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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 06:15

    

 

         Par je ne sais quel concours de circonstances , j'avais reçu une invitation à exposer dans un village voisin , Saint-Hilaire  . Comme je n'ai montré mes peintures nulle part cette année  , l' invitation était bienvenue ! Vendredi , Philippe m'a aidée à installer cinq ou six tableaux ( beaucoup de peintres , pas la place pour plus de quatre mètres carrés ) , et une table avec des cartes postales et d'autres peintures non encadrées .

       Quand j'arrive pour installer une de mes expositions  , je suis toujours angoissée , et donc de commerce peu agréable . En outre , une partie de mon ego un peu enflé de peintre juge ,  d'un coup d’œil d'un seul , mais meurtrier ....  les œuvres des autres participants ( Aaaaaaaaaaah - mais que de croûtes ! ) - Faut dire , tant de gens peignent , maintenant ! Souvent , ils ne savent pas dessiner ( le mal qu'ont fait Monet et Picasso , et les non-figuratifs ...qui , eux , avaient appris , à dessiner !.) ; et souvent aussi , je leur trouve  un goût de chiotte ... Bref , quelques-uns , ou quelques-unes , seulement , trouvent grâce sous ce regard hyper critique . Ce qui me motivait pour participer à cette exposition , c'est que , notamment , une aquarelliste japonaise éblouissante ( un dessin rapide , nerveux , bien structuré ; des couleurs parfaites , et une lumière dans ses tableaux - ah , une lumière ! ) était invitée - et invitée d'honneur , s'il vous plait , et elle le mérite !

       Bref , j'arrive , stressée et angoissée ;  j'installe  ; je déplace les peintures , ça ne me plait pas , je recommence ;  je râle ; j'améliore de quelques centimètres ; je suis fort peu aimable avec mon aide potentiel , Philippe ;  ... je peaufine ... enfin , ça va - à peu près !   Lui ,   place les petits projecteurs qui éclairent mes œuvres  , pour finir .  Enfin ,  on rentre à la maison , pour ne revenir que le soir , au vernissage . Beaucoup de monde , le maire , etc ,etc ... ; nos amis aussi sont venus , et c'est bien sympa .

        Puis , la journée d'hier ( l'expo dure trois jours ) . Les artistes sont pratiquement seuls toute la matinée , peu de visiteurs - il fait beau , après quinze jours de pluie ! moi , j'aurais plutôt envie d'aller aux champignons !  Du coup , on s'ennuie un peu , ( même si j'ai apporté deux versions de la Bhagavad Gîta , que je veux relire , préférant souvent la lecture à la conversation ) et du coup , on papote , on échange ... Or , si fort peu d’œuvres trouvent grâce à mes yeux ,  toutes les personnes  , par contre , m'intéressent profondément . A midi , je pique -nique au soleil , deux ou trois autres femmes aussi . Je découvre alors que la peintre dont je trouvais les tableaux particulièrement horribles et confus a une dégénérescence de la rétine , bien qu'elle soit toute jeune ; mais ça concerne seulement un de ses yeux  , et elle a recommencé à peindre . En discutant avec elle , je me rends compte que c'est vraiment une femme remarquable . Une autre , est dans une panade financière et une souffrance de couple terribles , et quel courage ! ses aquarelles sont plutôt bonnes , d'ailleurs .  ... Un autre peintre , plus âgé , qui fait d'excellentes natures mortes - de petite taille , mais parfaites , dans un style XVIIe -  parle avec une simplicité quasi naïve de son succès ... Une  femme , encore , dont les paysages mous et chargés de matière picturale me font souffrir , parle avec humour et énergie de la vie de l'association de peintres qu'elle préside ... Je comprends mieux la démarche d'un  peintre , dont les tableaux exposés , quoique de bonne qualité , m'indifféraient , en parlant avec lui ...

