Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Profil

  • Prune Branchesetbosquets
  • Babyboomer
  • Babyboomer

Rechercher

27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 12:28

 

 

           If you do not meditate, do not consolidate, do not bring yourself to pratyahaar, then you are inviting danger. The danger is that when your subconscious gets overloaded, it starts unloading into the unconscious and your capacity to think, to work, to be smart is gone. You are an emotional zombie.

 

     Si vous ne méditez pas , si vous ne consolidez pas , si vous ne pratiquez pas pratyahaar , alors vous invitez le danger . Le danger ,c'est quand votre subconscient devient surchargé , il commence à se décharger dans l'inconscient et votre capacité à penser , à travailler , à être habile , est partie . Vous êtes un zombie émotionnel . ...

 

      Oops ... Il a raison  ( quoique , je ne sais pas exactement quelle distinction il fait entre ce qu'il appelle l'insconscient et ce qu'il appelle le subsconcient , mais c'est pas grave , on comprend quand même ) ...  c'est une citation qui vient de  Yogi Bhajan , du Kundalini Yoga  , j'en reçois automatiquement une par jour ; certaines me conviennent , d'autres pas du tout  . Celle-ci m'est apparue particulièrement adaptée à mon état d'esprit  de ces derniers jours , surtout le matin  , tant je pédalais dans la choucroute , douloureusement .  Certes , je pratique méditation et yoga , disons , une bonne demie-heure par jour .. Quelquefois un peu plus  ...

     Quand à pratyahaar , je crois que c'est ce fameux " retrait des sens " dont parle Patanjali . Alors ça , c'est dur ... Aujourd'hui , j'ai bien médité .  Puis , j'ai commencé une peinture en écoutant Sudha Ragunathan .  De ce fait , me sentant toute gaie , également à cause de la douceur de ce  temps  pluvieux  d'aujourd'hui , j'ai fait un tour au potager ,  où j'ai semé des carottes et des betteraves :  le temps était idéal ! j'avais complétement arrêté depuis plusieur années d'essayer de faire pousser des  carottes au potager , à cause de la terre si lourde où elles avaient du mal à se frayer un chemin  .  Mais vu la quantité de terreau que j'ai ajoutée cette année , je n'ai pu résister à la tentation ,  aux petits paquets de graines qui promettent des carottes de Colmar à coeur rouge  " adaptées aux terres difficiles " des carottes " jeannette "( ? ° tardives ..  Au jardin , les forsythias en gerbes éclatantes ,  jaune lumineux , réjouissent le coeur ,  sur le  fond sonore du bleu-jaune crémeux des iris de hollande  , émergeant du banc de jonquilles ... ( trois sortes de jonquilles cette année ! je les avais achetées au kilo à Liddle ) ..  °

      Rentrée dans la cuisine tiède ,  j'ai mis en train un gâteau qui devrait être léger comme un nuage , avec une pâte chocolatée .. Et en plus , je comptais le fourrer à la confiture de fraises , que j'ai faite au printemps dernier , un peu trop liquide pour être mangée en tartines . Peut-être un petit glacage au chocolat ? C'est Pâques , après tout , et au moins je n'ai pas collaboré au massacre rituel  des agneaux ... Allons  , qui se soucie de Patanjali , quand la divine Providence , dans son infinie bonté ,  a disposé une plaque de chocolat dans la boîte métallique à impression de damiers blancs et rouges , plus  un pot de  confiture de fraises sur l'étagère ?

 

 

 

 

26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 18:41

    

 

         Eh ben ... en ce moment  j'ai des sacrés coups de flip en me réveillant le matin  ... Le soir , j'ai repris ma lecture trébuchante de la Bhagavad Gîta , que je recopie verset par verset . Y'a des consolations : " Les êtres sont non-manifestés au début , manifestés au milieu , non-manifestés à la fin , Arjuna . Quel besoin y a t'il de se lamenter ? " Il en a de bonnes , Krishna ...  

