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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 14:52

 

 

*

Chapitre 2465 : colline

         

       Ce matin , me sentant encore fort mal à l'aise au réveil ( dois-je prendre mes peurs à bras -le-corps ,  décider d'exposer ? Et qui me guide dans cette décision - le cœur ? ou le mental ? ) , je zappe la séance de yoga et m'installe tout de suite dans la méditation . Méditation pendant laquelle je fais une demande à l'Univers :  " je veux être libre de peur ... " - et la méditation se transforme en un diaporama de mes peurs ,  de l'origine de mes peurs diverses , des personnes qui m'ont appris à avoir peur , de celles qui avaient peur de tout , de celles qui ont joué de mes peurs d'enfants ... Je quitte  sans avoir l'esprit plus clair ; saute dans une énorme tasse de thé à la cannelle , puis m'active dans le jardin en coupant les roses fanées . A huit heures , je me souviens que Thomas ( béni soit-il ! ) nous a demandé de lui apporter du thym . Or , j'ai donné le grand sac de thym que j'avais cueilli au printemps à ma sœur , il faut donc que j'aille en ramasser à nouveau . Bonne idée , c'est un plaisir que de monter dans la colline , avec Hermione ! Et de monter seule , car Philippe est encore en train de prendre sa douche - et plus tard , il fera trop chaud ...

          Mais à huit heures il fait encore délicieux , et Hermione bondit dans tous les sens ,attaquant la montée avec un enthousiasme juvénile . Et malgré la chaleur qui arrive depuis quelques jours à toute vitesse , nombre de plantes sont encore en fleurs sur les talus . Celles que je connais ( hélianthèmes blancs ou jaunes ,  aphyllantes de Montpellier ,  vipérines - elles forment , le long de la piste ,  une haie m'arrivant presque à l 'épaule - , chardons roses , églantines , caille-lait ... ) et celles dont j'ignore le prénom , comme ces petits liserons non volubiles qui fleurissent partout ,  un genre de chicorée méditerranéenne , et des fleurs jaunes sobres et étoilées , dont j'ai souvent vu les feuilles , sans y prêter attention . L'émerveillement , tout à coup , de l'explosion du chèvrefeuille sauvage  ...  Le thym , lui , n'est presque plus en fleurs , mais m'offre une jolie récolte , et je le remercie de grand coeur .   Quant aux petits iris , ils sont fanés depuis longtemps . Mais que la colline est encore pleine de charme  !

 

 

voilà , cette inconnue - j'ai la flemme de chercher dans Gaston Bonnier !

voilà , cette inconnue - j'ai la flemme de chercher dans Gaston Bonnier !

Chapitre 2465 : colline
1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 21:35

             

            Depuis quelques jours , je revisite des peurs et incapacités de mon enfance - peurs que je croyais à jamais dépassées depuis trente ans ... Le prétexte ? j'ai plus ou moins décidé de refaire une exposition cet été . Mais la situation n'est plus la même qu'il y a quinze ans .  Et voilà  ... les vieilles injonctions et verdicts , les vieux freins et mépris parentaux ... qui ressurgissent comme d'horribles ronces empoisonnées qui m'entourent et me ligotent , utilisant pour s'accrocher  des éléments " objectifs"  .  Me voilà apeurée comme à quinze ans ...  ou encore , comme à ma toute première exposition , je me souviens que j'avais peur qu'on ne me chasse à coups de pieds de la salle d'expo ( j'avais gagné un prix d'aquarelle ; le prix était la possibilité d'exposer , dans une salle d'un grand hôtel de Marseille ) . Ou encore , quand j'avais cinq ans - je me souviens que l'institutrice avait été étonnée parce que , pour l'attendre , je m'étais cachée sous son bureau . De quoi j'avais peur ? Je ne sais  pas . Il me semble que ma maman était plutôt sympa avec moi , quand j'avais cet âge là . Qui , dans la famille , m'avait rendue tellement apeurée  ? Je me demande quelquefois si ça n'était pas ma marraine chérie ... qui m'aimait , certes , mais pouvait également apprécier d'exercer un pouvoir , elle qui avait une conscience suraiguë d'appartenir au prolétariat ; jouissant  de manipuler et éventuellement de terroriser la gamine de bourgeois que j'étais . Puis de me rassurer . Moi ... qui étais là , alors que son bébé à elle n'avait eu le droit de vivre . 

