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14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 08:31

      J'ai continué , hier , à lire un peu plus de ce qui concerne le Père Silouane . j'ai été - forcément ! - alléchée par un choix d' "annotations en marge d'un catalogue de plantes potagères et de fleurs  ".

http://www.pagesorthodoxes.net/saints/silouane/silouane-annotations.htm.

Mais j'ai déjà  achoppé sur la toute première phrase :

1. Une âme douce et humble est préférable à ces fleurs et son odeur et son parfum sont meilleurs et plus beaux. Le Seigneur a fait ces fleurs belles, mais il aime davantage l’homme et il lui a donné l’Esprit Saint et celui-ci est plus doux que le monde entier et agréable à l’âme.

. Déjà , que " Le Seigneur" préfère l'homme à  n'importe quelle fleur , ça m'énerve grandement . A mon avis , tous les êtres se valent ! Ensuite , " humble " !   ce mot m'évoque Dickens , avec  ce personnage splendiement visqueux  d'Uriah Heep ( est-ce dans David Copperfield ou De grandes espérances , je ne me souviens plus )  .  L'humilité - certes ! mais  je ne vois pas pourquoi en faire tout un vélo , sauf si on considère la chose en s'ancrant dans une optique Zen : puisque notre nature profonde est le Vide , la Vacuité , on peut ranger la vanité dans l'ordre des choses aussi vaporeuses qu'un nuage qui passe ...

       Et puis , à la place où je suis  , et où la plupart des personnes que je connais en sont , c'est à dire , pas encore tout à fait béatifiées ,  ni Ramdas ni Thérèse de Lisieux , ni Amma ( Ma Amritanandamayi ) ni ce Père Silouane ,  il vaut mieux s'en tenir à ce qu'en disait Scott Peck - je ne retrouvais plus son bouquin dans la bibliothèque , et même je ne me souvenais plus du nom de ce psychiatre américain ,  et j'ai du rechercher dans mon blog (   J'adore donner des références d'articles anciens ; faut dire que dans les " archives " , énumérées à gauche de ce texte ,  l'administration d'Overblog ne me permet pas d'aller plus loin que dix ans avant la date de ce jour - et encore , j'ai du trafiquer un peu le programme , ce que je ne sais pas du tout faire en général mais un type disait , dans un forum , ce qu'il fallait faire . L'article en question c'est :  

http://www.petites-peintures.com/article-14203155.html   )

 

" Nous sommes cependant confrontés à un paradoxe . Bien que se débarrasser de son narcissisme  , de son égocentrisme et du sens exagéré de sa propre importance soit par dessus tout ce dont il est question dans l'existence , il est également vital d'apprendre en même temps à saisir sa propre importance et sa valeur "

Une autre phrase , qui me fait un bien énorme :

" Nous ne pensons pas aux résultats . Si nous le faisions , nous serions déjà morts . Les résultats ne sont pas notre souci . Nous faisons simplement ce que nous estimons devoir faire , ce qui nous parait juste , et laissons Dieu se préoccuper des résultats ."

 

  Et ceci dit , il faut que je prenne le temps de relire , tranquillement , mot après mot ,  les notes du Père Silouane , substituant chaque fois au terme " Dieu" ou " Christ " , sur lequel je coince souvent aussi , le mot " Absolu " ou " Mère Divine" ou " La Source" . Difficile de ménager  l'athée qui est en moi , l'hindouiste qui est en moi , l'ancien moine qui est en moi , le peintre à l'ego bien accroché ,  comme tous les artistes , qui est en moi ...  ! mais il y a un moyen radical pour prendre de la distance avec tous , c'est d'aller jardiner ... ou encore ,  de regarder le catalogue Baumaux , dans lequel j'ai marqué les plantes que je veux acheter cet automne , sans l'avoir encore fait ... Allez , voilà la jardinière , plus ou moins mystique , suivant les moments ,  qui ressort de sa boîte  ... pour elle ,  n'importe quelle plante vaut plus que n'importe quel être humain ...

 

13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 05:57

... Finalement , de ces quatre-cent-soixante-seize pages de l'édition Albin Michel de Thomas Merton -  pages dont j'ai sauté  , sans remords , une quantité indéterminée , au fil du livre  ( je suis , depuis l'enfance ,  une lectrice sauteuse , et j'étais ravie en lisant que Daniel Pennac reconnaissait ce droit comme un des droits du lecteur ) , j'ai retenu une phrase , qu'il cite en l'attribuant à un certain moine du Mont Athos : " Laisse ton âme en enfer , mais ne désespère pas ! " je vous cite tout le paragraphe de Thomas Merton , qui permet de mieux comprendre :

 " Peut-être découvrira-t-on que le moine le plus authentique du XXe siècle aura été le Père Silouane , ce remarquable starets du mont Athos qui a lutté pendant des années contre le désespoir . Et un jour qu'il croyait ne plus pouvoir y tenir , le Christ le réconforta étrangement par ces paroles : " laisse ton âme en enfer , mais ne désespère pas ! " .

