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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 10:05

 

 

 

              Allons bon .. Baptiste a disparu ... depuis plus de vingt-quatre heures ,c'est la première fois qu'il disparaît aussi longtemps . J'ai exploré les vignes et les fossés - rien . C'est déjà ça , naturellement . En plus , il est parti hier , tôt le matin ( après une bonne nuit de sommeil au chaud , tout de même ! )  alors que la pluie tombait encore ; quelle idée bizarre pour un chat  ... J'ai passé la nuit à alterner angoisse  (au niveau du cœur ) petites insomnies suivies de  méditations diverses , surtout celle appelée , je crois , Tonglen  , plus des tas de mantras - le tout me rendait le calme pendant un petit temps ; ensuite ,  je me rendormais ,  et je faisais des cauchemars , également divers. Après , l'angoisse revenait ...  Génial , ce chat , pour m'aider à  me libérer des attachements . Il adore disparaître ... et chaque fois , ça peut , ou non , être définitif . Qui sait ? 

           J'avais justement acheté la veille à la solderie un petit livre de citations intitulé " paroles de bonheur" : avec des illustrations semi- figuratives , beaucoup trop clinquantes pour mon goût , mais les citations sont intéressantes - surtout de Sénèque et de notre cher Marc-Aurèle , parce que , bien entendu , la citation de Philippe Delerm  " le bonheur , c'est d'avoir quelqu'un à perdre " ( que je peux vraiment comprendre et trouver sympathique dans d'autres circonstances )   me parait , en ce moment ,  un condensé de débilité .  Il n'y a pas de citation de la Bhagavad Gîta dans ce bouquin , je trouvais ça dommage ; certes , Krishna ne semble pas , de prime abord , proposer le bonheur comme but à Arjuna , mais il me semble pourtant que c'est l'essence du bouquin . Je retranscris donc le début de celle-ci [ XIV ,24-25 ], Krishna décrit le sage  - et  moi , qui ne fais que  regarder ce modèle du coin de l'œil , j'en profite quand même des mots apaisants  ...

        Celui qui regarde d'un œil égal le bonheur et la souffrance , pour qui l'or et la boue et la pierre sont d'égale valeur,  pour qui sont égaux le plaisant et le déplaisant , la louange et le blâme ,l'honneur et l'insulte , la faction de ses amis et la faction de ses ennemis ; qui est fermement établi en une quiétude , un calme intérieur imperturbables , inaltérables ...

mais  dans le petit livre il y a quelques lignes d'Epictète ,  et  on va terminer comme ça pour aujourd'hui ; parce que , quoi qu'il soit arrivé à Baptiste , c'est à lui de gérer ça  ( Hum , Epictète n'avait pas de chat .. ) :

           Lorsque le corbeau jette un croassement de mauvais augure , que ton imagination ne t'emporte point ; mais aussitôt fais en toi-même une distinction et dis : " Aucun des malheurs présagés par cet augure ne me regarde ; ces malheurs regardent ou mon chétif corps ,ou mon petit bien , ou ma petite réputation , ou mes enfants , ou ma femme . Pour moi , il n'y a que d'heureux présages , si je le veux : car , quoi qu'il arrive , il dépend de moi d'en tirer du bien . "   

 

 

          

 

 

             

5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 08:25

         

 

Résultat de recherche d'images pour "chocolat - images"

 

         Comme je vous avais dit , j'avais fait une pause dans ma lecture de la Bhagavad Gîta ... Or , j'avais en train la lecture de " Silo" , un triple pavé de S.F , et là aussi  je m'étais arrêtée  - après avoir terminé , d'un trait , le premier tome :  c'est un bon bouquin mais l'univers de l'auteur rend  claustrophobe ... ( pourtant ,c 'est curieux , ça me donne envie de relire un Philip.K.Dick sur un thème semblable , peut-être la vérité avant-dernière ; serait-ce que Phil Dick est simplement un meilleur auteur ? ou que j'ai le culte de mes premières amours littéraires ? )  Mais , par chance , un livre commandé chez la libraire d'Anduze , dont la parution date déjà d' une bonne dizaine d'années , était arrivé : " Le Rocher de Montmartre " . De Joanne Harris . Oui , vous vous souvenez - Joanne Harris , Chocolat ! Vous aviez aimé ? 

