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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 18:08

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2033 : failles dans l'univers spatio-temporel

 

 

                  Seigneur ... Je voulais arriver , depuis longtemps ,  à scanner directement des peintures de format pas trop grand , parce qu'actuellement je dois d'abord prendre une photo de la peinture , par bonne lumière , puis trafiquer l'image obtenue pour que le blanc du papier ressorte et n'apparaisse pas grisâtre . Or : scanner , puis enregistrer , c'était quelque chose que je n'étais jamais arrivée à faire pour des photos ;  l'image virtuelle passait directement dans une dimension ... autre et inconnue . Mais voilà que  l'autre jour , par magie ou/et une faille spatio-temporelle dans les programmes de l'ordinateur , deux images ont atterri .. pile poil là où je rêvais qu'elles atterrissent ; dans un dossier appelé " françoise - images " ( simple et logique , ce nom   ... trop simple , je suppose  )   .

         J'avais aussitôt voulu réitèrer l'expérience en scannant  une troisième . Las .. l'image s'était à nouveau perdue dans un de ces fameux trous noirs , hors du continuum espace-temps ... Je désespérais - parce que , cet ordinateur , Philippe veille sur lui jalousement , et ne veut jamais que je demande à des amis plus compétents que nous de nous donne un coup de main . Dispute aigre-douce , agacements de part et d'autre .. Bref , ce matin , le Philippe , plus patient que moi avec ces machines maudites , se met à chercher ; et il dit avoir trouvé . Hum ! Au sortir de la sieste , l'esprit relativement frais , je me suis prise par la peau du cou et j'ai essayé de comprendre  ses explications techniques , c'était pas de la tarte ; puis , j'ai testé . Aaaaaaah  , il s'est passé quelque chose -  au moins , les images virtuelles  ont atterri quelque part  - dans l'ordi . Manque de bol , c'est dans un dossier appelé " Canon My Image Garden " ; dossier , lui aussi , jalousement , paranoïaquement, hermétiquement , obstinément : clos . Impossible d'y accéder , impossible de trouver l'adresse des images , impossible de les classer là où je voudrais qu'elles soient ;  et me voilà de nouveau à maudire ces saloperies de multinationales en général  , et Canon en particulier , jusqu'à la onzième génération  ...

         Encore trois quart d'heures à m'énerver là dessus . Tout à coup : une autre faille dans l'espace-temps - une nano seconde .. Je ne sais ce qui s'est passé :  une instruction " enregistrer sous ... " est apparue ,  j'ai pu cliquer dessus , supplier l 'Univers , La Bonne Providence de Dieu ou Shiva- Shakti , que cette image soit enregistrée dans " françoise-images " - et , Miracle ! Tout subitement -  l'Univers a accédé à ma demande . 

           Me voilà  pleine de gratitude ... mais .. quand j'ai voulu recommencer avec la peinture suivante .. impossible . Encore . Bon , j'ai passé combien de temps là ? Deux heures ?  Allez , j'écris , j'écris , pour faire passer la mauvaise humeur ...

 

 

 

 

5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 08:13

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2032 : fragment d'agenda jardinier

        

 

          La vigne vierge bourdonne  que c'est un bonheur , toute  pleine d'abeilles ...

        Dans le jardin du milieu , les hémérocalles jaunes sont presque défleuries , et il sera très  bientôt temps de récolter les graines des nigelles .  Pour la première fois depuis une dizaine d'années , juste au moment où je ruminais de les arracher  , les Montbretias sont éblouissants - grappes couleur de feu , en équilibre sur les tiges raides ; tellement élégants , et pourtant pas réservés du tout  ...  C'est le premier été où  tous s'apprêtent à fleurir : je suppose que ça vient des pluies , de printemps ou d'automne , venues au bon moment , parce que je leur ai mis des granulés de fumier de mouton desséché à l'automne , comme d'habitude .

        Au potager , pas encore de tomates mures ; un rang de haricots verts a presque fini de donner , la rangée suivante , des violets au long des tomates , s'annonce prometteuse .  Quand à  la récolte de pommes de terre nouvelles , elle est enthousiasmante ( Ouah ! Quel plaisir quand le maniement précautionneux de la bêche les amène au grand jour .. )   . Les carottes , semées je ne sais quand dans une bonne couche de compost , sont plus qu' honorables , et les betteraves dodues . Pas encore de courgettes , ni de concombres , il faudra que je les sème  beaucoup plus tôt l'année prochaine  .

