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8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 20:41
Coonoor . Bouh ! Et encore , c'est moins pire qu'Ooty ...

Coonoor . Bouh ! Et encore , c'est moins pire qu'Ooty ...

 

 

                      La première fois que j'ai entendu ce nom , c'était il y a une douzaine d'années ,  sur un petit sac , très joli ,  contenant du thé . Attention , je ne parle pas de n'importe quel petit sac contenant du thé .. Celui-ci , je l'avais trouvé dans un supermarché de Pondichéry ; c'était : un sac cellophane . Contenant : un sac en tissu velouté au coloris absolument ravissant . Contenant : un autre sac en plastique transparent . Contenant :  un sac en papier métallisé - contenant ...

                                   Deux cent cinquante grammes de thé

                                   environ

                                  et qui , à l 'usage , s'est avéré  absolument délicieux .

            On annonçait : thé des Monts Nilgiri .

                    Je me suis enquise  de ces Monts Nilgiri ,  j'ai su également qu'on leur donnait un autre nom : les Montagnes Bleues . Waouh ! Ca alors ,  en Inde , il n'y a pas que l'Himalaya ? Eh non ; une longue chaîne  de montagnes appelée les Ghats Occidentaux , Western Ghasts , dévale du Nord au Sud , tout le long de la côte Ouest , sur plus de quinze cent kilomètres  ; et les Monts Nilgiri  sont à l' extrémité Sud , tout près de la pointe du triangle indien . A l'Ouest , vous avez la petite bande du Kerala , la forêt luxuriante comme on l'imagine , des lianes partout , de très grands arbres aux grandes feuilles vert émeraude , , un lacis  de canaux et d'étangs   ; à l'Est , le Tamil Nadu  , les collines de grès rouge orange , le  climat plus sec . Les deux états sont très agricoles et fertiles : riz , noix de coco , bananes , cannes à sucre et ananas ,  épices ... Et : le thé .

             Ca n'est pas des montagnes très hautes , deux mille cinq cent ou sept -cent mètres à tout casser ...   Mais , pour les privilégiés de l'administration britannique , qui y envoyaient leurs familles prendre le frais loin de l'atmosphère étouffante de Mysore ou de Chennai , c'était un havre  . Ils y ont créé plusieurs stations climatiques . Et , à la fin du XIXe siècle ,  après avoir envoyé leurs espions voler aux Chinois plants et graines de thé , ils y ont planté ... du thé . Un plant , dix plants , dix mille , des millions de plants de thé ... Vous pensez bien que depuis soixante-cinq ans que je suis accro au thé au lait , j'avais envie de voir ça !

           Ca faisait une chouette excursion  . Le guide Lonely Planet me donnait le nom de plusieurs stations touristiques , maintenant fort prisées de la classe moyenne indienne ;  les premières , c'était Ooty ( que me recommandait le loueur de voitures ( je pense qu'il avait un copain avec un hôtel là bas ) ; et , à côté ,  Coonoor ; Le guide  suggérait que Coonoor était plus calme . Bien m'en a pris .

              Partant de Mysore  , nous avons pris la route d'Ooty , plein Sud . D'abord , une très bonne route en plaine , le paysage courant  du Sud : petits champs , riz et canne à sucre et cocotiers ,  villages animés aux marchés croulant de fruits  splendides , petits temples . Puis , on est arrivés à la frontière de la réserve de Mudamalai : toute une région plus sèche , peu habitée , et montagneuse .  L'on nous y  annonçait tigres et éléphants . Moi , forte d'une expérience de plusieurs traversées de réserves dans les années précédentes , j'ai ricané ... je n'avais jamais rien vu , que les groupes de singes habituels  . Plusieurs dizaines de kilométres de forêt clairsemée ; la vitesse de la voiture limitée à vingt ou trente kilomètres heure ( et des ralentisseurs acrimonieux et sournois  s'assurent que la limitation est bien  respectée ) , c'est monotone ... Des deux côtés de la route , la végétation a été nettoyée ,  sur plusieurs mètres  , laissant la place à un grand talus herbeux . J'ai supposé que c'était , tout comme chez nous dans le Sud , à cause des risques d'incendie . On roule , je m'endors à moitié .. Et tout à coup , le chauffeur s'arrête , s'exclame  - des éléphants ! Un , deux , des bébés , une petite troupe ... C'est interdit de vraiment s'arrêter , et surtout de descendre de voiture . Mais , tout de même , le temps de prendre quelques photos ...  Des éléphants tout tranquilles , broutant , comme vous et moi , sur le bas-côté ... Pourtant , le fait de ne pouvoir descendre de la voiture me les rendait  irréels , encore lointains ,  presque comme un docu que j'aurais regardé à la télévision .  

