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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 12:23

      L'Inde me manque tellement ... Ca m'a donné l'envie de regarder le programme de l'ashram d'Amma à Tourves . Je n'y suis jamais allée , bien que , par hasard , mon amie Claudette ait déménagé il y a quelques années pour habiter à quelques kilomètres de là . J'ai appris que ce week-end , on y fête Shivaratri  , la fête de Shiva . 

           Comme je ne dormais pas ,cette nuit , je me suis mise à penser à ce Dieu Shiva ; à ce qu'il est ou ce que c'est .  Il y a longtemps , Adam , qui s'y connait en symbolisme indien , nous avait dit : " Shiva , c'est le non-manifesté ." Ah , tiens ? Il y a toutes ces représentations symboliques de Shiva   : Shiva qui danse  , écrasant de son pied d'appui - le gauche , il me semble ? - le démon de l'ignorance , ou de l'inconscience de ce que nous sommes vraiment  ;  on l'appelle alors Nataraja , et ça fait  les si jolies statues qu'on voit souvent quand on pense à Shiva .  Shiva qui enseigne dans la forêt , assis , par sa seule présence silencieuse ; on l'appelle Dakshinamurti à ce moment là  , et le bas-relief où on le voit entouré des ascètes de la forêt , à Kanchipuram , je vous l'ai montré dix-mille fois , tant je le trouve beau  ... Et alors, Shiva , qui c'est ?  Un Dieu masculin  , en tous cas ... tous ces Shivalinga dressés à tous les coins de rue en Inde , phallus glorieux ( ou  ridicules - je n'ai pas cherché à voir la vidéo de ce pauvre Griveaux , victime ... de son infantilisme et de son narcissisme ...  ; mais , certainement ,  les phallus ,  c'est dans l'air , comme on dit ) .  Bof .  Puis , je me suis mise à me demander ce que c'était que le masculin , à part cet appendice anatomique ... (  j'étais ,  agréablement et insomniaquement , entre veille et sommeil et rêve ) je me disais que c'était ma mère qui incarnait la parole tranchante et décisive , trait qu'on peut imaginer masculin ; puis j'ai pensé à mon père ; le père étant , en principe , la première image qu'a l'enfant du masculin  ... Mon père , quoique présent physiquement , préférait souvent se mettre aux abonnés absents . Le Masculin , Dieu du  Vide ... pourquoi pas . Je me suis souvenue d'une ligne de Sally Kempton , disant de Parvati , la parèdre de Shiva :  " Parvati veut s'unir au Vide ... " . J'ai pensé au couple de mes parents , qui s'entendaient vraiment bien . A ma mère , qui comblait le vide par des paroles et des paroles , si souvent .  Puis , au Vide . J'ai été saisie d'un genre de vertige  .   Une image extrêmement forte ne me quittait plus , celle de ce tunnel dont parlent les gens qui ont vécu des NDE , ce tunnel représenté de manière fascinante par Jerôme Bosch , vous la voyez ci-dessous mais sur Wikipédia on peut voir tous les quatre panneaux , et zoomer si on veut .

https://fr.wikipedia.org/wiki/Visions_de_l%27au-delà

   Puis s'est imposée une autre image de tunnel , ou  plutôt de puits : Jeudi  , on est allés balader jusqu'à Saint-Guillem du Désert ;  une autre image , butinée en route , me reste dans la tête . On suit la vallée de l'Héraut , c 'est joli joli en cette saison - comme en toutes saisons , mais en Février il y a moins de monde , et puis il n'y a pas de feuilles sur les arbres , donc on jouit de la vue sur la rivière à chaque tournant ...  On passe Brissac , au mail poétique planté d'arbres immenses , sous lesquels courent  des eaux pures et glougloutantes  ; ensuite , petit à petit ,  on monte ; on arrive sur un plateau ,  et on traverse , mais alors sur des kilomètres , le  Causse hyper caillouteux , tout romarin et chênes kermés  ... Sur le côté de la route , à un moment , pas très loin d'un village improbable ( pourquoi est-il là , ce village , au milieu  des cailloux stériles  ? Qui y habitait ? était-ce un relais de poste , avec tout le romanesque , à la Giono ,  qui s'y attache ? ) , tout un espace venait d'être dégagé de la broussaille et des ronces  , probablement pour construire une  ou des maisons .   Et l'on pouvait voir ,  dans cette incroyable sécheresse pierreuse et quasi stérile  ,  les restes  d'un puits ancien . Un puits , au milieu des monceaux de  caillasses  et de la garrigue , un puits près  de nulle part  , un puits sur ce Causse où toute la pluie , quand elle tombe ,  doit filer en bas à toute vitesse  à travers les pierres , jusqu'à la couche argileuse qui permet à l'Héraut de se rassembler et de serpenter ?