      Et dans le grand bac plein du compost de l'année passée , les petits fruits des courges butternut et des potimarrons s'annoncent ...

 

 

 

2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 16:08

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2031 :  les chocolats de Salamanque

       

 

               Vous vous souvenez que j'avais écrit un article enthousiaste , ayant découvert par  hasard sur la Toile une méthode pour les accros aux sucreries ayant des velléités de se désintoxiquer ; méthode combinant  sophrologie et tapotements sur le corps  ( http://www.petites-peintures.com/2016/05/chapitre-2006-et-l-avidite.html. ) .  Eh bien , me réveillant de la sieste l'autre jour , j'ai eu envie de manger du chocolat .

     J'ai été voir dans la boite en métal : il y en avait une tablette et demie .

      J'en ai pris un carré . Juste un .

      Et voilà .

      Je n'avais pas envie d'un autre carré . Et je n'en ai pas pris de deuxième , encore moins de troisième . D'ordinaire , non pas que je mange toute la plaque , mais je dois me tirer par les bretelles pour m'arrêter au bout du sixième . Curieux ...

     Alors , je me suis demandé si c'était à cause de cette méthode ( que je n'ai pas poursuivie , j'ai eu la flemme ... ) ou de la chaleur .

      Ou encore .. c'est peut-^^etre quelque chose qui m'est arrivé à Salamanque .

       Voilà : je ne sais pas si vous connaissez le chocolat chaud façon espagnole , mais pour moi , c'est LA spécialité gastronomique que je recommanderai à tout un chacun , en cas de légère déprime , aussi bien que pour accompagner  une bouffée d'optimisme matinal ou un passage morne vers les cinq heures de l'après-midi . Bref : dans tous les cas . Sauf , bien sur , si c'est  la canicule ...

         Et , je vous l'ai dit , pour moi qui craint la chaleur ,  tout s'était extraordinairement bien goupillé c^^oté météo ( ouh là ! décidèment , il y a un sacré problème avec la touche  " accent circonflexe " depuis hier ; je me demande si on ne va pas ^^etre obligés d'acheter un nouveau clavier pour l'ordi ... quelle tristesse .) Donc , on a pu voyager dans un moment béni , avec tout le temps une température agréable , et de ce fait propice à la dégustation de cette bouillie tiède où la cuillère tient debout ,  hyperchocolatée , peu sucrée mais merveilleusement régressive , que les espagnols appellent chocolate  ( on peut se passer des churros à moins d'^^etre vraiment sur qu'ils sont frais ... ) . Quoi de plus agréable pour le petit dej qu'une grande tasse de chocolat en contemplant les arcades de la plaza Mayor ... 

             Or,   après Madrid , on avait fait étape à Salamanque . Salamanque , la belle  , la fière , la poétique , aux inoubliables  architectures de sable rose et de dentelle ... On y a mangé , le soir , dans un beau restau , qui n'était pas un snack : c'était étonnant .  La bouffe la plus abominable , la plus immangeable ,  que j'ai jamais goutée en Espagne ; et pourtant d'autres souvenirs de repas se pressent dans le peloton de tete , mais là , non ,  ce restau gagne haut la main la coupe du pire  ... Tout ce que ces braves gens arrivent à faire avec de simples pommes de terre , de l'eau et un chouïa de matière grasse ( du lard rance ? mais là , je suppute ) , c'est vraiment fabuleux ... ou encore , des oeufs et un peu de farine , et ça réussit à etre parfaitement écoeurant (  et  dans ce dernier plat ,  le lard rance était-il présent , ou non ?  ) au point que je tremblais d'angoisse en pensant que le serveur allait arriver avec son grand sourire , apportant un plat supplémentaire . Et qu'on ne m'objecte pas que c'est de la nourriture de pauvre . De la nourriture de pauvre , j'en mange tous les jours : tomates crues , ou  patates à l 'eau avec trois grains de sel , ou encore aïgo boulido l'hiver .. la nourriture de pauvre , ça peut ^^etre délicieux . Non , non , là ,  c'était de la nourriture du terroir - mais ,  ignoble .

