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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 12:45

 

       C'est une notion boudhiste , karuna nous dit notre prof de yoga ; et elle  propose souvent , à la fin de son cours , un petit entraînement en trois , ou quatre ,  étapes  :

         Tout d'abord , nous pensons à des personnes que nous aimons totalement  ; nous respirons avec elles ( oups ! ça n'est pas rien , de respirer avec quelqu'un ! ) , et nous leur envoyons des pensées bienveillantes . J'avoue que la première personne que je pouvais accueillir mentalement , à 100% , était Baptiste , le chat ;  et lui uniquement . Petit à petit , au fur et à mesure des séances , il vient un humain , puis deux , puis trois ...

         Ensuite , nous nous envoyons , à nous-même , des pensées bienveillantes ( et Dieu sait que ça non plus , ça n'est pas évident ! )

          Puis , nous pratiquons cet exercice en pensant à des personnes que nous connaissons à peine , envers qui nous n'avons pas d'émotion particulière .

       Et enfin ... nous pensons à des personnes que nous n'aimons pas du tout , nous respirons avec elles , et nous leur envoyons des pensées bienveillantes .

 

       Ouh là ! pour le numéro quatre , j'ai fait d'abominables meetings , convoquant autour de moi  Sarko , Macron , etc ... ; et  c'était bien difficile tout d'abord . D'ailleurs ,  en ce moment , qui ne se situe pas à la fin d'un cours de yoga ,  je me demande encore comment je peux faire ça . Pourtant , j'apprécie énormément cet exercice , je le pratique quelquefois seule , ou du moins j'essaye , parce que je suis certaine qu'il peut aider tout le monde ,et moi-même , à sortir de la bouillasse ...

      J'y repense au moment où l'on parle des dons pour reconstruire Notre-Dame . J'avoue que j'étais dans une colère noire en pensant  à Bernard Arnault , ou François Pinault , ou la famille L'Oréal , tous ces millionnaires qui pratiquent avec élégance et l'aide d'avocats qualifiés  l'évasion fiscale ( ah , oui , on dit l'optimisation fiscale ) , jetant leurs dizaines de millions sur la table . Comme si le fait de donner des sous leur permettait de  prendre possession de la place ... et piétinait ma place à moi  . Quelle sottise  .. Parce que , cette cathédrale , c'est le roi , puis l'Etat , qui l'ont entretenue , et je n'étais certainement pas là pour contribuer . En tout cas , je vois bien qu'il m'est difficile de seulement envisager de décrocher d'une solide petite rancune prolétarienne !

 

 

         

 

Ah ! et ça , c'est une ornithogale , ou Etoile de Bethleem ... une fleur sauvage assez commune , mais que je protège soigneusement , au jardin ,  des grands pieds de certaines personnes qui marchent sans regarder où ils marchent , et de la tondeuse ... Etoile de Bethleem , ça aussi c'est une merveille !

Ah ! et ça , c'est une ornithogale , ou Etoile de Bethleem ... une fleur sauvage assez commune , mais que je protège soigneusement , au jardin , des grands pieds de certaines personnes qui marchent sans regarder où ils marchent , et de la tondeuse ... Etoile de Bethleem , ça aussi c'est une merveille !

16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 19:32

   

 

 

             Quelle lecture intrigante . Quelquefois magnifique , quelquefois chiant - un style qui varie , et puis si j'écrivais un bouquin comme ça je ne commencerais pas par parler de mes comptes sur une centaine de pages . Autre chose , il n'est jamais là où je l'attends ( par exemple , quand il dit qu'il conseille à des parents de mettre un fusil dans les mains de leurs gosses pour qu'ils passent par l'amour de la chasse . Etant entendu que le fusil leur tombera des mains plus tard ...  Et puis , il y a ces pages magnifiques sur l'eau ... sur la surface de l'étang de Walden ... sur les arbres , dont je vous parlais hier soir ...