          

Chapitre 2581 : puits , et tunnel , Masculin , et le Vide
20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 06:57

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     J'ai mis un certain temps avant de trouver un titre pour ce drôle de portrait de famille ... puis , en peaufinant les carreaux du tablier de l'enfant , je me suis souvenue d'un tablier d'école que je portais quand j'étais à peu près au CE 2 ... donc , quand j'avais six ans à peu près ( je n'ai pas eu la chance d'aller en école maternelle , ni au CP - comme je savais lire , on m'a mise directement en Cours Elémentaire ) ... cette malédiction des deux ans d'avance m'a poursuivie durant toute ma scolarité  .  Mais finalement , malédiction , ou bénédiction ? Un gosse qui a deux ans d'avance en classe n'est pas vraiment adapté , d'une part . Et j'étais très immature ... et je n'ai toujours pas fini , à soixante-dix ans , d'être en classe de maternelle ... mais , bon , c'est mon chemin , et je le trouve passionnant , donc je peux tout à fait considérer ça comme une bénédiction . Bref ...

          Bref , je me suis souvenue de ce tablier : il était à carreaux " écossais" , vert profond et violet ; je me souviens qu'il me faisait une impression étrange : profonde , un peu bouleversante , mystérieuse , magique . Le vert est , selon certaines écoles , associé au chakra du coeur ; le violet , pour le chakra coronal . Un tablier d'école est toujours un ami , dans le monde effrayant où vous avancez sur la pointe des pieds . Cet ami- là , je le considérais avec précaution ; maintenant , il me ferait un peu penser au Don Juan de Castaneda .   L'autre tablier ( on en changeait  chaque semaine ) , également en coton , mais peut-être un peu moins épais , avait des carreaux simples et clairs - bleu , rouge et orange sur fond blanc ... le genre de personne sur lequel on peut compter , mais qui ne verra pas forcément  tous les mystères du monde .

         Hier matin , en allant faire quelques courses à Alès , j'ai rencontré une famille - une grand-mère bourge , et deux petits enfants ; le petit garçon , qui avait sans doute cinq ou six ans ,  avait  l'expression de l'enfant sur la peinture  ( que  j'avais déjà bien commencé ), plutôt à côté de ses pompes -  ce qui m'a touchée  . En le regardant mieux , j'ai trouvé que sa posture corporelle était un peu bizarre , et je me suis demandé s'il se sentait bien dans sa vie . Espérons  qu'une bonne fée l'accompagne , lui aussi , tout au long ...

           

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Chapitre 2580 : le tablier
19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 07:23

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             Hier , la beauté éclatante de l'amandier en fleurs ... Philippe estimait qu'il fallait " tailler les gourmands " . C'est à dire , supprimer des branches jeunes qui partaient à la verticale , d'un jet , depuis les branches plus vieilles . Je n'étais pas trop d'accord avec lui ( dans quelle mesure son choix est-il psychologique , d'ailleurs ? et le mien ? ) mais , comme je n'avais pas envie de me disputer , et comme il est plutôt fatigué en ce moment , j'ai donné mon agrément , pensant qu'il ferait ça dans quelques mois  . Puis , je suis partie -  faire quelques courses , d'une part ; et porter des bouquins à la voisine que j'ai totalement négligée ce week-end ,d 'autre part .

           En rentrant , deux heures plus tard ,  j'ai trouvé au sol une véritable hécatombe - un tas énorme ,  les grosses branches d'amandiers , deux ou trois mètres de long , grosses comme mon poignet ,  couvertes de fleurs blanches   ... gisant à terre ...  j'en étais malade ; et j'ai encore le cœur douloureux en y pensant .  Je n'ai rien dit- à quoi bon ? c'était un peu tard . Et Philippe a le sentiment profond  , en taillant cet amandier , de faire des choses positives pour l'arbre .  C'est vrai qu'il aurait fallu le tailler plus tôt ... mais il pleuvait , il faisait froid , on pensait que l'hiver durerait toujours  ... J'ai coupé , dans les branches coupées ,  quelques extrémités ,  pour mettre dans un vase , à l 'intérieur  de la maison . Comme un souvenir .