         Quand à l'aquarelliste japonaise , Keiko Tanabé , dont j'ai pu admirer quelques œuvres exposées , des aquarelles de grand format magnifiques , elle  est simple et sympa . Elle vit moitié au Japon , moitié en Californie , et voyage longuement , presque sans cesse , dans le monde , vendant ses aquarelles et proposant également des stages , dont le prix n'est pas du tout exorbitant , vu son talent et sa maîtrise de son art ( miséricorde , vivre ainsi , en voyageant constamment , sans rester nulle part plus de trois ou quatre jours - quasiment sans racines ! comment peut-elle ? ) .

         Le clou de la journée , c'est le repas offert aux artistes par la mairie . Charcuterie certainement pas bio , chips , du pain industriel , mou et ignoblement mal cuit ... Mais le vin est bon , quoique le rouge soit glacé , hélas . Cependant , les peintres , et leurs compagnons ou compagnes , sont épuisés par la journée , et l'atmosphère est incroyablement chaleureuse et simple . Même Philippe a l'air de se trouver bien ... tassés comme des sardines , assis à une immense rangée de tables disposées en U , mangeant dans des assiettes plastiques avec des couverts plastiques , buvant de l'eau de bouteilles plastiques , une préfiguration de la maison de retraite ( l'une des jeunes femmes qui servent , bénévolement , sympathique ,  conviviale et un poil autoritaire , me donne tout à fait l'impression que j'y serai bientôt ) ... je laisse mon côté écolo militant au vestiaire , et suis envahie de tendresse pour tout ce monde .  Je me réveille au milieu de la nuit , pénétrée de l'amour de tous ces gens - malgré le plastique ,malgré la médiocrité des œuvres y compris , sans doute , les miennes ,  malgré les brûlures d'estomac provoquées par tout le pain dont je me suis bourrée  puisque je ne mange guère de charcuterie . Alleluiah !

 

 

 

Keiko , avec son indifférence aux vêtements qu'elle porte - toujours pieds nus , malgré le froid qui est arrivé chez nous depuis deux jours , dans ses pompes hors mode , les mêmes maintenant que sur ce film , Keiko , me dis-je , est une vraie sannyasin ... désolée que le texte ne soit pas traduit . Elle y dit , notamment , qu'en se baladant dans la nature elle laisse le motif pictural se choisir de lui-même ...

5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 07:11

      Je lis ce matin une citation de Swami Ramdas ( pour les copines qui ne l'ont pas encore lu , lisez ce magnifique livre de voyage , les Carnets de Pélerinage de Swami Ramdas , ça doit toujours être édité dans la petite collection Albin Michel  ) . Je vous livre allégrement ma traduction de ce matin , qui louvoie au milieu des  susceptibilités de mon ego et système de pensée particuliers , que le " Him" agace quelquefois un chouïa - Oh,  ce Dieu masculin , conception bétonnée pendant des siècles et des siècles où une moitié de l'humanité a pris pouvoir sur l'autre ! - et qui préfère assez souvent  le " Cela "  ,  neutre , des Védantistes ... ou la Mère Divine , à la rigueur . Mais je me rends compte que c'est pas grave ... Cela , ou Le Vide , ou Dieu , etc ... est bien plus vaste que la conception que tous esprits , forcément limités par la pensée , en ont !

When you get even half an hour , you can devote it for thinking of God , for remembering Him and praying to Him . By such practices and by ultimately surrendering yourself to Him , you can get His light and peace within even if you experience it for half an hour a day out of twenty -four .

 

Bon , et voilà cette traduction , que j'aimerais appeler " libre " , " traduction libre " , il me semble que c'est l'expression -  alors qu'en fait elle est sacrément conditionnée ! Mais , bon , si j'étais née ailleurs que là où je suis née , à un autre moment que le moment où je suis née ... , je ne serais pas en train d'écrire , et vous ,  ne seriez pas en train de lire ...

Quand vous avez , ne serait-ce qu’une demi-heure , vous pouvez la rendre sacrée en méditant , en vous souvenant du profond de votre origine  , en priant . En pratiquant cela et en faisant confiance , ultimement , à la volonté de Cela qui vous a mis au monde  ( et fait pousser les arbres ! ),  vous pouvez sentir en vous  cette lumière et cette paix , même si vous n’en faites l’expérience qu’une demi-heure par jour sur les vingt-quatre .

