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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 10:18

     

          Comment l'aider ? je terminais l'article de ce matin par cette question . Comment aider ma copine ?  mais aussi , comment m'aider ? à ne pas tourner en rond dans nos têtes . Déboussolée que j'étais ... Mais  je n'avais pas commencé à faire du yoga depuis cinq minutes que la réponse me venait tout de suite . Lui proposer une méditation le soir , bien sur , au lieu d'essayer de répondre avec mon propre ego et mon propre mental à ses interrogations compliquées et désespérantes . Une méditation , et l'Univers , l’Énergie qui l'a créée , et qui m'a créée , fera le reste , lui permettant de gérer sa difficile  situation avec un peu plus de sérénité ...

 

                        premier givre

  matinée ensoleillée

                                          la saveur du bouillon de riz         

                                      Chora ( 1729 -1782 )

                        

              

8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 07:21

   

           Lunaire ... c'est un peu comme ça que je me sens ce matin .  Mon amie G était , hier soir , terriblement compliquée à écouter - après une journée entière passée avec son mari , qui l'insulte et lui fait peur , elle était retournée dans de terribles entortillements de pensées négatives .  Pensées , haine ou déprime grandiose  , qui lui appartiennent en propre , certes ; mais , en essayant de les dénouer , je m'y suis laissée , en quelque sorte , entortiller aussi . Comment l'aider ? Je suis certaine , pour ma part , que tout ce qui nous arrive  nous arrive pour nous aider à évoluer  . Mais me voilà bien confuse et angoissée ... Elle , après deux nuits passées chez nous , était revenue à une façon de penser plutôt sereine ,  comme il y a plusieurs années .  Comment l'aider ?

          Heureusement ,  elle part de bonne heure , ne faisant que dormir à la maison  sans y rester dans la journée . Son mari est censé partir aujourd'hui de leur maison ( apparemment , il s'est loué un appartement pour y vivre ses nouvelles  amours sans contrainte , n'attendant pas la décision du juge . Tant mieux .. Mais il prend tout son temps pour faire ses bagages , se défoulant tant qu'il peut  de toute sa négativité à lui , sur sa future-ex-femme .. ) .  Si bien qu'avant-hier , vu la douceur du temps ,  Philippe , Hermione et moi , sommes partis balader au bord de la rivière .  Hermione  manifeste une énergie joyeuse incroyable , même à douze ans bien comptés ... courant à toute vitesse  dans les prés , barbotant joyeusement dans l'eau limpide et glacée , puis se roulant avec enthousiasme dans l'herbe ou le sable ...  L'hiver est arrivé , faisant tomber les feuilles ; mais nous avons rencontré  de grands buissons de monnaie-du-Pape qui se ressèment toutes seules . Monnaies-du-Pape ... On les appelle elles aussi des lunaires ...

         Eh bien , de cette humeur rêveuse j'ai du atterrir en quatrième vitesse  , me souvenant tout à coup que j'avais mis la confiture d'oranges à mijoter  depuis six heures du matin ( il en est presque sept et demie )  ! Mais tout va bien : je l'avais mise à tout petit feu sur la plaque électrique .  Dans la cuisine , Philippe est en train de touiller tranquillement son café-au-lait du matin , tout en écoutant l'émission du gars compétent concernant les voitures et leurs moteurs . Débarrassée dans l'instant des pensées parasites -  comme mon quotidien est indulgent !

 

          

Chapitre 2531 : lunaire
7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 06:41

       

              Je viens de comprendre , il y a deux ou trois jours ! quelque chose de nouveau , par rapport à ce mantra , qu'on appelle  : Mahamrityunjaya mantra , le mantra grand vainqueur de la mort ... 

          Jusqu'à présent , je le réservais pour chanter quand j'avais peur de la Mort . De la mienne , ou de celle de gens que j'aimais  . Sans y réfléchir , je pensais " la Mort , " au sens occidental - c'est à dire, la mort du corps .