       " Il arrivait parfois que mes pas m'emmenaient dans des bois de pins dont les troncs s'élevaient comme les colonnes d'un temple , ou comme les mâts d'une flotte de vaisseaux en pleine mer ,toutes voiles dehors , rameaux ondulant dans le vent , vibrants de lumière , si doux et verts et ombrageux que les druides auraient surement abandonné leurs chênes pour venir y accomplir leurs rites . "

(  il faudra que je le lise dans le texte , d'ailleurs ,parce qu'en recopiant cette citation je me demande si le mot "ombrageux " , qui a un double sens en français ,en a un également en américain ; et puis , j'ai  envie d'ajouter à " vibrant " un s final , qui ne figurait pas dans le texte de la traduction  . J'ai raison , non ?  )

 

     Bref ... Quand j'aurai fini le bouquin , je sais que je vais le recommencer au début .  Mais c'est marrant , la façon déchirante dont certains américains ( je veux dire , les habitants des Etats-Unis ) opposent quelquefois la nature à la civilisation qui la détruit . Bien entendu , leur évolution de société à eux s'est faite si vite , en quelques dizaines d'années , et puis ils n'y sont pas allés avec le dos de la cuiller pour installer l'agriculture intensive et la " civilisation "    - alors que moi ,  en tant qu'européenne , j'ai toujours eu l'habitude de voir ces paysages cultivés ou autrefois cultivés de l'arrière-pays de Nice , les petites terrasses sur les pentes ( terrasses maintenant bien souvent envahies , hélas , par les genêts et la garrigue ; ou , pire , par l'urbanisation ...  ) qui ont façonné les collines ...  et mon paysage préféré est une combinaison des deux - l'idéal serait un tiers de paysage cultivé , et  surtout pas de culture intensive - et deux tiers de sauvagerie . Bref : l'endroit où j'habite .

   

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2450 : donc , Thoreau ...
16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 07:31

 

                 Arnaud disait : " l'émotion n'est jamais justifiée " . Hier soir , pendant quelques  secondes , en voyant l'image de Notre-Dame en train de brûler , je me suis sentie à la charnière ... aller dans la terreur ,  la même détresse , la même émotion de " fin du monde " qu'on avait eue en 2001 aux   images en boucle des deux tours jumelles en train de s'effondrer . Parce que , j'ai beau râler contre les chrétiens , moi aussi  je suis attachée à Notre-Dame ... Ensuite  , j'ai eu le temps de me dire que si c'était un attentant islamiste , ils avaient un peu raté leur coup , parce que si j'ai bien compris il n'y avait personne dedans - alors que dans quelques jours , pour Pâques ,il y aura la foule des croyants . Et je me suis posée .

           Et j'ai cessé de regarder ces images . Pas la peine non plus d'écouter de grands sages comme Stephane Bern ou notre président  . " L'émotion n'est jamais justifiée " ... il y a quelques années , et par hasard, on s'était trouvé à Venise au moment de l'incendie de la Fenice , à vingt mètres de ce lieu mythique  - reconstruite depuis en encore plus splendide ... le Temple d'or au Japon avait brûlé il y a longtemps , et a été également reconstruit à l 'identique  . Dans quelques années , Notre-Dame sera reconstruite à nouveau . J'ai certainement envie d'envoyer ma petite contribution à leur cagnote ( petite , je suis à sec !  ) . J'ai regardé un film américain sur une autre chaîne , un film avec Will Smith qui vous donne toujours confiance -  l'individu seul dont le monde s'écroule ,  contre lui tout se ligue au début du film ;  mais il finit par trouver une aide ( sympa , c'est Gene Hackman accompagné d'un chat rouquin ) et par gagner ,  face à tout un immense  appareil médiatique et étatique  destructeur  ) . De temps à autre , je zappais pour m'assurer que les chaînes principales touillaient toujours avec frénésie la marmite infernale de l'émotion et de la souffrance . Et allez donc ! Ayons de la compassion pour la souffrance de ceux que cet incendie touche de près . Mais pas plus . Ceci dit , je suppose que c'est leur rôle de faire ça ...

          Quelques lignes bienvenues de Thoreau en me couchant ... il parlait des arbres ...

 

       

une fleur de salsifis sauvage , rencontrée avec plein de ses collègues au bord du Canal du Midi ... je vous en reparlerai .

une fleur de salsifis sauvage , rencontrée avec plein de ses collègues au bord du Canal du Midi ... je vous en reparlerai .

