troupeaux entiers . Pas forcément des russes friqués ,d 'ailleurs .
( je ne vais pas dire du mal d'Agios Nikolaos tout de même , je m'y suis offert une chemise à vingt euros , très jolie , couleur d'aubergine , parce qu'elle était garantie made in Greece et que la propriétaire avait mis sur sa vitrine une affiche pour la manifestation antifasciste qui se tenait un peu plus haut dans la rue . Un acte militant , en somme .. et Philippe a enfin trouvé un marchand de disques , qui vendait le DVD du film Rebetiko , qu'il cherchait depuis longtemps . Je vous parle du Rebetiké , un de ces jours , et de l'influence pernicieuse qu'il a eu sur ma vie quotidienne .. )
Donc , à Agios Nikolaos , quelques magasins fermés . Mais il y en a une telle folie , de magasins , des qui ouvrent , des qui ferment . Comme dans les villes chez nous
Alors , quoi d'autre ? les prix des chambres ( super propres ) et de la nourriture sont extrêmement modiques ; pour dix euros , on a plusieurs fois mangé à deux comme des rois ( salade grecque énorme , pain et vin ) . Tous les gens en âge de travailler ont l'air de travailler , que ça soit dans les champs ou autrement ;dans les cafés , on n'a vu que les petits vieux habituels en train de jouer aux échecs .. Les gens ont souvent un petit bout de jardin qui les fournit en indispensables tomates-oignon- concombre -aubergines- poivrons ... Le commerce des olives et de l'huile a l'air de bien marcher . Je suppose que le problème , c'est pour les gens qui travaillent , ou travaillaient , dans le tertiaire , et en ville ...
Quoi encore : il y a vraiment beaucoup , beaucoup d'allemands , donc ça leur fait un apport financier aux Crétois . Les allemands ont tendance à s'agglutiner ; ce qui n'est pas si mal , finalement, sauf si l'on se laisse bêtement pièger dans certains villages de la côte . Je n'ai certainement rien contre les allemands - individuellement . Mais j'éviterai d'aller en Crète l'été .. l'envers du Paradis qu'est la Crète en automne ...
Quelques articles trouvés sur la Toile :
1. http://www.cafebabel.fr/societe/article/la-crise-vue-de-crete-le-travail-une-affaire-de-famille.html
L’archevêque de Crète, Mgr Irénée, a décrit dans des tons dramatiques la situation qui prédomine en Crète, résultant de la crise économique qui écrase la population. « La situation, l’an dernier, a énormément empiré. De plus en plus, les gens viennent nous demander de l’aide », a déclaré Mgr Irénée, expliquant qu’au seul département caritatif de l’archevêché, qui offre des nourritures et des vêtements, le nombre de personnes qui sont venues au mois de décembre et qui était de 800, est passé maintenant à 1334 au cours du mois. La situation prend des dimensions dramatiques lorsque l’on sait que l’organisation caritative de l’archevêché reçoit des appels téléphoniques de personnes âgées qui ne disposent pas de la moindre somme pour se procurer des médicaments contre l’hypertension, avec le risque que cela représente quotidiennement pour leur vie. L’archevêché assiste environ 1500 familles, en payant directement leurs factures de médicaments ou leur ticket modérateur. L’exemple d’une famille de cinq enfants est parlant. Le père de famille a téléphoné à l’archevêché, disant que l’on allait leur enlever le compteur d’électricité. Des employés de l’archevêché se sont rendus sur place, constatant les faits et après s’être assurés de la faiblesse économique de la famille, ont procédé au paiement de la facture. Au bureau de placement de l’archevêché, la situation est tragique. Actuellement, 2000 personnes ont présenté une demande d’emploi. Les familles chez lesquelles personne ne dispose d’un emploi ne pas sont pas rares. Un exemple typique est une famille de cinq enfants, qui est venue au bureau de placement, cherchant au moins un revenu. Au bureau de l'emploi, cependant, il ya aussi beaucoup de personnes âgées qui cherchent un emploi, afin d’obtenir quelques tampons pour combler le manque de mois leur permettant de prétendre à leur pension. De nombreuses personnes se trouvent dans une situation difficile, ne pouvant même assurer leur nourriture quotidienne de base. Le nombre de ces personnes augmente chaque jour, raison pour laquelle l’archevêché de Crète organisera une foire caritative le 21 avril pour la deuxième année consécutive. Les fidèles pourront offrir de la nourriture, faire des dons en espèces, ou encore acheter des objets qui alimenteront les fonds de l’archevêché destinés aux œuvres de charité.