            Or , après avoir traduit le chapitre de Sally Kempton sur Parvati * , j'ai mieux compris ce que symbolise Siva : Siva , c'est l'Absolu ; le non-différencié ; le non-manifesté ; la joie du Vide  !

           Et du coup , je me suis souvenue de quelque chose dont nous parlait Arnaud Desjardins , de toutes nos morts : les morts de tous les nombreux personnages que nous avons été , ou que nous sommes encore . Il prenait pour exemple , si je me souviens bien , l'enfant que nous avions été , et qui désirait si fort un certain jouet .  Pour moi , quand j'avais douze ans , je me souviens que je rêvais absolument , désespérément ,  de possèder un béret écossais  . Avec la jupe assortie , genre kilt .  Les deux , vus dans la vitrine des Galeries Lafayette , je crois bien . Comme j'en ai rêvé , de ce béret ! Je ne l'ai jamais eu  . Tata Lili m'a fait une jupe plissée , je crois m'en souvenir ( elle cousait plein de vêtements quand j'étais petite ! )  . Mais ça n'était pas la même - bien entendu - que celle que j'avais admiré dans le magasin . Voilà un désir non réalisé  ...  Seulement , il semble n'avoir pas été  vraiment essentiel pour mon évolution : je ne me sens pas déchirée pour autant , et ,   très évidemment , mon moi de soixante-dix berges ne saurait pas quoi faire d'un béret écossais ,  avec ou sans le kilt assorti ... Ce moi d'enfant est mort , bien mort . Et c'est tout simple .

      Et notre vie est ainsi - elle s'écoule , parsemée de petites morts , de morts successives de nos différents petits " moi " .. Seigneur , imaginez , si tous les merveilleux jeunes gens dont nous avions été amoureuses , depuis notre enfance *, sans être payées de retour ,  apparaissaient soudain ,  ( tous ensemble ? ! ) prêts , enfin ! enfin ! à nous aimer corps et âme , avec la plus complète dévotion ..  Misère de misère ! Quel ennui !

     Si bien que je peux chanter maintenant ce mantra en l'honneur de l'Absolu , demandant à être tout simplement désidentifiée , que tous les faux désirs puissent se détacher tranquillement de moi ( comme le concombre qui se détache facilement de la tige quand il est mur , dit le mantra ) . Quelle légèreté pétillante , et quel bonheur !

  

      

        * [Parvati ] ... Elle représente le divin féminin en union active avec son double masculin bien-aimé . Comme son bien-aimé est Shiva , le dieu outsider , notoirement indomptable , il y a un élément de danger et de plaisir illicite dans leur relation , une qualité de mystère qui fait que même leur domesticité semble inquiète de crainte d’un chaos potentiel . Parvati étreint avec confiance le grand vide où aucune forme n’existe . Elle l’emplit de sa présence bienveillante , et voilà - cette vacuité sans forme devient une plénitude cozy ,une espace dans lequel la vie peut fleurir . Parvati peut connaitre l’inconnaissable , dompter l’indomptable , et ensuite danser le tango avec lui ; qui ne voudrait participer à son roman d’amour cosmique ? - demandez-moi  si vous voulez que je vous envoie la traduction du chapitre entier .

         **  mais peut-être suis-je la seule à avoir été amoureuse de jeunes garçons quand j'étais adolescente   sans jamais le leur dire , sans jamais chercher leur compagnie , tant j'avais peur qu'on se moque de moi . Tiens , et si on ajoutait les acteurs de cinéma qui m'ont fait rêver à cette époque ? Bien entendu , ils apparaitraient tous tels qu'ils sont devenus maintenant . Les yeux turquoise qui nous faisaient rêver sont entourés de lourdes poches ,  les aimés sont devenus chauves et ventripotents ...  Bienvenus , tous  ! Aaïe aïe aïe ! tiens , ça me donne envie de revoir Fiancées en Folie , avec toutes les mariées qui courent après Buster Keaton dans les rues de la ville  - je ne me souviens même plus pourquoi .