 

  Allez , bonne journée à tout le monde ! je pars à Uzés faire du yoga  , prendre un petit café seule ou en compagnie ...

 

 

1 novembre 2019 5 01 /11 /novembre /2019 09:17

    

          Une journée que la météo m'avait annoncé tempétueuse - ce qui ne me plaisait guère car je vais à Avignon aujourd'hui ... Mais le soleil s'est levé dans un ciel très clair . Je n'ai pas trop envie de prendre la route , ce matin , mais , bon , parole donnée ... puis , c'est une journée où je pourrai faire la sieste , comme mon amie , dans son immense chambre poétique , au plafond vertigineux ,  installée dans l'ancien grenier - une  chambre qui me  faisait rêver quand j'étais jeune ;  je rêvais d'avoir autant d'espace , d'avoir un jardin aussi grand et aussi beau .. Ben , voilà un désir accompli , et j'en suis pleine de gratitude -  même si notre maison n'est pas aussi ancienne , et les plafonds pas aussi hauts ! Je suis également un peu triste quand j'y vais , car je constate que son fils  , totalement surmené et épuisé , le pauvre , doit laisser un peu  tomber leur jardin , si harmonieux et bien entretenu  autrefois , maintenant envahi de buissons et de plantes grimpantes .. C'est si dur , d'entretenir deux maisons à la fois . J'emmène mon sécateur ,quand j'y vais , pour essayer d'apporter une minuscule miette de ma contribution à l'entretien . Puis ,  aujourd'hui , je planterai quelques oignons de tulipes de couleurs vives ( malgré ses yeux défaillants , mon amie pourra les apercevoir quand elles fleuriront ;  ses yeux fonctionnent , par instants très brefs qui ne durent pas  ; c'est bizarre , ces maladies de la rétine .

         Allons ! ça va être une belle journée ! et la route , jusqu'à Remoulins , est  tellement belle à l'automne ... mais quel dommage que Frédéric Lodéon ne fasse plus son émission de l'après-midi sur France Musique , qui me tenait compagnie au retour ...

 

 

Chapitre 2515 : Toussaint
31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 08:21

     

 

       Au fur et à mesure que je traduis le chapitre de Sally Kempton sur Parvati , je découvre ... Déjà , je découvre une Parvati bien différente de ce que l'imagerie pieuse courante , et même omniprésente , en Inde ( mais je connais surtout celle de l'Inde du Sud ) me faisait imaginer !  - l'on y voit toujours l'image de la petite famille , Shiva Parvati Ganesh Murugan ( écho , ou modèle , de la petite famille idéale indiennes ? Parvati est toujours bien plus petite que Shiva sur ces représentations ; normal , c'est qu'une femme ! l'épouse de Shiva ... ) , tous côte à côte , ou bien Parvati a le petit Ganesh sur les genoux !  Mais l'histoire de Parvati ,  racontée par Sally , qui étudie attentivement les textes anciens  , est bien davantage celle de la  jeune fille qui abandonne ses parents pour vivre seule dans les montagnes sauvages , en yogini ,  pour l' amour mystique de Shiva ,  l'Absolu ...  Ça alors ! 

     Et en outre , voilà que j'ai les noms de deux autres femmes ,  qui m'intéressent parce que des traductions  de leurs poèmes semblent accessibles et que j'aime les poèmes  : Akkamahadevi , une femme qui a vécu au XIIe siècle au Karnataka , laissant tout pour errer sans vêtements  -  et finissant sa vie , si je ne me trompe , à  Srisailam  . Tiens ! Srisailam - tout de suite , m'envahissent les images de ce lieu magique en Andhra Pradesh , au dessus des gorges de la Krishna - un lieu de pélerinage , hyper fréquenté , mais uniquement par des indiens ,  où Sona nous avait emmenés ( ce dont j'aurai encore et toujours pour lui une infinie gratitude )  ; où nous avions rencontré une  yogini dont j'ai encore la carte de visite  ... ,  et où je rêve  de retourner ...  Or , Akkamahadevi était une femme avadhuta , les " vêtus de ciel" - et le thème du voyage de Sona était  : les avadhutas ...