  Ce matin , consciente de me sentir mal et misérable , malgré le confort de la couette , malgré l'après-midi d'hier où j'ai pu participer à quelques heures de chant indien , malgré la pluie toute douce et l'atmosphère ouatée à l'extérieur qui me font ressentir plus vivement la douceur future de cette matinée ... je repensais à cette phrase , la sentant mienne malgré mon léger dégoût actuel de certains traits du christianisme .  Un peu lasse de chercher comme d'habitude à décortiquer pourquoi je me sentais mal , je me suis levée pour chercher sur Google qui était ce Père Silouane ; je vois qu'il y a plein d'articles , chouette ! plus ,  un site français qui lui est consacré , et  la phrase y est citée en remplaçant le mot " âme " par le mot " esprit" , ce qui me convient tout à fait parce que l'âme , je ne sais toujours pas ce que c'est .

        Mais par contre , la phrase me parle tout à fait  ... ce matin . Donc , je laisse mon malaise en enfer , et je m'accroche à cette minuscule goutte de lumière dans mon cœur  ...

     https://fr.wikipedia.org/wiki/Silouane_de_l%27Athos

 

 

 

Je ne trouvais pas la peinture que je voulais mettre en illustration ; je vous mets celle-ci , que j'aime tellement , qui me  correspond tellement qu'elle est sur le mur du palier du premier étage  ,  depuis que je l'ai peinte . Pour moi , le personnage est au Tibet ! où je ne suis , certes , jamais allée . Mais Alexandra David-Néel trouvait que le paysage autour de Digne ressemblait au Tibet , et je peux dire que les Alpes du Sud , j'ai pratiqué et repratiqué ...  quand à l'étrange personnage à tête de théière , il représentait à l'époque le réconfort que me procurait , et me procure toujours , une bonne tasse de thé . Tiens ! ça me donne une idée ....

Je ne trouvais pas la peinture que je voulais mettre en illustration ; je vous mets celle-ci , que j'aime tellement , qui me correspond tellement qu'elle est sur le mur du palier du premier étage , depuis que je l'ai peinte . Pour moi , le personnage est au Tibet ! où je ne suis , certes , jamais allée . Mais Alexandra David-Néel trouvait que le paysage autour de Digne ressemblait au Tibet , et je peux dire que les Alpes du Sud , j'ai pratiqué et repratiqué ... quand à l'étrange personnage à tête de théière , il représentait à l'époque le réconfort que me procurait , et me procure toujours , une bonne tasse de thé . Tiens ! ça me donne une idée ....

  Tiens , en lisant l'article de Wikipédia , très bien fait , je vois que la phrase citée  concernait l'humilité . Or , en creusant un peu ( tiens donc ,  j'aurais du peindre quelqu'un qui creuse dans une mine , ça me ressemblerait encore plus ! ) je vois que ma tristesse de ce matin a justement à voir avec l'humilité - en ce qui concerne le Chant Indien , d'une part , et mon inaptitude à monter dans les notes hautes  pour chanter ce morceau de Bach , d'autre part !!!!!! où l'orgueil ( et son inséparable compagnon , le sentiment d'échec ) va t'il se nicher , tout de même !

11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 05:03

 

       .. Avant de me mettre , avec joie ! à mon travail matinal de traduction , j'ai retrouvé la photo de cette splendide sculpture représentant le  Christ , grandeur nature , vu par un artiste indien inconnu ... Son côté kitsch m'avait grandement réjouie à l'époque ;  ça continue ... comment me laisser enfermer dans le tour dramatique de la biographie de Thomas Merton , comment me laisser enfermer dans l'esprit étroit de ces paroles de la passion selon Saint-Jean que je vous citais hier , en voyant cette sculpture  ? Oui , ce pauvre Christ torturé sur sa croix , il a eu des heures de souffrance physique  horribles ... mais , de là à s'y plonger sans cesse , à se remémorer encore et encore sa souffrance et la souffrance des personnes qui l'aimaient .. Non . Lui aussi , comme tout le monde ,  il a été :  mort , plus longtemps qu'il n'a été : en vie  -  si on pense à tous ces millénaires et ces millions de millions d'années depuis le Big Bang  ... Et puis , finalement , même pour les chrétiens , il a eu la résurrection après ! Alleluiah !

(   l' article  date de 2008 , le deuxième voyage que j'avais fait en Inde avec Martine , on était à Goa  : http://www.petites-peintures.com/article-16954543.html )

 

 

Chapitre 2504 : et tant qu'à faire ...
10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 22:16

 

           Nous sommes partis quelques jours vers l'Alsace  ... et rentrés ,  hier soir  , sous une pluie battante qui a duré plusieurs heures  - pour trouver notre coin de Cévennes sec et ensoleillé . J'étais fort  contente de partir en vacances ; mais j 'ai si mal dormi durant ces cinq nuits , ( moi qui suis pourtant une bonne dormeuse , dés que j'ai un espace à moi ) que je suis revenue  hagarde , la tête lourde , les pensées peu claires et des crispations dans le cou . Mais comment faire ? J'adore partir avec mon compagnon ... seulement ,  à la maison , si je me réveille dans la nuit ,  et m'inquiète de sa respiration précipitée , je déménage rapidement sur le canapé du salon , le laissant à son triste sort ; et je médite , ou m'endors rapidement  ... Puis , je peux toujours faire la sieste pour équilibrer une nuit trop courte . Mais là ...