 

 

 

6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 06:18

      

           Hier soir , j'ai regardé une version de De  l'autre côté du Miroir - j'avais imaginé , en voyant la présentation , que c'était un autre film de Tim Burton , dont j'avais adoré l'Alice au Pays des Merveilles . Visuellement , les personnages étaient  les mêmes . Mais le réalisateur était quelqu'un d'autre .  Ceci dit ,  j'ai bien aimé , même si le film avait des longueurs ... En tout cas , ça m'a fait souvenir que je voulais vous parler d'une autre Alice , mon deuxième enthousiasme absolu du moment-   après Séraphine . 

        Alice Munroe est une auteur canadienne ; née en 1931 , morte récemment . J'avais pris à une vente de charité cet été " Les Lunes de Jupiter " - à cause du titre dont j'adorais la poésie .  Puis , la quatrième de couverture annonçait qu'elle avait eu le Nobel de littérature , et ça m'avait rendue curieuse .

         Et je n'ai commencé à lire le bouquin qu'il y a un mois environ . Mes enfants , quelle belle surprise ! Cette femme a vécu les années soixante-dix , a vécu l'Amérique profonde , a vécu les années hippies , a vécu une certaine forme de catholicisme étriqué au Canada , a vécu la condition des femmes , sa génération , celle d'avant , celle d'après  , a vécu la maternité et le fait d'être fille  .. et de tout ça , elle  parle splendidement dans ses nouvelles . Un style qui semble à première vue seulement simple et efficace  , mais en plus , sensible , marrante , raffinée , et parsemé de ces petites allusions ,  légères comme des petits graviers , que je ne comprends quelquefois qu'un paragraphe plus loin , et qui me font alors  glousser d'aise  ... J'ai dévoré une deuxième bouquin d'elle , vu ensuite que certains critiques la comparent à Tchekhov , " Il y a du Tchekhov  sous la plume de la canadienne " , je crois que c'était les mots de l'article  - comme si Tchekhov était la seule référence en matière de nouvelles . Masculine , la référence , comme par hasard .  J'ai plutôt pensé à Katherine Mansfield - qui n'est pas , et ne sera jamais , un auteur  démodé . En tout cas : un vrai régal .

        Là , je suis en train de terminer " l'amour d'une honnête femme " , troisième volume que j'ai pu me procurer d'urgence en passant à Paris - paru en 1998 , je crois . Je le termine sans hésitation ni angoisse , car un quatrième et un cinquième m'attendent encore avec impatience  - quand est chez Gibert , faut pas hésiter ! même si leurs prix pour les livres d'occasion ne sont pas donnés ... Mais ça valait le coup !

         Et tout en cheminant sur les chemins de cette Alice qui a pourtant bien les pieds sur terre  , en découvrant les tours et détours de ses héroïnes et de ses héros - tours et détours  sentimentaux , sociaux , dramatiques  ou drolatiques et parfois " tragiques " - vous savez ce que je trouve , en réalité ? Une incroyable , une fabuleuse , une merveilleuse source de légèreté ...

 

 

3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 06:33

 

Man’s quest for happiness can end only by his realizing the fountain of eternal joy residing within himself.

- Swami Ramdas

 

 

      La quête de l'être humain vers le bonheur se termine seulement quand on se rend compte que la fontaine de joie éternelle est à l'intérieur de soi-même .

