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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 18:24

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2042 : l'eau coule , sans se soucier d'étancher ou non la soif

 

 

        Avant-hier , c'était Jeudi .  Je n'ai pas l'énergie de faire une exposition personnelle cette année ( dans mon souvenir , les bancs du temple de Corbès sont devenus incroyablement lourds ) , mais je participe avec plaisir aux " Jeudis Nocturnes de Saint-Jean du Gard " de l'été  . Sauf la semaine prochaine , parce que je serai en train de faire du sanskrit sur le Larzac ...   

        Il faisait une chaleur incroyable ( en fait , l'orage a éclaté ensuite , violemment ) ; sur la route ,  l'angoisse m'a tout à coup envahie :  angoisse , encore , comme souvent ,  à l'idée de n'avoir " pas de place " ; l'angoisse affreuse qui serre le coeur de l'enfant : " on va m'oublier .." " on m'oublie .." . Puis une autre pensée m'a été offerte ,  de ne pas m'en soucier ; pas d'inquiétude pour  l'heure . J'étais partie , fraîche du bain récent , dans la chaleur de l'après-midi , et j'avais mis des vêtements propres , comme pour une puja . Et il s'agissait bien de participer à une cérémonie ,  de faire honneur aux personnes rencontrées ; de me faire honneur , aussi ; finalement . L'angoisse est partie se perdre ...  Dieu sait où ...   

       J'ai trouvé les organisateurs suant et soufflant , trimbalant dans la ruelle surchauffée d'énormes tables de bois hyper lourdes , un cadeau pour les exposants . J'avais amené mes  propres tables , en bois aussi , mais légères ; bien sur,  une place m'attendait ...  J'ai ,  volontairement , adopté  une allure extra tranquille pour véhiculer mes cartons ,  installer le petit stand : tables ,  aquarelles  encadrées ou non , petites ou grandes , spots pour l'éclairage , un fauteuil confortable et léger en osier ;   et ... cartes postales . Si bien que je n'avais presque pas trop chaud ,  à la fin de l'opération . Presque ... Je me suis tout de même assise un bon moment pour souffler ...

    Une chance : je pouvais m'installer confortablement pour lire , les pieds calés sur le mur de la maison voisine , recouvert de ce crépi gris , qui rend certains longs villages cévenols tellement lugubres ,  plus rugueux que le dos d'un hérisson , rapant aigrement la main maladroite qui s'y frotte par mégarde ; mais costaud , et donc idéal comme cale-pieds  . Le Pérou ! J'avais apporté deux romans nouveaux ; et un livre de souvenirs sur Nisargadatta Maharaj , par David Godman . Pourquoi Nisargadatta ? J'avais beaucoup pensé à lui  en préparant mes cartes postales . Je vous ai dit ,  l'ambition d'adolescence d'être un peintre qui compte , ou un grand peintre , m'a , Dieu merci , quittée ; mais dans les tendances diverses , et contradictoires , dans les personnages antagonistes qui composent cet ego ( Isabelle Padovani , parlant de la réincarnation , imagine Dieu  qui compose une personnalité en prenant dans diverses marmites  " une louche de ça  , une louche de ça .. " , une image que je trouve parfaite  )  - donc , dans ces divers personnages ,  il y en a un pour qui c'est vital de peindre ; et qui peint .  Et puis , ce personnage , ou plutôt un autre ,  a envie de montrer . Et le même , mais peut-être aussi un autre , a envie , mais terriblement envie ,  d'être apprécié . Alors .. je me suis dit que si Nisargadatta Maharaj vendait des bidies , je peux bien vendre ces cartes postales , reproductions d'aquarelles diverses que j'aime tellement que je n'ai pas toujours envie de  m'en séparer .

       J'ai ouvert le livre sur Nisargadatta ; déjà , la traduction est d'Alain Porte , je me suis réjouie en voyant ça . C'est  lui , également , qui a fait l'avant-propos , et ça commence par cette phrase qu'a dite Nisargadatta  : " L'eau coule , sans se soucier d'étancher ou  non la soif " . Une bonne phrase , faite exprès pour moi ce soir là  ;   j'ai pu  la méditer à loisir , assise à côté de mon étalage , dans l'agréable petit courant d'air au carrefour des deux ruelles  .  Mon niveau de vie ne dépend pas de mon commerce  ... Peindre  , sans se soucier de qui appréciera ... exposer , sans se soucier que quiconque achète , ou personne . Imagine , si Nisargadatta se faisait un sang d'encre chaque fois qu'il vendait un paquet de bidies ... ! Imagine , si une fleur de carotte attendait avec angoisse que des humains admirent ses ombelles ! Non , elle fleurit , et ne se soucie du reste .  Des gens passent dans la rue ,  s'arrêtent , restent ou repartent ;  je vois monter mon propre désir aussi , il s'arrête , reste ou repart léger  ... j'observe le flux , intérieur, extérieur ...