         Paix à son âme ; je sais à quel point elle a souffert . Mais ces vieilles assertions qui tournent ... " tu es de trop , va-t'en ! tu n'as rien à faire ici ... va -t'en , cache- toi , je ne veux pas te voir " ... C'est certainement gênant pour présenter une exposition , où , justement , il est question de  faire voir ...

           Je suppose que c'est comme ça que cette petite peinture s'est présentée . L'histoire serait simple , et je me la racontais intérieurement tout en dessinant . La femme s'appellerait Ann-Magriethe , comme dans un roman de Knut Hamsun ( j'ai essayé de relire Vagabonds , et j'ai renoncé à peu près au milieu , le bouquin me glissait des mains , tiré par un ennui pesant  .. ) . Elle aurait épousé le tigre  parce que c'était inespéré , comme le lui avait expliqué sa mère , de trouver un prétendant à son âge , et avec son manque de beauté ;  et puis , avec six autres bouches à nourrir dans la famille ... Mais elle a , de ce fait , renoncé à toute autonomie et joie de vivre . Elle n'a droit qu'à se taire ,  et à lui cuisiner , jour après jour , des repas de viande à l'odeur ignoble  ...   droit de laver et repasser ses belles chemises blanches ... je passe les détails sur ses nuits .  La pauvrette , elle me fait  peine . Et alors , omment finit son  histoire ? ... Voyons ...  elle trouve le courage de fuir , par une nuit de pluie glacée , pendant que le tigre est parti pour visiter ses propriétés et récupérer les loyers et les fermages , ce qui veut dire qu'on est à la Saint-Michel  ; il y a une poursuite terrifiante ensuite , comme dans La nuit du chasseur ... mais ça finit bien pour Ann-Magriethe , j'en suis sure , et elle coule ensuite des jours heureux dans une île grecque ( toutes mes histoires finissent bien ) ;  le tigre meurt enlisé dans les sables mouvants ( ça c'est un emprunt à Vagabonds ) .   Mais pourquoi ce tigre fortuné  serait-il venu dans ce village nordique si triste , je ne sais pas . En tout cas , toutes les filles du village l'ont refusé , sauf notre  héroïne ...

            Bah ! Moi , si je devais être une héroïne , je serais Adèle Blanc-Sec ...

 

           

Chapitre 2464 : la femme du tigre
30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 22:17

     

 

          Aujourd'hui n'était pas , particulièrement , un jour venteux ; ou plutôt , le mistral était relativement modéré .

       Toute la journée j'étais très angoissée parce que Baptiste avait disparu depuis la veille . Vers huit heures du soir , j'ai même regardé dans les fossés de chaque côté de la route s'il n 'y avait pas un chat orange et blanc évanoui dans les hautes herbes ... J'ai failli me faire écraser par un de ces crétins qui font hurler leur moteur en considérant  que les pancartes marquées " 50 " ne les concernent absolument pas .

        Tout à l'heure , il a refait son apparition - tout à fait gai et charmant  , aussi rond que d'habitude ,  quelques baies de gratteron accrochées au flanc , et  clamant qu'il avait faim . Actuellement , il se restaure ...  

 

 

tiens , j'ai du un peu penser à la chanson de Thomas Fersen ...

tiens , j'ai du un peu penser à la chanson de Thomas Fersen ...