        A part ça , la meilleure nouvelle de la semaine  , c'était : les huppes sont arrivées ! avant-hier ...

25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 06:41

         

 

 

         C'était le titre d'une chanson , bouleversante également , une chanson qui fait pleurer , de Patti Smith . Je vous la chercherai...

           Je me suis réveillée , justement , quasi pleurante .  Avec l'impression que " le départ était proche " . La journée d'hier , pourtant , était magnifique ;  Phil est allé voir son cardiologue qui n'a rien déclaré d'inquiétant , puis , pour fêter ça ,  on a fait une balade à Fontvieille , on a mangé au soleil du printemps ,   en sirotant un Costière de Nîmes , un bon rouge qui devait bien faire ses treize degrés cinq , ouh là ! ...  Puis on a continué vers Les Baux pour aller voir la Cathédrale d'images : cette année ils passent un montage sur Chagall complétement dingue , merveilleux , sublimement onirique et coloré .. que j'ai déjà envie d'aller revoir . Pour mettre mon état d'émerveillement au maximum , il y avait également un petit film inspiré par Alice au Pays des Merveilles ...

         Donc , je me réveille au bord des larmes ; après un rêve dans lequel je constatais que le départ d'un voyage , que je devais faire avec une copine , était imminent ,  quelques jours à peine . Fantasme ( à cause de Pâques , proche ) ?  prescience ?  -  et quel départ , surtout ? La mort du corps physique , celle à venir , de celui de Philippe ou du mien ( vingt kilos de trop et tu ne te mets toujours pas au régime ! ) se rapproche forcément . Certes , si c'est moi qui part en premier , je n'ai pas à m'inquiéter ; en outre , je ressens , actuellement , mon corps comme solide et fonctionnant bien . Mais si c'est Philippe  , je vais me retrouver avec un déménagement pas trop guilleret sur les bras - tant de meubles , tant de vaisselle - , ce qui m'angoisse et me met  en colère de temps à autre ; comme si ça devait m'arriver dans l'instant - stupidité de la pensée qui anticipe , comme si j'allais devoir faire ça dans l'instant  présent .

           Une certitude bien ancrée de mon père , certitude qu'il m'a insufflée comme un héritage , quand j'avais une trentaine d'années ,  c'était que " une maison , c'est la sécurité " . On est en train de vendre la dernière maison qui a hébergé  maman ... celles de  mes parents , la tant-aimée des vacances , et celle de Nice qui les hébergeait pendant l'année scolaire , ont été vendues ,  l'une , après l'autre .

          J'ai été voir Maria dans sa maison de retraite , avant-hier ; Maria que je ne pourrai jamais séparer de son amour pour son jardin et sa maison , dans sa belle pièce jaune ; toute menue maintenant ,  dans le grand fauteuil dont elle ne se lève probablement plus guère ,  elle m'a peut-être reconnue - mais je n'en suis pas du tout certaine , a peut-être reconnu Hermione - mais je n'en suis pas du tout certaine . Elle a manifesté par ses sourires lumineux qu'elle appréciait de nous voir  , pourtant , a tapoté , tripoté la tête de ma chienne , qui , elle , la reconnaissait , et s'attendait à ce que Maria lui offre , comme d'habitude , de ces biscuits légers qu'on appelle des boudoirs  ...   ça ne m'a pas remonté le moral , qui était déjà dans les chaussettes  à la perspective d'aller la voir . Pourtant , il fallait que je le fasse , et j'y retournerai  ( avec des boudoirs !) .   

 

           Que faire ? Déjà ,  prendre conscience avec force que , dans l'instant , c'est juste des pensées . Juste des pensées - morceaux de pensées , angoisses , tristesses , souvenirs , rancunes , qui se malaxent  et tourbillonnent dans cette soupe de pensées  que j'appelle " moi "  . Quand le moment sera là - ouh ! le plus tard possible ! -  qui sait ce qui aura changé ...