      J'ai profité de ces vacances , pourtant , et des insomnies nocturnes , pour lire la biographie de Thomas Merton , auteur dont j'avais découvert une si belle citation l'autre jour ,  mise  par Sally Kempton   en exergue de son chapitre sur Lakshmi ( au fait , s'il y a une région qui chante la gloire de Lakshmi en ce moment , c'est bien l'Alsace , avec ses somptueux paysages vallonnés , striés de  vignes d'or pur - et quelle merveille !  puis , le vin d'Alsace , il est vraiment bon ! )

    Mais j'ai été bien embarrassée par cette biographie . Intitulée " La nuit privée d'étoiles " , elle est extrêmement bien écrite : le gars ne se contentait pas d'être un intellectuel , il est aussi un bon écrivain , ce qui rend le bouquin intéressant . Les trois premiers quarts du livre racontent sa jeunesse pleine de souffrances et de tourments ;  j'ai été tout de même un peu gênée par le manque d'indulgence et de compassion du Thomas Merton adulte ,  écrivant le livre , à l'égard du Thomas Merton enfant et adolescent .
Ensuite , il y a la rencontre salvatrice avec la foi catholique ... Un genre d'éveil , semble-t-il , qui lui a fait atteindre , enfin ! la paix du cœur et la joie . Surtout quand il s'est enfin décidé à entrer à la Trappe , ce qui semble lui aller comme un gant . Bon ! J'ai toujours un peu rêvé d'être nonne , ou moine , et j'étais contente pour lui ... Et  pourtant  ,  à ce moment -là , ma légère gêne s'est muée en affolement total - la religion chrétienne , notamment catholique , telle qu'il la décrit , est un ensemble ahurissant de croyances parfaitement anxiogène et culpabilisatrice ... ( d'ailleurs , rien que cette idée de " pêché originel " , si c'est pas déjà une invention délirante  ... ). En outre , extraordinairement étriquée -  la rencontre avec le Christ semblant la seule façon de trouver le salut, et le christianisme  la seule voie de libération possible (  D'où la nécessité pour les chrétiens de faire du prosélytisme , bien sur ) . Puis , pour eux , on a la chance - incroyable ! - d'être vivant ! et faut profiter de cette vie pour être sauvé vite vite avant l'horrible mort ... Parce que la Mort nous guette ... Satan nous guette ...  l'Enfer nous guette ... ( là aussi , quelle belle invention , l'Enfer ... Comme s'il n'était pas déjà sur terre , dans nos têtes et nos cœurs ... )

        Miséricorde !  Comme les mythes religieux  de l'Inde  me paraissent sympathiques , et ouverts , et moins portés à manipuler la peur  ,  en comparaison !  Je vous résume sommairement  ce que j'en ai compris :

           L'Absolu ( qu'on peut aussi appeler : Cela . Mais aussi ,   Dieu , ou Vishnu , ou Siva , ou la Shakti , ou La Mère Divine ... ) s'embêtait un peu , à force d'éternité  ; si bien qu'Il , ou Elle , a créé tous les êtres et les mondes  , à partir de Lui-Même ( d'Elle-Même ! )  pour Se distraire ... le Jeu , dans notre vie , sera de Le retrouver en nous , et de découvrir que nous sommes Lui , ou  Cela  . Et si on n'y arrive pas dans cette vie , faut pas s'inquiéter : ça sera pour la prochaine vie  ... pas de stress ...

         Et donc ... Dieu ( Ha ! )  sait pourtant que j'ai le plus grand respect pour tous chrétiens , et tous moines et nonnes , je l'ai dit et redit  ...  mais cette biographie me semble d'un esprit si bizarre et étriqué . Est-ce une œuvre de jeunesse ? Je ne sais ...  en outre , j'avais vu , quand j'avais cherché à savoir qui était ce Thomas Merton , des photos de ce type avec le Dalaï Lama , tous deux souriants , je l'avais donc considéré comme quelqu'un d'ouvert . ??? ... A suivre !

          Et pour m’empêtrer  encore davantage dans mes démêlés à rebrousse-poil avec le christianisme , voilà que j'ai passé l'après-midi au piano à déchiffrer une cantate de Bach  -  parce que j'ai eu l'idée lumineuse de m'inscrire à une chorale qui chante de la musique sacrée . Chanter du Bach , j'en rêvais ...   Mais quelle horreur ! les paroles ont été traduites en français par un prêtre consciencieux  ; et je ne sais pas si j'arriverai à chanter de tout cœur des paroles qui  me correspondent si peu ... quand c'est en allemand , langue que je ne connais pas du tout , je me contente d'une vague traduction , et ne m'en soucie pas trop . Mais là ...

 

 Et lorsque tu m'éveilleras

Avec bonté tends moi les bras

O mon Sauveur alors mes yeux

Verront ta gloire en haut des cieux

Exauce- moi Seigneur Jésus , toi qui m'entends *

Je te louerai  dans tous les temps ...

* (mais , Nom de Dieu !  qu'est-ce que c'est que ce genre de mercantilisme ... )

 

 

     

Bon , tant qu'on  y était , on a fait un tour au musée de Colmar ... Grunewald me parait toujours un coloriste étonnant - bien que ses personnages aient quelquefois des détails anatomiques un peu bizarres , des paluches énormes et des petits visages simiesques ... cette image du Christ Rédempteur me laisse , là encore , sceptique ....

Bon , tant qu'on y était , on a fait un tour au musée de Colmar ... Grunewald me parait toujours un coloriste étonnant - bien que ses personnages aient quelquefois des détails anatomiques un peu bizarres , des paluches énormes et des petits visages simiesques ... cette image du Christ Rédempteur me laisse , là encore , sceptique ....

