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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 12:53

 

        Je veux ,   pour le marché de Noël , encadrer quelques aquarelles .  Ca a beau être bon enfant et amical ce marché de Noël , comme je suis perfectionniste , me voilà facilement au bord de l'hystérie . En outre , ce matin , au réveil , toutes les injonctions parentales négatives s'étaient donné la main pour me tomber dessus et m'enfoncer d'un seul bloc  ; il m'a fallu quelques bonnes minutes de yoga ( les étirements et torsions , bras grands ouverts , ouvrant la région du cœur ,  font merveille)  ... suivies de quelques minutes  de respirations en posture assise  , sous le regard  de Ma Ananda Mayi , de Mère , de Mooji et de Neem Karoli Baba , et de Mooji encore .. pour retrouver la paix ,  et envoyer lesdites injonctions parentales  dans les poubelles de l'histoire , de mon histoire ...

               Reste , que j'estime normal de faire de mon mieux .  Alors , cutter , crayon , règle et scotch double-face en main -  en avant pour la folie , les coups d'énervement et de colère à nouveau ... Bon , là , c'est la pause ! OM ! 

 

 

 

8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 08:35

 

 

             Au moment de mettre le titre , je ne trouvais plus le terme exact , qui vient du patinage artistique . Je crois que ç'aurait été mieux d'écrire : patinage en couple , figure libre . Mais , bon , c'est fait ...Quand à l'interprétation , beaucoup sont possibles .  J'ai d'abord pensé au couple dont je suis partenaire : comme beaucoup de femmes , je regarde , enchantée ,  vers l'extérieur et le vaste monde ; mon cher et tendre est plus prudent - ou parano ...   je pars en Inde prête à m'ouvrir avec enthousiasme à ce monde indien . Lui , qui fut commandant ultra efficace et compétent d'un immense  , d'un énorme bateau-usine  ,  maugréé contre la mentalité des indiens , d'après ce qu'il a ressenti quand il travaillait avec eux ; sans que je comprenne très bien ce qu'il leur reproche ( on peut imaginer plein de choses , toutes justifiées chez certains : ils peuvent être pointilleux , tatillons , très lents ,  corruptibles , ou négligents , entretenant très mal leur matériel  ...  Nous sommes allés à Marseille pour poser nos demandes de visas , le questionnaire de Philippe était mal rempli , il avait oublié de mettre les prénoms de ses parents !  et n'a pas été accepté par le fonctionnaire . Il a du le recommencer en entier , puis le renvoyer en recommandé à l'ambassade ...)  

           Puis j'ai pensé , en terminant la peinture hier , au couple formé par la copine avec laquelle  j'ai psalmodié du sanskrit hier , et son mari . De ce que j'en ai ressenti , cette image peut tout à fait leur correspondre .

          Et enfin , m'est venu le couple masculin-féminin à l'intérieur de ma propre psyché , reflet du couple de mes parents ... Et c'est l'interprétation la plus vraisemblable . En fait , la seule possible ,puisque je connais , un peu , les tendances à l'intérieur de moi ; mais n'ai , forcément , de toute autre personne que moi-même , qu'une vision schématique ,  tronquée ,  faussée  , figée ...

 

 

Chapitre 2251 : figure de couple

 

 

           Et ...  je suis en ce moment très touchée  de voir Philippe potasser l'histoire de l'Art indienne . En prenant des notes !  Ca lui ressemble beaucoup , de faire ça ; mais voilà que je replonge dans mes peurs ( il est cardiaque , pourvu que ça ne le fatigue pas trop ; il a l'estomac délicat , pourvu que la nourriture lui convienne ; et surtout , surtout , surtout , je ne lui propose qu'un voyage touristique lambda , où  nous ne verrons pas les plus grandes merveilles -  ni Hampi , ni Ajanta et Ellora , ni le cap Comorin ... ) . Allez , ne te noie pas dans tes peurs : n'oublie pas que ça n'est jamais toi et lui qui avez décidé , qui gérerez  ce voyage , mais Cela .