 

          Oui , finalement , c'est juste ça qui suffit , et suffit à m' apaiser , et c'est ça l'ancre , véritablement  : juste prendre conscience que tout ça , c'est seulement  des pensées qui tourbillonnent . En " moi " , quoi que ce soit que ce terme veuille dire . Mais Nom de Dieu , je me demande bien ce qui reste ...

 

 ( Il reste que dans l'instant , t'as intérêt à te magner si tu veux prendre une douche et partir ensuite faire du yoga ... )

 

 

 

22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 18:49

 

 

 

 

Chapitre 1984 : le printemps

 

 

 

           Bon , on ne va pas parler des attentats - désolée pour les copines Belges .. Donc , de petites nouvelles de par ici :  je ne sais si c'est un effet de la bénédiction d'Amma , mais mon amie , que j'ai vue hier après-midi ,  m'a dit avoir pris sa voiture Dimanche matin , ce qu'elle n'avait pas osé faire depuis plusieurs mois .. ( ses enfants , inquiets , font une énorme pression sur elle pour qu'elle cesse de conduire - et il n'y a pas de bus ... ça n'est pas pour ça qu'ils viennent la voir plus souvent , mais bon , on a tous nos contradictions ... )  Elle est donc allée faire quelques courses  - et - tout s'est bien passé ! Du coup , elle a réitéré Lundi matin . Ce que j'étais contente pour elle ! Lundi matin ,  j'ai cherché sur internet des " foyers pour personnes âgées autonomes  " - un problème , je n'en vois que deux en ville ... elle en avait déjà visité un , qui lui a filé un sérieux coup de flip . L'autre , hum ... je ne sais pas si ça sera mieux .  Reste , peut-être , qu'elle pourrait louer un petit appart au centre ville . Qui sait ? Elle qui aime la ville , s'y trouverait peut-être mieux , en alternant avec sa maison dans la nature . Bien entendu , il n'y a aucune solution qui soit totalement bonne .

          Reste ... le printemps . Je croyais avoir planté plein d'iris de Hollande jaunes , mais ce sont des bleus qui jaillissent dans tous les coins ... un  bleu  hardi et tonique;  et comme cet automne j'avais installé des tas  de bulbes de jonquilles et narcisses , qui  fleurissent jaunes clair ou blanc jaune ,  trapus  ,toniques et  pleins de sève , comme porteurs d'un optimisme incroyable .

          Et les primevères .. dans mon jardin languedocien , qui n'est pas leur domaine de prédilection , ces haut-savoyardes persistent ; un souvenir un peu nostalgique de vacances à  Pâques  , du ciel bleu pastel  avec les petits nuages blancs moutonnant ,  des talus fleuris  ( ma soeur m'en a envoyé une photo hier ;  mais bien sur , ce temps est envolé ) -  de la maison ancienne aux murs épais , de  cette odeur particulière  des murs chaulés , comme une moisissure légère ,  une odeur qui me fait toujours frémir d'aise  quand je la rencontre dans une vieille maison un peu humide ; des draps froids un peu rêches quand on s'y glissait , mais qui s'apprivoisaient au cours de la nuit ,  dans les chambres pas chauffées   ;  de Tata Lili  en train les  bouillottes pour la nuit   près de la grosse cuisinière à bois et charbon , je sens presque encore la chaleur de cette cuisinière , quand j'approchais mon visage de la petite grille où l'on voyait rutiler le feu  ... Allons , regarde plutôt les forsythias , les souvenirs ça ne sert à rien ; et réjouis toi avec ton jardin de maintenant .

