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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 07:19

            Bon ! après , en gros , les quatre-vingt premières pages , le livre dont je vous parlais hier ( " Voyage vers l'immortalité " )  me parait plus accessible : écrit par une humaine et non par un robot . Mais tout de même , le fait que ces extraits  ont été choisis par quelqu'un d'autre ( trois personnes , trois hommes  , ont fait cette édition , dont un certain  " Paul-du-Coeur-de-Jésus " - qui doit donc être un moine , catholique ?  ), le fait que je n'y ai pas accès directement , me met  mal à l'aise . Toute la famille de cette femme , Atmananda , a péri dans les camps de concentration pendant qu'elle était en Inde ; et elle n'en fait pas mention , là où j'en suis du livre ... on dirait que ça ne l'a pas plus perturbée que ça . Etrange . C'est comme si je voulais lire la Recherche du Temps Perdu , et que je ne trouvais qu'une édition sélectionnée et éditée par les virtuoses du  Reader's Digest .... Beuark !

            Et en outre , ce matin , que le chemin d'Atmananda auprès de Ma Anandamayi me parait compliqué - avec des aspirations à " ne faire qu'un avec Dieu " , " ne faire qu'un avec la Mère " - que je n'ai jamais éprouvées . Mais je ne suis surement pas une grande mystique ; je brigue juste le titre de  mystique à ras-les-pâquerettes et c'est déjà sacrément ambitieux .

               Ce matin , un peu préoccupée , également , aux problèmes émotionnels entortillés , et dramatiques - et dramatisés par les participants , surtout ! de toute une famille que je connais , ( mère-fille , fille-père , mère-père , etc , etc , etc ... )  je les ai tous pris dans mon coeur , en espérant ne jamais entendre parler d'eux  dans les colonnes des journaux  ;  puis  j'ai eu  envie de revenir à une méditation de style Zen , tout simplement . Juste rester avec la respiration ... Sans chercher davantage .

          D'ailleurs , le ciel était plein d'étoiles , justement ce matin . Chouette ! Enfin ! Dieu , bien entendu ,  je ne sais pas ce que c'est ; et que m'importe ... la Paix , par contre , je sais ce que c'est . Et ce matin , justement ,  je reçois cette citation de Swami Ramdas , citation que j'ai envie de partager :

 

  “Draw your mind inward and realise peace by communing with God who is Absolute Peace. Be like a generator of peace and distribute it everywhere.”

'" Tournez votre esprit vers l'intérieur et réalisez la paix en communiant avec Dieu qui est Paix Absolue . Soyez un générateur de paix , et répandez-la partout ."

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Chapitre 2561 : En paix ; et retour au Zen
25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 06:05

     

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           Hier , journée à Avignon . Il pleut encore , doucettement ... R. , quand j'arrive , a allumé un petit feu dans la cheminée de la cuisine  - elle a aussi un radiateur , mais le petit feu c'est " pour chasser l'humidité " . En tout cas , c'est plaisant à voir ... R. dit que le bois ,des buchettes du bois d'un de ses platanes ,  brûle mal .  ( Ce dont je ne suis pas persuadée : mon avis personnel , sur tous les feux dans la cheminée , y compris chez nous , c'est qu'il faut une bonne quantité de petit bois bien sec pour qu'ils brûlent bien au départ . Après , tout va bien ... )

      L'après-midi , après la sieste , passe son fils , que j'aime bien , et je le vois toujours comme le petit jeune d'autrefois ( il avait treize ans quand je l'ai connu , et c'était il y a quarante-sept ans ... ) ; il nous raconte une histoire assez révoltante ,  à propos du propriétaire d'une jument qu'il a vue récemment agoniser -  sans souci du propriétaire , autre que la rentabilité . 

       Je rentre à la nuit ,   nettement moins fatiguée que d'ordinaire ,  parce que la nouvelle voiture a de meilleurs phares et roule mieux que ma vieille Ford Mondéo ;  je trouve aussi un feu qui brûle dans la cheminée ... bien nécessaire au confort de la grande pièce . Merci Philippe , qui a pensé à l'allumer ... 

       Je me couche tôt :  et suis assez déçue par la lecture commencée d'un livre ,  que j'espérais plus proche de moi : il s'agit de la vie d'Atmananda * , une disciple occidentale de Ma Anandamayi , auprès de Ma ; j'avais entendu dire qu'elle avait été déchirée entre l'influence de Krishnamurti , et l'enseignement de Ma . Et j'y avais espéré un reflet de mes propres interrogations et inconfort  ( puisque j'ai toujours le cul entre deux chaises . Je les vois très bien , ces chaises ,  l'une étiquetée " Athéisme" , l'autre " Dévotion " ... et je me vois assise au milieu ... ça serait des chaises pliantes en bois , comme les chaises Ikea que j'ai toujours . Peu confortables , mais tellement pratiques ... alors , une fesse sur l'une , une fesse sur l'autre ... c'est sur qu'on n'a pas envie de rester assis comme ça ! ) 