 

                                                           HARI OM

TAT SAT 

 

 

7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 06:17

 

 

            Eh beh ... à peine Jean d'Ormesson venait-il de quitter notre monde , à peine les chroniqueurs affutaient-ils leurs plumes pour faire son panégyrique ,  que Johnny l'a battu au poteau ... hier soir , impossible de regarder quelqu'écran télé que ce soit sans tomber sur l'Inévitable , un vrai raz-de-marée  pour expliquer à quel point il était extraordinaire , un type merveilleux un artiste fabuleux un grand cœur j'en passe    . Même sur Arte ... Fans de la première heure , plutôt touchants ,   intellectuels snobs qui veulent prouver qu'ils ont l'esprit et la culture larges .  Et moi ? qui ai vécu une enfance décalée sans télévision sans radio , qui  n'ai jamais réussi à lire plus de quelques pages de l'écrivain sans que le livre ne me tombât des mains* , jamais réussi non plus à écouter plus de quelques secondes du chanteur  sans me précipiter  pour couper le son ... j'en étais extrêmement agacée . 

       Si bien que  je me suis réfugiée dans les déclinaisons sanskrites , qui , je l'espère , vont par miracle s'engranger dans ma mémoire paresseuse ... ( Je lis en ce moment  le pavé de Vassili Grossmann  , Vie et Destin , mais ne peux le prendre qu'à toutes petites doses d'amertume et de désespoir ) . Bon , j'exagère , j'ai regardé un moment TMC  , il y avait un joli montage de photos d'actualités  sur des bribes de chansons que , même moi , je connais ... je ne me souviendrai que de la photo des époux Balkany ,  " Les portes du pénitencier ... "

 

* j'espère que mon subjonctif est bien placé , là ?  et bien conjugué ? J'ai essayé de me hisser jusque dans ces sommets  ... quant à la tournure de phrase ,  j'ai vérifié sur le Dictionnaire de l'Académie , http://www.academie-francaise.fr/sans-que 

 

 

 

 

 

6 décembre 2017 3 06 /12 /décembre /2017 06:42

 

 

 

         Aujourd'hui , je vais rendre manger chez mon amie R... ,  dans son merveilleux hameau cévenol . Ce que je n'aime pas tant que ça  ,  parce  que j'ai l'impression qu'elle déteste préparer un repas  ; j'aurais , et de beaucoup ,  préféré l'inviter à la maison  ... mais elle a beaucoup insisté .   R...  est le genre de personne qui dit ,  et plus que vivement ,  ce qu'elle ressent . Depuis plus d'un an  , elle ne conduit plus : ses enfants , adultes ,  jugeant sa façon de conduire dangereuse , lui ont interdit de conduire . Pour ce faire ,  ils se sont contentés de ne plus la seconder  pour amener sa voiture , qui avait besoin de réparations ,  au garage  . Le mas où habite mon amie est imbriqué dans les mas de ses enfants , comme c'était l'habitude dans les merveilleux hameaux cévenols .  Le tout , perdu dans les bois ;  et si tu n'as pas de voiture , et si tu marches mal ... vaut mieux apprécier la compagnie des arbres  . A 100 % .  Elle  ,  emberlificotée dans ses propres dépendances ,  veut leur faire plaisir , mais  hurle aussi ... vivant cette interdiction  le plus mal du monde  ; elle parcourt avec intensité  toute la gamme ,  de la souffrance au désespoir , du sentiment d'être trahie à la  colère ... C'est du moins cela qu'elle partage avec moi : je ne sais pas comment elle se comporte , ce qu'elle leur dit ,  quand elle est en leur compagnie . Peut-être ma visite lui sert-elle d'exutoire ...  En tout cas ,  depuis  qu'elle ne peut plus conduire sa voiture à sa guise , la voilà qui marche de plus en plus mal , tombe de plus en plus , a de plus en plus mal au dos ,  se cloître toute la journée chez elle sans faire trois pas dehors ,  et garde farouchement auprès d' elle sa petite chienne , que lesdits enfants préféreraient  voir gambader en liberté avec les autre chiens du mas ... question d'empathie pour les animaux .  