              Sortis de la réserve , la route , devenue splendide , a commencé à monter dans une végétation touffue . Au bout d'une heure , presque au sommet , on a rencontré une forêt d'eucalyptus extraordinaire : une immense forêt-cathédrale , des arbres qui montaient droits comme des colonnes sur vingt mètres ou plus ... ( ***!!! ** ??!! - pour l'instant je n'arrive pas à mettre ces photos en ligne ! ) , leurs troncs splendides  blancs , ou roux , avec l'écorce qui se détache en grands lambeaux ... mais trop pentue pour avoir envie de s'y promener . Pas de sentier , là ... et je crains les serpents ...

          Enfin , on est arrivés en haut , dans les nuages . Et là : la déception . Une déception terrible !  Des prairies à  l'herbe rase ,  un peu tristes dans le brouillard , des étangs boueux , quelques plantations minables ... on n'a même pas voulu quitter la route pour monter de quelques mètres  avec les autres touristes , histoire de  voir le point le plus haut : ça me faisait penser aux innombrables excursions de mon enfance en Haute-Savoie , d'un ennui absolu . Notre chauffeur , lui , s'interrogeait sur nos motivations .  On redescend sur Ooty , ma déception persiste : un village -tentaculaire , à l'urbanisation délirante , sauvage ,  grouillante , petite maison sur petite maison qui crapahute et grimpe sur une autre petite maison , le tout sur des kilomètres carrés ; des bleues et des roses , des jaunes et des pas peintes ... mais c'est pas ça que je veux voir moi , je veux voir des champs de thé !  Bref , l'enthousiasme n'était pas vraiment au rendez-vous . Je me suis surtout félicitée de ne pas avoir réservé d'hôtel à Ooty ... Ca , un village ? vous rigolez ... On voyait bien quelques plantations  , mais au  loin , sur les collines ; et les petites maisons quadrillaient tout le paysage  . Morose , je me posais des questions , me demandant si cette histoire de plantations de thé n'était pas une abominable supercherie .

                 Une vingtaine de kilomètres  encore , dans des zones hyper urbanisées  - et on arrive à Coonoor  ... Coonoor était , effectivement , de taille un peu plus réduite qu'Ooty  ; en outre ,  l'hôtel était en dehors de la ville , Dieu merci . Un hôtel dans un bungalow colonial - un chouïa restauré . ... et avec , Dieu merci  ! Enfin ! un joli champ de thé tout à côté . Et le jardin Botanique . C'était déjà ça ...

 

 

               

 

le champ de thé , à cinquante mètres de l'hôtel ... et les maisons de Coonoor , parsemées

le champ de thé , à cinquante mètres de l'hôtel ... et les maisons de Coonoor , parsemées

7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 11:59

 

 

 

             A Tiruvannamalai , où je devais rester deux semaines , j'avais demandé asile à l'ashram de Ramana Maharshi , le plus connu , et mon préféré ... Ils m'avaient répondu favorablement , par retour du courriel . Pour sept jours seulement , c'est , parait-il , la règle .    

             En arrivant , on me donne , dans un ensemble de bâtiments neufs , très jolis , entourés d'arbres ,  une chambre ; lumineuse , très grande , très propre , très monacale , donnant sur un joli balcon et des arbres  - le rêve ...