       Et , merveilleux ! Comme souvent , ces peintures attirent ( souvent , mais pas toujours ,des femmes ; souvent , mais pas toujours ,des enfants  . Ceci dit , les touristes ou les campeurs qui promènent à Saint-Jean le soir ne sont pas toujours friqués ; qui aurait envie de dépenser cent euros pour une aquarelle ? Certainement  pas moi ( faut dire , j'en ai plein les murs ) .  Un  Cévenol de pure souche , un homme un peu âgé qui ressemblait à mon voisin le viticulteur , regardant les peintures , mais sans me voir , a dit à son compère "  ah , ça , c'est joli . Oui ,  c'est vraiment joli . Mais - tu te rends compte , quatre-vingt euros , tout de même !  " . Il a poussé un léger ricanement .  Oui , je comprends  très bien ça : pour un paysan , dépenser quatre-vingt euros pour une aquarelle , ça parait de la folie . Et il a raison .  Mais moi , je ne veux pas m'en séparer pour moins de quatre-vingt euros . Et j'ai raison aussi . Par contre  , une carte postale , ça coûte juste un euro .. et tout le monde est super content . Moi , d'abord ,  qui n'aime pas vendre cher parce que j'ai toujours l'impression d'escroquer ; et les amateurs et amatrices . Avec qui je parle , quelquefois , longuement , ou quelques mots , et d'autres fois  ,  on  échange juste un sourire ; qui me disent souvent  leur bonheur en regardant ces peintures - Chouette , ça alors , ça tombe vraiment  bien  , moi aussi je les adore !!!!

 

  

19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 11:43

 

 

 

 

 

 

 

 

De droite à gauche et de haut en bas , on distingue : petites  Poires jaunes , trois Andines Cornues , quelques fraises c'est les dernières  , deux Noires de Crimée , et deux Coeurs de Boeuf ...

De droite à gauche et de haut en bas , on distingue : petites Poires jaunes , trois Andines Cornues , quelques fraises c'est les dernières , deux Noires de Crimée , et deux Coeurs de Boeuf ...

     

          J'ai pris ma douche du matin dehors , comme d'ordinaire l'été  , pieds nus dans l'herbe ; il était dix heures et demie , et je venais de faire trois heures de jardinage intense , bien décidée à arracher toutes les herbes hautes au pied des pommiers et des petits poiriers  , du rosier " rosa rugosa " , et des iris à côté ; j'ai complété leur toilette par un plein arrosoir de purin de consoude pour chacun . Je ne chanterai jamais assez les bénéfices du purin de consoude . Voui , ça sent pas vraiment bon ... mais je vous jure , mes plants de tomates avaient sacrément mauvaise mine , tout maigriots tout étriqués  - jusqu'à ce que je leur administre cette excellente médecine ; et maintenant , les voilà d'un vert pétulant , débordant de fruits ... on a cueilli hier la première Noire de Crimée ; et ce midi , je ferai une  salade de trois sortes de tomates   . Ensuite , j'ai taillé le buisson de consoude , coupé en petits morceaux les grandes pousses  dans les deux poubelles qui servent de réservoir , avant de remplir tout ça d'eau , pour préparer de nouvelles doses de purin . Quelle merveille ! 

       Prendre sa douche dehors  ,  ça c'est vraiment ma conception de la grande vie . En plus , j'arrose les althaeas en même temps ... Ils sont éblouissants cette année , de grandes fleurs qui se balancent dans le vent au bout de branches souples ; alors que l'année passée , ils n'avaient pratiquement pas fleuri . Faut dire qu'il a pas mal plu ,ce printemps . Qui s'en plaindrait ?  