10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 07:42

 

            J'ai fait ce Dimanche une journée de " développement personnel " avec ma formatrice en Rêve-Lumière . Elle appelle ça les " dés célestes ", c'est du travail en groupe , avec un genre de jeux théâtraux où les acteurs et leurs rôles sont déterminés par des dés aux formes bizarres ,  symbolisant des planètes , ou des éléments ... ça fait la troisième fois que j'y participe et j'ai été presque chaque fois stupéfaite de l'adéquation de ces jeux , qui vont souvent toucher pile la blessure ancienne , la raviver -  pour la guérir . Et  guérir certains aspects de la difficulté définitivement , à mon propre étonnement - et Dieu sait pourtant que je ne suis pas novice en l'affaire . 

          En revenant de la journée , j'étais épuisée , et me sentais fort mal . Couchée de bonne heure , le malaise intense m'a réveillée au milieu de la nuit ;   je me suis assise pour méditer , avec une petite bougie allumée devant les petits portraits de Jillelamudi Amma et Neem Karoli Baba , histoire de me remettre un peu dans mes pompes  .  Attentive à ce qui venait à la surface de la conscience - enfin ,  la compréhension , l'émotion sont venues , et le soulagement aussi , de telle sorte que j'ai pu accompagner en rêve-lumière , le lendemain , une amie hyper angoissée ; elle m'a écrit , après , pour me redire à quel point cette séance lui avait fait du bien .

           Mais hier matin , au yoga , ma pratique de tonglen , par laquelle Armelle termine maintenant chacune de ses séances ( quel bonheur d'avoir une prof de yoga boudhiste ! ) était très bizarre , éclatante et intense . Et cette nuit , quel rêve terrifiant , violent , m'est advenu  ! j'étais en proie à la méchanceté d' une femme terriblement sadique - et je rispostais , victorieusement , par une violence terrifiante ... 

         Que d'énergie partant dans les méandres de l'émotion  ...  Heureusement , il y a les travaux de printemps au jardin , pour l'employer autrement  ! hier après-midi , après la pluie , la terre était douce ; j'ai bêché sous la rangée de rosiers du bas , qui sont déjà pleins de feuilles d'un vert quasiment fluo  -  me tortillant successivement dans tous les sens , à quatre pattes ou à plat-ventre , pour arracher la moindre bribe des racines de chiendent . Et qu'il est beau en ce moment , le jardin ! Et que sont beaux tous les jardins , d'ailleurs  !  Cerisiers en fleurs lumineux , arbres de Judée mauves - qui prolifèrent de façon incroyable dans toute la banlieue et la garrigue autour de Nîmes  - puis  le jaune des forsythias ,  et encore , les photinias , nouveaux venus depuis dix ans ,  dont les innombrables feuilles nouvelles  ajoutent une touche de rouge brique ; et dans le mien , de jardin , en particulier ,  les premiers iris de Hollande en touffes  bleu électrique , les tulipes rouges et roses , et l'ail d'ornement , en ombelles formées de quelques dizaines de fleurs blanches toutes simples , qui s'est ressemé partout ... Puis , les pommiers - j'ai des difficultés à avoir des pommes autres que minuscules et véreuses , mais par contre , les fleurs ... ah , les fleurs de pommier !

 

 

 

 

Chapitre 2448 : travaux printaniers
6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 08:38

        Au début , la lecture était un peu ennuyeuse  - tous ces comptes  hyper précis au cent près ,  pour  montrer qu'il n'avait dépensé que presque rien  en construisant sa maison , et que ce style de vie lui coûtait fort peu ...  - et je me disais que ce type semblait bien peu sensuel , j'attendais , impatiemment , qu'il se mette à faire des descriptions  de la nature environnante qui m'auraient enchantée  ; puis quand je lisais des citations de ce genre :

" Nous avons construit une demeure de famille pour ce monde ; pour le suivant , un caveau de famille . Les plus belles oeuvres d'art sont l'expression du combat que l'homme livre pour se libérer de cette co ndition , mais notre art n'a pas d'autre effet que de rendre ces viles circonstances confortables , et oubliable la possibilité d'un état plus élevé

                                   , je proférais ,  intérieurement un pffffffff .... agacé en supposant que c'était un intellectuel trois cent pour cent et qu'il ne m'intéresserait que médiocrement , malgré son humour .