          Ce matin , au réveil , je pense à ma maman : au moment où nous  lui avons dit , fort gentiment , qu'à notre avis , il fallait qu'elle s'arrête de conduire ( sa vue baissait de plus en plus ) .  Quel bienheureux sentiment d'être raisonnable j'éprouvais en lui disant ça  ! Par contre ,  je n'éprouvais pas de profonde empathie : et c'est seulement maintenant , en voyant R. ,  que  je me rends compte de  tout ce qu'implique le fait de ne plus conduire .

          Maman aussi a du souffrir de cette perte d'autonomie  . Mais sans parler ; sans se plaindre abondamment comme le fait mon amie .  Egalement , Maman gérait tata , paralysée , et les gardes-malade ; et finalement , c'était ça la principale cause de souffrance pour elle , de voir tata paralysée qui ne se plaignait pas (mais qui pleurait quelquefois , peuchère ) , et les difficultés qui en découlaient  . En tout cas ,  maman refusait de se plaindre à voix haute ; mais je me souviens que la tristesse suintait d'elle par tous ses pores ; ce qui  m'était d'autant plus insupportable que ça renouvelait un ressenti de l'enfance  . Mais ladite enfance ,  après m'avoir  complétement muselée, aliénée et ligotée ,  avait bouché mes oreilles d'adulte , et j'étais alors trop occupée à garder moi-même la tête hors de l'eau  pour avoir en réserve un surplus d'empathie pour la situation de maman ... je l'aidais de mon mieux ; qui n'était , à ce que je juge aujourd'hui , guère . En plus ,  Philippe , à qui j'avais rabattu les oreilles , tant et plus ,et pendant des années , à propos de mes souffrances de petite fille , par rapport à l'extrême  sévérité de maman ,  son côté à la fois implacable et insupportablement égocentriste , Philippe , donc ,  n'était pas précisément cent pour cent bien disposé envers sa belle-mère .  Quelquefois furieux de peur que je  ne me laisse envahir au point de  retomber malade ; quelquefois jaloux ; pourtant , il était soucieux également d'aider , de son mieux , une vieille dame à garder dignité et autonomie le plus longtemps  possible ... et moi ,  j'étais toujours  déchirée entre mon rôle de compagne et mon rôle de fille  . Misère de misère ... Quelle époque difficile . Et , telle que j'étais à l'époque , la seule certitude c'est que je n'ai pu faire ... que ce que j'ai fait .

        Mes sentiments pour maman , les sentiments de mes sœurs pour maman , tout cela , produit du  passé , amour et blessures et vieilles  rancunes ,   était si terriblement  imbriqué , tout comme les maisons cévenoles .   Alors , c'est peut-être  maintenant ,  quand je vais voir R. , maintenant seulement que je peux m'ouvrir , à petites doses , à la souffrance de R. , et évoquer - peut-être ! les sentiments vécus par quelqu'un qui perd son autonomie . Un peu d'empathie ;  c'est le temps  pour moi .  Quand à ses enfants , qui doivent être , eux aussi ,  douloureusement imbriqués dans leurs sentiments contradictoires  - comme je l'étais à l'époque où vivait  maman ... - je ne peux avoir , comme pour R. , comme pour ma maman et ma Tata Lili , que compassion pour eux .  

 

 

 

N.B :  je ne sais pas si j'utilise vraiment le mot empathie à bon escient ; je viens de lire cet article de Mathieu Ricard , sans en être mieux éclairée ! ... Tout est question de définition .  

http://www.matthieuricard.org/blog/posts/empathie-altruisme-et-compassion-1

 

 

 

2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 16:47

 

 

           Nous avons été voir " La Villa " hier soir . Le dernier film de Guédiguian . Pour se faire une  nostalgie des calanques ,  de la lumière là bas  ... C'est un joli film - bien que je l'aie trouvé un peu long . Mais je ne dis certainement pas qu'il faudrait élaguer !