              Vouiiiiii . Mais , malheur ! Cette belle chambre , en fait , était à quelques mètres de la grand-route qui traverse Tiru et passe près de l'ashram . Et le trafic sur cette route ne s'arrête jamais ; or , l'Inde est un pays où les gens conduisent en klaxonnant un maximum , pour éviter d'écraser passants , chiens ou vaches ... La partie  haute de l'immense porte-fenêtre ne se fermait jamais  , et la moustiquaire qui l'obstruait avait surement un trou ... Un seul , pas grand , mais ça suffit ...

           Au bout de quelques jours , je commençais à être épuisée par les nuits de sommeil haché , grincements des freins des camions , coups de klaxon , les moteurs qui passent une vitesse avec énergie - et toujours un moustique , au moins ... J'avais l'impression de dormir sur la chaussée . Heureusement , le gentil Babu , qui tient une boutique Café Internet -Taxis- Rooms , presque à  l'angle de la rue qui mène à la poste , m'avait promis  de me trouver une autre chambre ; l'air de dire que rien n'était plus facile  . Une chambre tranquille ... Mais quand je me suis pointée pour visiter ladite chambre , visite que je lui avais annoncée la veille encore -  le gars qui tenait la boutique ( et qui n'était pas Babu ... mais qui lui ressemblait comme un frère un peu plus âgé )  a pris l'air étonné et  horrifié . Une chambre ? Quelle idée ?  Comment ,mais vous n'y pensez pas , demain c'est la Pleine Lune et toute l'Inde se retrouve à Tiru pour faire le tour de la montagne et célébrer l'événement ... ( et , bien sur , il avait raison : les soirs de Pleine Lune , une folie s'empare des pèlerins , qui sont dégorgés par cars entiers , et partent joyeusement , bruyamment ,  faire le tour d'Arunachala , pieds nus ou pas , répandant libéralement sur leur passage verres plastiques vides , emballages de biscuits , bouteilles d'eau , peaux de banane , et tout ce qu'on veut ... )

          Les premières secondes de choc passées , j'ai explosé . En plus , il me fallait bien une chambre puisque j'étais à la rue le lendemain .. les indiens n'aiment pas du tout qu'on les engueule , et encore moins quand c'est une acariâtre vieille femme occidentale qui s'en charge  . Le collègue de Babu était fort mal à l'aise , mais s'accrochait à sa version , comme s'il n'était pas du tout au courant ( ce qui , je l'ai compris plus tard , était bien le cas )  , et moi , je continuais à brailler  tant et plus - ça soulage ...  Enfin est arrivé Babu , l'air penaud .. Il avait , bien entendu , complétement oublié sa promesse .

             C'est alors qu'un français ( directement envoyé par le Seigneur d' Arunachala ! ) ,  qui , probablement , n'arrivait pas à travailler sur internet à cause du  vacarme de la dispute , a émergé de son écran pour  dire : vous cherchez une chambre ? mais il y en a une de disponible tout près ,en bas de la rue ;  c'est une vieille dame  qui les loue ... J'ai  couru . Oui , il y avait bien une vieille dame , oui , il y avait une chambre disponible  - et  quelle chambre ! J'en ai eu les larmes aux yeux de soulagement :  une chambre propre , même coquette ;  absolument calme , avec des murs blancs , vraiment blancs pour notre œil occidental à l'affut des taches suspectes qui agrémentent en général les chambres indiennes ;  des placards impeccables ; une chambre , certes minuscule,  mais j'étais seule ; avec une plaque de marbre faisant bureau ,  scellée dans l'embrasure de la fenêtre , fenêtre que je pouvais laisser ouverte toute la nuit ,  une grande fenêtre munie d'une moustiquaire sans le moindre trou , une petite salle de bains ...  la vieille dame était , comme l'avait dit le locataire ,  très gentille ; et j'ai seulement regretté qu'elle ne parle pas anglais . Une chambre au paradis  ! et le prix ? Trois cent roupies seulement . Je m'attendais à dix fois plus ...