 


 

Chapitre 1984 : le printemps

 

 

 

 

 

20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 06:10

 

 

 

 

 

                     J'ai  découvert , donc , tout récemment , une prière du regretté Shankaracharya à Bhavani . Bhavani est , en Inde bien sur  : Dieu  , en tant que femme . Une figure maternelle de Dieu ( ça y est , pleins de gens que je connais vont se dire que Françoise part pédaler dans la choucroute ... une choucroute spirituelle ,en outre - les pires )  . Cette prière , ou poème ,  on peut en écouter une version , obsédante et tellement , tellement triste , sur You Tube . Par éducation ( athée ! et merci à mes parents qui m'ont tenue à l'écart de la religion chrétienne .. )  je ne suis pas quelqu'un qui prie ( raaahhhhhhh, ça va mieux .. ) . Cette éducation , une fois oubliée comme il se doit , puis  sclérosée , figée , devient un genre de carcan intellectuel plein d'une énergie autonome qui l'aide à perdurer : grâce , peut-être , à un autre pan de mon éducation qui m'avait appris , comme à beaucoup de gens , qu'il est inutile et intellectuellement  méprisable de demander , et qu'il faut se débrouiller par soi-même . ( exemple , mon cher et tendre compagnon , anticlérical militant ) .   Et puis , prier , ou  demander - mais à qui ? au vieillard barbu caractériel trônant sur son nuage  ? à la Vierge Marie dont on ne peut tout de même pas dire  qu'elle a eu une vie enthousiasmante ,  la pauvre , coincée dans son manteau bleu en plâtre avec sur la figure le même air qu'Hermione quand on a oublié de lui donner sa pâtée du soir ? à l'autre malheureux  torturé , agonisant coincé sur son échafaudage ? Vous rigolez  ... Prier " Dieu" ? .. Beuh ,  si vous voulez vous payer une bonne tranche de rigolade mais plutôt douce-amère ,  allez donc sur Google et faites " Dieu- images " ... 

       Pourtant , lorsque, il y a trente ans presque , je vivais une période terrible , je faisais des groupes de thérapie  ( une petite pensée pour Denise Desjardins  qui vient donc de partir , pour Josette , pour Michel ) ;  j'allais écouter Arnaud à Fond d'Izière  ; c'était un genre de demande ou de prière , finalement , puisque , terrorisée par ce qui m'était tombé sur le râble , j'appelais désespérément au secours . Ce temps - est loin . 

       Mais  .. Shankaracharya . Lui ,  je l'imaginais comme le mec super intello puisqu'il est connu pour avoir passé plein de temps à river leur clou aux boudhistes  , un gars  austère bien sur ,  et champion du détachement toutes catégories  - et un méditant : méditer , non mais  ,c'est  pas  prier ... Prier , c'est pour les faibles d'esprit ...  Seulement ... que ce Shankaracharya ait pondu une prière ; un poème aussi  touchant , aussi triste , aussi bouleversant ,  un poème depuis le  fond du fond du fond du trou .. ça , ça m'a sacrément interrogée . Prier , demander ... Quoi ? On peut se permettre d'appeler au secours ? Lui , surement un grand méditant , a pu se le permettre ? Ben ça alors .  A qui il demandait , lui ?  à une accorte dame confortablement installée sur un tigre .  Une belle brune avec un anneau dans le nez ... qui tient des trucs bizarres dans ses six paires de mains  . Boooohhhhhhhh ...

 

           La dernière fois que j'avais ,de tout mon être et comme involontairement ( c'est à dire , le surmoi était dans l'escalier en train de monter le courrier aux étages , probablement )  appelé au secours , c'était .. le quatorze mars 2014 . Au moment où mon chat noir était mourant .. et que je pleurais toutes les larmes de mon corps ; sur lui , et sur moi , qui avais la perspective de devoir me faire opérer de la main dans les jours d'après , quelque chose que j'avais déjà subi et peu apprécié . Le chat noir est mort ;  mais ça a déclenché toute une série d'évènements vraiment bizarres .. dont une guérison pour moi .