30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 06:36

            

            Je n'étais pas autrement fière de ma façon de passer l'après-midi de ce Dimanche ... Ayant terminé , avant-hier soir , la traduction du chapitre sur Lakshmi , je m'étais sentie plus de liberté le matin , et comptais m'accorder une longue pause ... On est passés à la braderie des potiers , à Anduze , où j'ai acheté deux mugs , dont un tout petit et vraiment charmant , pour faire des cadeaux ; puis , à une foire aux livres dans notre village , au profit d'une association  - et là ,  j'ai happé tous les romans qui pouvaient m'intéresser , soit parce que j'ai longtemps désiré les lire  , comme  La Vague de Virginia Woolf , soit que je sois curieuse de connaître leur auteur dont j'ai entendu parler ... ou encore , la découverte d'un Elizabeth Goudge que je n'ai encore jamais lu ( je ne pensais pas que ça existait ) .  Et nous sommes repartis , les bras chargés de bouquins de poches  , pour cinq euros ...

            Mais ensuite , j'ai passé l'après-midi vautrée sur le canapé , à regarder sur C8 , une chaîne que j'ignore totalement d'ordinaire , une émission particulièrement attendrissante sur la SPA .  ( Je suis encore furieuse parce que certaines personnes qui me sont particulièrement proches ont acheté un chien d'élevage . Mille -cinq-cent euros , pas moins , pour un clébard - certes sympathique , mais des chiens sympathiques la SPA en grouille , de chiens affectueux , intelligents , et misérables , qui n'ont pas trouvé de famille  ... ) Voui , c'est cet achat de chien qui leur tient lieu de budget- vacances pour toute la famille . Mais , non , tout de même !... ça passe mal , pour moi !

          Bon , tout de même , j'ai réussi à finir une aquarelle , à en encadre une autre , à faire une tarte aux pommes avec les pommes du jardin  ( excellente ! miam ! - mais ,  hélas , la balance ce matin ... )

         Et ce matin , je me sentais ,comme d'habitude , dans un désespoir léger , le genre qu'il m'est habituel de retrouver de bon matin , ce genre de  résignation un peu morne  . L'image me venait , d'être un navire qui tourne dans le brouillard ... Est-ce que ce désespoir pouvait être associé à l'idée de plus jamais aller en Inde ?  Puis , j'ai pensé à la façon de respirer . Il me semble que , lorsque je suis dans l'espoir , il y a cette espèce de respiration haute , avec la sensation d'ouverture tout en haut de la cage thoracique ( depuis trente ans , ou plus , que je fais du yoga , les respirations basse et médiane m'emplissent d'une parfaite satisfaction . Il n'en est pas forcément de même pour la respiration claviculaire , même si elle s'est améliorée , en particulier depuis une dizaine d'années  )  Je me suis un peu détachée de l'émotion , pensant que l'Inde , ou mon idée de l'Inde , était quelque chose d'extérieur , et que tous les chercheurs spirituels ont compris que le bonheur était absolument intérieur ... (  Encore un bouquin que je voudrais lire , le Journal d'Etty Hillessum , morte , comme on sait , en camp de concentration  . Si quelqu'un a eu à faire face à un véritable désespoir , c'est bien elle , surement .  )

       Mais pas besoin d'être dans une situation aussi dramatique ... J'ai bénéficié , tout à coup , de la grâce de l'épaisseur d'un poil de moustache de chat de détachement . Le désespoir , passe ... je retourne dans mon coeur . Paisible .

       Et voilà , je me suis remise à traduire un nouveau chapitre de Sally Kempton ( le premier , tiens ! ) . Quel bonheur !

         Tout en sirotant un verre de thé à la rose ( j'avais du acheter ce thé à la solderie , il y a un temps indéterminé ) . Mais quel parfum ... tout à fait le parfum des roses . Voilà que la respiration se fait ample ,et profonde , et légère , et haute aussi ... Le coeur s'ouvre , le désespoir passe , ou se cache , et l'espoir revient - quel trésor vais-je découvrir en m'imprégnant de  ce nouveau chapitre ? 

Mais tout de même , est-ce que j'irai en Inde cet hiver ?

 

 

Les oreilles du personnage sont des oreilles de lièvre , ou de lapin ,  et non des oreilles d'âne . La caractéristique du lièvre , c'est d'avoir peur ... Les pommes de notre verger , dans la réalité , sont vraiment très bonnes , cette année , même si deux des pommiers n'ont pratiquement pas été arrosés de cet été bizarre et caniculaire .

Les oreilles du personnage sont des oreilles de lièvre , ou de lapin , et non des oreilles d'âne . La caractéristique du lièvre , c'est d'avoir peur ... Les pommes de notre verger , dans la réalité , sont vraiment très bonnes , cette année , même si deux des pommiers n'ont pratiquement pas été arrosés de cet été bizarre et caniculaire .

29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 06:20

           Hier après-midi , après la sieste , toutes les émotions , les agitations du mental , concernant l'amie dont je venais d'apprendre le décès , ont resurgi en foule . La partie immergée de l'iceberg ? Je regardais en boucle une petite vidéo , tournée en 2008 en Inde , une erreur de la personne à qui on avait demandé de tenir l'appareil photo , et qui nous montre , elle et moi , gaies et heureuses ,  dans un temple du Sud , Tamil Nadu ou Karnataka ,  puisque c'est là que nous étions allées ensemble . Le chagrin et des tas d'émotions me rendaient l'esprit confus - je n'avais regardé ces quarante secondes de vidéo qu'une fois auparavant - me demandant où était la réalité .