        Oui , je sais , j'ai de la chance d'avoir un jardin ( ça  , c'est pour ma soeur , qui aime bien reprocher aux gens la chance qu'ils ont . Enfin  , pas toujours ... elle change , elle aussi ...  )  Mais quand j'étais petite , mes parents campaient une partie de l'été ; c'était génial aussi . Qui aurait envie de s'enfermer dans une salle de bains , si luxueuse soit-elle ?

       

 

 

16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 11:09

     

 

 

       Bon , il y a une troisième vidéo que j'ai regardé hier soir et qui complétait bien - mais   je ne suis plus sure de ce que c'était ! je crois , celle que je mets ci-dessous ... ( mais je trouve que la musique ajoutée en fond sonore est .. Bon , je ne vais pas dire à chier parce que je peux l'aimer dans une autre circonstance ;  mais tout de même , bien superflue .., ça fait trop lourd ...  )

16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 09:19

 

 

 

 

 

 

 

 

 le sphinx colibri est parti trop vite ; restent juste les pieds d'alouette , qui ont bien voulu poser , eux ...

le sphinx colibri est parti trop vite ; restent juste les pieds d'alouette , qui ont bien voulu poser , eux ...

...

 

 

      Ce matin , je m'éveille , comme hier matin , avec mal à la tête , fatiguée , déprimée , et le nez bouché .. j'ai pris froid en mangeant à Arles l'autre jour ;  dans le midi , on s'est offert quelques jours d'automne plus que frisquet après la canicule de la semaine dernière ; le corps en était tout déconcerté ... Déprimée en pensant à Nice - hier soir , j'ai téléphoné à R.  , qui n'était pas allé voir le feu d'artifice ; son petit fils , brillant chercheur en médecine ,  va très bien , tant mieux ; mais elle , si triste  depuis que sa petite chienne est morte , décline doucement ...  Il est sept heures , Philippe à moitié endormi me marmonne qu'il a donné à manger à Hermione et aux chats . Je tente de me rendormir aussi , mais l'envie de démarrer " bien " la journée , de ne pas laisser passer les belles heures du matin sans leur rendre hommage ,  m'en empêche  . Bon ! un comprimé d' aspirine , une dose d'occillococcinum , puis descendre  arroser les plantes , couper les roses fanées ; je ne jardinerai pas plus ce matin ( trop de mistral , fait frisquet , suis pas en forme .. ) .

     Au potager ...  les pieds d'alouette  commencent à faire des graines , que je récolte avec précaution pour qu'ils ne se ressèment pas trop , certaines petites cosses sont déjà ouvertes .Le sphinx colibri est déjà là à danser devant chaque fleur ,   je le salue et le remercie de m'accueillir  ... Un détour pour aller voir les courges qui commencent à  jaillir dans tous les sens  hors du cadre du  compost ;  un premier potimarron , posé sur l'herbe sèche , s'arrondit gaiement , couleur de jade clair , précieux , entre les feuilles plus sombres et les fleurs d'or . Les courges butternut ne sont pas en reste , j'ai essayé d' orienter leurs tiges vers l'Ouest , mais , comme d'hab , tout ça s'entremêle et se tortille avec exubérance . Vers le petit portillon qui donne dans le verger et les vignes , les cardères atteignent des hauteurs extravagantes : Dominique , qui vient tondre et tailler les haies une fois par semaine en ce moment  ,  a un faible pour les cardères ; il a fait famille d'accueil pour les cardères cultivées , qui étaient en voie d'extinction autrefois et sur lesquelles La Hulotte avait attiré notre attention ; parle avec fierté ,de leur taille extraordinaire , dans la parcelle que  prête , ou loue ? aux jardiniers la municipalité d'Anduze .   Je suppose qu'il s'identifie un chouïa chouïa aux cardères , moi , c'est bien aux potimarrons ...  du coup , on laisse pousser plein de cardères sauvages dans le jardin sans les couper , et elles font bien deux mètres cinquante - trois mètres de haut ... Jardin pour les cardères , jardin de chardons ; mais faudrait pas qu'elles se croient tout permis les cardères , quand même ! Allez , je remonte pour faire du yoga sous la veranda ... yoga , café , la journée est sur le bon chemin , enrhumée ou pas ..  