 

( mais ça pourrait aussi se traduire par : la quête de l'être humain vers le bonheur se termine seulement quand il réalise  la fontaine de joie éternelle à l'intérieur de lui-même . Il " réalise" - au sens de : il comprend , il adhère , il rend concret - comme quand on parle de " réaliser un rêve " ... )

( une aquarelle un peu ancienne , mais qui me redonne confiance chaque fois que je la regarde  ; dans le grand nettoyage ménage de mon atelier l'autre jour  , je l'ai laissée bien en évidence , posée sur l'un des bureaux . ) laissée

( une aquarelle un peu ancienne , mais qui me redonne confiance chaque fois que je la regarde ; dans le grand nettoyage ménage de mon atelier l'autre jour , je l'ai laissée bien en évidence , posée sur l'un des bureaux . ) laissée

2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 07:09

 

           Ca y est ! j'ai bouleversé de fond en comble mon atelier , déplaçant une étagère et sa pagaille d'un mur à l'autre , d'un bout d'un mur à l'autre , triant , rangeant - afin de gagner plusieurs précieux mètres carrés , face à la porte-fenêtre . Le but ? Me donner la place de peindre debout près d'un chevalet , comme il y a ... quarante ans  , et quelques !  Depuis quelques semaines , j'avais envie de me remettre à peindre à l'huile . J'en avais un peu marre , depuis quelques semaines ,  de  peindre , à l'aquarelle , uniquement ce que la méditation m'ouvrait de mon paysage intérieur ... Les pinceaux d'aquarelle sont souples , et ma main gauche tremble , maintenant . Bien sur , j'ai du apprendre à peindre aussi de la main droite .  Mais la gauche ne tremble pas quand elle tient un instrument plus rigide , qui s'appuie fermement sur le papier - c'est le cas , bien sur , des pastels , mais aussi des " brosses " pour peindre à l'huile , ou à l'acrylique .  Le peu de succès de l'exposition à Saint-Hilaire , l'autre jour ; puis , ensuite , la révélation des œuvres de Séraphine ...  m'ont donné l'énergie pour changer un peu !  Mon matériel pour l'huile est tout en haut du placard , et je ne sais si les couleurs seront encore bonnes . Pas grave ! J'ai commencé , hier soir  , par deux petites études au pastel , à partir des grenades qui restaient dans l'arbre . Une beauté , ces grenades , quand on les regarde de tout près ... Et , bien sur , mon bureau avec les petits pinceaux reste à disposition pour des peintures dans  mon " style habituel " . Bon ! voilà un atelier accueillant , qui ne demande qu'à s'ouvrir ....

          Heureusement , car hier , Philippe , fatigué , se reposait beaucoup , mais avait perdu également sa bonne humeur habituelle . Puis , je vois un peu plus mon amie G. , dont le divorce tourne au véritable cauchemar ,  libérant en son mari - récemment opéré du cœur et qui doit se dire qu'il n'a plus rien à perdre pour les quelques années qui lui restent à vivre  -   des forces bien sombres , qui lui font transgresser les règles légales pour vivre pleinement ce qu'il estime être une meilleure chance de bonheur ,  ratissant tout l'argent commun au ménage parce que sa femme était femme au foyer , et devenir méchant   et manipulateur avec sa femme - mais seulement dans l'intimité  ; et méchant avec son chien , qui lui sert maintenant de souffre-douleur ... J'implore G. de poser une " main courante " chez les flics , mais suis inquiète pour elle et terriblement triste , comme elle , pour le chien ; mais G. est du genre à rajouter de l'huile et encore de l'huile sur son propre feu émotionnel ...  La voilà terrorisée par son manipulateur de futur-ex-mari et la maîtresse du futur-ex-mari . Et voilà que , hier soir , je lui ai imprudemment proposé de venir dormir quelques jours à la maison , pour qu'elle puisse avoir au moins une ou deux nuits de sommeil ; et voilà le Philippe , qui est déjà de mauvaise humeur pour ses raisons qui tiennent à sa propre santé  , en super-rogne ... Il considère que je n'ai que les dires de ma copine pour juger de la situation . C'est vrai ... mais , tout en connaissant la tendance de G aux  aléas émotionnels  et aux exagérations dramatiques et aux jugements à la fois péremptoires et contradictoires  , je l'aime bien et la sais sincère . Puis , son mari , je l'ai déjà vu  brutal avec des chiens - même avec Hermione qui est une crème . Ce qui me fait douter de l'urbanité dudit mari . Ouille !