        Seulement , cette femme ( Atmananda ) n'a pas , semble-t-il ,  l'esprit tourné comme le mien ; on dirait qu'au début du livre , quand elle a une vingtaine d'années ,  ce qu'elle écrit  a le côté exalté et intellectuel qu'on a à cet âge là - mais  un journal de trois mille pages , réduit au dixième - comment apprivoiser la personne qui l'a écrit , si je n'ai que des extraits ? je n'arrive pas à comprendre : elle a connu Krishnamurti toute jeune , quand il était tout jeune ;  était elle tombée , comme toute une chacune , amoureuse de son beau gourou ** ?  Le livre , ce sont des extraits de son journal intime : extraits qui ont été choisis , et donc formatés , avec les meilleures intentions du monde j'en suis bien certaine , par une couche supplémentaire de deux ou trois autres intermédiaires  . Les éditeurs ,et traducteurs , ont-ils  voulu gommer , ou censurer ,  un éventuel côté sentimental ?  Ou bien , est-ce la forme de la personnalité de cette jeune femme ? je vais relire , ce soir , les cinquante premières pages - pour voir si je ne trouve pas une fêlure , qui me la rende plus proche ...

            Ce matin ,  je me réveille , complétement  reposée ,  vers les cinq heures ; avec la sensation , la vision  - ni agréable , ni désagréable - d'un feu , semblable à celui que j'ai vu chez R. ,  qui brûle et pétille doucettement au centre de ma poitrine . En fait , plutôt agréable , cette sensation . Je vais me coucher sur le canapé , pour être seule , j'allume une petite bougie devant le portrait de Neem Karoli Baba , une autre petite bougie devant le portrait de Jillelamudi Amma ,  et je reste avec ce petit feu à l'intérieur ... au centre du coeur . Ni du côté gauche , ni du côté droit - juste au centre . Juste un feu qui pétille tranquillement ...

 

 

* Voyage vers l'immortalité ( ed. Accarias , l'Originel )

**   c'était l'époque où Krishnamurti n'avait pas encore dissous l'ordre de l'Etoile , et n'avait pas encore proclamé la dangerosité extrême de tous les gourous ! mais tiens , j'y pense , ça se passait dans les années trente -  Est-ce que Krishnamurti n'aurait pas vu ,  prévu ,  la montée en puissance d'Hitler ?    K.  donnait souvent des conférences aux Pays-Bas , nous dit l'éditeur , à cette époque  ... 

 

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je sais , ça nous rajeunit pas d'écouter ça ... tiens , l'illustration de couverture est bien ollé ollé !

24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 06:51

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             Notre prof de sanskrit ( je devrais bien en travailler un peu , d'ailleurs , du sanskrit ... mais , bon ...ça attendra ... ) m'a envoyé quelques remarques , concernant la récente traduction du chapitre sur " Sîta " que j'avais envoyée . Remarques bienvenues , de la part d'une telle érudite ; remarques judicieuses , car elle connait certainement mieux les textes , des milliers et de milliers de vers sanskrits , que toute autre . Mais , à la lumière  de ses corrections et rectifications , je me suis demandé si je ne fais pas partie de la secte " Shakta" du Shivaïsme , sans le savoir davantage que Monsieur Jourdain manipulant la prose ... En tout cas , qu'importe  . Vénérer Shiva , l'Absolu , sous le nom de l'Esprit ; ou vénérer Shakti , l'Absolu sous le nom de l'Energie Universelle ou de la Mère Universelle , peu m'en soucie . D'ailleurs , dans mon cas de semi-athée , je ne vénère pas forcément quoi que ce soit . Surtout ce matin , quand deux  chats et un chien exigeants et impatients  m'ont tirée du lit et que j'ai sauté dans mes pantoufles , à demi-réveillée mais toujours le petit doigt sur la couture du pantalon  , pour distribuer vite vite croquettes et pâtée matinales .

      Car ce matin , je me suis réveillée avec une interprétation , que mon réveil trébuchant de tout à l'heure à six-heures et demie tapantes trouvait lumineuse , de cette " résurgence de vie antérieure " vécue dans le rêve éveillé de l'autre jour . Je me disais que les pensées , lors de ce genre de séance de rêve , pouvaient en quelque sorte synthétiser , puis amener  au jour  et narrer ,  sous forme de conte ou littéralement de film , extraordinairement vif et présent dans ce cas là , des éléments divers de l'histoire d'enfance , refaçonnés grâce aux symboles . Ainsi , un personnage autoritaire et plutôt destructeur , que l'enfance craignait intensément  , devient , dans le conte ,  un ou plusieurs nazis impitoyables ; et le vif  désir de liberté  normal à un enfant , désir détruit dans le passé ,  devient un personnage de  jeune fille juive pourchassée , puis  tuée  ... Le film choisit ,  à droite et à gauche , dans les innombrables éléments visuels , auditifs , etc ... que le , ou la , rêveur ou rêveuse a , peut-être consciemment , peut-être inconsciemment , rencontrés dans le jour d'avant ou les années d'avant , le film choisit les matériaux pour en modeler un rêve cohérent et terrible ...