          On a fait passer le mauvais repas en baladant dans la nuit tiède , autour de la Cathédrale . C'est pas grave , c'est ce qui rend un voyage pétillant . Et puis , on avait à peine touché aux plats , donc leur digestion n'était pas trop difficile ...

         Mais  le lendemain ... Ah . Le lendemain . Le lendemain : on est retournés  à la Cathédrale , et on a visité , en plus ,  l'ancienne cathédrale , fort belle aussi , plus trapue et plus simple ; puis   la Faculté ; puis , on s'est promenés tout à loisir .. Pour clore la matinée , en guise de repas de midi , on s'est arr^^etés dans une ruelle à l'ombre pour déguster un chocolat . Mes amis , ce chocolat ... LE chocolat . Un chocolat ...  historique . Le meilleur chocolat chaud de toute ma vie . Le chocolat  dont je me souviendrai sur mon lit de mort ... et les churros venaient d'être faits , tout chauds tout bouillants ... impossible de leur résister .

       Dieu sait que je l'ai apprécié , dégusté , ce chocolat , que j'en ai joui gorgée après gorgée ... , que j'ai sucoté ma cuiller jusqu'à ce que le métal fonde dans ma bouche , que j'en ai pris une deuxième tasse , et que j'ai encore raclé les bords de celle de Philippe ensuite ...

      Mais la nuit d'après , j'ai fait un r^^eve comme je n'en avais jamais fait : j'ai r^^evé , r^^evé en r^^eve , que je mangeais du chocolat . Deux bo^^ites de chocolats , l'une , de chocolats au lait et l'autre , de chocolat noir . Ca ne m'était jamais arrivé de faire de rêve de ce genre ; cauchemars  oui , rêves merveilleux  oui , rêves bizarres oui , rêves symboliques oui ,  rêves érotiques  quelques-uns ; mais , rêves gastronomiques ? certes , jamais ...

      Et dans ce r^^eve , je n'avais jamais mangé du chocolats aussi exquis . Je les mangeais , sans précipitation , avec bonheur , les uns après les autres ; et je ne finissais  même pas les boites .  Mais ensuite , ou maintenant   dans ce que j'appelle la " réalité " : je me souviens encore du go^^ut de ces chocolats r^^evés ; et je peux jurer que je n'en ai jamais mangé d'aussi bons ...

    Alors voilà ; c'est peut-^^etre pour ça que je n'ai plus eu envie de chocolat l'autre jour .

    Mais ceci dit -  je n'ai pas perdu un gramme ..

 

 

 

 

 

 j'aime bien les deux piétons ... un couple d'hommes , il y avait , je crois , une dame aussi , qu'on ne voit pas ; ça pourrait être nous , dans quelques années ( Philippe a encore des cheveux .. )

j'aime bien les deux piétons ... un couple d'hommes , il y avait , je crois , une dame aussi , qu'on ne voit pas ; ça pourrait être nous , dans quelques années ( Philippe a encore des cheveux .. )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 15:48

 

 

 

 

Chapitre 2030 : hémérocalles

    

 

            Hélas , comme leur nom l'indique - une fleur par jour ... - les rouges , peut-etre parce que je les ai plantées plus à l'ombre , me promettent de continuer à flamber , doucement , fidèlement ,  encore une semaine ; mais les jaunes - couleur d'or , couleur de soleil , couleur de lumière et de gloire et de joie  , celles qui saluent les premières le soleil levant ,  au pied  du rosier qui a presque la m^^eme couleur ( et , par hasard , d'un glaïeul citron )   .. celles-là , peuchèrette ...  tous les matins , et  quelquefois meme aussi  le soir ,  je dois enlever une fleur fanée ; et bientot il ne restera plus que les tiges , les feuilles , et le souvenir . Est-ce qu'il fait , vraiment ,  tellement chaud ? 