     Et ,  voilà !

           Et , voilà !

     ( Et voilà , le cousin Gaston , qui renverse la soupière la soupière au bouillon ... vous vous souvenez de cette magnifique version de la Pêche à la Baleine par les Frères Jacques ? sinon , je la connais de A à Z et je peux également vous la chanter quand vous voulez ... )

 

          Bon , il fait beau ce matin , je vais arrêter de m'emprisonner à la vision de G qui me donne l'impression de vivre dans un film de Clouzot  - pas l'inspecteur , hélas , mais notre Henri Georges Clouzot , le réalisateur du Corbeau et des Diaboliques .  Me souvenir que l'étincelle du divin est en tout être ! je lis la pensée envoyée par Anandashram ce jour :

The mind is like a serpent gliding here and there. If you sing to it the divine Name it becomes still. The mind free from desires becomes calm and serene. In the serene mind God's light shines and the aspirant becomes conscious of Him within. He is now a mould, as it were, into which God pours Himself.

       Eh oui , le mental est comme un serpent qui se glisse partout ... Il est temps d'aller faire ma séance de yoga , puis de chanter , de me ressourcer dans le " Rien" . Je vais allumer la petite bougie devant le portrait de Ma Anandamayi et ceux d'autres maîtres spirituels , dont Neem Karoli Baba  , et Mère , et Mooji ...  Un geste qui me fait du bien chaque matin - un rite , mais oui ! qui m'aide à me détacher du mental et de l'émotionnel du jour ( tout frais tout chaud celui-là , comme les croissants ! ) . Mais j'en ajouterai une autre : pour Harley , le chien malheureux ... et pour ma copine ... et pour son futur-ex- mari ...

 

 

je sais , je vous l'ai déjà montrée cette photo ; mais l'image de ces feuilles , tellement légères et mouvantes , de ce tronc presque dépouillé mais qui est seulement entré en hivernage , attendant tout le printemps et une nouvelle naissance  , me fait grand bien ...

je sais , je vous l'ai déjà montrée cette photo ; mais l'image de ces feuilles , tellement légères et mouvantes , de ce tronc presque dépouillé mais qui est seulement entré en hivernage , attendant tout le printemps et une nouvelle naissance , me fait grand bien ...

1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 06:24

 

 

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Chapitre 2527 : et encore , à propos de  Séraphine

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             Pendant que j'étais à Avignon , je parlais à mon amie Renée ( Quatre-vingt-onze ans ;  et elle n'y voit plus . En tout cas plus assez pour lire , plus assez pour écrire , et certainement plus assez pour pouvoir regarder des cartes postales . Ce qui fait que je tente , de mon mieux , de lui décrire des tableaux qui l'auraient enthousiasmée , si elle avait pu les voir , puisque c'est en prenant des cours aux Beaux-Arts qu'on s'est connues , et j'en remercie Dieu .) - je lui parlais , donc , des œuvres de Séraphine que j'ai pu voir  . Je lui expliquais , aussi , que la plupart du temps , quand Séraphine peint un arbre , les racines ne sont pas peintes : l'arbre semble naître à partir d'une zone un peu ronde , - un véritable nid de plumes et de feuilles .

                 Un nid . Quel enchantement .

             Pourtant ,  c'est tellement étranger à ma propre façon de dessiner des arbres : je me débrouille toujours pour esquisser , au minimum , un bon système racinaire . Je suppose que c'est en relation avec à ma façon à moi d'être reliée à la terre  , ou de me sentir en sécurité .

             Ou alors , ça a peut-être à voir avec l'enfance . En tout cas , comme ( c'est assez connu ! ) , quand on dessine un arbre , on se dessine soi , moi , en tant que peintre , j'ai besoin d'indiquer que mes arbres sont reliés à la Terre .