        Le coup de vieux , je l'ai eu parce qu'à  l'intérieur du film , on nous passe un petit bout d'un film bien plus ancien - avec , bien sur , Ariane Ascaride , Robert Daroussin , et le troisième acteur j'oublie toujours son nom . Ils étaient splendides - il y a trente ou quarante ans ... Ils le sont toujours , bien sur ; mais dans un autre genre .  Et de les voir , c'était comme de voir ma jeunesse à moi , en deux minutes ; et de constater , de ce fait ,  qu'elle a définitivement disparu .  Boudiou  ! Mais que ces corps  ont vieilli ! ... celui d'Ariane moins que le mien , c'est visiblement une fille qui prend soin d'elle-même , normal pour une actrice , je suppose .  Du coup , dans le film ,  voilà  qu' un petit jeune lui fait du gringue .  Même si c'est le genre ravi de la crèche qui a eu le coup de foudre pour  Ariane depuis qu'il l'a vue jouer La bonne âme du Sze Chouan . Mais non , qu'est-ce que vous croyez , ça ,  je ne l'envie guère ;  d'ailleurs  , si j' y réfléchis bien , je n'aime pas trop Bertholt Brecht . Ou encore , si , je l'envie : parce qu'elle peut visiblement rentrer dans un pantalon taille 38 .

          Mais de toutes façons , ce qui est certain  , c'est qu'elle n'a plus vingt ans ... Et moi  , non plus . C'est passé , bien passé ... Et quelquefois , j'ai l'impression d'avoir loupé quelque chose . Juste une impression qui passe , un méandre de la pensée de cet instant  .

         Mais tout de même , c'est un joli film ...

 

 

        

Chapitre 2249 : on rajeunit pas
1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 10:17

 

 

              Une peinture à laquelle je n'ai pu encore trouver de titre , un reflet de quelques peurs et découragements  ... ce cinglé de Trump avec ce cinglé de coréen , Kim Jong machin ... Le glyphosate à nouveau autorisé ... et caetera , et caetera . Ca me fait du bien , dans ces cas là , de me dire que j'habite près de la forêt , de la sauvagerie , de la garrigue .

        Enfin , hier , j'ai pu bien jardiner , deux bonnes heures jusqu'à ce que le froid commence à serrer mes os de ses doigts glacés ... ( tiens donc , si on écoutait Purcell ? ...) : nettoyer la grande bande d'iris entre la maison et la route et y répandre du compost , tailler les rosiers contre la maison .  Aujourd'hui  , au début de l'après-midi ( quand il fera meilleur , d'ailleurs , le soleil tiédit déjà la terrasse  ! ),  je m'occuperai de ceux qui sont au bord de la piscine ( j'ai encore le bout des doigts bien abîmés ; donc je ne m'attaquerai aux plates-bandes au milieu du jardin - où il faudra grattouiller dans la terre argileuse -  quand ça sera mieux cicatrisé . Rien de grave , mais c'est handicapant ! )

    Et ensuite ... je commencerai à faire la crèche ! On va pas se priver du bonheur de la régression ! Et puis , si je ne me sens pas "catholique ", j'ai envie de participer dans la célébration  de la Lumière , qui poindra à nouveau au cœur de l'hiver ; tout en renouant avec mes racines de l' autre côté du Rhône ...

 

 

Chapitre 2248 : diverses protections contre mes peurs
30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 09:05

 

 

              Je n'avais jamais trop fait attention à ça , et en outre je suis d'une nature confiante . Mais je préfère toujours les vêtements en fibres naturelles , coton , lin ou laine ;  j'ai déjà acheté des vêtements  d'adulte à Monoprix , ou d'enfant chez OKAïDI : il y  a un joli magasin à Alès , et c'est moins cher que Sergent Major .

          Et puis ... J'ai regardé Cash Investigation l'autre soir . Je sens que je vais m'abonner , c'est toujours bien fait et passionnant , et j'apprécie assez le côté fox-terrier ( ne jamais lâcher sa proie ) d'Elise Lucet ... Laquelle a l'air un peu fatiguée ; je lui souhaite tout le bien du monde .

         Bref ... Il y a quelquefois , sur les vêtements en coton , une très jolie étiquette verte : label BCI . Pour résumer en trois coups de cuiller à pot : c'est du pipeau .