          Mais ceci n'est qu'une hypothèse , adaptée à l'esprit scientifique de notre époque  . Et en plus ,  pour moi , elle n'explique pas toutes les expériences que j'ai vécues . Ceci dit , il peut y avoir une autre hypothèse : pourquoi toutes les molécules , celles , par exemple , de l'air que je respire , de l'eau que je bois , de la nourriture que je mange , ne porteraient-elles pas un genre de mémoire elle aussi ?  ces molécules d'eau , qui ont été bues par un chevalier du Moyen-Age , ou une criminelle morte en prison , sont retournées au sol quand le corps de l'un , ou de l'autre , est mort . Passées dans la terre .. Nourrissant l'herbe qui pousse ... Puis ,  l'évaporation  fait son chemin ... et la pluie retombe ... et caetera ...  et certaines mémoires se fixent dans le corps et l'esprit présents de la personne qui vous parle ( et avait pourtant l'air d'être à peu près " normale" ... ) , et ces mémoires demandent , exigent qu'on fasse parler les souffrances vécues il y a plusieurs siècles ... et ce sont ces " vies antérieures " qui se déroulent , avec une impression de réalité vécue dans le présent , proprement hallucinante .

         Bon . De toutes façons ,  ce qui compte , c'est ce qui se passe dans le présent . D'une certaine façon , certains éléments sont choisis , à un certain moment , et véhiculés jusqu'à la conscience   ; et  ce processus est infiniment guérisseur . Guérisseur , comme si une force de gravité immense et incoercible amenait tôt ou tard tous ces matériaux éventuellement douloureux du conscient et de l'inconscient au jour ; pour que les points de souffrances , les points de frottement , les points d'incohérence , emmagasinés dans le passé ancien ou récent ,  soient intégrés dans une compréhension plus vaste ; et  que le système de pensée dans sa totalité , d'étriqué et douloureux et ratatiné et stupide  qu'il était devenu ,  à force d'expériences désagréables non digérées , de couches et de couches de souffrance qui se sont  superposées et figées ( et quelquefois cristallisées dans le corps ),  l'esprit pourtant toujours constamment en recherche d'équilibre et de liberté ,  devienne , petit à petit , l'immensité de l' Esprit Vaste , Paisible et Joyeux . Ce qui permet d'envisager la vie de ce petit personnage , soi-même , uniquement avec joie , quelles que soient les circonstances de sa vie * .

         Je parle pour les humains ...

 

 

 

* (cf la vie d'Etty Hillessum ...)

23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 06:57

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       J'entame , fort tièdement ,  la traduction d'un des derniers chapitres concernant les déesses de l'Inde :  Radha ,  l'amoureuse passionnée de Krishna . Elle m'aurait peut-être intéressée davantage quand j'étais jeune . Mais là , euh ...

 

   "     Thérèse d’Avila , qui entretint tout au long de sa vie une histoire d’amour avec Jésus , fut imprégnée de l’énergie de Radha . De même pour Saint-Jean de la Croix , Thérèse de Lisieux , Mirabaï , et des générations de mystiques Hindous et Soufis . L’énergie de Radha est marquée de façon tellement indélébile dans la psyché collective que jusqu’à ce jour elle reste l’une de nos grands modèles mythiques de dévotion passionnée . "

 

     Donc , cette passion amoureuse de la jeunesse , ça n'est vraiment pas , ou plus , mon genre ...  Ceci dit,  je sais que traduire chaque chapitre m'en apprend toujours , sur moi-même en même temps que  sur les mythes ... Donc , allons-y ! 

      Mais on dirait , ces jours-ci , que j'ai tendance à la flemme . C'est adapté , certes , à la météo ... Mais il se trouve aussi que  j'avais sollicité ma formatrice pour qu'elle m'accompagne dans un " rêve-lumière " , mardi dernier . Celui-ci était incroyablement bouleversant ; je me suis retrouvée en train de pleurer amèrement , le cœur brisé de douleur , sur la mort d'une jeune fille  étrangère ; une personne qui semblait , pendant le rêve , aussi réelle que vous et moi  maintenant . Comme une personne qui se serait trouvée en moi ,  qui dormait dans mon inconscient depuis belle lurette . Est-ce une " vie antérieure" ? ou une représentation symbolique d'événements de mon passé  ?  En tout cas , j'ai dormi , et je dors depuis , bien plus profondément que d'ordinaire , avec l'impression d'avoir séjourné au vingtième sous-sol dont j'ai du mal à remonter ,  depuis deux jours ,  tous les après-midis ...