   Ensuite , j'ai été fort étonnée de voir qu'il faisait allusion  des textes indiens connus ( en 1852 ! ça alors ! ) et autant inconnus de moi ( Harivansa )

   Puis , après plus d'une centaine de pages lues cahin-caha , et je me laisse toujours  le droit de sauter quand ça m'ennuie ,  l'émerveillement de  découvertes comme des perles de lumière  ; de phrases qui rayonnent doucement  dans le sous-bois une peu morne de la lecture ,  comme lorsqu'on trouve les premières  chanterelles à demi-cachées sous les feuilles de chêne brunes et grises de l'automne ,  qui m'ont fait ronronner de satisfaction ravie :

         " Il est bon d'avoir de l'eau dans votre voisinage , pour faire flotter les terres environnantes . Même le plus humble des puits a ceci d'intéressant qu'en y plongeant votre regard vous pouvez voir que la terre n'est pas continentale , mais insulaire .C'est une qualité des puits aussi importante que la capacité qu'ils ont à garder votre beurre bien au frais . Lorsque je regardais par delà l'étang depuis  ce promontoire en direction des prairies de Sudbury , qu'en temps d'inondation je voyais , peut-être par mirage , comme surélevées dans leur vallée frémissante , comme une pièce de monnaie au fond d'une bassine , toute la terre qui s'étirait  au delà de l'étang  m'apparaissait comme une fine croûte encerclée , et peut-être même sustentée , par cette petite nappe d'eau interstitielle , et cela me rappelait que le sol sur lequel je me tenais n'étais guère plus qu'une portion de terres émergées . "

     Et voilà ... je suis arrivée , hier soir ,  à la page 131  , émerveillée par  :

Le premier été , je ne lus aucun livre - je sarclai mes haricots . Que dis-je ? je fis souvent mieux que ça . Il y eut des moments où je ne pouvais me permettre de sacrifier l'éclat de l'instant présent à aucun type de travail , qu'il fut  intellectuel ou manuel  . J'aime vivre ma vie avec beaucoup de marge . "

 

       Et j'en suis là  pour l'instant . Parce que , et tellement , et tout le temps ... - moi aussi , et tellement , et je retrouve ça au fur et à mesure que je vieillis et grandis ,  j'aime vivre ma vie avec beaucoup de marge !

 

 

 

Bon , j'allais pas vous mettre des chanterelles , on est au printemps tout de même ! Mais des hépatiques , dans un bois de pins et de hêtres rabougris , près de l'Hospitalet l'autre jour . C'est l'Hospitalet au dessus du Pompidou , pas celui du Mont Lozère .

Bon , j'allais pas vous mettre des chanterelles , on est au printemps tout de même ! Mais des hépatiques , dans un bois de pins et de hêtres rabougris , près de l'Hospitalet l'autre jour . C'est l'Hospitalet au dessus du Pompidou , pas celui du Mont Lozère .

3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 18:29

 

         Brrrrr ... après toutes ces journées printanières , une journée de pluie , il fait froid ... je ne vais pas me plaindre , la terre est très sèche après ces deux mois où il n'a du pleuvoir qu'un ou deux jours au grand maximum ( mais l'hiver ici est une saison sèche , rien d'alarmant ) , et la pluie lui fait du bien . J'avais deux échéances aujourd'hui : l'une qui me terrifiait ,  ce matin , amener Baptiste chez le vétérinaire - le pauvre chat en train de hurler dans son panier , et moi en train de claquer des dents parce que je ne savais pas trop ce qu'il avait - une grande plage de peau où il avait perdu tous ses poils , des traces de sang sur le carrelage , et je ne lui voyais pas de blessure  - j'avais à peu près aussi peur que lorsque j'allais à l'hôpital , il y a des années de ça , pour qu'on me dise si ma santé allait ,  n'allait pas  ... et ma vie , si elle allait , n'allait pas ... Bien sur , je n'aurais pas du regarder hier soir ce reportage sur le pilote d'avion cinglé et dépressif qui a suicidé avec lui 149 personnes  . Avec cette heure d'été , j'ai du mal à me coucher ; et puis , le paysage de ce drame , dans les Alpes du Sud ,  est tout voisin  du pays de mes ancêtres , si sauvage ;  donc je suis restée bêtement à regarder sans pouvoir me décoller de la télévision  ; et  me suis réveillée ce matin juste après  un horrible cauchemar où des parents s'apprêtaient,  tranquillement , bêtement ,  à exécuter leurs enfants . Quelquefois , j'ai l'impression que mes rêves ne me concernent pas moi , mais mettent en scène  des drames qu'on vécu certaines personnes de mon enfance .