28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 04:38

   

         Je me suis couchée tôt hier soir , après une bonne journée de travail  au jardin .  J'ai terminé de planter les pieds de tomates ( mais il m'en reste encore une vingtaine , tout mignons dans leurs petits pots , que j'espère pouvoir donner ... ), puis repiqué des oeillets d'Inde qui s'étaient ressemés spontanément dans un autre endroit du potager - la fertilité de cette terre , après qu'on y ait répandu le compost plus d'une douzaine d'années durant , m'émerveille ! - fait du nettoyage et du bêchage , coupé les tiges de nombre d'iris , hélas fanés ; réparé les dégats qu'avait fait Hermione en se creusant une baignoire sous la glycine pour son bain de graviers ( ? ) quotidien ...  en fin de matinée , il faisait une chaleur incroyable , je me suis dit , sans m'y mettre encore , qu'il serait bientôt temps de sortir les vêtements d'été de leur carton ! comme souvent ici , la chaleur arrive d'un coup ... on n'a guère de " demi-saison " - ce que je regrette ...

       Et  me voilà insomniaque . Après avoir passé un bon moment à gamberger sur la situation d'une personne proche - sans émotion particulière mais intriguée - relisant mentalement des mails reçus la concernant ,  et les ajoutant à ce que j'ai pu voir , ou entendre , quand j'ai vu cette personne  ... jusqu'à m'en faire une idée plus précise -  je me suis levée , décidée à terminer le repassage . Tout en repensant , avec compassion ,  à ma propre situation et état d'esprit lorsque j'ai fait cette peinture .  ( http://www.petites-peintures.com/article-chapitre-941-insomniaque-54937934.html ) En tout cas , c'est une de mes préférées , et elle trône en haut de l'escalier . Dieu merci , je ne suis plus dans un tel état de stress ...

      Ca y est , mon repassage est fait ! Je me mettrai bien à coudre  - il serait temps ! ça fait bientôt trois semaines que ça attend !  - le col de chemise de Philippe ( je lui retourne ses cols de chemise , ça n'est pas du très joli travail parce que je ne suis pas une couturière parfaite , mais c'est efficace et il est content ) , mais c'est déjà bâti , et ce qui me reste à faire c'est de piquer à la machine ; et la machine fait un peu trop de bruit ... Alors , quoi faire ? Je dois partir de bonne heure demain matin - essayer de me recoucher ?

 

 

Chapitre 2462 : entre deux et cinq
26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 11:17

           Depuis une semaine ,  lourdeur et tristesse et fatigue sont au rendez-vous du matin  .. Hier  , prenant le taureau par les cornes , j'ai plongé dans cette lourdeur et cette tristesse pendant toute la durée de ma méditation . Ca m'a permis de ressasser , pour les digérer ,  quelques malaises émotionnels  ... je me suis dit que c'était déjà ça . Hier soir , j'ai relu  d'anciens articles de ce blog * . Je me suis dit  qu'ils étaient plus légers  autrefois que maintenant  ; pourtant ma vie actuelle est bien moins pesante .

* ( je  mets la référence , par exemple en 2007  : ) http://www.petites-peintures.com/article-11679352.html

       L'après-midi , à partir de quatre heures ,  j'ai passé la tondeuse ; puis enlevé les iris fanés , puis nettoyé les mauvaises herbes - l'air était terriblement lourd , j'attendais l'orage avec impatience , et je me sentais moi-même si lourde et fatiguée et gauche dans mon corps , que j'ai du m'asseoir deux ou trois fois pour me reposer . Vers sept heures et demie , il faisait meilleur , mais la pluie espérait ne venait pas ... à huit heures , trois gouttes - si bien que je me suis arrêtée . Mais toujours pas de pluie !

    Ce matin , après une mauvaise nuit ( toujours le fait de dormir à côté de quelqu'un dont le cœur ne va pas bien , et qui , de ce fait , respire mal , vite et peu ... ce qui me fait me demander avec angoisse , sans dormir , jusqu'à quand il va s'affaiblir , ce cœur ) - donc , après une mauvaise nuit , j'ai médité en demandant à ma lumière intérieure de me guider vers plus de légèreté .