 

 

 

 

 

Chapitre 2030 : hémérocalles
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 11:50

       

 

 

 

 

 

Nicolo di Pietro - The conversion of Saint Augustin

 

 

 

 

 

           Jamais je n'avais lu les Confessions de Saint-Augustin ; mais j'étais tentée .  Une raison , bizarre , c'est que ce préfet Dardanus , cher à mon coeur puisqu'il fait quasiment partie de mes ancêtres  de Saint-Geniès ( un fantasme ! ), ce même préfet qui voulait , donc ,  construire la Cité de Dieu , Théopolis , quelque part sur les âpres hauteurs qui entourent Sisteron ,  a entretenu , parait-il , une correspondance avec lui . Une autre raison .. je ne sais pas trop ;  j'en avais entendu causer , disons . En tout cas j'en étais curieuse . Et puis , j'adore les autobiographies ... Donc , partant en vacances , j'avais vu ce bouquin à 5 euros  , en Folio Classique - allez , je le glisse dans le sac  ...

         Bon ! J'ai pas commencé pendant le voyage ;  j'ai d'abord dévoré deux bouquins ,  un peu médiocres , mais qui se lisaient facilement :   dans la librairie de Nîmes , je m'étais laissée séduire par la quatrième de couverture - c'est fait pour ça , bien entendu , les quatrièmes de couverture ... - et le fait que c'était écrit par une femme , en plus  traduit du suédois ... . Puis , au moment où j'allais attaquer ces fameuses Confessions , un autre roman s'est trouvé sur ma route , emprunté à  la bibliothéque d'un sympathique hôtel portugais . Roman très inspiré , pour la première moitié , par  Dickens ; pour la deuxième moitié , par d'autres  écrivains anglo-saxons plus contemporains . Donc , un peu disparate mais agréable à lire ( le titre du livre a été traduit en français , un peu lourdement à mon goût , par " les grandes espérances du jeune Bedlam... " ) .

         J'ai  attendu d'être de retour . Les soirées , je vous l'ai dit , sont délicieuses ; sur la terrasse de l'Est , entourés  par deux chats  sur leurs fauteuils , et Hermione , qui irait bien sur un troisième fauteuil mais l'a pas le droit alors elle's'vautre sur le carrelage , mais là où l'est le plus encombrante . D'ailleurs , nous n'avons que quatre fauteuils ; en osier . Nous jouons au Scrabble , chose qui ne me tente que l'été ; Philippe ,  cherchant avec rapacité et obstination à gagner à tout prix , reste des heures à traquer le mot qui tue ; donc , en attendant mon tour de jouer , je lis ... ( mais ça n'est pas forcément pour ça que je perds ; d'ailleurs , je ne perds pas toujours . ) 

       Alors , Saint-Augustin ... tout au début , j'ai été séduite par son côté honnête , son côté chercheur  de vérité ; plus , et on trouve ça dans les premières pages , c'est ça qui m'a accrochée ,  son côté hyper logique , une logique , mathématique , suave et poussée à l'extrême limite jusqu'au paradoxe qui vous fait perdre pied et c'est un bonheur ,  une logique  presque exquisement Lewis Carrollienne -   le gars qui cherche à mener la logique jusqu'au bout du bout du bout , jusqu'à ce que le serpent du mental , ayant dévoré sa queue vertèbre après vertèbre , centimètre par centimètre , se trouve vraiment coincé et abandonne la partie ...

      Et de ce fait , je suis horripilée quand il abandonne la logique pour se ranger dans le giron de l'Eglise - bon disciple vertueux  ... ou quand il énonce des affirmations , sans les démontrer . . Là  , je l'assassinerais avec joie , à coups de pic à glace -  mais je crois qu'il est mort depuis un certain temps . Quand il brûle ce qu'il a apprécié autrefois , dénonçant ses erreurs du passé , je suis plus indulgente ( à une époque je brûlais moi aussi toutes les conneries dont je venais d'émerger  ... et ça risque encore de m'arriver . )

      

      En outre ... cette édition Folio Classique reprend une traduction ( traduction du latin  ) d'un certain Arnauld d'Andilly , traduction datant du XVII e siècle . Le langage est très jouissif .. Seulement , le bon Arnauld emploie systèmatiquement le mot " catholique " . La religion catholique , l'église catholique .. ça me gêne bien : puisqu'à l'époque où Augustin écrivait , il n'y avait certainement ni catholiques , ni protestants ... Alors ,  là ! il n'en fallait pas plus pour éveiller mon côté soupçonneux , et me demander ce que le traducteur avait pu , en toute bonne foi vertueuse ( et catholique !) orienter , traduire et trahir , d'autre ...