         Puis , Hélène est venue faire du chant védique ; au début , l'envie de pleurer me nouait la gorge . Puis le chant me conduisait dans ce lieu où le cœur est ressourcé et nourri ; et j'y suis restée .

        J'y suis encore un peu ce matin . Constatant que je n'étais probablement pas l'amie  dont mon amie rêvait : quelques années plus tard , elle m'a envoyé deux ans de suite une même carte postale représentant une branche de pin couverte de givre ; la deuxième année , était écrit au dos que cette carte " me ressemblait " .  Ai-je été glacée ,dans ma relation avec elle ?  nous avions partagé plusieurs voyages , dont j'avais donné l'impulsion de départ ; j'appréciais de voyager avec elle - mais au bout de deux voyages , j'avais l'impression que , parties en Inde toutes deux ensemble , nous tournions en rond , des touristes enfermées dans leur petit monde - et j'ai préféré partir avec Sonagiri : ce que je jamais , jamais , je ne regretterai  .  Puis ,  son mari me mettait fort mal à l'aise avec ses énervements terribles et bruyants  à propos de vétilles , son bavardage incessant à voix forte quand il se sentait en forme . Mais mon amie était également quelqu'un qui partageait peu ses émotions . Et si j'ai donné peu ces dernières années , une fois de retour en France , c'est que j'avais l'impression de  donner beaucoup à d'autres  , parfois dans les limites du supportable . Je me dis maintenant que je ne lui ai pas posé les  bonnes questions , qui m'auraient permis d'aller au delà de son vernis protecteur de discrétion , et de mon vernis protecteur de discrétion . Mais j'étais tellement fatiguée , quand je m'occupais de maman ... Et je n'avais pas l'assise pour m'aventurer plus loin dans la profondeur des questions . Elle a trouvé , je crois , dans le yoga , ce qu'elle cherchait ... 

      Bon .... C'est arrivé comme ça . Désolée , ma belle , d'accord pour que cette branche de pin givrée me ressemble ... là où j'en suis . 

      Et bon chemin , là où tu es .

     J'espère que tu es maintenant dans cet espace si gai et heureux où tu avais pu accéder , quand nous avions eu le darshan de OM Amma , à Auroville ...   http://www.petites-peintures.com/article-chapitre-1041-aum-amma-67162368.html

 

 

 

Une photo de Om Amma , prise sur son site . Cette femme extraordinaire a souvent l'air un peu bizarre sur les photos ... mais , rencontrez-la ! elle est vraiment extraordinaire ...

Une photo de Om Amma , prise sur son site . Cette femme extraordinaire a souvent l'air un peu bizarre sur les photos ... mais , rencontrez-la ! elle est vraiment extraordinaire ...

28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 06:57

 

 

       Je viens d'apprendre , par un moyen détourné ( mais comment en aurait-il pu être autrement ? je ne correspondais avec elle que par mail , et mes relations avec son mari n'étaient aucunement du genre proche ) le décès d'une amie . On était allées en Inde ensemble , plusieurs fois . Mais je n'avais pas le courage , ces derniers temps , d'aller la voir en Camargue , tant elle était malade , et ne pouvait parler  . J'avais l'impression que : j'ai pu me dévouer pour ma maman , je suppose que j'aurai à soutenir mes proches un jour - mais je ne me sentais pas de  soutenir ma copine , là  . Pourtant , quand elle avait eu la gentillesse de venir assister à la séance de chant chez moi , pour mes 70 ans , j'ai été très heureuse ; et je lui  ai offert ,  intérieurement ,  cette séance .

       Curieux ... En apprenant qu'elle était partie de l'autre côté , j'ai été très contente pour elle  , pour qu'elle ne souffre plus .

       Parce que , c'est bizarre , je ne sais pas si c'est de la spiritualité mal comprise , ou une déprime refoulée , ou une vraie compréhension  ...  mais depuis quelques mois ,  je mets à part égale la mort et la vie . Sur internet il y avait une info , il y a deux ou trois jours , concernant une époque géologique  très reculée , le pléistocène ou un mot qui ressemble à ça , des millions et des millions d'années avant cet instant . Et je me suis dit : je suis restée morte tout ce temps là ... Marrant .

      Comme si la mort , c'était pas si terrible une fois qu'on y est . Ou étais-je avant ma naissance ? Certes, l'arrachement et la souffrance , pour les proches , est terriblement douloureux ... mais pour la personne qui part , si elle part avec le sentiment d'avoir bien vécu sa vie ... et s'il n'y a pas ce sentiment , ça recommencera , si l'on croit aux vies antérieures  ... ou alors , si l'on n'y croit pas ,  on peut dire que le regret disparaîtra , avec la mort du cerveau et du corps .

       Si bien que je me sens , en ce moment , pleine de gratitude : pour la beauté de l'aube en cet instant , pour la lumière de l'automne , pour les crocus  qui commencent à fleurir en grandes flaques jaunes d'or , pour les anémones du Japon et les asters , pour le jet d'eau du bassin qui marche toujours et les petits oiseaux  de gratitude pour les haricots que j'ai cueillis hier soir , de gratitude pour le plaisir de faire du yoga tout à l'heure et de chanter des OM , de gratitude pour ce que les proches de moi sont en bonne santé ,(  ou presque , en tout cas qu'il n'y ait pas de souffrance physique ) , pour Noisette qui hurle pour avoir sa crème du matin ...