     Et tout à coup j'ai revu cette peinture , Moi et l'esprit de l'air ... faite quand maman et Tata Lili étaient encore en vie , quand les aider à gérer leur fin de vie était tellement lourd et difficile .  Et maintenant ? Maintenant , voilà que j'essaie de mettre en oeuvre de mon mieux les vertus conjugales , comme j'ai essayé de mettre en oeuvre de mon mieux ,  pendant des années , les vertus familiales . Mais c'est quelquefois bien lourd - certes , moins lourd qu'autrefois  - mais tout de même ...  Alors ,  terrienne que je suis , pour me rassurer , j'ai été vers la Terre , et  j'ai complétement zappé l'élement Air et son détachement ...   je m'identifie si souvent au personnage enveloppé dans sa couverture que je n'ai pas compris que L'esprit de l'Air , ce lutin gai et léger et désinvolte , masculin -féminin mais plutôt féminin ,  qui me fait penser à la Fée Clochette ,  c'est aussi un aspect de moi ... Moi qui suis tout sauf désinvolte quand j'essaie d'aider quelqu'un   ..

      Du coup , je me suis sentie légère ! et pleine d'énergie !  j'ai réaccroché cette peinture dans la pièce où je fais du yoga ;  fait ma séance , tranquillement  , puis pris le petit dej toute seule dehors - pendant que Phil écoutait sa sacro-sainte radio en même temps que son petit dej à lui -  ensuite , passé l'aspi en bas ,  fait les courses à Liddl  , préparé deux clafoutis ( j'invite la voisine pour le thé tout à l'heure ) ... et je vais me mettre au repassage , avant d'aller voter  . Tout ça dans la facilité !

     Zou !     voilà le mantra de l'Esprit de l'Air ...

 

 

 

Chapitre 2461 : réapparition de l'esprit de l'air
25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 13:01

 

 

 

*

 

 

Philippe trouve cette peinture " compliquée " . Le malheureux ...  il m' offert une très belle édition de la Bhagavad Gîta l'année dernière pour Noël ,  c'était un cadeau royal ; pourtant , il ne l'a jamais lue , encore moins appréciée ...  C'est pitié ! je me suis demandé si je peignais en sombre l'intérieur de la bouche du monstre Entropique , mais je me suis dit que son côté irréel apparaissait mieux comme ça .

                                             

Chapitre 2464 : et l'Entropie ?
22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 12:21

 

           En cherchant de vieilles photos l'autre jour dans la boîte étiquetée " Passé " , j'ai retrouvé certains de mes cahiers d'école primaire , que j'avais du fourrer là au moment où nous avions déménagé la maison de ma maman en 2009 . Notamment un , qui m'a attendrie , tellement c'était mal écrit et crade  - vous n'avez pas connu ça , mais à l'époque il n'y avait pas encore de stylo bille , encore moins de feutre ; de toutes façons , les stylos-billes  étaient interdits car ils crachaient . A l'entrée en sixième , j'ai eu un splendide cadeau : un stylo à encre . La gloire ! Faut dire , j'étais petitoune , à cinq ans et demi , quand j'écrivais sur ce cahier ;  donc pas très habile dans mon développement moteur ,  pour manier le porte-plume . La première fois que j'ai vu " les 400 coups " j'étais ravie ,  et très touchée ,  de voir Jean-Pierre Léaud , tout gamin , faire des taches , puis gommer , ce qui , bien sur , étale la tache d'encre encore fraîche - et arracher la page du cahier ... j'avais déjà vécu ça ...

        Bref , on avait , outre le français , les maths , etc ... à copier un passage de " morale " .

       Alors , le passage que je devrais bien copier cinquante fois en ce moment  (  enfant ,  j'étais hyper sage donc je n'ai jamais eu de " lignes " à copier ) vient de la Bhagavad Gîta , parce que la Vie me fait vraiment toucher du  doigt  à quel point j'agis  en attendant  une " récompense" émotionnelle :

   3.17     For him , however , who rejoices only in the Self , is gratified with the Self and content with the Self alone , no action is incumbent .   