       Ceci dit , je me régale . Tout en sautant de temps en temps des paragraphes entiers - ce que j'ai toujours fait pour Proust que je relis depuis bientôt cinquante ans , et tous les deux ans à peu près . Mais comme je ne saute pas toujours les mêmes , c'est génial ! Alors ,  pour revenir à Augustin ,  je sais que je le relirai , et je  viens de me commander une autre traduction , contemporaine , en espérant que ça fera moins punaise de sacristie . On verra . Et puis , je pourrai demander à des protestants , dans les Cévennes c'est pas ça qui manque ...

 

 

 

 

 

 

29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 17:09

 

 

 

 

 

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          J'ai cru que je n'arriverais jamais à sortir de la sieste ... (  vers les trois heures et demie ,  quatre heures de l'après-midi ) . Enfin , j'ai réussi à dégouliner lentement hors du canapé , puis à couler par molles flaques successives dans l'escalier ,  jusqu'au rez de chaussée , marche par marche - pour , au moins ! faire quelque chose de mon après-midi , pas dormir tout le temps . Déjà , un petit ménage de la cuisine d'été , qu'en avait bien besoin ( mais que j'ai fait tout en continuant à dormir ) , puis  , autre chose que je veux faire depuis longtemps : teindre en roux clair , couleur cannelle - enfin , c'est ce que j'espère - un pantalon autrefois  blanc qui ne quitte plus  jamais le gris isabelle , une tunique autrefois blanche , rapportée de Rishikesh , que j'adorais , à broderies gris perle , mais devenue , hélas , rosâtre parce que je l'avais lavée avec un ti-shirt rouge , etc ... Hélas ,  même si j'ai mis les lunettes pour lire attentivement le mode d'emploi de la teinture et que j'ai tout bien fait comme il faut :  ça ne m'a toujours pas rêveillée .

          Une fois la teinture mise en train , j'ai réussi à commencer une aquarelle ; ça faisait longtemps , depuis notre retour d'Espagne ,  que je tournais autour de mon atelier , sans réussir à m'y remettre . Et sans savoir non plus comment j'allais peindre . J'ai mis sur le lecteur un disque de Sudha Ragunathan , Thiruppugazh , suave comme toujours quand elle chante , mais plein d'allant et d'allégresse  à réveiller un mort ... Normal , le Thiruppugazh est un recueil de poèmes dédiés à Murugan ( qu'on appelle aussi Kartikeya , ou Skanda ) , le Dieu de l'amour et de la guerre , particulièrement vénéré dans le Tamil Nadu , et ses dévots sont toujours incroyablement pleins d'énergie ,de bruit , de vigueur et de gaîté . En fait , pour des tas de Tamouls , Kartikeya représente aussi l'Infini , l'Absolu , Dieu ... bien au delà des images . Comme pour les chrétiens et Jésus . Mais , esprit superficiel que je suis , les images me plaisent infiniment , alors je vous ai copié ci-dessus un de ses portraits :  sa tête ( non , ses têtes ! )  ne sont pas trop belles ,alors qu'il est renommé pour sa beauté ( pas comme son frèrot !)  mais je trouve que la teinte verte du paon , et de l'herbe , est fabuleuse . D'ailleurs les pélerins de Murugan s'habillent en vert émeraude , justement - et tiens , justement , qu'est-ce que je me suis acheté à Anduze , l'autre jour ? Un sarouel presque de cette teinte , qui fait ma joie ... Ben , me voilà réveillée !