      

     Je ne peux pas dire :  je suis pleine de gratitude pour être en vie - qu'est-ce que cet ego connait d'autre que la vie ?

        Mais je vous souhaite , aujourd'hui , de pouvoir vous réjouir aussi de la lumière de l'aube , qui est certainement aussi belle chez vous que chez moi ...

 

 

          OM TRYAMBAKAM YAJAMAHE

          SUGANDHIM PUSHTI VARDHANAM

         URVARUKAMIVA BANDHANAN

           MRITYOR MUKSHIYA MAMRITAT

     Méditons sur les trois yeux de la Réalité

     Dont le parfum imprègne tous les êtres.

     Par Amour pour l’Immortalité, qu’Elle nous libère de la mort

     Aussi facilement qu’on coupe la tige qui ligote le concombre.

             ( voir par exemple  : https://www.instantpresent.fr/mantra-trayambakam/ , dont je pique la traduction ce matin , bien que la traduction de " mrityor muskshiya mamritat " me paraisse bizarre , pourquoi " par amour de l'immortalité " ? . Mais c'est la compréhension de la personne qui écrit dans ce site , donc forcément respectable . Et je regarderai mieux tout à l'heure  )

 

 

 

Chapitre 2500 : gratitude
25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 06:59

   

 

            Hier matin , je pars pour le yoga ( quarante minutes de route ) de bon matin . Au rond-point de la route de Nîmes , un embouteillage - des gilets jaunes bloquent les camions . Tiens , on n'est pas Samedi pourtant ... je m'énerve . Au bout d'un quart d'heure : ça se libère . Je traverse la Jasse de Bernard , puis Monteil , sans faire autrement attention aux limitations de vitesse . Puis cherche , vainement , sur la radio , à écouter France Musique . J'arrive à Uzés , trouve une de mes places préférées en bout de parking  ... Et trotte  en traversant le mail . En tournant à droite pour prendre le Boulevard Gambetta , la lumière change et devient agréablement plus sombre parce qu'on est rentré sous le couvert des très hauts platanes et soudain je m'arrête parce que

 

                                           

                                                 juste devant moi

                                               dans l'air sans vent

                                                  une feuille morte une seule

                                                     tombe

                                                    en prenant son temps .

                                                     elle tombe

                                                       à  la verticale

                                                        absolument .

 

 

               Et je me rends compte que c'est rare qu'une feuille tombe vraiment complétement à la verticale ici parce que d'ordinaire il y a toujours un peu de vent , un reste de mistral , le courant d'air des voitures ,

             il n'y en a pas eu d'autres - l'automne ne fait que commencer ....

 

 

24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 06:28

        Nettement moins abrégée, certes ! que les versions tronquées et figées qui circulent sur le net . J'ai piqué une version anglaise qui me paraissait , donc , plus intéressante et davantage dans l'esprit de la femme qui a écrit . Aucune injonction , un texte subtil qui me fait penser à du Vivaldi ( je veux dire , le musicien ! ) ce matin . Juste quelqu'un qui partage ...  Je ne l'ai pas trouvé en français , d'où cette traduction . Mais par contre , à un endroit ( vers la fin , je n'ai pas numéroté ) j'ai traduit " I am wright " , puis " I am wrong" par " Je suis dans le juste " ,puis " je suis dans l'erreur" , et pas par " j'ai raison" puis "j'ai tort" , qui me font trop penser à une discussion ,  et il me semblait que ça n'était pas uniquement ça  . Version américaine , voir le lien dans le chap. précédent - mais il y avait dans cette version au moins une faute d'orthographe ( une phrase où il y avait " quite" ( assez ) devenait incompréhensible , en fait ça devait être " quiet"( tranquille ) , donc qui sait s'il y en a une autre ?

 ( Signé : la souris verte et ses éléphants maniaques . J'aurais du être archéologue et gloser sur les manuscrits de la Mer Morte ...  )

 

 