         Alors , ce Rocher de Montmartre , je l'ai dégusté , à petites bouchées , justement comme ces délicieux chocolats .. que le temps , aujourd'hui pluvieux , donne envie de savourer . A toutes petites bouchées , tant je voulais faire durer ... C'est un roman contemporain , mais on peut dire aussi un genre de conte - et quel régal ! Ce que je regrette de l'avoir terminé ... je viens d'en commander un autre du même auteur , " Vin de bohème " . On verra !

         Au fait , les copines , si vous avez lu de bons bouquins récemment , je cherche des idées de lecture ... * - et si jamais vous voulez écrire un petit article dessus , et le faire paraître , ça me parait tout simple , si vous voulez , de le mettre ici , dans la section " pages " ... il suffit de me le faire parvenir par mail ( il y a probablement d'autres procédés techniques mais je ne brille guère en informatique , vous savez )  

 

*     J'ai l'impression que depuis la disparition de ma maman , la pensée culpabilisatrice " mais enfin , tu n'as rien de mieux à faire que de lire ! " est un peu en vacances ... ainsi que le désir de prouver que " je ne suis pas rien " ...  Je n'ai même pas repris mon tricot de l'année dernière ... Mais , faut dire , j'ai mal aux articulations des pouces , de chaque côté ,  à force de jardinage ...

 

 

 

3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 17:54

 

 

 

            

  Chapitre  2090 : incertitudes

               

           Allons bon ... je viens de voir , pendant une bonne heure et demie ,  la copine qui a perdu son fils à peine adulte cet été ; elle se cogne douloureusement de tous les côtés , à toutes les vitres ,  comme une abeille enfermée à l 'intérieur d'une pièce ... c'était un peu le cas avant ce drame  ; mais ça a , naturellement , empiré . D'ordinaire , nous faisons du yoga ensemble , je guide une relaxation , avec plaisir ; et je vois que ça lui fait du bien . Donc , ça me fait du bien aussi ...

            Or , il y a un mois , elle m'avait demandé de venir en Inde avec moi . J'hésitais beaucoup - elle a souvent des ennuis de santé , en a d'autres ,  chroniques , certains très sérieux ; puis j'avais fini par accepter  -  tout à coup , j'avais complétement changé de perspective et vu que ça serait vraiment sympa de me mettre à son service , pour  lui faire découvrir les merveilles de l'Inde . Je lui avais mitonné un petit voyage cool , à Tiruvannamalai puis Pondichéry , et lui avais donné rendez-vous cet après-midi pour l'aider à faire sa demande de visa . Mais en quelques jours , elle a parlé à plusieurs personnes de son projet -  plein de gens qui ont tous des ressentis variés sur l'Inde , qu'ils y soient allés ou pas .  - l'Inde que eux ont rencontrée , et qui n'est pas , forcément , l'Inde que moi j'ai rencontré . Je  me rends compte que pour certaines personnes , l'Inde est un avant-goût de l'Enfer ... 

             Dans l'instant ,  je me suis bornée à lui décrire mon Inde , Mother India , que j'aime ...  sans lui dire " fais ça " ou " ne fais pas ça " ... On verra . En tout cas , si elle ne veut pas venir , où irais-je ? peut-être à Vrindavan .. Parce que , pour changer le fond d'écran fourni par Windows , dont j'avais ras-le-bol , j'ai mis une photo que j'avais prise ,il y a quelques années :  deux hommes , chantant des mantras dans un bateau  sur la Yamouna . J'ai un peu envie de visiter l'ashram de Neem Karoli Baba , là haut . Seulement , j'avais pensé partir en Janvier , pour ne pas avoir trop chaud en Inde du Sud - et il doit faire plutôt frisquet à Vrindavan en Janvier  ... donc , je partirai un mois plus tard - et il y aura aussi Rishikesh qui me tend les bras ! mais tout de même , je dois dire que le côté influençable de ma copine m'avait assez agacée au début de notre conversation .J'ai envie de dire " je regrette pour elle " mais qui serais-je , pour savoir ce qui est " le mieux " pour elle ?