          Ce Paradis donnait sur l' ashram , bien moins fréquenté que celui de Ramana , de Yogi Ramsumatkumar . Plusieurs saddhus en orange dormaient chaque nuit , tranquillement ,  dans la ruelle . Certains lisaient ou écrivaient ; ils acceptaient gracieusement l'aumône quand elle leur était faite , mais ne s'offusquaient pas si je n'avais rien à leur donner . Dans la maison de la vieille dame , un autre saddhu  faisait office de concierge de nuit : chaque soir , il déroulait sa literie sous l'escalier de marbre et s'endormait - du sommeil du juste , certainement ... - et ne s'affolait pas quand je le réveillait en partant à six heures du matin ...

           Petit à petit , au cours de la semaine qui a suivi , j'ai un peu vu comment fonctionnait ce quartier tranquille , presque petit-bourgeois , de petites maisons aux jardinets hyper entretenus ,  séparées par des ruelles proprettes ,   fréquentées par quelques pèlerins , des vaches bien portantes et des chiens calmes . Un parfum d'autrefois , une harmonie qui disparaît au profit de l'infernal trafic de la ville ...  Le matin , vers les cinq - six heures , les femmes commencent à balayer intérieur et extérieur ; le jour de la pleine lune , partout des kolams tout frais devant les portails ... ( mon atelier de chant commençait à six heures et demie , mais une ou deux fois j'étais si fatiguée que j'ai triché et suis partie plus tard ). Vers six heures et demie , sept heures , on entend un klaxon : c'est la moto du lait qui passe , chargée d'une grosse boille ; les habitants sortent sur le pas de leur porte , avec un récipient vide dans les bras ; le laitier leur mesure le lait tout frais qui mousse  ... des petits feux s'allument dans les cours , la matinée commence .  Une ou deux épiceries ; un repasseur qui prenait 7 roupies par vêtement repassé , avec un gros fer garni de charbons rougeoyants  ( le tarif me paraissait si faible que j'ai multiplié par cinq , le nombres de vêtements que je lui avais donné , la somme qu'il me demandait . Je ne me suis rendu compte qu'après qu'il m'avait bien donné le total ...  . )

       Eh ben , si je retourne à Tiru , je sais où je chercherai à me loger  ...

       

       

        

je n'ai pris les photos que l'après-midi , à l'heure de la sieste , et le jour de mon départ . Pour les kolams , il faut que je revienne l'année prochaine , la semaine de la pleine lune

je n'ai pris les photos que l'après-midi , à l'heure de la sieste , et le jour de mon départ . Pour les kolams , il faut que je revienne l'année prochaine , la semaine de la pleine lune

ma chambre était la deuxième à partir de la droite , dans la maison rose . Une fenêtre pour la chambre , une pour la salle de bains ...

ma chambre était la deuxième à partir de la droite , dans la maison rose . Une fenêtre pour la chambre , une pour la salle de bains ...

6 février 2018 2 06 /02 /février /2018 08:29

 

       

 

             Je rentre , avec un rhume : comme de bien entendu . Un rhume attrapé à Tiruvannamalai , tout le monde tousse et boit dans les mêmes verres de tchaï ... Une femme vraiment gentille , au nom musical ( Vina ) tout en me donnant une séance de Reiki  ( séance qui m'a fait du bien par ailleurs ) m'a dit qu'elle appelait ce genre de rhume , assez courant à Tiru :  " la fièvre d'Arunachala " .  Et me voilà donc toute contente en y pensant !

           Un rhume ...   entretenu pendant les dix longues heures d'avion - et  le fait de moucher-tousser sans arrêt n'adoucissait pas l'horripilation causée par plusieurs très , très gros ronfleurs devant et à côté de moi . J'ai pourtant profité du voyage pour regarder un film de Science-fiction , ou politique fiction , pas mauvais du tout , intitulé " What happenned to Monday " ( Qu'est-il arrivé à Lundi ? ) .