      Je repense , maintenant ,  à la vidéo, aux trois vidéos courtes ,  de Mooji , que j'ai vues hier soir . Et que je reverrai ce soir .  Je n'avais pas voulu me coucher tout de suite , j'avais besoin de me recentrer après avoir regardé une émission sur Eva Braun et Hitler . Dans ces vidéos , il y a enfin une définition de " Dieu" qui me donne envie .. Certes , j'avais trouvé une définition donnée par Jillelamudi Amma dans le livre de Rodney Arms , définition qui me convenait , mais dans un bouquin il manque ce que transmet , hors les mots , outre les mots , la présence de la personne qui en parle . Et là .. Waouh !

 

      Le temps de vous mettre les liens en ligne ... Ah , zut , j'ai dit que je faisais un gaspacho , mais il est déjà dix heures et je n'ai même pas commencé ... Ce que c'est que de dormir tard . Bon , Dieu attendra , il passe son temps à ça de toutes façons  ....  Belle journée à tout le monde !

       

     

15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 08:58

                

 

              Thomas nous a téléphoné hier soir , voulant savoir si nous allions bien . Voui , on va bien , qu'est-ce qui se passe pour qu'il téléphone à onze heures et demie du soir ? Il se passe qu'à Nice . Oui , à Nice . Je suis niçoise , mais ne connais plus trop de monde là bas , je viens d'écrire aux deux groupes d'amis qui seraient capables d'être allés voir les feux d'artifices , pour avoir des nouvelles , en espérant que . Je téléhonerai ce soir à R. , trop âgée pour être sortie sur la Promenade hier soir , mais en espérant de tout coeur que son petit-fils n'était pas là bas ; parce qu'avec toutes les souffrances qu'elle a déjà éprouvées , ça me ferait une peine horrible , à moi aussi ,  que son coeur se brise une dernière fois .

          Et puis ... et puis , de toutes façons : un jour où l'autre ,  la mort va venir à la rencontre de chacun de nous  . Plus tard , plus tôt ... La Mort . Ou : ce que nous étions avant la naissance . De quoi en faire un drame ? Oui , dans le cas où la souffrance nous touche au coeur , pour quelque raison que ça soit , même si cette raison parait absurde aux autres * . Mais non , sinon .

 

 

*  en ce qui me concerne ,et j'imagine que pour beaucoup de gens c'est pareil  , je peux envisager , paisiblement , la perspective de mourir paisiblement ; de préférence au pied d'un arbre , d'ailleurs . Par contre , l'idée de mourir au milieu de la violence , m'angoisse et  m'horrifie  .  Mais bon , tout ça , c'est rien que de la pensée et de l'imagination à vide ; la machine mentale tourne et tourne ... Dans l'instant , qui est la seule réalité que je connaisse : tout est paisible .

 

 

 

 

14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 02:43

          

          Nous revenons d'Arles . Chaque été , la curiosité m'y mène pour voir les expos , la déception est souvent au rendez-vous ... Mais pas cette fois . Je ne suis capable de citer , en connaissance de leur oeuvre , que quelques noms de photographes . Donc , je ne connaissais pas Don Mc Cullin , un photographe né en 1937 , je crois bien . Photographe anglais , photographe de guerre , mais aussi photographe des sans-abris en tous genre - et en Angleterre ça a l'air particulièrement peu sympathique d'être sans abri , dans le froid et l'humidité , que ça soit dans les années cinquante , ou maintenant . Boudiou ... le froid ... Une seule photo en noir et blanc , ce que ça parle . Brrrr... 

       Ensuite , on est passés  à l'espace Van Gogh , bourré de touristes en tous genres , mitraillant les parterres et les fleurs . Là , deux autres photographes " sociaux " , je  ne sais pas si c'est le terme ; l'un , dans l'Amérique des années soixante , ou cinquante , description ultra sobre d'une réalité de pauvres  - l'autre , irlandais ,  des montages qui auraient pu être grandiloquents - musiques  , très grands formats - mais atteignaient , finalement , très bien leur objectif . Décrire le mal être ... Décrire une civilisation , et ses oubliés , et ses paumés .

 

       Après ces trois  petits tours en enfer , la visite d'un coin de paradis façon Hans Silvester était encore plus émouvante . Un paradis bucolique en Ethiopie ... une merveille . Un peuple qui s'appelle "  Bench "  et qui a l'air de vivre heureux et en harmonie .. ( pour combien de temps ? ) , perdu dans les montagnes et loin de tout , ou presque ... Je connaissais le nom de Hans Silvester , je n'arrivais plus à me souvenir des photos connues de lui qui ont circulé depuis trente ans , et puis ça m'est revenu - mais oui ! tous ces chats grecs ... lui , il ne dénonce pas l'enfer , il montre des paradis - c'est important aussi ..