    Puis , une autre yogini encore : Lalla , ou Lalleshvari , au Cachemire ... Encore des portes qui s'ouvrent ! quelle joie !

 

 

 

 * un article qu'il ne me restera qu'à traduire :    http://www.virashaiva.com/akka-mahadevi-the-genuine-mystic/

 * Ben oui ! un lien avec mon autre blog ! mais en fait , si j'ai tellement envie de retourner à Srisailam , c'est tout de même beaucoup à cause des innombrables sculptures - une BD en bas-relief de pierre - sur les murs du grand temple . Et même si j'y partais ,  faudrait surtout que je trouve un guide pour m'expliquer ces sculptures ...

http://www.avec-le-lievre-de-mars.com/article-chapitre-58-coups-de-foudre-a-srisailam-deuxiemement-122777838.html

Chapitre 2514 : Parvati , et quelques yoginis  ...
29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 10:08

    

 

     Après avoir écrit l'article précédent , j'ai été faire du yoga ; sans enthousiasme parce que j'aurais préféré rester à pérorer devant l'ordi - mais à mon âge , faut vraiment que j'entretienne  mon corps avec quelques postures quotidiennes ... Pourtant ,  je n'étais qu'à moitié attentive aux sensations dans ce corps -  malgré le  plaisir d'étirer doucement chaque articulation -  la tête continuait à tourbillonner ... et tout à coup , en faisant la posture de " la table à deux pieds " , ardha setu bandhasana ( plus douce à mon épaule droite , toujours fragile , que " le pont" , mais avec les mêmes bénéfices ... )  tout à coup , je me suis demandé ce qui me permettait d'accoler l'épithète " stupide " à ces malheureuses paroles pour la Passion selon Saint-Jean . J'ai fait le lien avec le passé , avec la sentimentalité de ma marraine , qui pouvait quelquefois m'agacer et que l'enfant que j'étais , imitant ses parents , se permettait de juger ... et tout de suite , j'ai vu que la stupidité était mienne : du fait que je jugeais  . Dés qu'on retourne se mettre dans son cœur , je veux dire le centre du cœur au milieu de la poitrine -   qu'on parle de " l'ange que j'attends " ou pas , tout devient joie ;  et je peux me sentir en unité avec toute personne qui prierait " l'ange qu'elle attend .." . Bon ! en tout cas , pour un instant !   OM !

 

 

Chapitre 2513 : ma stupidité , et le coeur
29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 07:14

      

     Il y a deux jours , il y a eu une journée de répétition de la chorale ; dans l’effort de concentration et le bonheur d’essayer de chanter juste , au milieu des autres , mes réticences sur le côté connement bigot des paroles se sont envolées . Mais , cette nuit vers les quatre heures ,  je me suis éveillée agacée parce que , dans ma tête , quelqu‘un  annonnait stupidement , sur l‘air de la partition alto de la Passion Selon Saint-Jean - traduit de l‘allemand , comme je l‘ai dit , par un curé qui n‘est pas passé à la postérité «  Oh puis-se-l‘an-ge-que-j‘a-ttends , pa-raître à mes der-niers ins-tants  … » etc … . Horripilant ! Bon , j’essaie de laisser tomber la superficie et de me concentrer sur l’essentiel . L’essentiel était de chanter juste , là … et qu'importe les paroles …  Je n’attends pas l'apparition d'un ange , même aussi joli que ceux de Fra Angelico . De même , que , tout en traduisant le texte de Sally Kempton sur les déités , je n’attends pas vraiment que m’apparaisse Parvati , assise en demi-lotus sur son taureau blanc … même si je fais les exercices de visualisation qu’elle propose . Je crois que je fais une allergie aux visualisations précises , qui m’emmèneraient trop loin du bon sens Krisnamurtien - certes un peu rabat-joie , mais tellement rassurant et plus conforme à mon éducation athée . Pas d’ange - ah , mais , sentir une bonne énergie , ou visualiser de la lumière ,  c’est autre chose , à laquelle j’adhére sans réticence aucune  … la traduction , que je suis en train de travailler , du début de l’article de Sally Kempton sur Parvati m’aide à synthétiser  :