           Le Label BCI est tout simplement une façon pour nous ,  consommateurs ,  d'entretenir une équipe de prestidigitateurs et de magiciens ; le siège est à Londres , la directrice ravissante et bien habillée ... Ils  sont censés vérifier que le coton utilisé pour les vêtements qu'ils " garantissent " fait du bien à la planète ,  fait du bien aux agriculteurs , ce genre de chose quoi . Merveille de la magie  ! Grâce à ce joli label , du coton produit n'importe comment , ou presque , devient  du coton écolo .

        Parce que l'équipe de Cash Investigation a été vérifier sur place ... notamment en Inde , où ils ont joui d'une relative liberté pour enquêter , mais aussi au Bengla Desh . ( Hum , en Ouzbékistan c'est pas vraiment possible ! )  La culture du coton est faite avec les pesticides habituels , répandus avec générosité .  Le cultivateur  indien  raconte comment les vérificateurs de BCI passent dix fois moins souvent que les vérificateurs de coton BIO ; ce qui est bien pratique , car grâce aux graines OGM et aux pesticides , il a deux récoltes par an au lieu d'une .  Quand au fil de coton utilisé :  dans les filatures au Bengladesh  , tous les cotons sont méli-mélangés , qu'ils viennent de l'Ouzbékistan ( travail forcé , travail des enfants ; mais pas d'étiquettes sur les ballots qui viennent de là bas ... ) ou d'ailleurs ... quand aux  petites ouvrières , aux gamins qui travaillent dans les filatures du Bengla Desh  , ils jouissent de conditions de travail tout aussi abominables que vous pouviez vous l'imaginer .

      Et en plus , depuis la création de ce label BCI , la production de coton Bio a chuté en masse !

    J'ai cherché " label BCI " sur Google - que c'est joli que c'est joli !  J'ai trouvé cette citation sur le site https://www.chainpoint.com/fr/references/bci-le-coton-durable/

" ... La Better Cotton Initiative (BCI), fondée en 2009 et lancée par quelques organisations visionnaires, dont Adidas, H&M, IKEA, Oxfam et WWF, vise à améliorer les moyens de subsistance et le développement économique des régions, productrices de coton, et de réduire les effets négatifs de cette production sur l’homme et l’environnement, en assurant l’avenir du secteur. Le but est de limiter des pratiques de protection des cultures néfastes pour l’environnement, mieux gérer les quantités d’eau utilisée, réduire les impacts sur la fertilité des sols et d’éviter le travail des enfants ou le travail forcé. "

 

         Si je me souviens bien du film , il y a également Carrefour et Monoprix , d'autres grands philanthropes " visionnaires " ( youpi ! )  ... Mais  tout de même , j'avais confiance dans OXFAM et WWF . Z'ont rien vérifié ces cons !

          Conclusion ... Tirez la vous-mêmes , bien sur . Et si jamais vous avez le temps de regarder l'émission en entier , c'est pas piqué des hannetons ...

 

 

 

26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 20:48

         

 

               La grande Foire aux plantes de Saint-Jean , qui ne s'appelle d'ailleurs pas comme ça mais quelque chose comme " Journées de la plante et de l'arbre "  a toujours lieu  le dernier week-end de Novembre . On y vient de loin , marchands et clients , et c'est une visite exaltante  - à condition de pouvoir garer sa voiture , telle est l'affluence  ...   Cette année , la Divine Providence dans son infinie bonté m'a fait cadeau , pile poil quand j'arrivais , d'une place sublime , pas trop loin de l'entrée - juste avant le pont ... Quand je l'ai quittée , deux automobilistes étaient prêts à en venir aux mains pour se la disputer :  je les ai laissés se débrouiller .