Source: Romfea, traduit du grec pour Orthodoxie.com
- See more at: http://www.orthodoxie.com/actualites/larcheveque-de-crete-la-situation-economique-a-enormement-empire/#sthash.gmvJYjXj.dpuf
( Ce deuxième article décrit une situation qui semblerait la même qu'en Grèce Continentale , tout au moins à Athénes , d'après les reportages qu'on connait . Baisse des pensions des fonctionnaires , chômage .. Les gens qui souffrent le plus sont ceux qui ont totalement rompu le contact avec le petit lopin de terre de leurs ancêtres .. )
3 . Je mets le lien sur cette vidéo , que je n'ai pas encore regardée , ça sera rediffusé ce Dimanche 27 Octobre à 18 h sur LCP . On dirait que c'est impossible de trouver des articles qui ne viennent pas des Echos ,ou d'Investir , etc .. - bref , des articles qui n'adoptent pas l'idéologie libérale dominante , laquelle me donne de l'urticaire ...
En grec , Eleftheria veut dire liberté.
Honneur à Wikipédia , d'abord :
Elefthería í thánatos (en grec : Ελευθερία ή θάνατος, « La liberté ou la mort ») est la devise nationale de la Grèce.
Son usage commença durant la Guerre d'indépendance grecque dans les années 1820. C’était le cri de guerre des rebelles grecs qui combattaient l’Empire ottoman. Il fut adopté officiellement après l’indépendance. Le drapeau grec est muni de neuf bandes horizontales représentant les neuf syllabes de la devise.
Nous étions arrivés après une descente aérienne dans les pentes où il n'y avait que des caillasses , des épineux , et des fleurs blanches un peu raides . C'était l'après-midi , la mer incroyablement calme reflétait les nuages et la ligne d'horizon était perdue là au milieu de nulle part . On est descendus , descendus ... jusqu'à la plage . Sur la photo on voit la frange de vaguelettes un peu blanche .. Au bord de l'eau , il y avait des locations de vacances , presque vides ; la mer était tiède , et le sable , quand on s'est baignés était doux sous les pieds . On a demandé une chambre dans une villa moderne , juste en face de la mer ; tout était propre , blanc , accueillant . La propriétaire ,une quadragénaire très gaie , pimpante , très terrienne , nous a fait visiter - c'était parfait - nous a tendu la main et s'est nommée : Elefteria , nous faisant remarquer le sens de son prénom , au passage ; j'ai demandé à Philippe de lui signaler l'étymologie du mien , la même .. on s'est senties tout de suite copines , et j'ai regretté une fois de plus de ne pas parler grec ..
Une fois installés ,nous sommes repartis vers le village , un peu éloigné , afin d' acheter du lait et du pain pour le lendemain matin . Le village , c'était encore des maisons modernes avec des studios à louer , quelques restaurants , et une seule boutique -épicerie-supérette ; au milieu d'une mer d'oliviers , tout près d'un genre de lagune , et de la plage .. Et puis , il y avait cette église sur une butte , un peu isolée . Le bleu du toit - c'était exactement le bleu du ciel à ce moment là . Enfin un des bleus du ciel .. Je vous ai dit , je n'aime pas trop le bleu , à priori . Ou devrais-je dire , je n'aimais ? là c'était le Paradis , le Paradis en Octobre , et c'est à ce moment que j'ai commencé à me demander comment ça ferait d'habiter là un temps , entre tout ce bleu et tous ces ocres et les oliviers ...
Le lendemain matin , quand nous sommes allés régler la note dans sa cuisine , Eleftheria nous a donné à chacun un biscuit enveloppé dans une petite feuille de Sopalin , pour la route ... Son mari , assis devant une machine à vapeur , repassait les draps . Je me suis dit , tiens , les grecs étaient autrefois sacrément machos , mais ils ont du évoluer , c'est le type qui repasse .. Quand nous avons refermé la porte-moustiquaire , il continuait à repasser , tout en sifflant un air que j'ai mis quelques secondes à reconnaître comme l'Internationale . Est-ce que j'ai rêvé , est-ce que sa façon de siffler était très légèrement provocatrice ? J'ai regretté ensuite de ne pas lui avoir demandé pourquoi il sifflait l'Internationale , s'il était communiste , s'il avait du passer par dessus toute une éducation de macho grec pour faire ça de pouvoir aider sa femme à repasser les draps , s'il était féministe , si ça lui était indifférent ..