          Ce matin , le croissant de lune au réveil -  tout fin , tout délicat , et pourtant acéré et volontaire et présent  ... le soleil n'est pas encore levé , le dessous des nuages est comme léché par une langue rose ... le dessus est gris et moelleux . Ca ne dure pas , ça ne dure pas ... Pour la lune , mon cœur n'en est pas brisé -  l'aube revient chaque matin ; toujours différente , toujours parfaite   . Mais pour l'amandier , ah !

 

 

         .

Chapitre 2579 : impermanence
17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 08:09

 

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      Dans le programme dont je parlais il n'y a pas une heure  , il y avait un petit moment pour continuer à traduire le chapitre de Sally Kempton sur Radha . Traduction que je fais mollement , car la folle passion adolescente de Radha et Krishna n'est plus de mon âge , et , donc , sa description m'ennuie un peu .. Pourtant , ce matin , j'ai abordé la fin de l'histoire , qui m'a emplie de joie . Après plusieurs paragraphes qui décrivent l'apogée de l'idylle et ses folies , je croyais que cette fin serait triste . Mais , finalement ... c'est encore autre chose qui se passe ;   du coup , j'ai l'impression d'avoir découvert  , ce matin , la fève dans la galette des Rois  !

      Cependant , le fait que Radha et Krishna ne peuvent , ni se marier , ni vivre ensemble pendant longtemps ,  est signifiant au plus haut point .  Le temps qu’ils passent ensemble est exacerbé par sa brièveté même ;  on n’y trouve que chevelures emmêlées , membres langoureusement enlacés , long baisers , disputes passionnées et réconciliations passionnées . A la fin , Krishna quitte Radha .

    Après tout , il est fils de roi , et bien entendu il est rappelé dans la cité pour assumer la place qui lui revient . Radha , une paysanne , mariée à un autre homme , doit rester en arrière . Comme le chariot l’emporte , Krishna regarde en arrière , ardemment , vers Radha . Radha , quand à elle ,devient folle de douleur . Krishna , lui aussi , est dévasté . Les poètes de la bhakti décrivent  comment - du moins pendant un temps -il la voit partout où il va . « Comment se fait-il »  , demande-t-il , que pour moi , les trois mondes soient devenus Radha ? » (7)
         Radha n’oublie jamais . Pendant tout le reste de sa vie , elle passe ses jours à méditer sur Krishna . Mais dans son obsession et sa douleur d’être séparée de son bien-aimé , il se passe quelque chose d’étonnant . Elle commence à voir Krishna partout . Le monde entier devient son bien-aimé . Chaque feuille dans la forêt , les vaches , la baratte à beurre dans la maison , tout devient , pour elle , la forme de Krishna . Dans la tradition dévotionnelle indoue , son état est appelé «  la bénédiction de la douleur de la séparation »  , et c’est considéré comme l’une des plus hautes expériences spirituelles . Quand Radha pleure Krishna , ses larmes nettoient tout ce qui voile le cœur , et chaque chose devient la forme de son bien-aimé .

 

     C'est une happy end  ! quel bonheur ! et en plus , ça nous concerne tous ...

 

.

  

Finalement , cette illustration où les deux amants ont l'air relativement plan plan - et non pas enroulés dans une folle étreinte , me convient plutôt ...

Finalement , cette illustration où les deux amants ont l'air relativement plan plan - et non pas enroulés dans une folle étreinte , me convient plutôt ...

17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 07:11

 

         Hier soir , j'ai alterné  rangs de tricot et lecture des poèmes de Po Chu Yi ... Avec cette pluie , et ne me sentant pas inspirée pour peindre  , j'ai commencé ces derniers soirs à tricoter une écharpe . Mon premier projet était tout simplement une écharpe à raies irrégulières ,  bleues et blanches . Mais je suis incapable de tenir un ouvrage devant moi et de m'en tenir à un projet relativement sobre , alors que toutes les chatoyantes couleurs du spectre , ou presque , s'offrent à moi ,  sous forme de restes de pelotes moelleuses ...  je subodore qu'il en est de même pour Noisette , car lorsqu'on est allés au cinéma la semaine dernière , trois pelotes étaient sorties du panier à ouvrage , et avaient descendu l'escalier toutes seules . Bref , il y aura du rose , deux sortes au moins de rouge , deux sortes de bleu , et du blanc ... Et voilà maintenant que je regrette de ne pas avoir de noir . Mais non , pas de noir ! La prochaine fois ...