     Là , il a plutôt photographié des maisons , et les êtres  qui y vivent , humains et animaux . Des maisons peintes magnifiques , qui font rêver , ça ressemble presque aux maisons imaginées par Hundertwasser . Une vie harmonieuse au bout du monde ...  c'est possible , alors ?

 

Résultat de recherche d'images pour "hans silvester"

 

 

         On a terminé notre série de visites , pour ce jour , par un petit retour genre flash-back en  enfer . Mais l'enfer en photos , c'est tout de même moins pire .. Et puis , ces enfers là , le temps a passé dessus , ça distancie un peu , ça adoucit , également , pour nous les spectateurs tranquilles . J'avais envie de voir les " champs de Bataille " de Yann Morvan , qui est allé photographier , maintenant ,  maints lieux connus pour de célèbres massacres , du Chemin des Dames à Wounded Knee en passant par Sarajevo ou Omaha Beach . Misère de misère , humaine ...

             De retour ici , dans notre coin de paradis  à nous ,  je regarde mes mails , ce que je n'avais pas fait ce matin . M'attend une plongée en enfer , sous forme d'un mail , suite à une pétition  signée pour les éléphants ; l'Europe semble vouloir réautoriser leur massacre légal ( pour l'ivoire ! Génial ! ) ; ah mais contrôlé tout de même , chouette . L'une des photos était si abominable que je ne veux  la montrer . Qu'on puisse tuer un être aussi magnifique , aussi intelligent , aussi extraordinaire , qu'un éléphant ,pour voler l'ivoire , ça me coupe les jambes .  Eux , c'est la tête qu'on leur tronçonne .

        Bon ... Enfer , paradis , monde de rêve et d'illusion . Si l'on est toujours , comme moi , prisonnier de la Maya la plupart du temps , et qu'on a envie de hurler ...  on peut signer la pétition , et ensuite ,   prier , prier  pour les humains , prier pour les éléphants et les autres bêtes torturées  ...     

https://secure.avaaz.org/fr/global_ivory_ban_loc/?tWKdpab

 

 

11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:32

               

 

            Ouf .. j'ai terminé les travaux de couture qui traînaient depuis deux mois - deux pantalons , un ti-shirt  , mes préférés bien sur , déchirés , ou troués , parce que je ne suis pas soigneuse et que j'ai laissé les trous s'aggrandir  ;   j'ai posé dessus des pièces artistiquement contrastées , j'adore faire ça .. Puis , j'ai enfin mis aux bonnes dimensions le tissu  sur les lits de la pièce où l'on fait du yoga ( l'autre , qui était assez grand ,  Baptistounet s'était fait les griffes dessus  un jour de folie .. ) .  Deux mois que je voulais faire ça . Il fait orageux , mon humeur s'en ressent , je ne vous raconte pas le chapelet de jurons que j'ai dévidés sur la machine à coudre rêtive ...

                 Aujourd'hui est mon jour anniversaire - tiens , justement ,  j'ai vu le jour à sept heures et demie du soir , le moment où  je vous écris . J'ai reçu un cadeau génial -  une merveilleuse faille dans le continuum spatio-temporel .. je suis passée à la solderie , parce que je voulais acheter des fournitures pour la couture , à la grande mercerie tout à côté ;  je cherchais  un petit carnet pour les mots sanskrits . De carnet , point ; mais encore une dizaine de volumes à un euro ,  traduits du chinois , du coréen , du japonais , et de l'anglais ( de l'Inde ) , comme de la poussière d'étoiles répandue par les éditions Philippe Picquier , que je bénis - et , cerises sur le gâteau ,  alors là incroyable : pour deux euros pièce : une édition excellente des Madrigaux de Monteverdi  , chez Naïve , et une autre de Vêpres solennelles pour la fête de l'Assomption de la Vierge ,  de Vivaldi ... Quel cadeau fabuleux  ! Merci les étoiles .. Merci la Shakti ... j'avoue avoir bondi sur les deux CD , les couvrant de mon corps avec violence avant que quiconque ne me les enlève sous le nez .. Mais non , pas besoin de s'exciter ,  ils m'attendaient ces deux disques , l'étaient là tout exprès pour moi pour mon anniv . Waouh !