         (  Non ,  je me trompe , c'était pas la dernière fois , mais l'avant-dernière : cet automne ,  j'ai beaucoup prié Amma , Jillelamudi Amma , au moment où maman était si mal , avec ce zona si douloureux au visage qui la tourmentait . Elle a eu une journée lumineuse et sans douleur- juste avant que les antibiotiques ne commencent à agir , je crois . La semaine suivante ,  elle est partie tout doucement , dans son sommeil .)  

         Si bien que je commence à entrevoir la possibilité que ces demandes désespérées puissent , quelquefois , être suivies d'effet . Après tout , je peux jeter aux orties l'orgueil intellectuel : encore une défroque inutile . ( Hum .. va donc suggérer ça à ton cher et tendre compagnon ... ) . Demander . Prier . Prier qui ? Prier l'Univers , alors ; ou prier Amma si ça me vient , puisque mon ego enfantin a besoin d'une figure maternelle affectueuse et compatissante et que j'ai son portrait souriant sur la cheminée .Rester présente à ma demande d'aide , le coeur ouvert ...

        Alors tout à l'heure , me réveillant totalement  désarmée par rapport à un coup de téléphone , la veille au soir , de mon amie R. , en détresse dans son village et rongée  de solitude malgré la proximité de ses deux enfants adultes , qui ne viennent tout simplement pas la voir bien qu'elle habite la maison voisine de la leur  . Elle devait être infernale comme mère , probablement , ou alors , comme elle dit , c'est qu'elle les a vraiment mal éduqués ...  J'ai appelé au secours ... Au secours , je ne sais pas comment l'aider ... au secours , je ne sais pas quoi faire ,  je suis une gourde  mais je ne peux aller la voir en ce moment , R. est coincée dans ses contradictions et souffre terriblement ... elle n'arrive pas à prendre la décision de quitter sa maison pour aller dans une résidence quelconque pour personnes âgées , elle n'arrive pas non plus à supporter la solitude ( de quoi se plaint-elle ? son frigo est plein ! avant de s'absenter pour trois semaines , sa femme de ménage lui a fait faire le plein à Intermarché ...  ) .  Ben oui ,tout à l'heure de cinq à six , ( du matin !)  j'ai prié de tout mon coeur l'Univers , j'ai prié Amma ,  de l'aider , de m'aider à l'aider , de m'aider à y voir clair , de l'aider à y voir clair .. Quoi faire quand on ne peut rien faire  ? Demander : demander - mais sans savoir à qui . C'est peut-être la meilleure définition . Juste demander ... sans savoir à qui .

 

http://www.avec-le-lievre-de-mars.com/2016/02/chapitre-188-bhavani-ashtakam.html

 

 

 

17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 07:10

       

             J'ai passé la nuit sur le canapé .. tant le fait de dormir à côté d'un ronfleur , cardiaque de surcroit , m'angoisse *( chaque fois que je ne l'entends plus respirer ... chaque fois que je  ne l'entends plus ronfler .. ) . Les petites heures du matin étaient prolifiques en idées noires - faut dire qu'on est un peu " cernés de près par les enterrements ", comme disait Brassens ,  en ce moment . Aussi parce qu'hier , on a installé dans mon atelier , à la place d'une table de travail que Philippe m'avait fabriquée , l'ancienne table carrée de ma Tata Lili . Dont ma soeur , vue récemment ,me dit que c'était la table de la salle à manger chez mes parents , pendant longtemps . Me voilà entourée de meubles de famille ... le bureau  avait fait rentrer sa dose d'air glacé avec le souvenir de l'atmosphère peu chaleureuse que rayonnaient mes parents en train de corriger leurs copies , le soir ; et cette table , maintenant . J'ai " digéré " les meubles , et ne me souviens plus que de leur amitié à l'enfant que j'étais , indépendamment des émotions parentales ; eux me donnaient tièdeur et  tendresse , me semblait-il , avec le doux contact à ma joue de leur surface lisse ,  leur bois aux teintes plaisantes à l'oeil  . Et ils continuent à m'en donner  ... Seulement , tous ces jolis meubles , si mon cardiaque préféré meurt avant moi , puisque  je devrai quitter cette maison , " ma" maison , qu'en ferai-je ? Les idées noires se tortillent , s'emmêlent , s'entortillent et me ligotent ... rien que de l'ego ... rien que du mental ...