        Chaque déesse individuellement peut être vue comme partie de l’unicité du divin féminin , que les textes Tantriques décrivent comme l’ultime réalité elle-même . En même temps , chaque déesse a sa personnalité propre , unique . Dans la tradition , ces formes individuelles des personnalités de la déesse sont appelées sakala . Sakala signifie «  avec des qualités » , opposé à l’aspect «  plus élevé » , nishkala , de la divinité , qui est sans limites ou sans qualités . Quand nous faisons la pratique des déités , nous nous concentrons sur la personnalité de la déesse avec ses attributs spécifiques et son énergie unique . Dans la pratique Tantrique classique ,nous faisons cela avec la compréhension que la déesse n’est pas une entité séparée , mais un aspect de notre soi le plus élevé . Invoquer sa présence personnelle unique est comme s’accorder à un canal spécifique d’énergie et de bénédiction , qui existe dans le champ de la conscience collective . Finalement, cette forme individuelle va se dissoudre dans la conscience elle-même , révélant le vaste espace au-delà des formes . Au cours du chemin , en ouvrant les limites de votre psyché à  l’énergie de la déesse , vous l’attirez en vous-même . Ses qualités commencent à imprégner votre personnalité , à élargir votre psyché , et même à créer des changements qui semblent miraculeux dans votre vie extérieure .
        En cultivant l’intimité avec le divin féminin , vous remarquerez aussi qu’elle peut être rencontrée à n’importe quel niveau . Suivant votre intention , elle se manifestera comme une sensation d’énergie , comme une présence non physique que vous voyez dans des visions ou sentez autour de vous , comme une guidance intérieure , ou comme une porte sur l’Absolu . Elle prend différentes formes , vous guidant dans des états de plus en plus subtils , puis vous montre comment mettre en valeur ces qualités subtiles dans votre vie . En invoquant Durga , vous invoquez vos propres qualités cachées de force protectrice , l’intensité de l’activiste féminine qui peut gérer une famille ou un travail ou rassembler la tribu dans une action collective . En invoquant Lakshmi , vous appelez la qualité scintillante de la beauté féminine et l’énergie de l’abondance et de la fortune .
       L’énergie de Parvati est un mélange de ces deux pôles féminins . Reliée à Durga et Kali , Parvati est l’une des déesses puissantes .  Elle est aussi une déesse d’amour , avec un rayonnement de séduction dirigé vers son bien-aimé , mais dans le même temps concentré vers l’intérieur , vers sa propre essence . Elle est une mère . Elle est une yogini , une chercheuse de vérité qui questionne profondément la nature de la réalité . Elle est puissante et elle est tendre , elle est volontaire et elle est joueuse -  tout à  la fois . De plus , Parvati est une déesse du lien . Quand vous vous accordez à Parvati , vous vous accordez avec votre propre soif d’une union sacrée .


       M’aide à synthétiser , à comprendre … et à ne pas me faire de bile . J’ouvre mes courriels , ça fait un petit moment que je n'ai pas lu les derniers messages d’Anandashram , qu'ils m'envoient , à ma demande , quotidiennement .   Je lis celui-ci , citation de Swami Ramdas :

 

«  Universes are created and universes are destroyed , but that calm Spirit never changes . To reach that state we must surrender to the Divine Mother and get her grace . When you realize Shiva , you are liberated . You know then that you are Shiva yourself and that you have a universal body which is the form of the Shakti . This is the acme of spiritual experience to be attained . »

Les univers sont créés et les univers sont détruits , mais cet esprit de calme ne change jamais .  Pour atteindre cet état , nous devons nous abandonner à la Mère Divine et obtenir sa grâce . Quand vous réalisez Shiva , vous êtes libéré . Vous savez alors que vous êtes Shiva lui-même et que vous avez un corps universel qui a la forme de la Shakti . C’est le point culminant de l’expérience spirituelle à atteindre .