             En ouvrant mes courriels , je reçois les  voeux de Birgit  , depuis le bord du Rhin ; bords du Rhin ,  sur lesquels j'aurais du me trouver si j'avais été fidèle à ma parole . Ca n'est pas le cas , et la réunion  ne sera pas pour cet anniversaire là . Mais de penser aux deux copines ( qui n'ont même pas l'air de m'en vouloir , ça c'est des copines )  - je les imagine là bas en train de boire de la bière , et  j'ai un super accès de nostalgie   . Je m'imagine avec elles - comme si les années n'avaient pas passé - quarante ans effacés d'un coup . Tu as envie de retrouver ta jeunesse ?  Ma jeunesse , non ; les amies de ta jeunesse , mais maintenant , sans le carcan où je me débattais à cette époque ...  Bon , pour tous les amis qui me lisent , je vous propose de boire  à nos santés respectives à toutes et à tous ce soir (  avec de l'eau à  la rigueur  ! )  la soirée  est si belle !

 

               

 

               Comment échapper à la chaleur accablante ?

               En séjournant sagement dans le pavillon ,

               devant les yeux aucun objet inutile ,

                sous la fenêtre le vent est frais

                la chaleur se dissipe parce que mon coeur est tranquille

                la fraîcheur nait parce que la pièce est vide

                à ce moment là mon corps est à l'aise

              impossible de partager celà avec quelqu'un d'autre

 

                                                                         Po Chu Yi 

                                                                   ( et lui aussi  adorait picoler en compagnie ... )

 

10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 12:28

          

 

       L'été qui commence , c'est la saison des fêtes ... Dimanche dernier , j'ai pu participer à toute une journée de chant de mantras ; hier soir , un anniversaire . J'étais super contente de pouvoir aller à chacune    : quelques heures de réunion festive à plusieurs , c'est vraiment sympa .

          C'est sympa , mais ... dans un cas , comme dans l'autre , en me revoyant fonctionner , je me dis qu'il n'y a pas de quoi se vanter .

           Dimanche dernier , donc ... j'étais parmi des dévotees d'un certain Swami , qui va visiter la région . Je connaissais un peu les hôtes , un couple hyper sympa et simple ; et leur lieu , qui comporte un temple dédié à un autre gourou  très connu dans les années 80 , comment s'appelle-t'il déjà ? Vous savez , le gars avec une coiffure afro .. qui est mort .  Bon , ça m'échappe pour le moment . J'étais déjà entrée dans ce temple ; et rien que de m'y asseoir , déjà ... je m'envole , la pensée se tait pour se fondre dans le bonheur .. Pensez si je me réjouissais d'y retourner .

         D'autres personnes arrivent sur la place du village en même temps que moi ; nous échangeons nos prénoms que je m'empresse d'oublier , puis nous entrons dans la maison aux volets bleus et nous asseyons dans la courette , fraîche pour l'instant . Arrive une femme d'une soixantaine d'années , aux sourcils en tatouage ( mais pourquoi ces nanas ne peuvent-elles assumer que leurs sourcils disparaissent avec l'âge , croient elles retrouver leur jeunesse au moyen d'un grimage de clown , qui souligne plutôt la douloureuse absence de sourcils  ? ) , qui parle d'abondance ; raconte d'abord , fiévreusement ,  un accident qui lui est arrivé et qui justifie sa béquille ; je me dis qu'un accident , ça excite toujours , donc j'écoute son monologue tranquillement . Au bout des vingt minutes que dure cette narration passionnante ,  elle s'interrompt une seconde pour reprendre haleine . Puis , reprend son souffle pour entamer un nouveau couplet : " Ah , mais quel bonheur ici ! Quel sileeeeeeeeeence ! "  - et voilà ,  c'est reparti pour vingt minutes d' éloge du silence ...

     Ouf ! on entre dans le temple pour chanter les chants dévotionnels . Une heure , ou deux ? J'ai oublié ma montre ... de bonheur parfait ... j'oublie aussi mes jambes , mes genoux repliés qui s'engourdissent , on chante juste , c'est tout ...