        Je commence à mesurer tout le refus que j'ai de " l'impermanence " - pendant longtemps , je me demandais pourquoi les indiens insistaient tellement sur le fait que la Réalité est la seule chose permanente . ( alors que pour les occidentaux , comme le dit une personne dans la B.O du film " Jnani "  ** ,  pour les occidentaux , donc , la réalité est ce que nous percevons par nos sens ) Une divergence vraiment intéressante ... Je croyais , vraiment , avoir accepté le fait que ce monde est impermanent , ce que nous rappelait constamment , avec douceur , avec amour , Denise Desjardins  . Mais je sens maintenant la grosse souffrance qu'il y a à se dire : cette maison chaleureuse où tu vis , ces animaux pleins d'amitiés , ce jardin même - tu devras les quitter un jour . ( et je ne parle même pas du mec .. ) Moi qui ne suis guère , ou pas ,  une ardente  chercheuse spirituelle , et qui suis si âprement attachée à tellement de choses ou de sensations , d'objets , de paysages - en plus du pélardon et du chocolat lait-noisettes - raisins au rhum ... alors , quoi  ?

 

 

 

* d'ailleurs , est-ce que vous croyez que ça me rend plus sucrée avec lui ? Non , parce que par moments , je lui en veux de m'angoisser .. Comme si l'angoisse n'était pas mon propre problème . Non , mais , j'te jure ... Vivre avec cette nana , c'est pas un cadeau .  Enfin , heureusement , dans la journée , il a une pêche pas possible ... 

**  sur laquelle ça m'a été un cadeau de travailler il y a peu de temps - tiens , faut que je la mette sur ce blog , ou l'autre , parce qu'il y a des trucs vraiment  passionnants dessus

 

 

 

 

16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 15:24
Chapitre 1981 : que du mental

             

 

          Allons bon .. la maison de maman a été mise en vente : je l'ai confiée à deux agents immobiliers . L'un a mis la plus moche photo de la maison en vitrine , alors que c'est une jolie maison ensoleillée , si bien qu'on a l'impression qu'on vend uniquement un garage minable  , avec un buisson très sombre qui l'obstrue à demi  ;  la mention en gros caractères  : " à saisir avant trois semaines ! " traverse la vilaine photo de part en part . Qui voudrait acheter ça , je me le demande . Je lui ai envoyé un mail pour lui redire que c'était trois mois , et non trois semaines ; il m'a dit qu'il allait corriger ça - mais ne l'a pas fait . Je suppose qu'il y a une intention là dessous ; je ne sais laquelle . L'autre agent s'est si bien démené que nous avons une offre intéressante ,  des retraités ... offre que j'ai décidé d'accepter , et je le lui ai fait savoir , ainsi qu'au premier agent immobilier avant-hier . Mais voilà que ce premier agent m' annonce quand même une visite pour cet après-midi .. Je lui ai donc  téléphoné tout à l 'heure pour lui expliquer que je retirais la maison de la vente , il me semble que ça ne serait pas correct sinon . On a eu une petite conversation .. et voilà que je me sens , comme d'hab , coupable .. Surement je n'ai pas fait ce qu'il fallait ,etc ...  

          Rien que du mental . Vouais . Bah ! demain ,ou la semaine prochaine , ça se sera envolé  ... et je trouverai d'autres raisons de me sentir coupable . En plus , fait gris , fait froid ,  pas moyen de jardiner pour me vider la tête  ..  