        Pourquoi est-ce que je voulais faire un rêve éveillé ? j'avais sollicité l'intention de me libérer de l'emprise de la nourriture , puisque , d'une part , je n'arrive pas à me débarrasser des vingt-cinq kilos pris depuis vingt ans ; et d'autre part , il  semble que , depuis l'enfance , le fait de manger , de manger le matin , de manger à midi , de manger le soir , de ce que je mange , de ce que je fais manger à mon cher et tendre ,  a  une importance qui confine quelquefois à l'obsession ... Allez , en  route !  mais que j'ai sommeil , déjà , ce matin  !...

        

 

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 une des plus jolies représentations que j'avais vu des amoureux , Krishna le divin joueur de flûte , et Radha . Dans une petite rue à Vrindavan - Ah , comme j'aimerais retourner à Vrindavan ! Mais , ça n'est pas pour maintenant , en tout cas ...

une des plus jolies représentations que j'avais vu des amoureux , Krishna le divin joueur de flûte , et Radha . Dans une petite rue à Vrindavan - Ah , comme j'aimerais retourner à Vrindavan ! Mais , ça n'est pas pour maintenant , en tout cas ...

20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 07:44

 

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        Mon amie G. , dont je vous ai déjà parlé souvent , est grand-mère depuis une semaine . A travers tous ses refus et indignations diverses , à travers le combat épuisant qu'elle doit mener pour son divorce ,  je la vois heureuse , et ça n'est pas fréquent .  Je dois dire que j'en partage certaines , de ses indignations  ,  vis à vis de certains actes de l'autre grand-mère - que je ne connais pas . Puis , je constate que l'écoutant me décrire le comportement de son futur ex-mari - qu'elle et son psychiatre ont catalogué dans les " pervers narcissiques " - donc moi-même ,   j'ai tendance à me laisser convaincre par cette opinion et à le cataloguer , moi aussi ... Pourtant , quand je pense à ce type , que j'ai déjà rencontré  , j'ai de la compassion pour lui  .  

           Elle s'émerveille de la qualité de présence du jeune père ( chose qu'elle n'a pas connue quand ses propres enfants son nés , bien sur ; question de génération , mais sans doute pas seulement  )  de son attention , de son amour protecteur ,  mis en actes au quotidien  ,  pour la jeune maman et le tout petit . Me voilà , moi aussi ce matin ,  le coeur plein de gratitude , et je  souhaite à l'enfant , et à ses parents ,  une très belle vie paisible et heureuse ... 

 

 

“The path of devotion or Bhakti is simple. You turn to God within you like a child back to its mother. You offer yourself to Him and pray to Him to guide you. Once you surrender yourself to God, He takes charge of you and you are ever safe. God holds you as a mother holds her child. You are no longer separate from God and there is no fear of a fall for you. All of us know very well that it is natural to love our mother, father and other relations. It is this same love that has to be directed to God.”

— Swami Ramdas

 

 ( Mais bien entendu , je m'inscris en faux contre la dernière phrase ! Non , non ,  tout le monde ne sait pas qu'il est naturel d'aimer nos mères , pères , etc .. .  Certes , en creusant bien sous les multiples couches de souffrance qui ont créé tant de rejets ,  on trouve parfois , ou souvent même ,  l'amour " naturel"  de l'enfant pour sa mère ... souvent ... mais pas davantage ... en ce qui me concerne , il a fallu sacrément déblayer pendant des années pour que j'arrive à un microgramme de début de confiance en la Vie ;  confiance qui s'écroule encore souvent . Enfin , je ne suis pas arrivée au bout du Chemin de la compréhension , bien entendu .  )

 

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Chapitre 2557 : Une naissance
19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 06:41

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                       Je me suis réveillée après un cauchemar terrifiant , qui se passait pendant l'Occupation ... on voulait m'arrêter , parce que j'avais peint un tableau jaune rayonnant , avec de la dentelle (! ) ;  ainsi que Philippe ;  j'arrivais , dans une gare , à nous faire échapper aux flics , deux personnages répugnants ;   et  je m'enfuyais , dans la campagne ,  emmenant Philippe , cherchant à nous faire passer de l'autre côté de la ligne de démarcation ...  Je suis née après la guerre , mais on voit une telle abondance de films sur cette période que mon cauchemar était terriblement réaliste . En tout cas , une énorme peur m'habitait même quand j'en ai émergé , chancelante ... au point que j'ai été me recoucher dans le salon , allumant une petite bougie devant la statue de Tara la Bienveillante , et les petits portraits de sages sur la cheminée , pour ne pas me trouver dans le noir !  Le cauchemar suivant était moins affreux , moins intense ;  mais la peur m'habite toujours ce matin . Bizarre ... ma première réaction , en général , est d'accuser un repas trop riche - mais je n'ai mangé , hier soir , qu'un innocent rizotto ;   bu auparavant  un quart de verre d'apéritif -  de l'américano ,  qu'on nous a offert et que je découvre avec délices ...  et plus rien ensuite , que de la tisane ...