         

 

      

3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 07:36

 

... J'ai compris pourquoi j'avais réagi si fort en lisant ce fameux chapitre onze ... Encore ma maman de l'enfance , quelquefois si haineuse , avide et rancunière à mon égard - dans l'enfance ! -  qui pointait le bout de son nez symbolique .  Bon ... C'est du passé . Mais tout de même , la personne qui a écrit la Bhagavad Gîta , donc ce Vyasa ,   quel poète   ! ( je suppose que si Ganesh a écrit le Mahabharata sous sa dictée , on peut attribuer également la Bhagavad Gîta à Vyasa . Si ce gars a existé ... )

    Et me voilà libre de continuer ... et de me nourrir de ce texte fabuleux . Vers les cinq heures du matin puisque j'ai eu la chance de me réveiller tôt , ayant plongé dans le sommeil vers les neuf heures et demie , ce que c'est qu'une vie au grand air !  Mais aujourd'hui : vacances , je ne jardinerai pas c'est juré , malgré le beau temps  , je ménagerai mon épaule droite qui protestait ces derniers jours . Je suis en train de transformer en mixed-border toute une bande en bas à droite du jardin , une vingtaine de mètres -  j'avais essayé successivement des patates , des haricots , des salades , etc ... mais c'était pas terrible de partager le potager en deux emplacements comme ça  . Et comme j'avais , bien entendu ! des rosiers en trop ... des iris en trop ...  j'ai été contente de pouvoir les planter là .  Mais hier , à la pépinière ,  j'ai craqué sur quatre plants d'anémones du Japon , parce que celles qui se ressèment dans le " jardin du milieu " ont des pétales bizarres mais que j'adore ces fleurs .  J'ai déménagé des sauges , c'était facile ; l'althaea blanc , qui va se trouver super bien ;  et un rosier rouge foncé , c'est là que mon épaule a morflé , parce qu'il était déjà gros , et j'ai du bien creuser . Me restera plus qu'à trouver de la place pour : une vingtaine d'iris ,( si je ne trouve pas , j'aurai la tristesse de devoir aller  les perdre dans la forêt ... ) ,  un solanum grimpant , un autre rosier que je dois changer de place ,  et deux forsythias . Grand Dieux ,mais où est-ce que je vais pouvoir les mettre ?  Et les deux rosiers supplémentaires , que j'ai commandé chez David Austin , parce que je voulais commander un rosier cadeau pour quelqu'un - et que l'avidité en a profité pour augmenter la commande  - je les mettrai où ?

 

 

 

1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 08:42

 

 

 

 

 

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          Grâce à Renée-de-Jouques , j'ai appris que c'était Diwali - la fête des lumières , en Inde ... Une fête aussi importante que Noël et le Jour de l'An chez nous , dont la date a à voir avec la nouvelle lune d'Octobre ; on commémore le moment où Rama est rentré chez lui après avoir récupéré cette pauvre Sita ... Tous les gens de sa ville avaient allumé des lumières dans les rues . En Inde ,  on allume des petites lumières , on achéte des vêtements neufs , on cuisine des bonnes choses - et , bien sur , on envoie feux d'artifices et pétards .

         Aujourd'hui est le troisième jour de Diwali , on va célébrer Lakshmi ,  mais aussi Kali , Saraswati , Ganesh . C'est drôle que cette année ,  ça tombe juste au moment où  pour nous c'est la Toussaint , demain le jour des morts - auxquels je pourrai , pour une fois , penser avec joie , pourtant . J'ai allumé mes petites lumières avec un jour de retard ... et c'était un peu moins joli qu'en Inde , juste trois bout de bougies à la cire d'abeille sur la fenêtre - j'avais essayé , vainement ,de faire des lampes à l'huile avec l'huile de friture , mais ma ficelle était trop épaisse et s'éteignait tout le temps . Mais ,  l'année prochaine , c'est sur , je penserai à faire de provisions de petites lampes !

         

31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:36

   

 

 

         Comme je vous le disais , j'ai du mal à assimiler le onzième chapitre de la Bhagavad Gîta , où le Divin apparaît  , non plus comme tout beau et pimpant avec quatre bras ,ou deux ,  en tout cas quasiment humain ... mais sous sa forme terrifiante : l'Esprit du Temps .  Et ce qui me met particulièrement mal à l'aise , c'est l'allusion répétée aux " mâchoires flamboyantes " de ce temps qui dévore :
 

" ... tous , avec la multitude des dieux et des héros , Bhîsma et Drona et Karna , avec aussi les plus éminents guerriers de notre camp , se précipitent dans Tes mâchoires terribles armées de défenses ,et on en voit dont les têtes sont écrasées et sanglantes , prises entre Tes dents puissantes . [ 26-27]

Comme un essaim de moucherons , d'une vitesse toujours croissante , tombe en sa destruction dans un feu qu'on attise , ainsi les nations , d'une vitesse toujours croissante , pénètrent entre Tes mâchoires fatales .[29]

et c'est répété pendant des versets et des versets ... j'ai cité la traduction de Sri Aurobindo qui est particulièrement gratinée - mais celle de l'Ashram de Ramana Maharshi est seulement plus sobre et moins poétique ; sinon , c'est pareil .