         J'ai été hyper raisonnable . Je ne me suis laissée tenter , ni par les plantes grassese et les cactus ,  ni par les pivoines , ni par les sauges ( ah ! les  grandes sauges indigo , si gracieuses ... et celles qui sont mauves-et-blanches ...  mais je sais , par expérience ,  que le sol argileux du jardin de fleurs ne leur convient pas .)  ni - grands Dieux ! - par les rosiers ...  Je n'ai acheté que : premièrement , un seul sachet de graines de coquelourdes blanches - le semis que j'en avais fait l'année passée a complétement raté , mais j'ai droit à une deuxième chance ... Ensuite , des boucles d'oreilles chez une charmante jeune femme qui les crée ; elles sont ornées de deux pierres de lune ,  dans un style Heroic Fantasy tout à fait délicieux . Puis , un pichet de céramique bleuté , parce que le pot à café du matin déborde toujours et Philippe lui-même m'a suggéré de le remplacer ; et enfin , un pied de cassis , comme j'en avais l'intention première .  J'en aurais bien pris deux ( et ce soir je serais en train de me creuser la tête pour savoir où diantre replanter ce  deuxième pied de cassis , parce que je n'ai plus de place au jardin )  Parce qu'il ( elle ? ) était exquisément baptisé Titania ; mais je n'avais plus de sous ... D'ailleurs ,   le Songe d'une nuit d'été , au titre enivrant comme le parfum d'un chévrefeuille , n'est pas du tout ma pièce  Shakespearienne préférée ;   je crois bien que je  me suis endormie chaque fois au milieu , c'est long , long , long ...

          Bref ! J'avais rendez-vous avec France , que je n'avais pas vue depuis longtemps , pour grignoter sur place ;  suis partie ensuite prendre le café avec R. qui se sent seule et déprime le week-end . Ces personnes âgées qui dépriment le Dimanche ... Ma marraine était déjà comme ça , la pauvre ,  dés le moment où elle s'est trouvée à la retraite , se désespérant de la terrible solitude du Dimanche après-midi . Et moi ,   j'avais vingt , trente , quarante ans de moins , j'habitais à cinq cent kilométres d'elle , et je ne trouvais aucun chemin susceptible de l'aider . ( en trouverais-je un , maintenant ? pas forcément  ... la seule solution , me semble-t'il , est : soit , d'aller voir un psy ; soit , de pratiquer la méditation , donc d'apprendre à ne pas se laisser prendre au piège de ses émotions , et ça me parait toujours un peu indélicat d'asséner ça à quelqu'un qui souffre ...  )  Peut-être ma marraine se sentait-elle moins désespérée après mon coup de fil hebdomadaire du Dimanche après-midi ; je n'en ai jamais rien su . Mon moral à moi , en tout cas ,se retrouvait  recroquevillé dans mes chaussettes , une Méga Culpabilité était assise sur ma tête à me donner des coups de marteaux - je m'en souviens .

          Il s'est mis à faire bien froid , dés le début de l'après-midi  .. Rentrée chez nous , j'ai planté facilement, rapidement ,  Titania  au potager ;  les doigts et les oreilles glacés . En tout cas , j 'espère qu'entre le pied de cassis et les boucles d'oreille , la Reine des Fées , ou une de ses suivantes ,  enfermée dans un tronc d'arbre sur ma dernière peinture , va pouvoir se manifester dans toute sa splendeur malicieuse ...

 

 

 

 

25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 07:04

      

 

 

       Rêve : je dois expliquer ,en anglais , à deux esclaves dont l'une métisse , la façon de faire cuire un homard . C'est difficile mais j'essaie de faire ça de mon mieux . Le homard est vivant ,  une ou deux de ses pinces sont immobilisées par du scotch ( j'ai vu ça sur des images ) mais il se débrouille pour pincer douloureusement le bras mince de la métisse .

        Eh bien , si je me mets à raconter mes rêves dans ce blog , ça va bientôt ressembler au Journal des rêves d'Abeille Loinvoyant ! ( je suis en train de lire avidement le dernier tome paru de Robin Hobbs ) . Le homard du rêve est vivant ; et bien sur , dans la réalité  je ne fais jamais ça , je ne vois pas pourquoi j'infligerais à cet animal une souffrance qui doit être abominable  : moi , je détesterais être jetée dans une casserole d'eau bouillante , ça doit faire très mal ...  