      Je me réveille , donc , avec cette peur au ventre ,mais aussi en chantonnant intérieurement  " My favourite things " , qui est , la chanson que chante Julie Andrews dans la Mélodie du Bonheur , film auquel j'ai toujours échappé Dieu merci . Notre chef de choeur de la chorale de Mialet , qui s'appelle Louise elle aussi , comme l'interprète ,  a envoyé récemment  à trois altos  nouvelles dans la chorale -  et j'en fais partie ! - un lien avec cette vidéo , demandant si on voulait la chanter . J'ai été enchantée de ce cadeau de bienvenue , qui correspond vraiment à ma tessiture vocale ; je m'en suis sentie accueillie ,  car j'adore la façon simplissime  avec laquelle Louise Added pour interpréter la chanson . Seulement ,  en lisant les paroles , j'achoppe sur les " schnitzel and noodles " - les escalopes panées accompagnées de nouilles ,  jamais n'auront fait partie des choses qui me remontent le moral quand j'ai le cafard !!!!  c'est plutôt un écoeurement qui me prend en y pensant ...  quand au clair de lune sur les oies sauvages,  je ne l'ai jamais vu , et donc , me sens un peu  hypocrite de chanter ça . Et voilà ; faudrait pas prendre les chansons au premier degré ... le conflit , entre certains goûts alimentaires , venus tout comme les nazis depuis l'autre rive du Rhin , et mon penchant personnel pour l'amertume  de l'américano , est-ce là seulement ce qui a pu occasionner ce cauchemar , et une peur aussi terrible ?

     ( Mais  je me souviens encore  de l'horreur que j'avais éprouvée il y a quarante ans quand , faisant la connaissance d'une jeune femme allemande , qui allait nonobstant devenir l'une de mes meilleures amies  et l'est toujours  , elle m'avait vanté avec gourmandise les charmes de certains sandwichs à l'ananas et à la viande hachée de porc crue ... Quelquefois , je me dis que les allemands sont vraiment des gens totalement différents ...  et désolée de vous avoir proposé de lire cet article , si c'est le matin , et que vous n'en êtes qu'au petit déjeuner ... )

 

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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 13:16

 

 

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             Hier était une journée maussade et dépressive , sans que je comprenne bien pourquoi . Cette nuit , grâce à une insomnie ,  je suis restée longtemps , volontairement à baigner dans cette émotion ... j'étais passée de mes quatre ans - je vous parlais hier de ces quatre ans -  à mes quatorze ou quinze ans .  

                         C'était une époque où je me sentais , à la fois , montrueusement obèse ( je devais avoir quatre ou cinq kilos de plus que la moyenne )  , peu intéressante ( au regard de mes parents , qui comparaient à mes soeurs : la brillante intellectuellement -  l'aînée , et la brillante par son esprit " spirituel" -  la deuxième ) ;  médiocre par mes résultats scolaires - je n'ai eu que mention " passable " au Bac - pas en phase dans la classe - j'avais deux ans d'avance , j'en étais le " bébé " , la dernière à porter des jupes plissées et des chaussettes , la dernière qui jouait encore à la poupée à quatorze ans - avec cette tignasse frisée compacte , totalement hors mode ,  dont les gamines assises derrière moi en classe  me reprochaient l'abondance  (  "tu me caches le tableau avec ta tignasse "  )   . Enfin , surtout , surtout !  même quand j'ai  maigri sous l'influence d'une quantité de médicaments donnés par un médecin bizarre , même quand mes cheveux avaient été lissés - maman m'avait offert un " défrisage " , puis un autre -  et ça c'était vraiment gentil de sa part ...  je savais mon avenir définitivement  noir , condamné  .. J'aurais certainement rêvé , si j'avais osé le dire , de faire des études artistiques . Mais j'avais . été , une fois , très briévement ,  en contact avec une ravissante jeune fille qui avouait modestement à son entourage  qu'elle allait " faire les Beaux-Arts" - une brune pétillante , genre Juliette Greco jeune , qui attirait tous les regards ... j'en avais déduit que ce genre d'études était réservé uniquement aux belles jeunes filles brillantes . Tout mon contraire ! De toutes façons , même si j'avais osé avouer cette vanité inconsidérée , de vouloir faire des études artistiques , mes parents ne m'auraient jamais laissée les entamer . Il fallait , dans ma famille étrange , devenir prof : mais seulement de maths , ou de physique . En dehors de ça , point d'avenir ...