   Bref , ça fait penser au tableau de Goya sur Saturne . Que je comprends mieux maintenant . (  Vous ai-je dit que j'avais découvert au Prado une version de Rubens , sur le même théme ,  qui est encore plus gore - le gentil Rubens , ce bon vivant ! Remarque , il devait s'y connaître en ce qui concerne l'oralité ...  deux tableaux dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils sont un tantinet désagréables à regarder  . Là en bas c'est celui de Rubens , l'autre , je ne sais pourquoi  , ne veut pas venir  se placer gentiment dans l'article  )

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           Et donc , le Divin comme Temps , d'une cruauté inimaginable ... C'est fou , puisque lorsque l'histoire démarre , le Divin est sous sa forme de Krishna en tant que cocher d'Arjuna , et Krishna est un guru vraiment sympa , expliquant patiemment , gentiment , la vie ,  à Arjuna complétement stressé . ( Je laisse de côté toutes les représentations de Krishna enfant , bébé grassouillet , à la peau bleue , aux yeux langoureux  et aux longs cils ,  d'une suavité à faire vomir la touriste  innocente qui se promène dans Vrindavan )

           J'ai fait une pause dans ma lecture de la Bhagavad Gîta , j'ai été voir du côté de Ganesh pour me réconforter ; j'aime particulièrement les représentations de Ganesh dansant , mais aussi celles où il écrit ,avec sa défense comme stylo-bille ...  Le site le plus intéressant est  http://ganapati.perso.neuf.fr/symbolisme.php  ; j'ai cru comprendre que pour certaines sectes en Inde , on peut partir de Ganesh pour se représenter le Divin  :

Tu es Cela

Selon la logique de notre monde, un homme ne peut pas être un éléphant; pourtant, du point de vue de la logique divine, il n’y a pas là d’impossibilité, car la divinité est ce en quoi les contraires coexistent. Ceci devient évident lorsque nous suivons les symboles jusqu’à leur sens essentiel. La formule sacrée qui représente sous une forme verbale le principe appelé Ganapati est "Tat tvam asi", "Tu es Cela". "Tu (toi, l’être vivant) es la forme visible de Cela (l’Essence divine)" ( Ganapati Upanishad; 2.).

Le pronom neutre tat (cela) représente "le principe transcendant et sans limites qui est vérité et connaissance" (Taittirîya âranyaka, 8, 1, 1) au-delà de tous les attributs. Le pronom tvam (tu) représente "le principe qualifié dont la forme est l’Univers". Le "toi" et le "cela" sont soudés en une entité indivisible par le troisième asi (es) c’est à dire l’existence.

L’existence humaine est la coordination de l’absolu et du relatif, du "cela" et de "toi". La connaissance véritable est la réalisation de cette relation.

L’image de Ganapati nous rappelle incessamment la réalité d’une identité apparemment impossible. L’homme est réellement l’image du Cosmos. Toutes les réalisations lui sont possibles sans sortir de lui-même. En étudiant ses impulsions intérieures et sa structure interne, il peut comprendre la nature de l’Univers.

Mais ce site génial sur Ganesh signale également un texte , la Ganesha Purana  . Une des parties est la Ganesh Gîta dont :  90% des stances sont des transpositions de la Bhagavad Gîta ,  http://ganapati.perso.neuf.fr/textes.php, et si je comprends bien , Ganesh  y a pris la place de Krishna . Bon - me reste plus qu'à chercher  ça sur la Toile , voilà une recherche enthousiasmante qui m'attends !  je termine en vous mettant une de ces rassurantes images de Ganesh - pour compenser les horreurs de tout à l'heure ...