          Hier , j'ai passé la journée à Avignon . Mon amie était toujours fatiguée , un peu moins que la dernière fois ;  j'avais apporté du poisson ( il y a un bon poissonnier au marché d'Anduze ) que j'ai fait cuire pour nous deux . Elle ,  d'ordinaire tout amour et patience quand elle parle de ses petits enfants  ,  semblait être plus qu'agacée du comportement de l'une  de ses petites filles , déjà bien adulte ,  qui gère fort mal sa vie pour l'instant . Je lui faisais remarquer qu'une personne évolue , que ça prend du temps ,  qu'on ne peut juger de la vie de cette jeune femme pour l'instant . En discutant plus loin , nous avons compris l'une et l'autre que ce que mon amie trouve déplaisant , c'est que la jeune femme rend toujours l'univers responsable de tout ce qui lui arrive et qu'elle ne peut supporter . Et , pour une fois , j'ai rendu grâce à ma propre mère , qui me rabrouait péniblement mais m'a bien éduquée , là ( ne dis pas que c'est mauvais  , dis que toi , tu ne l'aimes pas ) .

        Ensuite , je suis rentrée ( déjà un peu tard ,  j'ai fait la dernière partie de la route  de nuit ,  je déteste ça  ) ; en arrivant , l'accueil d'Hermione était délirant d'affection , comme d'habitude ;  celui de Philippe plus distant - comme d'habitude . La radio était en train de pérorer bruyamment ... ce que je trouvais très agressif . La table de la cuisine était jonchée de tiges de persil démesurées en train de se faner  . Tout en recoupant les tiges et en les dressant dans un verre d'eau , j'ai reproché à Philippe d'en avoir pris au marché ( mais en y réfléchissant , ce qui me heurtait vraiment  , c'est qu'il les laissait se faner )  . Il était blessé et furieux ; nous avons eu une petite explication . Je suis coutumière du fait : quand je rentre fatiguée , je lui reproche tout ce qui me heurte ; lui , se renferme ,  ne me demande jamais comment je vais . Nous redevenons , ensuite , plus chaleureux l'un envers l'autre . Ah , je commence à comprendre  qui est , quelle partie de lui ,  de moi , est symbolisée par ce malheureux homard dans sa carapace ,  destiné à être brûlé vif .   Les deux esclaves sont dressées pour le considérer  comme un simple matériau de cuisine , pas comme un être vivant .  Et moi  dans le rêve , qui m'acquitte de mon " devoir "  sans protester ...  Comme on a dressé autrefois , dans l'enfance , aussi bien mon cher et tendre que moi-même à ne pas manifester nos sentiments ... Allez ,  de toutes façons , nous ne mangerons ni homard ni foie gras pour Noël .

 

*

   

    Eh bien , me voilà lavée du rêve , et de ce qu'il me disait , le cœur léger  ... je peux accueillir avec chaleur mon compagnon qui se réveille ,  je peux maintenant repenser tranquillement , joyeusement ,  à la beauté du trajet en voiture jusqu'à Avignon hier matin . Il pleuvotait , mais à peine , et le gris du ciel couvert faisait chanter les couleurs . Le paysage change et ondule sans cesse . Tout au long,  les vignes ; certaines encore avec leurs feuilles ,  couleur d'abricot clair , chaud et délicat ;  et quand les feuilles sont tombées , c'est beau encore : les ceps et les branches  gris violacé , clair ou exquisément sombre , en rangées bien régulières sur la terre brune  ; le champ d'à côté est en pente autrement , il est  strié dans l'autre sens ; le suivant , autrement encore ... Et jusqu'à Collias ,  les chênes , de plus en plus dorés ,  moussent encore au flanc  des collines .     

       En arrivant vers Uzès , on voit plus d' oliviers , aussi  quelques champs d'asperges bas , aux plumets vaporeux  , hésitant entre le vert anis et le jaune  .   Bordant la grand-route ,  les immenses platanes , troncs blancs laiteux , feuilles carmin sombre .... Puis , au moment où l'on quitte la plaine pour plonger  sur le Rhône , l'or et l'argent des peupliers . Enfin on arrive au fleuve : Hier matin , il était d'un vert froid , presque bleuâtre par endroits ... Quelle merveille , l'automne !

 

 

 

22 novembre 2017 3 22 /11 /novembre /2017 19:03

        

 

            Nous voici dans le ventre de l'automne ...  Hier , dans la douceur du milieu de journée , j'ai jardiné tout mon soul - si bien que le potager est quasiment nettoyé ( il me reste seulement à déterrer un pied de verveine , j'en ai deux et c'est trop . Je l'apporterai Vendredi à Avignon  où il aura bonheur à s'enraciner  .