               Et alors , dans le tableau de Séraphine ... Cet arbre qui nait d'un nid , ça me touchait - je n'avais pas envie de rejeter , comme j'aurais fait il y a quelques années . Mais ça me faisait penser à la genèse d'un arbre . A la genèse de toute vie .. Qui nait , d'un nid - ou d'une graine - ou de rien . Bref , ça me faisait l'effet d'un koan ... D'où vient un arbre de vie ?

    

       

         Mais , en regardant d'autres tableaux , que j'aime un peu moins - des bouquets - leur base est quelquefois comme cerclée de cordes noires , ou de ferrailles , qui font penser au cerclage d'un tonneau .  Dans le tableau que j'ai reproduit au dessus , ce sont , des cordes , et elles ne sont pas noires . Pourtant , même ainsi ,  ça n'est pas agréable . Oui , je sais , on pourrait dire que c'est un bouquet attaché avec une ficelle . Je fais ça , moi aussi , quand je cueille de gros bouquets de verveine  pour les faire sécher .Mais , dans le bouquet du  dessous , on se demande ce que ces vilains cercles noirs viennent fiche dans le merveilleux bouquet de fruits . Et pointe alors le bout du nez d'une interprétation  - c'est quoi , ces liens noirs  ? Est-ce que ça à voir avec son passé ?  ou son présent quand elle a peint ?  - en tout cas , je le ressens comme le fait d'être coincé , enserré , entravé , ligoté , emprisonné ... Au secours !

       

Chapitre 2527 : et encore , à propos de  Séraphine

         Cependant ,  ça n'empêche pas le bouquet miraculeux et foisonnant d'éclore . Le regard va et vient , de la floraison éclatante aux liens ...  Pourtant .... Est-ce à cause de ces cordes noires , de ces entraves mortifères que Séraphine , enfermée pendant les vingt ans de sa fin de vie dans un asile d'aliénés , n'a plus jamais touché un pinceau à partir du moment où elle a été enfermée -  enfermée avec les démons qui nourrissaient  son ombre ? Allons , je préfère terminer en regardant à nouveau la reproduction de cet " arbre de vie" .. un chouïa coupé de la terre , certes , (on dirait un peu qu'on lui a  coupé l'herbe sous les pieds )  mais qui semble  , tout de même , naître d'un douillet enchevêtrement - plumes ou feuilles , on ne sait pas trop ; regarder , et revivre le miracle de la naissance de cet arbre , et de toute vie .

 

 

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Chapitre 2527 : et encore , à propos de  Séraphine
30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 07:58

 

 

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Chapitre 2528 : feuilles

        

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          Après toute la pluie qui , parait-il , est tombée le week-end dernier -  mais on n'était pas là pour la regarder tomber , et je n'en ai vu que les témoins : remplies à ras-bords , les petites cuvettes sous les pots de fleurs ,  la bassine où attendront tout l'hiver , plantées dans ma terre argileuse ,  les boutures d'althéa et de weigélia que j'ai coupées pour qu'elles s'enracinent et prospèrent ; de même pour le bassin aux poissons , -  l'automne est somptueux . En allant à Avignon hier matin  , sous la lumière chatoyante du ciel où naviguaient encore de gros nuages , les collines couvertes de chênes moutonnaient avec grâce -  cuivre et or somptueux , quelle richesse ! Et quand à notre jardin , c'est bien simple : une splendeur  ... Mais je peste contre mon appareil photo , qui ne semble pas se soucier des nuances dans les jaunes , ne faisant aucune différence entre l'or pâle, presque verdâtre ,  des feuilles de forsythias et la teinte plus chaude  à peine orangée de celles du noisetier . Mais , bien entendu , c'est probablement du à mes insuffisances techniques ,  en tant que photographe ! Bon , vous ne verrez que l'un des petits poiriers , qui s'orne de rubis et d'escarboucles frémissants au moindre souffle ;  et deux des toutes dernières feuilles d'abricotier ...