        Pause repas . Bon ! Le repas est offert , c'est vraiment gentil ; en plus ,c 'est très bon ... Mais pourquoi faut-il que la pause repas dure si longtemps , et la mastication finie , place place au bavardage ... Je retombe des hauteurs où nous étions tout à l 'heure , du dos de l'aigle Garuda jusque dans un échange d'opinions , idées toutes faites , passage du particulier au général sans aucune gêne ,   lieux communs entendus cent mille fois , et quand ils ne sont pas parachutés par les médias on prend les rails de l'opposition à ce qui est parachuté par les médias ...  Mais quel ennui . L'agacement m'envahit , monte , monte ...   je crois que ça se voit , ce qui me gêne bien . Les quelques réflexions un peu acides  que je profère ,échappées du profond de mon aigreur , et bien entendu largement  aussi stupides que celles que j'entend  , ne font qu'alimenter le bavardage général . Tout y passe ; quelqu'un fait même une tentative pour embrayer sur le Brexit , manquait plus que ça ; mais Nom de Dieu qu'est-ce que ça a à voir avec la spiritualité ?  je commence à gigoter impatiemment sur mon siège ,  des bulles de colère qui bouillotent et glougloutent dans ma cervelle qui s'échauffe  ... Heureusement , la gentille hôtesse se met à parler de son expérience personnelle avec le Swami , depuis des années ; tout redevient léger ; et de la voir ,   ce fameux Swami remonte dans mon estime .

     Chic ! on se réinstalle pour chanter ... à nouveau , le bonheur ...

      En fin d'après-midi : pause . Les dévotees veulent organiser au mieux la venue du Swami , je les comprend ; mais je n'ai plus vraiment ma place là , et je saisis la première occasion pour m'éclipser - en remerciant . par contre , quand je veux mettre un billet dans la tirelire pour participer au repas offert , je suis bien gênée , n'ayant qu'un tout petit billet  - ou un trop gros .. Bon , je ne  mets que cinq euros  ,  je ferai mieux plus tard - s'ils m'invitent encore ...

         La fête , hier soir , était toute différente  ; il y avait beaucoup de gens , tous sympas   ; pour  certains , je les connaissais un peu ;  aucun n'était aussi remarquable que la bavarde aux sourcils tatoués .  L'extase était un peu différente , car il me suffit de deux verres de mousseux , que j'avale en général avec avidité , pour planer agréablement . J'ai , exprès , entamé conversation avec deux personnes que je ne connaissais pas .  Mais j'ai pu observer à quel point :  je jugeais , je jugeais ,je jugeais ...

        Alors , quoi ? Va finir ta vie dans un temple Zen ? et ferme ton clapet ...

     

     

 

 

9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 11:22

             

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2035  : l'été , le matin

 

 

 

 

                        J'entretiens , à l'imitation de Maria autrefois  , d'autres jardinières de village , et notamment de ma voisine , ( mais la rangée de pots de fleurs de Maria , c'était le top : ah , ses plumbagos  .. )  une armada de pots de fleurs : althéas , géraniums odorants , arums de couleur , menthes panachées - dont chacune  a besoin d'une petite dose d'amour particulière , plus d'eau ou moins  d'eau , un petit désherbage , une petite gorgée de décoction de prêle ou d'engrais à plantes de terre de bruyère  ...  Ils sont rangés en une très longue file  devant la table du petit déjeuner ; ce qui fait qu'une des premières choses que je fais en me réveillant est de leur donner à boire à tous .

          Mais quelle récompense de pouvoir siroter son café au lait ( j'ai , en ce moment , une vraie passion pour le café au lait  fait avec du vrai café - et les diététiciens peuvent continuer à marmonner  ), profitant de la fraîcheur de l'ombre , des instants précieux du matin ,  en dialoguant sans mots  avec un lis qui se balance amicalement ...

                  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2035  : l'été , le matin

 

 

 

 

 

 

7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 18:20

 

 

 

 

   ( et je me demande bien pourquoi  cette histoire  est apparue sur le papier  ..  Pour l 'instant ,  je ne sais pas qui est Mélissa . Une petite curieuse , manifestement ; et puis elle a, comme moi , un chat rouquin et blanc qui lui donne des conseils . Bof , un personnage , ça apparait , ça disparait .. )

 

 

 

 

 

Chapitre 2034 : l'Annuaire des êtres au monde