 

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 08:23

 

 

 

 

 

 je ne résiste pas , je vous remets ces anges ... C'est des roses qu'ils portent sur les plateaux , pas des petits fours ... voui , celui de gauche a peut-être l'air un peu douceâtre , je vous l'accorde . Les visages des anges version Fra Angelico sont peut-être préférables , finalement ... Ce printemps , j'irai faire une visite comparée , je sens bien que c'est nécessaire !

je ne résiste pas , je vous remets ces anges ... C'est des roses qu'ils portent sur les plateaux , pas des petits fours ... voui , celui de gauche a peut-être l'air un peu douceâtre , je vous l'accorde . Les visages des anges version Fra Angelico sont peut-être préférables , finalement ... Ce printemps , j'irai faire une visite comparée , je sens bien que c'est nécessaire !

        

 

 

 

               Je me réveille avec l'impression qu'un troupeau de bœufs musqués m'est passé sur le dos ( pourquoi des bœufs musqués ? parce qu'hier soir , zappant , je suis passée par un reportage concernant les Inuits ; l'un d'eux s'apprêtait à partir à la chasse au boeuf musqué . Je me suis arrêtée de zapper cinq minutes , étonnée parce que je croyais que là bas il n'y avait que des phoques et des ours blancs  - je suis ignare , je sais - puis ,  émerveillée , également ,  par la sagesse du chasseur qui disait à un enfant :  " Si tu veux tuer une proie , il faut  respecter l'animal " .  Mais je n'ai pas regardé la suite parce que je ne voulais pas voir de meurtre . )

                  Le dos piétiné ?   Pourtant , hier , j'ai à peine jardiné - une petite heure seulement avant que la nuit ne tombe , à creuser un trou dans la terre argileuse . Je veux y replanter un althaea . C'est l'althaea blanc double ; une splendeur , et un de mes préférés , mais qui commence à s'étioler  , même dans son pot XXL ... Rien que de l'écrire , d'ailleurs , naissent les inquiétudes - va t'il se sentir assez bien , là ? Fleurira-t-il autant ?

                  Ou en étais-je ? Ah , oui , la sensation de mon dos piétiné .. Et pourtant , il y avait cette pensée par rapport à la famille de R. , aux relations qu'ils ont l'air d'avoir entre eux : quel manque de douceur . J'ai emmené R. , hier après-midi ,  faire une cure de ville et de superficialité bienvenues pour elle .  A ma surprise , moi qui , en général , déteste faire des courses avec quelqu'un ( souvenir de l'âpreté , de l'agacement ,  de l'irritabilité de ma mère quand elle m'emmenait faire des courses , pour m'acheter le manteau d'hiver , chaque année , ou la paire de chaussures d'hiver , ou d'été , au point que j'avais l'impression de marcher à côté d'un volcan d'aigreur , qui pouvait me réduire en minuscule tas de cendres en quelques secondes ) je me suis bien amusée . Pourtant , il faut tenir le bras de R. , qui marche mal et voit mal dans la rue , avec les changements d'ombre et de lumière ;  lui porter , naturellement , ses paquets ... Pourquoi c'était plaisant ? Bien entendu , parce que ça n'était pas maman , qui s'accrochait tant à mon bras , la pauvre . Probablement , parce que je ne vois R. qu'une fois de temps en temps seulement ... et sans culpabilité . On manquait terriblement de douceur , bien sur , dans ma famille aussi . J'imagine que R. a grandement manqué de douceur envers ses enfants ... et en manque encore .  Ou encore , je pense à mon autre amie , enfermée dans sa cage confortable ,  dans la maison de retraite hyper médicalisée aux gentilles aides soignantes ;  et qui ne dit plus un mot .

                     Alors , le dos piétiné ? Celui de l'enfance ? Ou celui de maintenant , de cette fille ,   pourtant tellement soulagée , maintenant ,  du poids terrible d'avoir à m'occuper de sa mère , mais qui voudrait très fort d'un monde bisounours , pour tout le monde  et les animaux aussi  ?      

                    Je me suis arrêtée , il y a deux nuits ,  au chapitre XI de la Bhagavad Gîta . D'une poésie et d'une beauté fabuleuses , splendides ; mais -  je ne comprends pas .  Krishna - le Divin - se montre alors  à Arjuna sous son aspect terrible ; et  Dieu , l'Absolu ,  est également vénéré comme donnant un amour infini  . Pour l'instant , le message ne passe pas trop ... le paradoxe est encore coincé dans ma gorge . Tous les sages ,indiens ou inspirés par l'Inde , que j'ai rencontrés , rencontrées , tous - donnent tellement d'amour , de paix , de douceur . Mais la Bhagavad Gîta est considérée comme LE livre sacré , pourtant . Alors ?