 

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Chapitre 2528 : feuilles
Chapitre 2528 : feuilles
28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 06:32

      

 

        Juste parce que j'avais envie qu'une reproduction d'un de ses tableaux s'étale sur toute une page de ce blog ... Je n'avais pas emporté d'appareil photo à Paris ; Philippe a pris une photo un peu plus tard , mais avec son téléphone , et je ne sais pas trop comment enregistrer ses photos . J'ai donc volé celle-ci sur la Toile ... Il parait que ce tableau est à Senlis . J'en rêve !

 

 

Chapitre 2527 : Séraphine encore
27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 20:47

 

         Un coup de foudre . Un tsunami . Un tremblement de terre . Une éruption de lave . Une faille qui s'ouvre  dans l'espace . Une faille splendide , éblouissante , extatique ,  bienheureuse , douloureuse ,   - pas de mots suffisants pour exprimer cette beauté vibrante . Même le mot " beauté " me parait bien froid , bien limitatif , bien étriqué pour en parler ... La Grâce ?

Pas de mot suffisants ... Je n'avais jamais vu pour de vrai les peintures de Séraphine ; j'avais vu le très beau film sorti il y a une bonne dizaine d'années ,  avec Yolande Moreau , géniale comme toujours ; je l'avais adoré et trouvé  émouvant - mais je n'avais jamais vu les tableaux , sauf un à Beaubourg , tellement noyé au milieu d'autres tableaux que ça le rendait indifférent .

 Au musée Maillol il y en avait plusieurs . Et certains jouissaient du privilège d'être regroupés dans une seule salle , comme une chapelle dédiée - à Quoi ? à Qui ?

 Alors là ... De les voir pour de vrai ...  Pas de mots suffisants . Un coup de foudre . Un tsunami . Un tremblement de terre . Une faille qui s'ouvre dans l'espace . Je me suis trouvée littéralement emportée par ce tourbillon de couleurs vibrantes , lumineuses , aux harmonies incroyablement raffinées ... avec une seule envie , de m'immerger complétement dans chacune de ces peintures , de ne faire plus qu'une avec la toile .

 Ses peintures me font à la fois penser à Van Gogh - et plus encore , malgré les couleurs , aux dessins de Van Gogh à partir du moment où il vivait à Arles - et aux tapisseries Mille Fleurs ; mais ne ressemblent nullement à celles des peintres "naifs" qui sont exposés en même temps qu'elle à Maillol , pour lesquels le dessin est absolument figé et construit . Le dessin de Séraphine bouge , tourbillonne , vibre ... tout en étant structuré .  Et c'est une merveille . Et que dire des couleurs -  il parait que Séraphine regardait intensément les vitraux ... mais là , les vitraux sont posés sur une toile , et la lumière vient de la toile rayonnante .

   Je ne rêve plus que de les revoir , d'en revoir davantage .  Il faudra aller à Senlis ... J'ai cherché sur la Toile , des bouquins de photos - il n'y en a pas . J'ai acheté des cartes postales , bien ternes . Et trouvé , à la boutique du Musée Maillol ,  un livre qui raconte sa vie - pas inintéressant ,  mais l'optique me parait un peu limitée - peut-être parce qu'écrit par un homme qui a bridé sa propre sensibilité ,ou parce qu'écrit par quelqu'un qui n'a pas eu à subir les humiliations sociales qu'elle a subi , ou  par un chrétien probable qui ne remet pas en question une certaine grille de vision du monde  .

      Il y en a un autre , de livre , écrit par une psychanalyste - et malgré ma légère méfiance , je vais tout faire pour me le procurer vite vite vite !  En attendant , j'ai trouvé ce petit film d'amateur qui lui rend mieux hommage , quoique s'attardant sur des zooms : il est sur la même longueur d'ondes  ( amateur , parce que l'image est un peu tremblée ,pas toujours très bonne ; mais on sent que ça a été fait par quelqu'un qui aime , et qui a une bonne sensibilité .  Et puis la musique , dans son espèce de jusqu'au-boutisme qui va presque jusqu'à l'insupportable , est parfaite . )