 

         Bref ... ça , c'est pour l'anecdote , le cadre historique propre à mon histoire , celle que je connais le mieux ... et je suis certaine que des histoires d'ados misérables et déprimés , vous en avez vous aussi des quantités à votre actif  . Ce qui comptait , la nuit dernière , ça n'était pas le cadre -  c'était de coller à l'émotion - mélange d'envie , de tristesse , de désespoir ... juste la sentir , sans se préoccuper des paroles , du bavardage mental qui la causaient . Mon " moi " de maintenant sait bien que faire les études qu'on désire à dix-huit ans n'est aucunement garantie de bonheur tout au long de la vie , et pas plus à soixante-dix ... qu'il n'y a , en fait , aucune garantie de bonheur dans les circonstances extérieures : c'est seulement en soi qu'on le trouve , ce bonheur . Donc , à travers toute ma stupidité et mes insuffisances et le poids en plus qu'il soit physique ou psychologique ,  le destin , qui m'a mené jusqu'à cet âge avancé  inespéré , et jusqu'à cette journée de déprime ,  est parfait ... ( d'échec en échec , comme disait Roosevelt ) . Jusqu'à cet instant - parfait aussi !

 

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Dans la réalité , vous le savez , je n'ai ( malheureusement ) que deux chats . Et Hermione , qui ressemble au chien du dessin et a a souvent l'air déprimé comme c'est pas possible , mais en général il suffit d'un câlin , ou d'un bout de fromage , pour qu'elle retrouve sa joie de vivre . Mais le canapé est bien jaune , depuis quinze ans , ce que je regrette beaucoup maintenant .

Dans la réalité , vous le savez , je n'ai ( malheureusement ) que deux chats . Et Hermione , qui ressemble au chien du dessin et a a souvent l'air déprimé comme c'est pas possible , mais en général il suffit d'un câlin , ou d'un bout de fromage , pour qu'elle retrouve sa joie de vivre . Mais le canapé est bien jaune , depuis quinze ans , ce que je regrette beaucoup maintenant .

17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 03:41

 

        Avant-hier , balade à Nîmes ... je n'ai pas craqué en ce qui concerne le pull vu la veille sur Internet , et m'en sens pas qu'un peu fière ! Nous devons passer voir les gentils cousins de Philippe en début d'après-midi et prendre le café avec eux ;  mais d'abord  , je fais du lèche-vitrine avec Hermione , pendant que ledit Philippe va à la FNAC . Sortie de ma cambrousse , j'admire ... La ville , n'importe quelle ville , est , pour moi , perpétuelle tentation . Toutes ces vitrines ... tous ces beaux objets civilisés ... j'ai décidé de ne rien acheter , je passe en jettant un regard aimable et indifférent à toutes les innombrables tentations  - et , bien entendu , au bout d'une heure ou deux  -  au moment , presque , où nous devons reprendre la voiture ... je me jette dans un dernier magasin de chaussures et y achète avec avidité  une paire de bottines .  Mais qu'elles sont beeeeeeeeeeeelles , ces bottines ! Du joli cuir luisant qui sent bon  , une belle couleur vert sombre , que j'adore , la même que celle de mon pull préféré du moment ... et en plus , ça fait bourge  ...  comme si c'était une dignité supplémentaire .

         De retour à la maison , ensuite , je me demande pourquoi diantre j'ai acheté ça . Des bottines élégantes , citadines ... que j'aurai donc bien peu l'occasion d'exhiber . J'en ai déjà trois paires, de bottines , plus ou moins usées ...  En admettant que celles-ci ne me fassent pas mal aux pieds au bout d'une demi-heure !  Mais , bon sang ,  pourquoi ai-je acheté ces bottines ? C'est quoi des " belles " chaussures ? pourquoi mes bottines usées ne me paraissent-elles pas aussi " belles " ? Comment il parlait , déjà , Thoreau , de la stupidité de ces gens qui cherchent toujours de la nouveauté ? J'aurais pu donner l'argent aux grévistes  qui continuent à résister ... au lieu de claquer bêtement ...

       Je trouve quelques éléments de réponse au profond de mes quatre ans , qui s'obstinent à piloter  ma vie de septuagénaire  ... il y a eu , il y a bien longtemps ,  cette impression d'être " la petite" ,  douloureusement  "moche" , la petite qui devait rester à la maison , alors que tout  l'ailleurs était tellement "beau" et désirable et enviable ... cette impression , accrue , ensuite , de l'impression d'être la campagnarde , bouseuse glaiseuse sortie de son trou , face à la  ville supérieure et un chouïa méprisante ,  la ville  quintessence du raffinement et de la beauté ...   c'est quoi la beauté ? j'en reste toujours là ... et lire le bon Swami Ramdas m'aide bien peu , ce matin .

   

 

“When the eyes see with a limited vision, they single out something as beautiful and something as ugly. We must rise beyond this vision into that infinite vision which sees beauty everywhere — in all objects and things in the world. This is possible only when our heart is filled with overflowing love towards all beings. Our love is given to the Divine, to the Divine in all His manifestations.”