       Bon ! je n'ai presque pas attendu chez le veto - juste le temps de m'émerveiller de la vitalité  d'une charmante jeune chienne de sept mois  dans la salle d'attente, un monstre affectueux  genre bouvier bernois ( faut-il dire bouvière bernoise ? ) ,  torrent  d'énergie amicale qui sautait avec enthousiasme sur tout un chacun pour raconter sa vie  ; elle était accompagnée de trois septuagénaires légèrement dépassés mais ravis , et venait pour qu'on lui enlève quelques points de suture . Le clou de sa prestation a été le moment où , après avoir été débarrassée de sa collerette , ce qui a , si possible , augmenté encore son tonus et sa gaîté , elle est venue donner une accolade enthousiaste , de tout son long , de tout son haut ,  à  une dame bien sous tous rapports qui tenait prudemment son petit chien blanc dans ses bras . La chienne tenait absolument à embrasser  le petit chien blanc , et elle arrivait sans difficultés à l'épaule de la dame ; laquelle  a splendidement conservé son équilibre sous l'assaut .

         La jeune vétérinaire a examiné Baptiste sous toute les coutures ,  s'est aperçue qu'il avait une grande écorchure en voie de guérison , que je n'avais pas vue - d'où la perte de ses poils . Elle m'a complètement rassurée , m'a fait gentiment remarquer qu'il était en surpoids ( je le sais bien ! et moi aussi je suis en surpoids , mais elle était trop polie pour me le dire  ! ) et ne m'a même pas fait payer ... Génial !

        Ensuite , j'avais une autre échéance du genre qui m'inquiète toujours aussi ( mais beaucoup moins , tout de même )  : j'avais proposé à  France de l'emmener à la gare  . Ca ne me coûtait guère , mais  a réveillé une vieille angoisse  d'être à  l'heure ... total , ma copine avait une bonne demie-heure d'avance avant son train . Moi , ça me rassure que les choses se passent comme ça ... Quand à elle ... j'espère qu'elle avait un bon bouquin !

        Et pour me remettre de mes émotions .. j'ai terminé mon aquarelle commencée le matin , puis regardé trois Hercule Poirot à la file l' après-midi , vautrée sur le canapé du salon ( en V.O , tout de même , on a de la dignité !  ) près d'un bon feu ,  et grignoté deux énormes barres de chocolat lait-noisette . Je boycotte Nestlé , mais il parait que Milka en est une filiale . Ben , zut alors ! Mais qu'est-ce que c'était bon ! tant pis si j'ai un peu mal au coeur ce soir ...

 

 

 

J'aime bien  le brouillard , pourtant . Mais ce matin  , la peur me tenait compagnie ...

J'aime bien le brouillard , pourtant . Mais ce matin , la peur me tenait compagnie ...

1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 19:42

 

           J'avais commencé l'aquarelle il y a une semaine ; le personnage de la " Reine des fourmis " ne m'est guère sympathique , bien entendu . Elle s'est invitée sur le papier après une séance où G. a soigné ma main gauche ( j'étais née gauchère , et j'avais commencé à écrire, vers quatre ans , mais de droite à gauche et à l'envers ; tout comme Léonard de Vinci ; mais on comprend que ça n'était guère adapté ! je ne me souviens plus de la façon dont on m'a fait comprendre la bonne façon d'écrire  ) . 

      En tout cas , elle me rappelle ma mère , dans l' enfance - avec ses  lunettes , sa fatigue , son angoisse , son exigence de perfection  , et ses yeux qui devenaient fixes quand elle était en colère , effrayants et terriblement grossis par les lunettes ... A priori je m'identifierais davantage ( quand je ne vais pas bien et que je suis d'humeur dépressive ) à la suivante ...  mais l'aspect de cette " suivante" m'évoque également l'autre face de ma mère , que je n'ai découvert que beaucoup plus tard : son manque de confiance en elle , sa peur de mal faire , son mal à l'aise dans son corps  ...