Quand je me suis assez aimée j’ai cessé de m’installer dans le trop peu . Quand je me suis assez aimée j’en suis venue à connaître ma propre bonté .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à prendre le don de la vie avec sérieux et gratitude .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à voir que j’étais à la bonne place au bon moment et j’ai pu me détendre .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à ralentir et à descendre la pente . Et c’est ça qui a fait toute la différence .
Quand je me suis assez aimée j’ai acheté un matelas de plumes .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à apprécier d’être seule entourée par le silence , frappée de terreur par son envoûtement , écoutant l’espace à l’intérieur.
Quand je me suis assez aimée j’ai vu que je n’étais pas quelqu’un de spécial mais que j’étais unique .
Quand je me suis assez aimée j’ai redéfini ce qu’était le succès et la vie est devenue simple . Oh  quel plaisir .
Quand je me suis assez aimée j’en suis venue à savoir que j’étais digne de connaître Dieu directement .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à voir que je n’avais pas besoin de courir après la vie . Si je suis calme et me tiens tranquille la vie vient à moi .
Quand je me suis assez aimée j’ai abandonné la croyance que la vie était dure.
Quand je me suis assez aimée j’en suis venue à voir que la souffrance émotionnelle est le signe que j’agis en dehors de la vérité.
Quand je me suis assez aimée j’ai laissé le garçon manqué en moi se balancer au bout d’une corde dans Jackass Canyon . Oui !
Quand je me suis assez aimée j’ai appris à rencontrer mes propres besoins et à ne pas appeler ça de l’égoïsme
Quand je me suis assez aimée les parties de moi-même qui sont restées longtemps sans attention , les orphelines de mon âme , ont cessé de rivaliser pour obtenir de l’attention . Ce fut le début de la paix intérieure . C’est alors que j’ai commencé à voir clairement.
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à voir que les désirs viennent vraiment du cœur , et je suis devenue plus patiente et plus calme , sauf quand j’ai oublié .
Quand je me suis assez aimée j’ai arrêté de ne pas faire attention à ma douleur ou de la supporter
 Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à sentir tous mes sentiments , pas  les analyser mais  les sentir vraiment . Quand je le fais , quelque chose d’étonnant se produit . Essayez . Vous verrez .
Quand je me suis assez aimée mon cœur est devenu si sensible qu’il accueillait également la joie et la souffrance .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à méditer tous les jours . C’est un acte profond d’amour de soi .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à me ressentir comme un cadeau au monde et j’ai fait collection de jolis nœuds de rubans . Ils sont encore accrochés au mur pour me faire ressouvenir .
Quand je me suis assez aimée j’ai appris à me demander «  Qui en moi se sent comme ça ? » quand je me sentais anxieuse , coléreuse , agitée ou triste . Si j’écoute patiemment je découvre qui a besoin de mon amour .
Quand je me suis assez aimée je n’ai plus eu besoin de choses ou de gens pour me sentir en sécurité .
Mon jugement a appelé ça déloyal . Maintenant je vois que c’est de l’amour de soi .
Quand je me suis assez aimée j’ai abandonné le perfectionnisme cet assassin de la joie .
Quand je me suis assez aimée je pouvais dire la vérité à propos de mes dons et de mes limites .
Quand je me suis assez aimée j’ai arrêté de répondre au téléphone quand je n’avais pas envie de parler .
Quand je me suis assez aimée pardonner aux autres devenait incongru.
Quand je me suis assez aimée j’ai pu me rappeler , dans les moments de confusion , de lutte ou de chagrin , que ceux-là  aussi faisaient partie de moi et méritaient mon amour .
Quand je me suis assez aimée j’ai pu permettre à mon cœur d’exploser et de prendre en lui la souffrance du monde .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à ramasser les déchets dans la rue.
Quand je me suis assez aimée je pouvais sentir Dieu en moi et voir Dieu en vous . Cela nous rend divins ! Etes vous prêts pour ça  ?
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à écrire à propos de ma vie et de mes points de vue parce que je savais que c’était mon droit et ma responsabilité .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à voir mon but et à me sevrer gentiment des distractions .
Quand je me suis assez aimée j’ai vu que ce à quoi je résistais continuait , comme un petit enfant qui tire sur la jupe de sa mère . Maintenant je suis pleine de curiosité et de gentillesse quand la résistance vient tirer sur ma jupe.
  Quand je me suis assez aimée j’ai appris à arrêter ce que je fais , même si c’est seulement pour un instant , et à réconforter la partie de moi qui est terrifiée.
Quand je me suis assez aimée j’ai appris à dire non quand je veux dire non  et oui quand je veux dire oui .
Quand je me suis assez aimée j’ai vu au-delà du bien et du mal et je suis devenue neutre . Au début je pensais que c’était de l’indifférence ; maintenant je vois la clarté qui vient avec la neutralité .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à nourrir ma faim de solitude et à savourer le bonheur inexplicable qui l’accompagne .
Quand je me suis assez aimée j’ai pu voir à quel point la vie est drôle , à quel point je suis drôle et à quel point vous êtes drôle .
Quand je me suis assez aimée j’ai reconnu mon courage et ma peur , ma naïveté et ma sagesse , et j’ai donné une place à ma table à chacun d’eux .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à m’offrir un massage une fois par mois .
 Quand je me suis assez aimée j’ai compris que je n’étais jamais seule .
Quand je me suis assez aimée j’ai cessé d’avoir peur du temps vide et j’ai arrêté de faire des plans .
Maintenant je fais ce qui me semble juste et je marche avec mon propre rythme . Délicieux !
Quand je me suis assez aimée j’ai arrêté d’essayer d’impressionner mon frère .
Quand je me suis assez aimée j’ai cessé d’essayer de bannir les voix critiques de ma tête . Maintenant je dis , merci pour ton point de vue , et elles se sentent écoutées . Fin de la discussion .
Quand je me suis assez aimée j’ai laissé la partie de moi à qui Kent manque toujours se sentir triste au lieu d’essayer de l’empêcher de l’aimer encore .  
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à acheter une tarte aux fruits faite maison pour l’ado en moi qui adore ça . Une fois de temps en temps , à la cerise .
Quand je me suis assez aimée j’ai arrêté d’essayer de vouloir sauver les autres.
Quand je me suis assez aimée j’ai perdu la peur de dire ma vérité parce que j’ai vu à quel point c’est bon .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à déverser mes sentiments dans mes journaux intimes . Ces compagnons pleins d’amour parlent mon langage .  Pas besoin de traduction .
Quand je me suis assez aimée j’ai arrêté de chercher des experts et j’ai commencé de vivre ma vie .
Quand je me suis assez aimée j’ai pu voir comment ma colère me donne un enseignement à propos de la responsabilité et mon arrogance me donne un enseignement à propos d’humilité , si bien que je les écoute toutes deux attentivement .
Quand je me suis assez aimée  j’ai commencé à manger de la nourriture biologique ( sauf pour ces tartes aux fruits occasionnelles , bien sur )
Quand je me suis assez aimée je pouvais me sentir à l’aise avec les allées et venues du jugement et du désespoir .   
Quand je me suis assez aimée je pouvais m’offrir une coupe de cheveux à 50 dollars et me régaler de chaque minute de la séance .
Quand je me suis assez aimée j’ai cessé d’avoir besoin d’être dans le vrai , ce qui a rendu le fait d’être dans mon tort sans signification .
Quand je me suis assez aimée j’ai appris à avoir de la peine pour les blessures de la vie quand elles arrivent au lieu de m’alourdir le cœur en les trimballant partout .
Quand je me suis assez aimée je me suis pardonné pour toutes les fois où j’ai pensé que je n’étais pas une assez bonne personne .
Quand je me suis assez aimée les choses sont devenues tranquilles à l’intérieur . Vraiment plaisant .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à écouter la sagesse de mon corps . Il parle si clairement à travers ses fatigue , ses sensibilités , ses aversions et ses faims .
Quand je me suis assez aimée j’ai arrêté d’avoir peur de ma peur .
Quand je me suis assez aimée j’ai arrêté de rabâcher le passé et de m’inquiéter pour le futur - ce qui me met dans le présent où vit la vie .
Quand je me suis assez aimée j’ai vu que mon esprit peut me tourmenter et me décevoir , mais qu’au service de mon cœur c’est un grand et noble allié .
Quand je me suis assez aimée j’ai commencé à goûter la liberté .
Quand je me suis assez aimée j’ai trouvé ma voix et j’ai écrit ce petit livre .