                Un rhume peaufiné sur le quai de la Gare de Lyon en attendant le TGV  ... Comme vous devez savoir , il neigeait à Paris hier ; c'était très joli , d'autant plus qu'un  jeune homme courageux  avait décidé de lutter énergiquement contre  le froid en jouant , pas mal du tout , des valses et des Polonaises de Chopin , sur le piano placé tout exprès là par la SNCF pour tromper l'attente des voyageurs . Un  piano généralement utilisé par des gamins qui font l'admiration de leurs parents en tapant Au Clair de la Lune . Un régal , donc , cette attente du TGV  ...  Mais , Saperlipopette , qu'il faisait froid ...

        Dans le train , ah , quel bonheur ! sièges moelleux et larges , atmosphère tiède ... Quelques minutes avant le départ , un SDF est rentré  ;  plutôt jeune , avec un gros sac à dos ,  il a commencé à essayer de culpabiliser les petits vieux , déjà tous confortablement installés dans ce compartiment de première ( j'en étais !) en faisant remarquer, avec un accent parisien à couper au couteau ,  que lui , il était au froid dehors à se les geler , pendant que nous étions installés  douillettement le cul dans nos beaux fauteuils . Trouvant qu'il avait raison , je lui ai refilé mes derniers euros ... On dirait bien que j'ai été la seule . A Tiruvannamalai , les gens sont , en général , plus généreux que ça - et il y fait moins froid pour les SDF . On leur distribue un repas , riz et légumes ,  une fois par jour , dans les ashrams ...   

        Je vous laisse , mon nez coule ..  j'ai prévu une journée cocooning , même s'il ne neige pas ici . Je vais finir un livre de voyage délicieux d'Alexander Prater intitulé Chasing the monsoon ,( à la poursuite de la mousson )  écrit un  peu dans le style plaisant et léger de Jérome K. Jerome  - même s'il date des années 1990 ; l'auteur part observer l'irruption bienvenue , enthousiasmante , exaltante , de la mousson du mois de Juin ; du Cap Comorin au Nord , passant par Goa et Cochin ... J'ai déjà presque envie d'y retourner !

 

 

 

 

Chapitre 2258 : la fièvre d'Arunachala
26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 12:10

 

 

                         Me voici , pour terminer le voyage , a l'ashram de Ramana Maharshi . Avec des doutes considerables  : depuis un certain temps ,j'ai carrement abandonne leur voie spirituelle , qui consiste , pour se debarrasser de l'illusion que l'ego a une quelconque realite ,  a se demander avec constance : " Qui suis-je ? " . Abandonne , parce que , sans aucun doute , j'ai un esprit du genre paresseux ; ou peut-etre aussi que cet esprit est plutot du genre contemplatif et pas interesse par le pourquoi des choses - d'ailleurs , enfant , je n'ai jamais demonte mes poupees pour en voir l'interieur -  ; ou encore ,ayant une fois constate ( mais brievement , certes ! )  que l'ego , effectivement , etait une construction mentale totalement illusoire ,je me contente maintenant de regarder les pensees et les emotions passer ... et de laisser cette personne ( moi ! ) etre poussee de ci de la par le vent des desirs ( je suis justement allee  me commander des tuniques dans une association d'aide aux femmes . Hum , une bonne action ? mais si leurs tissus avaient ete moches et pas ravissants comme ils l'etaient , aurais-je commande deux tuniques illico , tout en meditant d'en commander une troisieme si leur travail etait reussi ... )

                             Donc , je me sens un peu mal a l'aise de profiter de l'ashram , sans vraiment suivre leur chemin . Pourtant , des que je m'assieds dans la grande salle ou est le mausolee de Ramana Maharshi , la culpabilite et le mal-etre s'envolent - j'ecoute le recitatif des Vedas et des prieres chantes par les brahmanes , je fais , comme tout le monde , le tour du mausolee en me concentrant sur ... rien ; ou sur l'observation des pensees , ou encore sur le  sari eblouissant de la personne qui marche devant moi ... et la legerete et la joie s'installent de nouveau dans ce moi en forme d'eponge ...