  3.18      He  has nothing to gain by actions done or to lose by those undone . He is not dependent on any one fort the achievement of any object .

 3.19  Therefore without attachment perform always the actions that are incumbent , for by disinterrested activity man indeed attains the Supreme .

( ça c'est la traduction de Ramana Maharshi , le mot " Supreme " me met toujours mal à l'aise ... rien que pour moi , je le remplace par " La Source " ; et je fais pareil pour le " Moi " dans la traduction de Sri Aurobindo , ci-dessous .) ça donnerait : " Pour celui , pourtant , qui se réjouit seulement dans la Source , est gratifié par la Source et satisfait seulement grâce à la Source , aucune action ne lui incombe . 

    Aaahhhhhhhh ! décidément , c'est ma traduction que je préfère ! quoique je ne sois , en aucune manière spirituelle ,  une traductrice  autorisée ...

 

traduit par Sri Aurobindo par :

17 . Mais l'homme qui fonde ses délices dans le Moi et qui est satisfait de la jouissance du Moi et dans le Moi trouve son contentement , il n'est point pour lui d’œuvre qu'il faille accomplir .

18 . Il n'est rien en ce monde qu'il puisse gagner par l'action qu'il accomplit , et rien non plus par l'action qu 'il n'accomplit pas ; il ne dépend aucunement de toutes ces existences , pour rien [qui soit à gagner ]

19 . Aussi , sans attachement fais toujours l’œuvre qui doit être faite ( faite pour le bien du monde , oka-sangraha , comme il est indiqué clairement aussitôt après ) ; car , en faisant l’œuvre sans attachement , l'homme atteint au Suprême .

 

 

J'ai retrouvé la référence dans ce site ; je trouve que son article sur la Bhagavad Gîta est excellent

http://www.quetes.fr/le-but/84-quelques-enseignements-de-la-bhagavad-gita-au-sujet-de-laction-dans-le-monde

  

Bon ... ça c'était mon cahier . Je fais bientôt une vraie copie du passage de la Bhagavad Gîta ... nettement mieux adapté à une adulte de bientôt soixante-dix berges !

Bon ... ça c'était mon cahier . Je fais bientôt une vraie copie du passage de la Bhagavad Gîta ... nettement mieux adapté à une adulte de bientôt soixante-dix berges !

22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 09:19

 

 

          Tout petits , tout ternes pendant onze mois sur douze , cantonnés sur l'appui de la fenêtre de la cuisine d'été , et j'oublie la plupart du temps de m'en occuper , et ils ne se plaignent même pas  ... mais quand ils fleurissent , quelle merveille !

 

Chapitre 2462 : petits cactus
Chapitre 2462 : petits cactus
21 mai 2019 2 21 /05 /mai /2019 12:04

 

 

                 Qui correspondent quelque peu , pour l'iris jaune  , à un rêve que j'avais fait . Sauf que là , j'ai fait le portrait d'un des iris  jaune d'or ; leur forme , un peu lourde ,  est  celle des iris des jardins anciens .  Or , il y en a de plus jolis encore , au jardin  : d'un jaune plus clair ,  festonnés et légers , que j'avais commandés à la pépinière d' " Iris en Provence"  .

         Pour l'iris bleu , je retrouve  , dans le monastère un peu sévère qu'on voit de l'autre côté du lac ,  un de mes fantasmes : si jamais je vieillis , j'irai vivre là-bas ... Enfin ,  peut-être .

               Je me rends compte qu'au jardin , les iris un peu ternes , ou ceux qui ont de belles couleurs mais dont la forme n'est pas ma préférée , ont tout à fait leur place : même s'ils ont l'air un peu tristes , ou pas tout à fait au mieux ,  ils mettent en valeur , par leur côté simple et modeste ,  ceux qui sont plus clairs , ou plus brillants , comme ceux qui ont le bord festonnés -  légers et gais comme des jeunes filles étourdies . Eloge de la discrétion ... Quand j'étais petite , un vrai crime  était de " se mettre en avant" . 