        Après avoir , donc , sérieusement lu le volume sur  Po Chu Yi  ( le préféré de Philippe ) , je me rends compte que  Lu Yu  m'attire  davantage  ... Bien entendu , je suis incapable de comprendre le moindre mot de chinois ;  je dois me contenter d'admirer la calligraphie , et de savourer les traductions  ...

 

dans la vieillesse les liens avec le monde vulgaire se défont

dans l'oisiveté les choses poétiques abondent

j'enlève du sable pour rétablir le cours du ruisseau obstrué

je plante des tuteurs pour protéger les nouveaux lotus

la partie d'échecs terminée , allongé je contemple les montagnes

de retour de la pêche , je rame en chantant

combien d'années me reste-t-il à vivre ?

avec le vent et la lune je suis fort aise

 

( A cinquante-neuf ans ) . Il a alterné les périodes où il était haut fonctionnaire , administrateur , ou militaire  , quelquefois en faveur , quelquefois discracié ,  au gré de l'Empereur et des changements de régime ... 

 

de mon rêve mélancolique je me réveille en sursaut

à la petite fenêtre percent les premiers rayons

un oiseau mélodieux siffle dans un arbre de la cour , adorable , j'ignore son nom

jadis occupant des fonctions j'ai voyagé ,

au milieu de la poussière passant la moitié de ma vie

sur un ordre j'attachais ma ceinture et sortais ,

"dong dong" au moment où l'on frappait la dernière veille

maintenant que j'habite dans la montagne , bien que libre ,

je me  lève de bon matin avec un programme devant moi

je rince la pierre à encre et essuie la table

je me mets à sourire , satisfait , le sentiment tranquille

 

       Naturellement , j'apprécie beaucoup  ... Moi qui ai tellement besoin  d'avoir " un programme devant moi " pour me sentir bien . Et en outre , vous le savez  , ma difficulté personnelle est de ne pas le charger trop , ce programme ( à cause de cette empreinte d'enfance ,  où j'ai été ensevelie sous un programme trop lourd ) . Bon !  Aujourd'hui , il pleuvote encore , je ne crois pas que je jardinerai , encore ... Peindre , certes ! ce matin . Puis ,  aller voir la voisine cet après-midi -  hier j'étais trop fatiguée et  enrhumée  pour le faire ; et surtout , j'ai plein de couture en retard , des rabibochages , et un projet de rideaux avec des saris achetés il y a longtemps , dans la petite ville près d'Anandashram ... rien de chatoyant , non , ce sont des saris pour les ashramites -  du coton tout blanc , tout simple , avec  juste une petite bordure de plusieurs bleus différents ...

 

 

 

16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 05:34

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            Qui roupille pendant la journée , n'a plus sommeil la nuit ... Pour me changer de pensées et d'émotions nostalgiques mais bien stériles , de regrets de l'époque insouciante et de la gaieté qui m'habitait il y a quinze ans , je prends dans la bibliothèque des volumes de poètes chinois , dans les belles éditions Moundarren  . Je les aime tous bien , les connais tous mal , confondant Lu Yu et Po Chu Yi , Wang Wei et Yang Wang Li ;   et apprécie leur sagesse à tous .  Mais mon côté austère est tout de même mal à l'aise devant leur universel éloge de l'ivresse ( vous vous souvenez , on dit que Li Po , complétement soul , s'est noyé dans un étang en voulant atteindre le reflet de la lune ..) . Deux personnes de mon enfance  sont mortes autrefois  , douloureusement alcooliques -   ça marque ...