 

 

 

19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 10:53

( eh oui , fichu clavier anglo-saxon , ni accents ni cedilles , et les lettres qui se rassemblent sous mes doigts a la mauvaise place ... encore deux semaines a souffrir ... desolee !!! ) 

 

 

        Oui , c'est toujours un bonheur d' etre la ... L'air le long de la Promenade est toujours clair et vivifiant , on sent qu'on fait une cure de sante - enfin ! -  La lumiere radieuse de l'apres -midi joue  toujours joyeusement sur les vagues et les gros rochers noirs mouilles ; les chiens errants se nichent toujours pour la nuit dans le sable moelleux ; les Pondicheriens  viennent toujours admirer la mer  gaiement , en famille , ou seuls , ou entre copains et copines ... et moi aussi .

             Qu'est-ce qui a change ? Encore plus de gens qui font leur gymnastique matinale avec l' air terriblement serieux et presse ; les jeunes filles sont vetues de facon plus decontractee qu'avant ( presque negligee!  j'admirais toujours leurs merveilleux vetements , saris ou salwar-kameez , aux couleurs vibrantes et delicates  : cette fois , j'en ai vu plusieurs en short , ou en tenues de jersey grisou noir  de sportives ; d'autres encore ne font pas la distinction entre joggings et pyjamas , on dirait qu'elle sortent juste du lit ... ) . 

            Les trottoirs sont de plus en plus defonces : la municipalite fait le choix de restaurer splendidement des batiments anciens , ce qui n'est pas mal , mais semble avoir completement abandonne la partie en ce qui concerne ces trottoirs , souleves et tordus en gros morceaux par les racines des beaux arbres qui ombragent les rues dela ville coloniale . Donc , on marche toujours sur la chaussee ...

         Quoi d'autre ? De plus en plus de magasins de modes genre jeunes createurs , de plus en plus de restaus style francais - ou tout au moins on l'espere ; de plus en plus de francais aussi , justement ;  des habitues , qui perorent comme vous et moi ( surtout comme moi !) , ce qui fait  qu'on se croirait quelquefois dans le Quartier Latin .Eh oui , comme dit le guide Lonely Planet ,  Pondichery est a la mode  pour les bobos ... 

      Au Samadhi , pourtant , le grand albizia semble en mauvaise forme :. Il faudra sans doute planter un arbre nouveau bientot ... je suppose qu'il a au moins cent ans , ca prendra du temps . Bah ! On a l'eternite ...

 

         Mais mais mais mais 

          ce qui n'a pas change non plus 

                          et que j'ai retrouve hier soir avec un plaisir infini 

                   c'est le cours de gymnastique pour les seniors , qui precede la meditation collective au Play Ground ( le terrain de sport au sol sableux ... ) les ashramites ages ont toujours autant de bonne volonte et aussi peu de souplesse pour executer les ordres donnes de facon toujours aussi martiale par le moniteur .        Je les ai regardes avec tendresse , en les remerciant interieurement de tenir bon ... 

 

 

18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 11:49

 

        Et voila ! deja quinze jours de voyage a deux ... je vous raconterai en details un peu plus tard , quand je serai rentree a la maison et que je pourrai vous montrer les photos . Nous avons fait un tres joli periple depuis Bangalore : Bangalore  , qui doit compter dans les dix millions d'habitants ; l'aeroport est splendide , de luxueux parterres de poinsettias roses , blancs et rouges , des voies de degagement paysagees et fleuries - mais , aIe ! des qu'on arrive vraiment dans la ville ,  question pollution sonore et visuelle , c'est un avant-gout de l'enfer.. J'avais programme le pire de l'Inde d'abord , esperant que Philippe apprecierait la progression vers le paradis Pondicherien  . Hum ... heureusement qu'il aime la nourriture d'ici , voila deja un ecueil passe ... De l'odeur d'essence au bon air des montagnes , de Mysore a Punnar , de Madurai a Tanjore ... Les commentaires de mon cher et tendre ont ete varies mais pas toujours favorables , et je sais qu'il s'est censure ...Alors , quel bonheur pour moi  de retrouver Pondichery , ses rues presque proprettes , le calme et la paix de la meditation matinale pres du Samadhi !