           Et moi qui suis scribe , j'ai terminé cette peinture parce que j'essaie toujours de terminer au mieux ce que j'ai commencé . Mais elle ne correspond plus du tout à l 'humeur merveilleusement printanière de ce beau soir ...

 

 

Chapitre 2345 : la Reine des fourmis ,et sa suivante
31 mars 2019 7 31 /03 /mars /2019 07:36

     

        Je continue  à savourer , phrase après phrase , le bouquin de Christian Bobin ; mais comme je n'avais pas sommeil hier soir , j'ai commencé un autre livre , cadeau que j'avais demandé qu'on m'offre pour mon dernier anniversaire il y a dix mois , et que je n'avais pas eu envie de commencer : Walden , de Thoreau . Oui , je sais ,  c'est un classique ,  et vous l'avez surement lu ; mais moi , pas encore .

      Un livre de sagesse ... délaissant le conventionnel pour aller vers l'essentiel :  " un homme qui a enfin trouvé quelque chose à faire n'a pas besoin d'un nouveau costume dans lequel faire cette chose . Pour lui , l'ancien costume - qui amasse la poussière dans son grenier depuis  un temps indéfini - fera fort bien l'affaire . " . Il y a plusieurs paragraphes qui dénoncent , à juste titre , le culte du bien s'habiller , bien paraître .

     Voui ... mais , pour me délasser après avoir travaillé plusieurs heures , planté une rangée de salades ,puis  bêché et nettoyé tout le coin des framboisiers ,  hier après-midi  , j'ai pris grand plaisir à m'asseoir et à  regarder les soldes sur le site de La Redoute ; aaahhhh ,  justement , il y avait un pull comme j'adore , exactement  le même que le pull roux douillet dans lequel je m'enveloppe à l'automne -  mais dans d'autres couleurs - et vingt -deux euros seulement ... Une affaire ! il existe en vert sombre , et en beige ... Ouh que c'est dur ! En outre , c'est la fin du mois , ma pension vient d'arriver ...

      Alors ? Qui décide , en moi ? Thoreau a raison . Mais je ne suis pas Thoreau  ... Je ne sais pourquoi , ce jeune homme sage , je l'imagine pendant les pluies froides d'automne  ,  au bord de son étang tristounet en Nouvelle Angleterre ( je n'en suis qu'au commencement du livre  )  . Les couleurs , je trouve que c'est tellement important ... Il y a quelques jours , j'ai teint un de mes pantalons , dont je n'aimais plus la teinte rosâtre , en rouge . Waouh ! La teinture est réussie : chaque fois que je jette un regard sur mes genoux , mes cuisses , enveloppées dans ce rouge , presque carmin , tout vibrant  , je sens la joie et l'énergie diffusées par la couleur , cette couleur précisément ,  qui m'envahissent ... Et puis , mes pulls aimés , je les garde vingt ans  - troués ou pas , âgés ou pas ...

      Oui , mais - l'envahissement de la planète par le consumérisme ... et puis , je me connais : à peine aurais-je joui quelques jours de la nouvelle couleur , de la nouvelle amie venue de l'extérieur , que j'aurais envie d'une autre ... Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel me paraissent tour à tour désirables , et certainement  je  veux jouir de toutes ...

    Alors ? Ce pull , ces nouvelles couleurs  ? Prendra , prendra pas ? j'attends encore quelques heures , avant de décider ?

 

 

     

28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 08:20

 

       Une citation qui me fait chaud au cœur , tout particulièrement :

 " une bougie qui rêve , une pluie qui écrit et un renard qui dort travaillent tous les trois à la recréation du monde "

      Philippe n'aime pas Christian Bobin .

      Et il me dit :   " la bougie , la pluie , le renard , très bien ! mais dans un poème chinois ça se serait arrêté là " . Certes ...  

       Philippe  considère la suite comme une inutile préciosité . 

     Moi pas .  J'ai besoin , parce que le poids de la culpabilité infusée par mes parents laïques et inconsciemment judéo -chrétiens  était si terrible , j'ai besoin de la fin de la phrase , et de me dire que ,dans ma paresse ,  je travaille aussi à la recréation du monde ... 