 

 

            dans la petite chambre paisible et chaude la fenêtre tapissée est lumineuse ,

            le paravent bas est installé autour du poêle

             tous les jours je lis un passage de ma collection de sutras , j'en oublie les mois , les années

             de temps à autre je recopie un modèle de calligraphie , en variant les styles

             vivant à l'écart , pour ce qui est de mon inspiration poétique tristesse et gaieté s'affrontent ,

          décrépit , eu égard à ma capacité en vin , je préfère le verser doucement

          maintenant que l'hiver arrive , qu'ai-je donc à faire ?

            dans la nuit profonde , j'écoute

            le bruit de la neige qui tombe

                                                   Lu Yu ( 1125 -1210 ) 

 

        Lu Yu a écrit ce poème à 75 ans .  En voici un autre , qu'il a écrit quand il avait 83 ans

 

 

                      la neige fondue , douce , limpide , gonfle l'eau du puits

                       j'installe moi-même le réchaud pour préparer le thé

                       pas la moindre trace d'une affaire ne m'occupe le cœur

                        je n'aurai pas habité en vain dans ce monde

                        pendant cent années

                     

 

( et comment ne pas me sentir apaisée en lisant ça ... )

   (  et d'ailleurs , rien que d'aller regarder leur site , ça fait du bien !  https://moundarren.com/ )

 

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mais en fait , juste après avoir posé les livres , avoir quitté l'ordi , je  me sentais encore très agitée et soucieuse . Enfin , après avoir plus ou moins terminé cette aquarelle - mais il faut que je reprenne encore deux ou trois trucs - j'ai pu me retrouver dans ce " rien " ... paisible et calme . Ouf !

mais en fait , juste après avoir posé les livres , avoir quitté l'ordi , je me sentais encore très agitée et soucieuse . Enfin , après avoir plus ou moins terminé cette aquarelle - mais il faut que je reprenne encore deux ou trois trucs - j'ai pu me retrouver dans ce " rien " ... paisible et calme . Ouf !

15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 16:45

 

        Mon humeur maussade d'hier matin  s'était envolée d'un coup  pendant la séance de vingt minutes de yoga  à laquelle je m'étais astreinte en rechignant . Aussi , comme nous avions prévu de faire une sortie ,  j'ai proposé à Philippe d'aller revoir un oppidum romain ;  un bel endroit que nous avions visité  , je crois  ,  il y a une dizaine d'années .

       Vous l'ai-je dit ? ma vieille Ford Mondéo a rendu l'âme , à la fin Décembre ;  j'ai une nouvelle voiture , plus petite , que je conduis avec plaisir , après avoir du m'habituer à tous ces voyants et clignotants et avertisseurs trop nombreux pour une vieille conductrice comme moi  . J'ai proposé de nous conduire . Jolie balade ,  temps printanier idéal , presque pas de visiteurs hors week-end ... mais une bonne heure de route  , tout de même , avant d'arriver au site  . Cela m'a permis de me rendre compte, tout au long ,  d'un autre charmant détour de mon fichu caractère : j'adore conduire toute seule ; j'aime assez me faire conduire ... mais je n'aime pas tellement  conduire quelqu'un . Même quelqu'un que j'aime bien ... Bon , c'est pas que je déteste ça avec intensité ; seulement , ça me met dans un genre d'état hyper tonique , et un peu stressé , comme si j'avais avalé auparavant tout  un saladier de café fort  . Oh , je suis à la hauteur ,faut pas croire ! je ne conduis pas plus vite , et plutôt bien . Seulement ,  je prends les choses en main ... avec juste un peu trop d'énergie . Bon ! Arrivés au site d'Ambrussum , on promène , le long du Vidourle d'abord , puis en grimpant la colline - trois bonnes heures en plein soleil , petit vent délicieux ... arrivés sur la place de l'ancien forum , on grignote de bon appétit notre pique-nique acheté à la boulangerie de Sommières ( pour Hermione , j'ai pris une portion de pizza  avec plein de fromage ,  un de ses péchés mignons la pizza  ... ) Puis , nous rentrons , toujours de bonne humeur . Je sens Philippe un peu fatigué par l'excursion  , et dés notre arrivée je reprends les choses en main , toujours avec tonus - je grimpe quatre à quatre l'escalier pour préparer le feu de cheminée , je redescends pour chercher des bûches , je cours , je vole ... je redescends , une dernière fois , pour chercher les ingrédients du repas du soir ; je remonte , tenant d'une main un sac plastique ( écolo ! )  contenant une betterave cuite , un autre sac plastique ( toujours écolo ! ) contenant la mâche que j'ai eu la précaution de laver le matin , et de l'autre main deux œufs , que je vais faire durcir . Ahi ! sur l'avant-dernière marche , mon pied glisse - je m'aplatis comme une crêpe , de biais sur les marches ;   avec une vive douleur juste en dessous du  genou  , le dessus de mon tibia a heurté pile l'angle de l'escalier ... je geins des malédictions d'une voix caverneuse ,  Philippe accourt ... rien de grave : je lui tends triomphalement les œufs  intacts . Puis je frictionne mon genou avec de l'huile à l'arnica , je prends une dose d'arnica aussi ( 7CH ) , je me remets à cuisiner ( je suis également en train de faire cuire  la confiture d'oranges ) .