 


 Alison Mc Millen , Janvier 2001
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Ma mère est morte en Septembre 1996 , à l’âge de 52 ans , juste quelques mois après avoir écrit ce livre . Elle n’était pas malade et ne savait pas qu’elle allait mourir . Sa mort a été très soudaine et a profondément choqué toutes les personnes qui la connaissaient . Ca a été très difficile pour moi , aussi bien que pour ses amis et sa famille , de me débrouiller avec la vie sans elle . Elle est morte trop jeune , et je suis consciente de son absence à chaque instant où je suis éveillée .

 

 

 

23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 07:49

 

 ( et si j'aime Proust ça n'est pas pour rien ... ) . Mon amie Birgit m'a envoyé hier soir un texte ,  faussement attribué à Charlie Chaplin qui l'aurait dit pour ses soixante -dix ans ... intitulé " Quand je me suis assez aimé" ... qui m'a agacée . Mais intéressée . Agacée , tout d'abord parce ce texte était implicitement rempli de notions dans une mouvance très New Age , et  que si Charlie Chaplin , notre Charlot bien-aimé , l'avait vraiment écrit lui-même , pour ses soixante-dix ans donc en 1959 sauf erreur , il aurait été canonisé ,  par cette mouvance et non pas par le pape , depuis belle lurette . En fait , ça n'est pas du tout Charlie Chaplin qui a écrit ce texte , mais une américaine , morte en 1996 à cinquante-deux ans : Kim Mac Millen .

 Agacée , ensuite , par cette courte énumération , agrémentée de majuscules dans la version envoyée par Birgit , et extrêmement simpliste . Et , à cause des majuscules , ça devenait comme une injonction à " m'aimer" puisque j'ai soixante-dix ans . Or , je ne m'aime pas , la plupart du temps . L'amour - quand ça vient ça vient , mais quand ça vient pas ça vient pas .

 Après avoir subodoré l'auteur véritable du texte , j'ai cherché Kim Mac Millen sur internet , suis tombée , malgré que j'y ai passé un certain temps , sur un texte nettement plus subtil et détaillé , qui me convenait tout à fait ( attention les enfants ! elle a peut-être écrit aussi le premier texte , que vous trouverez facilement sur lnternet , moi j'en sais rien ) Kim Mac Millen , c'est le seul renseignement que j'ai réussi à avoir  sur elle , est morte en 1996 , à 52 ans , et sa fille Alison édite avec amour les textes de sa mère ...

 Je vous mets le lien ici pour un texte en anglais  ; la souris verte et les éléphants  maniaques et critiques sont  en train de le traduire avec grande joie  ... mais c'est un peu long et ça ne sera fini que demain . Là , il est huit heures , temps d'aller se tortiller sur un tapis de yoga ...

http://www.myinnerspaceblog.com/2012/01/17/when-i-loved-myself-enough-by-kim-mcmillen/

 

 

 

 

Et bien sur , cette souris verte adore  traduire des textes de l'anglais ; et là ,  les éléphants et leur manie de la précision extrême sont de bon secours ... -  mais elle n'est pas  à l'aise pour comprendre l'anglais quand on lui parle ...

Et bien sur , cette souris verte adore traduire des textes de l'anglais ; et là , les éléphants et leur manie de la précision extrême sont de bon secours ... - mais elle n'est pas à l'aise pour comprendre l'anglais quand on lui parle ...