    Travailler , c'était bien . Paresser , c'était mal . Travailler , s'agiter ...  ça fait augmenter le PIB ;  et c'est comme ça qu'on juge que les gens d'un pays sont heureux ou malheureux , grâce à ce sacro-saint PIB  . le PIB , ça permet de quantifier ,  c'est des nombres , c'est scientifique , au moins ...

      Hier , en revenant d'une visite à mon amie de Corbès ,qui vieillit mal et avec beaucoup de souffrance , j'ai croisé sur la petite route tranquillette , qui tournicote dans le maquis  - je descendais , ils montaient - tout un groupe terrifiant de marcheurs frénétiques ,  armés de ces bâtons pointus qui ressemblent tellement à des bâtons de ski que je cherche à chaque fois la neige et la glace qui devraient logiquement les accompagner . Ils luttaient âprement contre une pente qui en fait est plutôt douce - cramoisis , dents serrées , haletant  mais parvenant néanmoins à passer beaucoup d'énergie dans la parole . Des allemands , ha ! mais ça aurait aussi bien pu être des français .  Que pouvaient-ils bien se dire ? Courage, on arrive au sommet ? On arrive au but ? Misère de misère ...  j'ai préféré paresser , écouter les  gammes mineures descendantes , que je ne peux m'empêcher de trouver un peu tristes ,  des pic-verts ( je ne sais pas s'ils sont plutôt pic cendrés , ou de Sharpe , il y a une histoire de petite tache rouge sur le dessus de la tête -  mais , bon , on va les appeler des pic-verts ... ) J'en ai vu un , il y a quelques jours , et on en entend beaucoup en ce moment , qui font leurs exercices  dans les bois de chênes  .

    J'ai détesté le groupe de marcheurs ;  mais , tout de suite après , j'ai été envahie par le sentiment de  ma vie comme merveilleusement pleine d'espace . Ce sentiment qui commence à m'arriver , par moments très brefs ,  depuis quelques mois - ma vie comme un immense espace merveilleusement vide et libre ,  que je n'ai pas à meubler à tout prix - juste défaire ,défaire , défaire ..

 

      

 

27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 06:22

 

            Conques ... comment parler de Conques ... Je vous l'ai dit , je l'ai expérimenté , tant de fois -  dés que je suis là-bas , que je vois l'abbatiale , que je m'en approche  tout contre , que je peux poser ma main amicalement sur la pierre dorée des murs ; dés que je vois les sculptures du tympan - ces  personnages plutôt trapus , dont on sent bien , même pour les anges , qu'ils sont extrêmement terriens et donc auxquels je peux identifier tout mon théâtre intérieur , y compris la main de Dieu qui bénit la Sainte  en biais dans un petit coin , y compris le Léviathan qui avale les pécheurs , et bien sur y compris  les pècheurs et les bienheureux    -  je me sens bien .  Et quand je rentre à l'intérieur -   je me sens comprise et aimée et acceptée  , je me rassemble  . L'abbatiale est ma Bonne Mère , une figure de la Mère Divine , une cristallisation de la prière et de l'amour et de l'ouverture du coeur des gens qui l'ont construite , y compris les vitraux dont  la simplicité  m'emplit de gratitude ...  et peu m'importe à ce moment là la mythologie chrétienne , qui n'est pas ma tasse de thé .  

         Mais je n'ai pas encore pardonné à Christian Bobin , dont j'ai acquis  , avec avidité , le livre sur Conques ( une nouveauté ? ) , d'avoir écrit  quelques lignes absolument masculines à son sujet .  Il ne s'agit que de quelques lignes au milieu d'un livre entier , et je n'ai certes pas fini de découvrir , de me nourrir du reste , à toutes petites inspirations  ...  mais ces lignes , on sent tellement qu'elles sont écrites par un mec , que ça m'a fait cracher de colère comme un chat  , les poils et les cheveux  tout  dressés d'indignation  .  Comment a t'il pu écrire ça au sujet de ma Mère Divine à moi ?  A part ça , tout le livre , est , bien entendu , magnifique ... quand on apprécie Christian Bobin .  Par contre , ces trois ou quatre  lignes , je ne  lui ai pas encore pardonné de les avoir écrit .

 

 

Chapitre 2442 : Conques , et Christian Bobin