              Le soir , je m'installe sur le canapé devant une série d'Arte ( Meurtres à Sandham ) , qui me semble de plus en plus médiocre à chaque épisode . Voulant me relever , je hurle de douleur tout à coup . Je n'avais pas mal quand l'articulation était à chaud - mais là , c'est vraiment très pénible .  Il y a une énorme enflure sur le dessus de mon tibia . Nouvelle dose d'arnica 7 CH , compresses glacées que Philippe me change avec prévenance  ... je gis en geignant sur le canapé ... Ouh que ça fait mal !

             Et voilà . Aujourd'hui , abandonnant , provisoirement , mon personnage de femme efficace , j'ai passé  une matinée exquise à roupiller au lit , dans la chambre ensoleillée . Jusqu'en milieu d'après-midi . Je n'ai presque plus mal à la jambe , même si une protubérance grosse comme un demi-pamplemousse en fait l'ornement actuel ;  et je peux même agréablement plier la jambe droite  , pour m'adosser confortablement contre l 'oreiller . J'alterne sommeil et lecture d'un roman qu'on m'a prêté , d'un auteur dont j'avais seulement entendu parler ( Douglas Kennedy ) et qui , malgré son habileté littéraire , m'intéresse si peu que je survole le premier tome , et  n'irai pas au bout du deuxième , abandonnant la pauvre Alice à ses complications familiales . Pourtant , il y a de belles pages sur Dublin , qui m'ont donné envie de visiter l'Irlande ... Finalement , rien de tel qu'une belle journée de printemps à buller ,  comme me le fait remarquer Noisette qui me tient compagnie entre les oreillers ...

 

 

 

la Via Domitia , qui monte jusqu'à l'Oppidum . Emouvant ...

la Via Domitia , qui monte jusqu'à l'Oppidum . Emouvant ...

14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 07:10

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      Hier , après l'exquise  journée de la veille ,  où j'avais jardiné toute la journée :  grand froid dés le matin , petite pluie ,  temps grisâtre ... Je m'étais dit que c'était idéal pour commencer à peindre . Mais les circonstances ont fait que j'ai eu peu de temps - trop de temps passé pour faire les courses ; puis pour aller , avec Philippe et à sa demande , explorer les menus de deux restaus qui viennent d'ouvrir . Moi qui me plaint qu'on n'y aille jamais , j'aurais du en être contente ... En fait , je me suis ennuyée . Du coup , j'ai fait à la hâte , dans la matinée , deux peintures , aussi mauvaises l'une que l'autre ;  et les ai déchirées tout de suite après . Bouh !

    En fin d 'après-midi , on est allés voir " Un divan à Tunis " - j'avais vu la réalisatrice passer , dans  " 28 minutes " , et elle m'avait donné grande envie de voir ce film  . C'était bien  ...  J'ai cru , au début  , à une comédie , mais  ... Ensuite , j'ai cru à un film  dramatique , mais  ... En tout cas  , un film subtil et intelligent , qui va rester avec moi pendant longtemps . Allez-y !

   Cette nuit , agacée par les difficultés respiratoires de mon compagnon , je suis allée dormir sur le canapé . Mon inertie m'interrogeait , également ; pourquoi le seul déplacement que je puisse envisager en ce moment est-il d'aller dans une autre pièce de la maison ? Je suis acariâtre avec lui , mais reste collée ... Pourquoi est-ce que je ne m'autorise pas à partir un ou deux jours voir une copine  ? J'ai donc essayé de méditer par rapport à cette pensée " j'ai le droit de quitter Philippe " , pour voir ce qui sortait , en écho . Seule façon de travailler sur une pensée positive , et qui n'a rien à voir avec la méthode Coué !