 

 

 

13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 17:18

 

 

 

 

 

...  Mais je me dis qu'ils font un peu égarés , ces deux là sur le banc .. faut que j'ajoute des arbres pour leur tenir compagnie . Sans feuilles encore , bien entendu .

... Mais je me dis qu'ils font un peu égarés , ces deux là sur le banc .. faut que j'ajoute des arbres pour leur tenir compagnie . Sans feuilles encore , bien entendu .

 

 

 

 

 

voilà , c'est mieux ... mais faudra encore que je reprenne la photo à la lumière du jour !

voilà , c'est mieux ... mais faudra encore que je reprenne la photo à la lumière du jour !

 

 

 

 

 

9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 17:14

       

 

 

              Hier soir , nous étions rentrés à la maison tout gais après avoir vu " Saint-Amour " - un film sympa , que je recommande sauf si vous êtes absolument allergique à Depardieu et au style Grolandais . Plus que  " The revenant " où Di Caprio fait penser à la créature de Frankestein , qui resurgit chaque fois après qu'on l'ait cru définitivement réduit à l'état de magma purulent  ... Un coup de téléphone de l'agent immobilier à qui nous avons confié la vente de la maison de maman m'a alors donné un choc . Suivi d'un sacré coup de cafard . Parce que la  possibilité de vente prenait un petit air de réalité , tout d'un coup ; alors je me suis rendu compte que maman était vraiment disparue . Tout ce temps où je nettoyais , vidais la maison , , nettoyais et entretenais son jardin - il  y a deux jours encore - je suppose que je le faisais pour elle , toujours  . Ou pour la maison ; parce que je considère une maison comme ma mère , et la maison aurait été la maman de ma maman ( vous suivez ? ) et donc , un soutien pour moi . Maman l'aimait bien cette maison ;  même si elle manifestait  , comme toujours et contradictoirement à son discours , le sentiment que ce que je faisais pour elle n'était jamais suffisant  . Jamais .

       Tout ce matin , j'ai nettoyé et défriché ,  la  fourche-bêche d'une main  et la grande pioche de l'autre , j'exagère à peine  ( pioche que je manipule de mieux en mieux , malgré sa lourdeur , j'ai même pas eu de courbatures en me couchant hier  )  , un coquet bonnet façon couvre-théière bien enfoncé sur la tête ( tricoté par mes soins il y a un certain temps , l'est un peu petit mais je laisse mes oreilles en dehors ) , parce qu'il faisait diablement frisquet ..  Je travaille maintenant sur une  portion de jardin entre le portail et notre maison , sur laquelle on avait laissé  , depuis onze ans que nous habitons ici , délirer des conifères rampants  ; lesquels ont pratiqué un Kamasutra bizarre avec du millepertuis , également rampant , pour former à un mètre de hauteur un couvert peu attrayant  sur plusieurs dizaines de mètres carrés  .Ce  millepertuis , indestructible , nous survivra probablement ,  même si la centrale du Tricastin , la plus proche de chez  nous , explose  un jour .. ( mais Ségolène a dit que tout irait bien , ça me rassure ) . Ceci dit , je préfère le millepertuis sauvage , avec lequel je fabrique de temps en temps de l'huile pour les brûlures .

        Il pleut maintenant , il fait de plus en plus froid - j'ai allumé le feu dans la cheminée à trois heures de l'après-midi , tout en dormant à moitié devant un n-ième Maigret avec Bruno Cremer ( lui aussi , quelle tristesse , arraché trop tôt à mon affection .. ) . Et puis , négligeant l'épisode suivant , je suis descendue dans mon atelier , bien négligé depuis deux mois . En même temps , je me suis souvenue qu'il restait deux disques achetés à Tiruvannamalai ( il y a une boutique sympa tout près du grand temple ..)  que je n'avais pas encore écoutés - de Sudha Raghunathan . Et , miracle ! le premier est encore plus gé-nial que celui que j'ai déjà . Waouh ! En l'écoutant , une aquarelle a bien démarré  ... tant pis pour le froid , et la pluie ... Quand à la maison de maman , elle sera vendue - si Dieu veut - et je peux prier pour que les prochains propriétaires s'y trouvent bien .  J'ai fait ce que je sentais juste , pourquoi me tracasser à ce sujet maintenant ?