 

 

 

                                                                        

 

 

 

 

 

    

   

24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 04:48

        

 

          Hier après-midi , je suis allée rendre visite à mon amie R. , qui , comme chaque fois que je lui téléphone , se plaint de terrible solitude .  Elle habite dans ce merveilleux village de Corbès , perché sur un petit plateau au milieu des collines .  Pour y aller , on traverse le Gardon sur le " pont noyé " , tout étroit ; juste au dessus , une large cascade , haute à peine comme un homme mais spectaculaire en ce moment , déverse sur plusieurs mètres de largeur le trop plein du long plan d'eau situé en amont . Mon amie habite dans un de ces hameaux cévenols , dans lesquels plusieurs belles  maisons  anciennes sont imbriquées . Il y a quelques années , elle a repeint ses volets en " rouge basque " , une touche de rouge foncé bienvenue ,sur la façade en pierres de la maison nichée dans la forêt   . Quand je quitte ma voiture pour monter le minuscule escalier , j'aperçois entre les grands chênes-verts ,  par la grande porte-fenêtre arrondie , la lumière chaude de la petite lampe ( R. adore le rouge  , le rose , l'orange ) qui éclaire sa grande pièce à vivre toute voutée . Une grotte magique ... Mais mon amie se plaint , avec amertume et chaque fois que je la vois , que personne n'est venu la voir depuis plusieurs jours ; pourtant , les autres maisons , voisines , abritent d'une part le ménage de sa fille , qui ne travaille pas , de l'autre celui de son fils ; donc il semblerait élémentaire que l'un ou l'autre de sa famille passe quotidiennement lui demander si elle a besoin de quelque chose , puisqu'elle a plus de quatre-vingt-ans et a tendance aux chutes .  Elle prétend également que ses enfants lui interdisent maintenant de conduire ( quel bonheur ! je n'ai pas d'enfant ! ) ce qui lui enlève toute autonomie ; une personne vient la voir deux fois par semaine pour l'emmener faire ses courses ; ce qui n'est déjà pas mal .

           Je ne sais si c'est une exagération de sa part ; ou alors si toute la famille va vraiment mal ; ou encore ,  si tout le monde y tape sur les nerfs de tout le monde  ; ou peut-être  encore que ,  par fierté , elle refuse devant eux de reconnaître qu'elle apprécierait une visite  quotidienne , et se plaint devant moi ;   ou  , finalement , s'ils sont inconscients  .  Peut-être , en toute bonne foi , ment-elle  - comme maman quand je l'entendais , au téléphone , dire à une  de ses amies " je suis bien seule " d'un ton pitoyable , alors même que j'étais dans la pièce d'à côté , en train de lui rendre visite ... J'arrive bien mal à la cerner ; il est évident que les relations avec elle ne doivent pas être faciles vu son caractère autoritaire ; mais si souvent , je sens en elle un paquet de souffrance à vif ,  qui me touche ; également , il semble qu'elle ne sorte pas assez fréquemment sa petite chienne , qui n'est toujours pas éduquée à la propreté ; mais le moyen ,quand on marche mal ?

        En tout cas , j'étais très mal à l'aise ; pourtant , le trajet de retour en voiture , toujours sous la pluie , à  la tombée de la nuit , a été une merveille aussi : la grand route miroitait gris de plomb , éclairée de temps en temps par le jaune des phares des voitures qui s'y reflétait en nappes fluides ;   les vignes vierges carmin escaladaient les acacias , les hauts platanes de bord de route commençaient à se teinter de roux  , le brouillard s'accrochait aux collines - et je savais qu'une maison chaude m'attendait ...  

 

 

 

21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 04:26

 

 

 

       Ayant passé quelque temps  cet après-midi avec une amie dont la souffrance est tellement poignante ,   je tombe  sur cette vidéo - plutôt une musique , car la photo reste toujours la même - qui  fait du bien au coeur . Drôle de truc , la souffrance ...  elle fait un passage par mon cœur également , cette nuit , et je l'ai accueillie ; pour moi elle n'est pas lourde  -  juste une émotion qui passe et à laquelle j'ouvre mon cœur en grand  - pour ce moment , et je sais que ça ne va pas durer . 