         Quelques précisions sur Kartikeya :

http://www.reshareit.com/lesser-known-facts-about-kartikeya/

on y énumère quelques particularités de Kartikeya- Murugan : sa beauté , le fait qu'il est le frère de Ganesh et qu'il y avait une concurrence entre eux , également le fait que ce paon , son véhicule , immobilise dans sa serre un serpent .  " Eh bien , le serpent symbolise l'ego . Kartikeya est habile , il ne veut pas abandonner son ego ( je suis sur que personne ne peut faire ça ) mais il a la possibilité de le contrôler . Alors , voilà ce qu'on peut appeler un homme parfait ! "

 

et sur le Thiruppugazh :

https://en.wikipedia.org/wiki/Thiruppugazh

Ce que je regrette de ne pas comprendre le tamoul ... allez , pour mes soixante-dix ans , je m'offrirai des leçons ...  

 

 

 

 

 

 

         

28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 07:19

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2026 : nouvelles potagères

 

 

     Une promenade au potager vers les six heures du matin vous réserve bien des satisfactions ... les tomates grossissent  : les plus belles sont les Noires de Crimée ,  vertes , dodues , brillantes comme d'énormes émeraudes . Les Andines cornues prospèrent également , mais , plus réservées , elles restent d'un vert tilleul mat . Quand aux Coeur-de-Boeuf  ( nom d'une pipe , comment ça s'écrit au pluriel ? ) , certaines ont été piquées par un insecte et noircissent maussadement , toutes fripées et comme repliées sur elles-mêmes .  

      Poivrons ,  aubergines , courges fleurissent , et de minuscules fruits  s'annoncent ; les haricots " Contender " ralentissent leur rythme ; mais on dirait que les haricots nains violets que j'ai semés il y a trois semaines ont l'intention , pour une fois , de fructifier honorablement ( c'est fascinant , les haricots violets , ils sont ... violet sombre ; mais quand on les fait cuire , ils deviennent vert émeraude ... ) .  Ah , et encore , j'ai eu une grande joie  : pour la première fois depuis douze ans , arrivent des carottes respectables , et pas des trucs rachitiques , multipodes mais bouffés par des vers inconnus ,   qui semblent venus d'une autre planète . Faut dire , j'avais mis au moins vingt centimètres de compost là où je les ai semées ... Quand aux framboises jaunes  - un cadeau , comme beaucoup de plantes au jardin ,  de l'amie  France -  elles sont tout simplement exquises , bien meilleures que les roses ; et  c'est la récompense de la jardinière rampant de fatigue , les doigts coupés par les herbes , les bras égratignés par les rosiers ,  les jambes agacées par les piqures d'insectes divers et vengeurs  ,  d'en grignoter trois ou quatre chaque soir , avant de remonter se laver à l'eau fraîche salvatrice pieds et mains ...  allez , peut-être une fraise aussi , il y en a  quelques unes qui ont résisté à la chaleur ... ( Merci à  France , encore , qui m'a donné les ciflorettes il y a cinq ans ! )  

         Mais ce qui est le plus joli , et que je ne me suis même pas donné la peine de semer ,  c'est les pieds d'alouette - et les camomilles ...

 

 

 

 

Chapitre 2026 : nouvelles potagères

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 18:44

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 2026 : le grand âge

 

 

 

 

 

 

 

           J'ai reçu une invitation pour fêter " l'entrée dans le grand âge " d'Alix . Invitation qui était accompagnée d'une photo tout à fait charmante de ladite Alix    il y a  ( très certainement ) soixante-neuf ans et des poussières . Mon propre anniversaire approche également , quoique je sois née un tout petit peu plus tard . En fait ,  je vois approcher ce fameux " grand âge "  (  et ça ne sera , pour moi , que dans trois ans ; cette année ,  j'en aurai soixante-sept , un nombre que je trouve sympathique , mais pas autant que tous ceux qui commencent par le chiffre 7 , Dieu sait pourquoi  ) sans inquiétude : je pense souvent à une femme de sagesse , guérisseuse rencontrée cet hiver : Rajapalayam Amma . Nous venions nous incliner devant elle , et elle était extrêmement présente à toutes les questions , extrêmement attentive à chacun et chacune d'entre nous .   C'est tout simple : c'est à elle que je voudrais  ressembler en vieillissant  . Elle a , dit-on ,  cent ans ou plus ; habite dans une petite cabane , dans un endroit absolument pas paradisiaque . Et elle ...  rayonne . Je lui prête sérénité , sagesse  , bonté , bonheur et paix intérieure ... et je la trouve belle .