          Ensuite , j'ai avancé la petite murette en pierres empilées , qui épaule le massif de rosiers entre la maison et la route ( on avait mis plusieurs petites palissades en planches , qui ont pourri . ) . Vous n'avez jamais ça ? Je ne me risquerai pas à la monter à plus de trente centimètres de hauteur , je n'ai pas vraiment la technique et ça manquerait de stabilité - je parle par expérience -  mais quel plaisir ! Même si j'ai le bout des doigts complétement râpé 

.

       Mais aujourd'hui , il pleut doucement ; Noisette et moi nous pelotonnons au coin du feu . J'ai roupillé au début  de l'après-midi , puis , trop paresseuse pour faire autre chose , tricoté ensuite . Dés qu'on arrive à la Toussaint , j'adore tricoter ; chaque automne , le désir me revient de m'enfouir dans le moelleux de la laine , d'être engloutie dans la couleur exquise , pelote après pelote ,  - encore et encore ...  J'ai  été élevée au milieu de tricoteuses émérites : la Tata Lili virtuose du jacquard , et maman du point irlandais ( il me reste encore un pull tricoté par maman il y a plus de vingt ans -  j'y rentre encore , heureusement qu'elle avait vu grand ... mais , et là pour une connerie c'est une connerie , je n'ai plus  , de trois pulls tricotés par Tata pour moi  ,  que le souvenir ... ) , et elles trouvaient plaisir et fierté dans leurs ouvrages . Pour moi aussi , j'y trouve grand plaisir ; mais , euh , quand à la fierté ...  , je sais que je  resterai jusqu'à la fin de ma vie  une débutante , tricoteuse distraite et irrégulière  ... en plus , le bout de mes doigts , trop sec et irrégulier ,accroche et effiloche la laine . Mais pas question de me laisser détourner de mon but par ces légers handicaps ! J'ai commencé une écharpe pour Birgit . Parce qu'elle aime les couleurs , comme moi , et , surtout ,  qu'elle ne se formalisera pas des maladresses , mailles perdues , ou tricotées deux fois  , qui font que l'écharpe est plus ou moins large suivant les moments .

         D'ailleurs , si le cadeau ne lui plait pas , je me dis qu'elle peut toujours la mettre au cou d'un de ses chevaux .( je n'ai jamais fréquenté de cheval , donc je ne sais pas si ça attrape des angines ou pas ) . Mon travail  est dans le genre impressionniste : vibrant ,  certes ,  de couleurs  raffinées et délicieuses  -  de l'orange au bleu en passant par des bruns légers et des verts amandes,  avec de temps en temps un peu de rouge froid ... Pour qu'il n'y ait pas de contraste violent , je reviens en brodant par dessus - tout à fait  comme je ferais en peignant une aquarelle . Une merveille ... mais dont la texture  fait très légèrement penser à l'oeuvre immortelle d'Anémone dans Le Père Noël est une ordure .

          Sauf : pour les couleurs !

 

     Le Dimanche , j'invite quelquefois ma voisine à prendre le thé à la maison . Quatre-vingt-dix ans , bon pied bon œil mais vraiment très seule ... elle a eu une éducation à la dure , était femme au foyer d'un mari qu'elle adorait , confectionnait elle-même les vêtements , tous les vêtements ,de son mari et de ses deux fils , même les pantalons et les chemises ! parce que c'était bien mieux fait qu'en confection ... Et , bien entendu , elle leur tricotait des pulls ... admirables également .

      Je n'avais pas d'aiguilles du diamètre requis il y a quinze jours , pour commencer l' écharpe  - j'ai pensé lui en emprunter . Malheur ... Mais quelle idée !  Dimanche dernier , elle m'a demandé , toute émoustillée   : " alors , cette écharpe , ça avance ? " .  Puis ... elle a voulu la voir ... Ahiiiiii ! je me suis recroquevillée dans mes épaules .  Mais  ... je n'allais pas me montrer  lâche .Je lui ai montré  quand même .

 

     Elle n'a fait aucun commentaire .

     

      M'est égal ! je continue la murette , je continue le tricot ...