 

 

   Et tout d'abord ça m’étonne bien , parce que Swami Ramdas et Anandashram sont les champions du japa , la répétition d’un des noms de Dieu ; mais ils répétent le nom  Ram :

Ram , Ram , Ram , Jay* Ram  Jay Ram Jay Jay Ram ...

     Et c'est quelque chose qui , personnellement , ne m’a jamais fait vibrer . Et pourtant j'apprécie toujours la sagesse et l'intelligence de ce qu'écrit Swami Ramdas ... Or ,là , ça n’est pas à «  Ram  » que Swami Ramdas parle de s'abandonner , mais à la «  Mère Divine » . Ca alors ! Ca le gênait pas ?  Et pour faire bonne mesure , voilà qu'il met Shiva dans le même panier … Boudiou ! mais alors , quelle étiquette dois-je lui coller ?

     Le même panier : le panier de l’Absolu . Qu’on le vénère sous forme de Shiva , de Ram , de Jésus-Christ , de la Vierge Marie ,  de la Mère Divine ,  de la Vérité , de la Réalité , du Vide …je comprends :  c’est pas grave . C'est juste des approches . Ouf !  même si je n'ai pas encore atteint ce " point culminant de l'expérience spirituelle ", relire la citation me fait du bien ; et  je peux m'abandonner ce matin , sans arrière-pensées , dans le giron accueillant de la Mère Divine ... sous sa forme automnale de Lakshmi , tellement belle et généreuse , en ce moment au jardin et dans la campagne ..

 

* Jay , ou Jaya , veut dire "  Gloire" .

Chapitre 2512 : le panier de l'Absolu
23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 16:44

   

      Pluie , pluie et pluie , depuis trois jours , et c'est tant mieux , ici à la campagne ... la télévision dit des conneries du genre " il a plu en un  jour autant qu'en trois mois de précipitations" . C'est des conneries , parce qu'ici , quand il pleut à l'automne , il pleut toujours très fort et très abondamment , et seulement pendant quelques jours ... et ça fait des provisions d'eau jusqu'au printemps . Donc , il pleut toujours davantage en trois jours d'automne , qu'en trois mois d'été . Et c'est très  bien comme ça ... sauf dans ces villes nouvelles où on a construit et bétonné à tour de bras , et où l'eau ne peut plus s'écouler ...

       Mais enfin . Ce matin , j'ai vu , par la fenêtre de la cuisine , un vent enthousiaste souffler en raffale des milliers de petites feuilles d'or du sophora ,  à l'horizontale ... Joli comme tout . Il venait du Nord , le vent de ce matin . Quand j'ai commencé la peinture , avant-hier , il venait du Sud et défrisait le lilas des Indes . Quand à la personne vautrée sur le canapé , elle relit  " L'Ode au Vent d'Ouest " de Shelley , une des rares oeuvres étudiées en classe quand j'étais gamine qui m'avait beaucoup plu -  je me souviens encore des premiers vers " O wild West Wind , thou breath of Autumn's being ...

                       et des derniers " drive my dead thoughts over the universe ,

                                         Like withered leaves to quicken a new birth ... "

 les pensées mortes  , ça me plait bien ... Quoique je n'ai personnellement aucune envie de me précipiter vers une nouvelle naissance . Et puis ,  au milieu , il traite , si je ne me trompe , les  feuilles de " pestilence stricken multitude " , " frappées de la peste " ... Boudiou , il regardait quoi quand il écrivait ? Wikipédia dit qu'il se trouvait à Florence . Au dix-neuvième siècle , Florence , pour les anglais , c'était un avant-goût du Paradis , non ? Enfin , c'était son problème ...

    https://fr.wikisource.org/wiki/Ode_au_Vent_d%E2%80%99Ouest ; une traduction de 1887 , donc un peu plus tardive , mais qui doit rendre , j'imagine , assez bien le romantisme grandiose du style de l'auteur .  Pas vraiment ma tasse de thé, hélas ,  ce style , je m'y sens un tout petit peu gênée aux entournures . Quel dommage ! Parce que ça reste un chouette poème . En anglais surtout , parce que ça n'est pas ma langue . Ou alors , dois-je chercher une traduction "moderne"  de Shelley ? 