     

 

       Bon , je vais prendre le problème à l'envers : au lieu de me culpabiliser , je repense à ces bottines , à la délicieuse sensation que leur simple vue me donne ( en arrivant , je les ai ôtées du carton , et posées sur le piano , pour jouir de leur contemplation exaltante ! .. mais là  , à quatre heures du matin en pyjama devant l'ordi ,  je suis obligée de fermer les yeux pour évoquer cette vision enchanteresse )   . Je reste avec cette sensation , un élargissement de toute la partie haute de la poitrine , la respiration se fait plus ample ... un sentiment de fierté , de dignité , auquel je vais accéder en les portant - pour quelques jours ... jusqu'à la prochaine fois ...

      En sophrologie , il y avait un exercice comme ça - on évoquait une situation agréable , pendant un temps  -  et puis on laissait partir l'objet agréable , ou la situation agréable -  et on ne gardait que la sensation , ou le sentiment ... Intéressant , non ? mais pour le moment , je n'arrive pas à comprendre davantage .  Allez , je commence à me sentir à nouveau ensommeillée , je vais dormir là-dessus ...  même si je n'ai pas atteint " cette vision infinie qui voit la beauté partout " ... je chemine - avec ou sans bottines ... je chemine ,  éveillée ou endormie . Bonne nuit !

 

    Quand les yeux voient avec une vision limitée , ils isolent quelque chose comme beau et quelque chose comme laid . Nous devons nous élever au dessus de cette vision pour atteindre cette vision infinie qui voit la beauté partout - dans tous les objets et les choses du monde . C'est possible seulement quand notre cœur est rempli d'un amour débordant envers tous les êtres . Notre amour est donné au Divin , au Divin dans toutes ses manifestations .

 

14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 06:19

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             J'ai reçu un colis ; un colis  de Noël ; un peu après Noël .  J'ai adoré !  Il est plutôt du genre vertueux et healthy ,  mais c'est toujours un bonheur d'en recevoir , ressuscitant le plaisir des " cornets surprise " de l'enfance ... Puis , je devine les difficultés qu'a eu la personne qui me l'a envoyé pour chaque geste affectueux , qui lui a coûté en énergie et en fatigue physique - emballer , protèger , le petit pot de confiture à l'intérieur du carton , trouver un emballage adéquat ; puis le porter à la poste ; faire la queue  à la poste ... Moi aussi , j'adore envoyer des paquets , mais  n'en envoie plus  qu'à deux ou trois personnes maintenant ...

            A ce paquet était joint un catalogue . Ma sœur - qui m'a, donc , envoyé ce paquet -  m'avait parlé de ce catalogue , et je ne connaissais pas cette marque : " Museum Selection " . Il y a dedans tout ce qu'elle et moi adorons ( mais qu'elle ne s'autorise guère à porter , j'en ai bien l'impression  ; moi , je le ferais bien ! )  : du style British raffiné ou du style raffiné pas British ,  en veux-tu en voilà - mugs , sacs , écharpes , bijoux , cakes , tuniques , et ... pulls irlandais. Splendides , les pulls irlandais . J'en bavais ... mais le prix est totalement en dehors de mes rêves les plus fous . Surtout que je viens de me commander un pantalon de velours côtelé en solde  à La Redoute  ;  et il me plait tellement que j'en ai illico re-commandé le même  . Total de l'opération , pour deux pantalons confortables , jolis et solides  :  trente quatre euros . Génial ! Donc , j'ai " fait les soldes " . Et , pour revenir à ce catalogue , j'y voyais des tuniques , fort jolies d'ailleurs -  j'en ai eu une comme ça achetée en Inde , dix fois moins cher ... L'Inde est hors de portée en ce moment ; je n'y ai plus pensé . Quand aux pulls , je m'en suis totalement désintéressée .

       Tout au moins , je croyais bien  m'en être désintéressée ... ces pulls irlandais , je me suis mise à y penser et repenser ... Je m'imaginais dedans ... Ce confort moëlleux , le raffinement du motif  tricoté en relief   ... Autrefois , ma maman était une spécialiste des pulls en point irlandais . J'ai gardé le dernier pull qu'elle m'a tricoté , il y a plus de trente ans ( heureusement , elle voyait grand ! il me va encore !!! ) ; il est de couleur presque blanche , tout à fait chaud ;  et je le mets , un peu ,  chaque hiver .

         Du coup , j'ai été regarder sur internet les pulls en point irlandais ... Après plusieurs essais , je tombe sur un site qui vend des vêtements professionnels , et ... des pulls irlandais . Les mêmes , absolument , que ceux qui sont proposés dans le catalogue de Museum : faits en Irlande ; la même laine ; les mêmes motifs ; les mêmes couleurs ;   une petite introduction vous précise , en outre , que le motif des points rappelle tel ou tel mythe traditionnel irlandais ..  Seulement , moitié prix ! Exactement . Tiens donc !