 

 

 

 

Il y en a pour une bonne heure .. Quelle pêche elle a !

7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 17:20

 

 

 

 

Chapitre 1978 : tu n'arriveras jamais à rien

    

 

 

           C'était un des leitmotiv de ma maman , quand j'étais petite . Ou plutôt , à partir du moment où je suis rentrée en sixième ... à l'école primaire , mes parents avaient cru avoir affaire à une surdouée , musicienne de surcroit , qui leur aurait donné de la satisfaction .. mais à partir du lycée   , le travail scolaire est devenu tellement oppressant , l'existence tellement accablante  - pour une petitoune de deux ans plus jeune que la moyenne  - que , tout au long de mes études , même   l'année où j'ai obtenu le " prix d'excellence " , j'ai eu l'impression , la certitude , d'être une élève médiocre . Leitmotiv , de ma mère ;  je n'avais  aucun retour paternel pour équilibrer ; soit indifférence de la part de mon père , soit qu'il ait partagé cette opinion . Elle me disait encore ça quand j'étais en classe préparatoire aux grandes écoles  .. Comment aurais-je protesté - c'était devenu une partie de moi-même .

       Je vous parle de  ça parce que ma petite belle fille , stagiaire pour devenir instit , m'a dit être scandalisée qu'une enseignante , censée lui servir de modèle , engueule   une pitchounette de six ans , qu'a pas des résultats terribles  en classe , en lui disant " tu n'arriveras jamais à rien " . Et moi aussi , ça m'a scandalisée , et m'a brisé le coeur ... je prie , très souvent , pour que la Shakti , ou Amma , ou ... ?  s'occupe de cette petite fille ; que je ne connais pas , mais dont l'arrière -plan familial n'est , parait-il , pas très positif . Le regard compatissant de la stagiaire suffira t'il à l'aider à pousser droit ?

      Je vous parle de ça aussi parce que , tout cet après-midi où j'ai travaillé au jardin , la pensée , le verdict d'autrefois , me trottait dans la tête . J'avais beau me dire " c'est le mental " , j'avais beau prendre grand plaisir à ce que je faisais - désherber , bêcher , brûler les branches mortes , amender la bonne terre en portant seau après seau du terreau léger qui provient du compost , splendide cette année -  j'avais beau faire et faire , dans le jardin tout vivant qui s'éveille au printemps  .. la pensée me trottait dans la tête , occupait tout l'espace . Même la découverte enthousiasmante que le romarin a marcotté , tout seul comme un grand , ne m'a tenu la tête hors de l'eau que quelques minutes .

       Ou presque tout l'espace . Quelque part , dans un petit coin de ce cerveau , je sais que c'est juste de la pensée qui s'entortille . Je sais bien qu'on n'arrive jamais à rien .. Du berceau au tombeau , on n'arrive , forcément , jamais à rien , puisque notre nature profonde est :  vide . Vide de classifications , vide de pensées ... et heureuse .  ( Quel bonheur ça a été de prendre conscience de ça , il y a quelques années ! mais ça n'est pas une prise de conscience permanente  .. ce que je regrette bien .  )

 

         Je me suis appuyée contre l'amandier en fleurs   , un arbre amical qui a poussé tout seul ;  je lui ai demandé s'il arrive à quelque chose ,  lui . Il arrive .. à vivre comme un amandier . Chouette , non ?

 

 

 

 

     

Chapitre 1978 : tu n'arriveras jamais à rien