       C'est curieux , pourtant . A propos de contemporanéité .  Notre bien-aimée Jane Austen était contemporaine de Shelley , à peu près ; pourtant ,  elle est tellement ma contemporaine , deux cents ans plus tard ! 

 

 

 

Chapitre 2511 : Ode au vent du Sud
20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 14:05

 

         Aujourd’hui , rafales et averses presque incessantes - mais j'ai bien pu jardiner encore hier , par temps tiède , avec de très grosses averses qui ne duraient guère  ; je n'aurai plus qu'un lilas à déplanter ( l'ancienne place était mal choisie , il se faisait envahir par le bignonia , le pauvre pitchounet ! ) puis à replanter dans la haie ( mais où , Grands Dieux ? ) . Ensuite , les deux brugnons " francs " - ça veut dire que j'avais du mettre en terre deux noyaux de brugnon  , pour voir .. , et qu'il est poussé , par chance ! deux petits arbustes  donnant de bons brugnons . Il parait que quelquefois , on a des surprises bizarres en replantant un noyau , même si les fruits des nouveaux arbustes sont de la même famille de plantes que le fruit originel . Ces arbustes , tout petits ,  je les avais pris , à tort , avant qu'ils  ne donnent fruit ,  pour des amandiers - ça a presque les mêmes feuilles . Donc , je les avais replantés dans un coin du jardin un peu caillouteux ,  jamais arrosé , tout en haut : les amandiers c'est sobre ...  Or , ils ont donné , la première année , trois petits fruits , un peu fripés par la sécheresse ,  qui étaient des brugnons ... délicieux . Or ,  la deuxième année , cet été , je ne m'en suis guère occupée , économisant l'eau et notre fatigue  - et là , aucun fruit . Les pauvres !  Je vais les déplanter , pour les replanter dans un coin du potager , en bas , où ils seront bien arrosés tout l'été ...

        Et après , je pourrai commencer à nettoyer le jardin de fleurs , puis à bêcher sous les fruitiers et  leur mettre du fumier ... Tranquillement . Quelle joie de penser à ce beau travail qui m'attend ! D'ailleurs , hier , je me suis régalée . Pourtant ,  aujourd'hui , relâche : j'ai pris froid hier , à traîner avec cheveux et vêtements mouillés , sans me soucier des averses ... et me voilà enrhumée depuis ce matin , gorge rapeuse et la tête lourde  . Pourvu que ça passe vite !

 

 

Il y a encore plein d'oeillets d'Inde en fleurs ( je ne sais pas vous , mais moi j'adore le parfum de leurs feuilles ) ; la sauge-ananas , qui a trouvé là une place qui lui convient , à l'ombre du figuier l'été , s'épanouit en Octobre . Mais en regardant mieux la photo , je vois qu'il y a une camomille , poussée toute seule , que je vais déplacer pour la mettre au jardin de fleurs - ben oui , ça c'est le potager ! Puis , nettoyer la rangée , où il y avait des haricots , et j'y replanterai des laitues " Reine des Glaces " ( waouh , quel joli nom ! ) ; ensuite , penser à prendre des boutures du merveilleux althéa double blanc , qui a fleuri tout l'été ... et caetera , et caetera ....

Il y a encore plein d'oeillets d'Inde en fleurs ( je ne sais pas vous , mais moi j'adore le parfum de leurs feuilles ) ; la sauge-ananas , qui a trouvé là une place qui lui convient , à l'ombre du figuier l'été , s'épanouit en Octobre . Mais en regardant mieux la photo , je vois qu'il y a une camomille , poussée toute seule , que je vais déplacer pour la mettre au jardin de fleurs - ben oui , ça c'est le potager ! Puis , nettoyer la rangée , où il y avait des haricots , et j'y replanterai des laitues " Reine des Glaces " ( waouh , quel joli nom ! ) ; ensuite , penser à prendre des boutures du merveilleux althéa double blanc , qui a fleuri tout l'été ... et caetera , et caetera ....