* Philippe m'a fait remarquer que le communisme , en Grèce comme dans certaines zones méditérranéennes , n'était pas forcément quelque chose que je connaissais , en tout cas qu'il n'a pas forcément à voir , historiquement , avec les droits des femmes . Il m'a suffi de me souvenir du génial début de Divorce à l'Italienne pour en convenir ...
Philippe avait visité , il y a une bonne cinquantaine d'années ( !) le plateau du Lassithi au centre de la Crète ,un site autrefois célèbre à cause de centaines de petites éoliennes aux voiles blanches qui font monter l'eau .. Mais de ce plateau , où nous sommes allés , je ne vous parlerai guère , tant ce fut une déception . Lisez le Guide du routard ... c'est encore pire que ce qu'ils disent . Il ne reste que les squelettes rouillés des éoliennes défuntes ... dans des champs dont beaucoup ne sont pas entretenus .
Bon ! Parlons plutôt d'autres endroits sympathiques : en suivant la route qui montait vers le plateau , nous avons visité monastère sur monastère ... Dans l'un , je me suis payé une bonne tranche de rigolade . C'était très joli , comme presque toujours , et j'ai joui de la visite ; les fleurs étaient particulièrement soignées , plumbagos , lauriers roses , bégonias , zinnias et dahlias et rosiers et jasmins en pots , qui suivaient les escaliers pour monter jusqu'à l'église . Une gigantesque nonne , souriante , immense et large , robe longue noire terne et voiles noirs serrés sur les cheveux , nous a encouragés , par gestes , à entrer et à visiter . Ce que nous avons fait . Un moment précieux pour se recueillir à l'intérieur , je sors joyeuse ...
Nous avons retrouvé notre nonne en redescendant les escaliers ; avec une autorité affable , elle nous a introduit , puis fait asseoir , dans une grande salle sombre , où se trouvaient déjà des visiteurs grecs avec qui elle bavardait ; nous a offert à chacun ce que j'ai pris pour un biscuit rond empaqueté dans un papier " d'argent" , comme je disais quand j'étais petite . J'ai mis le biscuit dans ma poche , j'ai remercié .. ( plusieurs fois , en partant d'une chambre de location , la propriétaire nous a souvent donné , un à chacun , enveloppé dans une feuille de sopalin , de ces biscuits crétois délicieux , peu sucrés , épicés à la cannelle , parsemés d'innombrables graines de sésame .. ) . Mais quand nous avons voulu sortir , voilà qu'elle m'a barré le chemin de son corps imposant , et nous a ensuite cornaqués avec autorité ... jusqu'à la boutique du monastère : liqueurs , savons , miel , pommades faites à la main par les nonnes qui guérissent toutes maladies de peau , objets en bois d'olivier .. tout ça à prix coquets . J'ai été belle joueuse , j'ai pris du savon , du miel , de la pommade ... Sur le chemin ensuite , j'ai voulu manger le biscuit qui nous avait été offert : waouh .. une tranche d'orange entière confite dans du chocolat ! Une de mes confiseries préférées ... normalement , les orangettes c'est une petite lanière mince de peau d'orange - quel bonheur - l'énorme taille de la sucrerie était à la mesure de l'énorme taille de l'imposante nonne .. Bénie soit-elle !!
Il y a deux monastères à Preveli ( c'est sur la Côte Sud ) . Celui qui est le plus éloigné de la mer ( mettons , à dix kilométres ) est en ruines , mais très beau . Assise par terre sur la belle calade , je me tortillais histoire de choisir le meilleur cadrage des collines vues à travers la porte , quand est entré à pas légers un des génies du lieu .. J'ai d'abord cru , flattée , qu'il s'intéressait à moi ,mais il m'a fallu me rendre à la triste évidence : il n'était tombé amoureux que de mon couvre-chef . Pas rancunier , tout de même , quand je lui ai arraché l'objet de son admiration il a tout de même pris la pose avec grâce .
Voilà , c'était quelques instants de vrai bonheur .. En ressortant , nous attendait un des paysages que je préfère . Mais il faudra que je revienne dans cet endroit ..