          Pour moi , j'ai cette conviction acquise " tout ce que j'attire m'aide à grandir " , ou " tout ce qui m'advient , m'advient comme un défi et une opportunité " , pour reprendre les mots d'Arnaud Desjardins , conviction qui devient de plus en plus opérationnelle au fur et à mesure qu'on s'en nourrit , au fur et à mesure du temps qui s'écoule ; c'est comme si je connaissais un remède pour moi ; mais pour ma copine , dans le plein de la douleur où elle se débat , et qu'il faudra peut-être des années pour adoucir ?

 

 

 

       

20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 08:13

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2080 : Trois questions : deux peintres ,   la Bhagavad Gîta et les religieuses au café

 

 

           J'avais deux questions , déjà , concernant ces merveilles découvertes  à Perugia : la première concernait l'auteur des peintures ( je suppose à la tempera sur bois ) d'anges portant des roses : il s'appelle Benedetto Bonfiglio , Wikipédia en dit peu de choses , hélas , sauf qu'il a vécu entre 1420 et 1496 . Il faudra que je retourne là bas , en Ombrie , pour chercher une monographie sur lui ... Il me semble qu'on sent l'influence de Fra Angelico dans les tenues si bien ordonnées des anges , et les couleurs .

          La deuxième question concernait la fresque de Nativité , à l'entrée du troisième étage du musée . Ben , j'en suis toujours au même point ... A part un gars qui écrit un blog , mais j'aurais voulu recouper les renseignements qu'il donne par d'autres , venant d'autres sources . Je suis devenue accro de cette Nativité , je l'ai mise en fond d'écran , pour pouvoir , chaque fois , m'attendrir devant les regards si sérieux de l'âne et du boeuf - conscients de leur responsabilité , mais pas orgueilleux .pour deux sous ... Quand aux regards de Joseph , de Marie , et surtout , surtout , des anges - ils me ravissent ... Le peintre aurait peint également une Crucifixion , dont je n'ai pas trouvé de bonne photo . Bref : il faudra que je retourne là-bas en Ombrie ,  pour ...

 

          La troisième question concerne la Bhagavad Gîta que j'avais emmenée visiter la Grèce avec moi : deux éditions , celle de l'ashram de Ramana Maharshi , supervisée par Arthur Osborne ; et celle de Sri Aurobindo . Bien trop intellectuelle pour moi , cette dernière , mais qui a le mérite d'être en français , ça aide toujours  . J'en suis au chapitre neuf , où on parle beaucoup de sacrifice . Ce mot , pour moi , a des relents déplaisants de régime amaigrissant ( je sacrifie la religieuse au café , ça veut dire que je reste devant la devanture de la pâtisserie à bader et à saliver  !) sauf .. si je lui restitue son sens étymologique de " rendre sacré " - ce qui me plait beaucoup beaucoup , la  religieuse au café représentant pour moi un incontournable de la pâtisserie française classique .  Quoi de plus facile que de nager dans le ravissement , et donc de penser uniquement à  un  Dieu tout de bonté , le cœur plein de gratitude , en dégustant une exquise religieuse au café . ( Ce qui n'est, d'ailleurs ,  pas si facile à trouver . Mon meilleur choix , c'est la pâtisserie qui est sous le passage à Uzès ; la seule où la crème pâtissière ait vraiment le goût du café ..) . Ceci dit , ce mot de sacrifice n'a pas l'air de poser le moindre problème , ni à Sri Aurobindo , ni aux gens de chez Ramana Maharshi ; probablement n'étaient ils , ni les uns ni les autres , sensibles à la tentation des religieuses au café . Ou encore , n'ont-ils jamais fait de régime amaigrissant .  Mais j'en reste là , pour l'instant , avec cette question du sens du mot " sacrifice "  ; et ce chapitre de la Bhagavad Gîta , qui est parfois poétique à vous en couper le souffle , au point qu'on se sent emporté sur les ailes des versets ,  me reste pour le moment  comme en travers de la gorge ; une sensation un peu agaçante . La première solution que je vais envisager , c'est , comme d'habitude , de me procurer une troisième version . Il me semble me souvenir qu'il y a une traduction en français éditée à la Mission Chinmaya à Paris . Mais Chinmaya , d'après tout ce que j'en ai entendu , n'était , lui non plus , certainement pas accro aux religieuses au café .Alors ?  

          Alors , pour aller plus loin , je suppose qu' il faudra que je cherche à toucher l'essence de la sensation de plénitude , du bonheur absolu éprouvé en mangeant une religieuse au café . Encore une ( sacrée !)  gymnastique ...