 

 

 

4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 02:07

 

      Ce type , Raphaël Pitti , était venu , il y a un mois à peu près ,  à l'émission " 28 minutes " ; et son intervention était vraiment chouette . Il revenait  tout juste d'un court séjour au Bengla Desh , ( c'était au moment où tous les médias s'indignaient vertueusement de la situation des Rohingyas ) et disait qu'on n'avait vraiment pas de leçons à  donner en ce qui concerne l'accueil des migrants  ... Si j'ai bien compris , il avait soutenu " en Marche " jusque là . Ha !

 

http://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/jattends-un-geste-fort-envers-les-migrants-le-m%c3%a9decin-qui-avait-refus%c3%a9-la-l%c3%a9gion-dhonneur-re%c3%a7u-%c3%a0-lelys%c3%a9e/ar-BBHPCS3?li=BBoJIji&ocid=UE01DHP

 

 

1 janvier 2018 1 01 /01 /janvier /2018 07:56

 

 

 ( qui n'est pas la dernière , il y a encore des choses que je veux changer ; rendre le personnage qui marche plus adulte , notamment , puisque mes peintures s'adressent à des " adultes " . Et puis , cette peinture a une tonalité verte - mais peut-être parce que j'ai pris la photo à la lumière électrique  .  Pourtant , je suis contente de l'expression des personnages . C'est bien la première fois  depuis quarante ans que je prends autant de plaisir à retravailler un même thème . Ceci dit ,  il faudra peut-être que j'attende Février  ! )

 

 

 

 

Ah oui , quand à la chouette ( chevêche ! ) je l'ai piquée sur le dernier numéro de La Hulotte ... Ce journal , quelle merveille ...

Ah oui , quand à la chouette ( chevêche ! ) je l'ai piquée sur le dernier numéro de La Hulotte ... Ce journal , quelle merveille ...

1 janvier 2018 1 01 /01 /janvier /2018 07:08

         Tous les vœux de la version précédente , mais ils sont inclus dans celle-ci  ( vous suivez ? je sais , l'est encore tôt , ce matin ...  ) . En tout cas , c'est vraiment l'ancrage que je me souhaite ...

    Eh oui , il est encore un peu tôt , mais tout de même , sept heures passées !   Notre Hermione est en train de clamer ses bons vœux au voisinage, faisant le tour des vignes  en aboyant au vent ( pour chasser des sangliers ? le renard , attiré par les poules des voisins de gauche ?  ) . Quelle belle voix de barytonne lyrique !  Mais je ne sais pas si les riverains apprécient comme il se doit - heureusement , les autres maisons sont loins ; et notre voisin le plus proche , qui a quatre-vingt -ans sonnés , n'entend pas , nous a t'il dit .)

 

Aho citta katham bhrântah

Pradhâvasi pishâcavat

Abhinnam pasya câtmânam

râga tyâgâtsukhî bhava

O mind, why are you so deluded?

Why do you run about like a frightened ghost?

Become aware of the indivisible Self!

Be rid of attachment; be happy and free!

 

Mon esprit , pourquoi es tu victime de l'illusion  ?

Pourquoi cours-tu partout , comme un fantôme épouvanté ?

Sois conscient du Soi , non divisible

Sois délivré de l'attachement ; sois heureux et libre !

 

 

1 janvier 2018 1 01 /01 /janvier /2018 05:41

 

 

 

             Puisse cette année 2018 être : 

 

 belle et douce ,

                         paisible ,

 

  joyeuse ,       passionnante ,     fantasque ,

 

                   magique ,

rigolote ,       chaleureuse ,

 

 

 

         et puis tant qu'à faire on fait des vœux pour tout le monde , non ?  :

 

          LOKAH SAMASTAH SUHKHINO BHAVANTU

                                 Puissent tous les êtres se sentir heureux

 

 

( un peu de musique bien de chez nous , pour changer des mantras ... ou plutôt en retrouver d'autres ! )