     Or,  je me suis endormie ...   et j'ai rêvé : 

 

Une petite fille  , jouant au milieu d'un groupe d'adultes , dont je fais partie , disparait , ensevelie dans un trou de la terre ,  qui s'éboule dans des cavités souterraines .  On a , j'ai , oublié de la surveiller constamment ... et maintenant , elle est morte  .

       Quelques jours après , je rentre en contact avec un lutin , invisible pour tout le monde mais pas pour moi ;   à ma demande , il la ressuscite ...

 

     Ce rêve m'interroge . Surveiller ... exactement ce que je fais avec Philippe ! je surveille tout le temps qu'il aille bien ! qu'il respire bien ! qu'il se sente bien !  Je ne  comprends pas encore . Mais je poursuis le fil ... même si , ce matin , je reste avec la sensation d'ennui , dont je parlais dans le titre du chapitre . Pourtant , il fait beau ! grand beau !

 

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Le gros pommier ( cognassier serait le nom juste , parait-il ) du Japon , entre la maison et la route , est enfin fleuri . Sa couleur rouge-rose me transporte . Quelle merveille ! exactement le contraire de cet ennui  ...

Le gros pommier ( cognassier serait le nom juste , parait-il ) du Japon , entre la maison et la route , est enfin fleuri . Sa couleur rouge-rose me transporte . Quelle merveille ! exactement le contraire de cet ennui ...

13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 06:05

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      Je connais mal le christianisme ; il me semble que , là , le Vedanta s'en sépare ... ( ??? -  je ne connaissais qu'une intellectuelle versée en Théologie , il faudrait alors que je lui demande , mais ma curiosité intellectuelle n'est pas suffisamment intense pour ça )  . En tout cas , pour ce matin , voici une première citation , comme une ancre , qui concerne plutôt l'intellect , et qui me va parfaitement pour ce matin , sans me poser d'autres questions :

“All the names and forms have at their basis the one eternal, all-pervading Spirit. The diversity that you see is only on the surface. In the depths there is only one existence out of which the manifold names and forms have come forth.”

 — Swami Ramdas

   Tous les noms et toutes les formes ont à leur base l'Esprit , éternel , imprégnant toute chose . La diversité que vous voyez est seulement en surface . Dans les profondeurs , il n'y a seulement une existence , depuis laquelle sont apparus les innombrables noms et formes . 

 

      Et en voilà une  deuxième ; celle-là est pour le cœur .  J'ai tendance à la prendre à l'envers , je veux dire à mettre en pratique la deuxième partie de la phrase uniquement ,   parce que je ne vois pas ce que veut dire      "communion with God " , " communier avec Dieu " ... par contre ,  je comprends tout à fait ce que veut dire " love for all beings " , " l'amour pour tous les êtres " ... même si j'ai encore du mal à aimer un certain nombre d'humains ,  dirigeants politiques ... et pas mal d'autres personnes ! En se souvenant , pour les amis qui lisent , qu'aimer ne veut pas dire " laisser tout faire  ... "

“By communion with God one must develop love for all beings, and that love must inspire one's activities.”

 

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 19:03

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                 En ayant démarré ce dessin - vers les quatre heures du matin , ce n'est pas courant pour moi de peindre à cette heure là  - j'ai eu le sentiment que tout s'expliquait . Cette énergie du feu ... et les deux personnages , qui n'en font qu'un peut-être , mi-humain , mi-ange ou elfe ... un peu interloqués devant ce phénomène . L'énergie du feu , cette flamme , ni belle , ni laide - qui ne rentre pas dans les catégories mentales des deux autres . Ben , oui ...

         Et moi , où je suis là-dedans ? nulle part ; ou dans l'intervalle au centre de la feuille - ni ange , ni humain , ni arbre , ni feu ; ou , tout cela à la fois . Je regarde et je peins , c'est tout .

         Je ne sais pas où on va ... ni qui y va .   Mais j'ai confiance !

         Et ce qu'il y a de marrant , c'est que , dans le rêve éveillé que j'ai accompagné tout à l'heure , la personne a eu des images de couleur orange  , d'un chemin orange lumineux ... ( elle n'avait pas vu la peinture auparavant  , et je n'en avais pas parlé )

 

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Chapitre 2573 : arbre de feu