           Ouh là .. me voilà à nouveau en train de rêver , du coup . Parce que là , je peux me l'offrir , ce pull ... Il n'est pas donné , mais pour un pull en laine , bien tricoté , ça semble normal de payer dans les soixante-dix euros . Aïe ! ... mais j'ai déjà des dettes faramineuses auprès de Philippe ... Lequel me dit que ça n'a pas d'importance ; mais j'essaie , depuis quarante ans que nous vivons en couple  , d'être autonome ... 

          Bon , je me connais , je connais le mécanisme des désirs ,  je sais comment prendre ce genre de chose : je me visualise avec le pull ; je savoure son contact , sa couleur ; et j'attends avant de commander  , j'attends ... sachant , sachant absolument , que dans une semaine , un autre désir se lévera , tout aussi intense ... 

              Ce matin , ouf !  j'étais guérie . Guérie ! Plus de désirs de pulls d'aucune sorte : aujourd'hui , pour aller à Uzés , je mettrai mon vieux pull vert anis ,  qui a bien quinze ans,  et que j'aime toujours , et qui m'aime toujours ... avec le nouveau pantalon ( du velours côtelé d'un blanc crémeux , comme la feuille blanche d'un nouveau tableau  -  couleur que je continue à apprécier pour les pantalons ,  malgré qu'il mette douteusement en valeur la dimension confortable de mes fesses . Mais oui ! et je m'en fiche , on va pas se gêner !  ) , avec ce nouveau pantalon , donc ,  je me sentirai parfaitement heureuse ... 

             Libérée , enfin !

           Voui, mais ... en rouvrant l'ordinateur , ce matin , le site du pull est là , tout frémissant du désir de s'afficher ... Si je m'offre ce pull , je soutiens les élevages de  moutons irlandais . Les pulls , depuis l'Irlande , ne sont pas forcément venus par avion .  Elever des moutons pour la laine , c'est super , et écolo  ... Résistera , résistera pas ?

 

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10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 21:11

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             Je ne sais pourquoi , cette histoire de dromadaires australiens me met très mal . Je n'ai pourtant pas d'affection particulière pour les dromadaires , en général . Mais tout de même , ça fait un peu génocide , non ? Les humains les ont introduits en Australie il y a cent cinquante ans ; puis n'en ont plus eu besoin , supplantés par les transports mécaniques . Les dromadaires ont survécu , sont redevenus sauvages ,  dans des endroits quasi désertiques  - se contentant de si  peu ... Puis , voilà que les humains  font flamber leur continent ; et comme les dromadaires les embêtent -  parait qu'ils ont soif et cherchent les points d'eau , faisant ainsi concurrence aux humains  -  voilà qu'on va assassiner , apparemment , quelque chose comme dix mille dromadaires sauvages . Le  plus rigolo , c'est qu'on va les fusiller par avion ou hélicoptère  , parce que ça fait propre ,  et brûler les cadavres ensuite ... Brûler . J'imaginais pourtant  qu'ils en avaient un peu marre , de faire du feu , là-bas .

           L'Australie , avant les incendies ... Je ne suis jamais allée là-bas , les images qui se lèvent quand j'y pense viennent des docus à la télévision :  des élevages d'innombrables vaches  , des fermiers buveurs de bière et mangeurs de viande ; des mines d'opale dans la terre rousse ;  une entreprise qui a eu l'idée lumineuse de faire un trafic sur l'eau , avec des actionnaires ... Mais aussi , des peintures étranges et belles , puis un livre de sagesse  qui m'avait marquée , voyant les choses du point de vue de la civilisation  aborigène :  je crois que ça s'appelait Message aux humains des hommes vrais .

         En ces temps incertains , voilà que j'ai retrouvé un petit sachet de graines , graines d'un arbre magnifique maintenant disparu , qui poussait devant une maison longtemps inhabitée de l'autre côté de la route . C'était un plaqueminier immense , et non greffé , qui donnait des petits kakis délicieux  qu'on pouvait manger " à la main " tant leur peau était fine  . Il est mort de vieillesse , lui aussi ... Il n'était jamais taillé , a donné encore quelques récoltes après le départ pour un monde meilleur de la propriétaire , une gentille vieille demoiselle que je n'ai pas eu le temps de connaître assez ;  j'allais en cueillir ,   et j'avais gardé des graines (après avoir mangé le kaki , bien sur ) .

        Avant-hier , je me suis souvenue de ces graines oubliées depuis des années , souvenue que je voulais les faire germer ... Et voilà . Elles sont maintenant enfouies dans la terre bien humide ; le petit pot est au chaud dans la cuisine , sur la fenêtre . De l'espoir en pot . On verra ... Si j'obtiens des petits arbres , je voudrais en donner à tous les voisins , à tous les amis ...

 

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Chapitre 2561 : des dromadaires , et d'un semis