17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 08:16

 

 

 

 Je traduis ( enfin ! ) le chapitre 1 , plus général , plus synthétique , du bouquin de Sally Kempton sur les Déesses Hindoues ( j'avais commencé par Kali , le Changement , à cause des ennuis de santé de Philippe l'année dernière , qui avaient gravement bouleversé mon monde ... pour ne pas parler du sien , bien entendu ) . Mais , bref ! ce matin , il y avait ce paragraphe , limpide :

     Nous savons depuis l’époque de Jung que les mythes et les symboles représentent une clef pour les énergies dans notre conscience personnelle , aussi bien que dans les énergies collectives . Les anciennes traditions spirituelles comprenaient très bien la puissance du royaume de l’imaginal . Elles savaient que contempler une qualité lumineuse ( comme la compassion ) ou un archétype divin ( comme le Cœur Sacré , l’Arbre de Vie , ou Krishna avec sa flûte ) va finalement rendre vivant en vous ce que vous contemplez . Les anciens chercheurs , ou rishis , «  voyaient » ces énergies des déités à  la fois comme des corps de lumières et comme des schémas géométriques appelés yantras . Ils les «  entendaient » comme des sons intérieurs , qu’ils prononçaient alors comme mantras . A partir de leurs expérience vinrent des pratiques qui nous permettent de toucher ces énergies émotionnellement , mentalement , et même physiquement .

     

Les yantras , je trouve ça joli , mais ça ne me dit pas trop ... Je contemple , tous les jours , des images de maîtres spirituels qui me remontent le moral .  L'Arbre de Vie - tiens donc ? je ne connais pas trop  , je croyais que c'était juste un truc pour faire joli  , je vais chercher  . Et en attendant , j'ai pu planter , hier : deux petits photinias , qui auront des feuilles rouges ; un laurier-tin ; un oranger du Mexique ; un pittospore de Chine  , poussé tout seul dans un endroit où il ne se serait pas senti à l'aise ... et il me reste encore cinq ou six arbustes , à déplanter puis replanter . Et mon épaule va mieux , je peux à nouveau lever le bras presque à la verticale  . Chouette !

 

 

Neem Karoli Baba , emmitouflé dans sa couverture écossaise , avec l'air presque ronchon , en tout cas pas vraiment glamour ... Ca n'est pas cette photo que j'ai sur la cheminée , mais une autre que m'a donnés un devotee à Vrindavan . Les deux  me font encore et toujours du bien à contempler , et chaud au coeur ... ...

Neem Karoli Baba , emmitouflé dans sa couverture écossaise , avec l'air presque ronchon , en tout cas pas vraiment glamour ... Ca n'est pas cette photo que j'ai sur la cheminée , mais une autre que m'a donnés un devotee à Vrindavan . Les deux me font encore et toujours du bien à contempler , et chaud au coeur ... ...

16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 03:14

Non , il ne s'agit pas de promouvoir une marque de charcuterie ! mais de quitter une pensée ( ce Père Silouane )  qui m'intéresse , mais me hérisse autant le poil , pour revenir au simple bon sens de Swami Ramdass . Je reçois une citation par jour , et celle-ci me nourrit de joie et de légèreté . Bonne nuit !

 

Really, man has no will of his own. There is only one Divine will at work everywhere and in all. It is a mistake to think that we, as individuals, have got any power to do anything. God is behind everything. His power does all things.

Vraiment , l'homme n'a aucune volonté de lui-même . Il n'y a que la volonté Divine , agissant partout et en tout . C'est une erreur de penser que nous , en tant qu'individus , avons quelque pouvoir que ce soit de faire quoi que ce soit . Dieu est derrière toute chose . Sa puissance accomplit toutes choses .