           Bref ... les iris sont merveilleux . Avec ce temps frais , agrémenté d'averses douces , leur floraison dure un peu plus longtemps . Merci , Merci !

 

 

 

 

 

avec ses doigts le personnage fait un mudra , jnana mudra . C'était difficile à dessiner , les mains , c'est toujours le plus difficile ... j'ai fait de  mon mieux mais c'est pas encore le top du top , là non plus ...

avec ses doigts le personnage fait un mudra , jnana mudra . C'était difficile à dessiner , les mains , c'est toujours le plus difficile ... j'ai fait de mon mieux mais c'est pas encore le top du top , là non plus ...

Chapitre 2461 : deux portraits d'iris
20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 01:39

 

 

 

             Depuis hier je cherchais à retrouver la citation exacte ; me souvenant de l'histoire en gros , mais attribuant par erreur à Swann l'envie d'offrir un cadeau aux Verdurin :

        " Tu sais , avait dit Mme Verdurin à son mari , je crois que nous faisons fausse route quand par modestie nous déprécions ce que nous offrons au docteur . C'est un savant qui vit en dehors de l'existence pratique , il ne connaît pas par lui-même la valeur des choses et il s'en rapporte à ce que nous lui en disons .- Je n'avais pas osé te le dire , mais je l'avais remarqué " , répondit M. Verdurin . Et au Jour de l'an suivant , au lieu d'envoyer au docteur Cottard un rubis de trois mille francs en lui disant que c'était bien peu de chose , M. Verdurin acheta pour trois cents francs une pierre reconstituée en laissant entendre qu'on pouvait difficilement en voir d'aussi belle .

( p. 201 )

  Mais en fait , c'est toujours plutôt Thoreau qui m'accompagne , quelquefois m'émerveille , ou me console ,  ces temps-ci  ( quoique ses poèmes , qui rythment  le Journal , ne m'émerveillent pas du tout ou plutôt ne sont pas à mon goût du tout   ; ou sont-ils traduits par quelqu'un qui ne l'est vraiment  pas , poète ? )

      13 nov 1839 : -  Tirez de vos regrets tout ce que vous pourrez - n'étouffez pas votre chagrin , mais prenez-en soin et choyez-le jusqu'à ce qu'il en vienne à offrir un intérêt particulier et complet . Regretter profondément , c'est revivre . En agissant ainsi , vous serez surpris de retrouver une fois de plus toutes vos richesses .

 ou encore :

 

            20 Juin 1840 : - Souvenons-nous de ne pas nous efforcer d'aller trop longtemps vers les sommets , mais de parfois nous laisser retomber à pic et de nous vautrer dans la médiocrité : du fond d'une fosse insondable nous pouvons voir les étoiles , à défaut du soleil . Ayons assez de présence d'esprit pour nous laisser couler quand nous ne pouvons pas nager . [...] Ce ne sera pas réellement une chute - car , comme une étoile , nous pourrons nous éloigner de la gravité terrestre , et nous serons toujours attiré vers le haut - ( semper cadendo nunquam cadit ) . C'est ainsi qu'en nous abandonnant à la gravité universelle , nous finirons par devenir des étoiles fixes .

[...]

Quand les cieux nous semblent s'être obscurcis , que rien de noble ni d'héroïque n'apparaît , mais que les imperfections et les défauts nous oppressent de toutes parts , nous avons tendance à sucer notre pouce en râlant contre notre destin . Comme s'il ne fallait rien faire quand le temps est nuageux . Comme si ,  parce que les cieux ne semblent pas accessibles par la voie la plus élevée , les hommes ne pouvaient pas en trouver une plus basse . j'ai parfois le sentiment de valoir tellement peu que je me sens inspiré , prêt à écrire un poème sur ce thème - mais l'instant d'après , je ne me sens plus du tout misérable et suis incapable de composer quoi que ce soit . Laissez-moi comprendre que je sui souffrant , et j'irai bien .