          J'ai piqué chez Sonagiri la photo ci-dessous ;  pour une fois j'apparais sur ce blog !   Amma ( en Inde , dés que vous avez plus de quarante ans ,tout le monde vous appelle Amma )  est en train de dire une bénédiction en mettant de la vibuti sur mon front . Déjà , j'ai de l'espoir , puisque ma coupe de cheveux ressemble à la sienne !

 

 

 

 

Photo :

 

 

 

 

 

 

 

23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 15:14

       

     J'écris moins ... Je me suis demandé souvent si ce blog était si bavard parce que , depuis que je suis née , j'entendais maman me parler sans cesse ... sans me considérer autrement que comme une oreille à sa  portée  . Elle n'est plus là ; je n'ai plus besoin de m'occuper d'elle ; je n'ai plus besoin de l'écouter ;  je n'ai donc plus besoin de me prouver que j'existe .

      J'écris moins .. il fait si chaud depuis deux jours .  Comme autrefois - quand le temps  paraissait infini , merveilleusement vaste , parfait ,  tout au début des vacances .

      J'écris moins .. tout à l'heure , le bonheur de cueillir les haricots au potager , en remerciant , remerciant la terre , remerciant le soleil et l'eau , remerciant ce qui a tout fait pousser . Ils étaient bons , ces haricots ! un délice .

       J'écris moins .. C'est le temps de la confiture d'abricot . Elle sera bonne , j'aurai juste  à gratter le fond brûlé de la marmite pendant trois bons quart d'heure encore .  

      J'écris moins ...  on passe la soirée sur le balcon , on est juste content de goûter , de se délecter , de tous ses pores , de la fraîcheur qui tombe , après la brûlure accablante de l'après-midi .

      J'écris moins .. Hermione et moi avons été voir Maria tout à l'heure , dans sa maison de retraite . Assise sur son fauteuil , enfermée dedans ... peuchère. 

       J'écris moins ...  jusqu'à la prochaine fois .

 

 

21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 16:37

 

 

           Cet après-midi , je désherbais , sans conviction  parce qu'il était trop tôt , qu'il faisait trop chaud , sous le pin au milieu du jardin . C'est  un pin de montagne qui a poussé sur trois ou quatre mètres de haut ,mais il n'est probablement pas à sa place ici en plaine :  chaque année , de grosses branches meurent ; et pourtant des aiguilles et des fleurs nouvelles poussent chaque printemps sur d'autres .

         J'ai entendu un grand bourdonnement , dans le ciel . Des abeilles ; non pas un essaim , chose que je n'ai jamais vue , mais en vol groupé ; elles ont tourbillonné un certain temps au dessus de ma tête , un ou deux milliers d'abeilles ... A peine le temps de me demander si elles présentaient un danger  , mais sans y croire vraiment . Ensuite , elles  se sont envolées , au dessus des maisons , vers l'Est .

          Depuis deux jours , j'avais remarqué que plusieurs d'entre elles , comme tatonnantes , comme si elles cherchaient on ne sait quel havre  , se heurtaient à la grande baie vitrée ,  ou encore , se posaient un instant sur le crépi du mur sous le balcon , repartaient , bourdonnaient à quelques centimètres ... Ce sont de petites abeilles sauvages , presque noires , qui butinent avec bonheur ; un bonheur partagé quand je les croise ,  dans le potager fleuri de pieds d'alouettes et camomilles . Quelques unes des petites exploratrices étaient rentrées , et mon courageux chevalier blanc , ce crétin de parisien inculte et assassin  , était allé chercher la bombe d'insecticide .

          C'est le genre d'incident qui me donne envie d'aller vivre bien loin de lui ... on dit qu'il y a des couples qui divorcent à soixante-dix ans . Des fois , je m'interroge . Enfin , il me reste encore trois ans avant de décider ... En fait , il suffisait de les emmailloter dans un torchon et de  mettre gentiment les deux ou trois abeillettes dehors , ce que j'ai fait .

          Alors , les abeilles , bon vent maintenant  ... j'étais contente de vous voir , et je vous souhaite de trouver un chouette coin dans les bois tout proches ...