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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 11:11
Chapitre 2164 : Be Nothing , mon chemin confortable ...

 

         Et donc , finalement , j'ai pu assister , pendant cinq jours  , au satsang de Mooji . Ce pourquoi j'étais venue si loin ... On arrivait tôt , c'était super bien organisé -  deux ou trois mille personnes à faire rentrer tranquillement , en silence , en s'intériorisant ...  dans un genre de grand hall . Auparavant , je m'étais offert le cadeau dun petit quart d'heure de marche sur le bord du Gange , me régalant du spectacle , des ombres et des lumières du matin ..

      Un satsang , c'est un moment ( deux heures , en gros )   où un guide spirituel répond aux questions des cheminants .   Je vous ai dit que j'avais été émerveillée par la qualité , la profondeur des réponses de Mooji , par sa patience , par son amitié ... J'ai pu faire miennes nombre de questions , la plupart , en fait . Je n'en ai pas posé moi-même , je découvrais , ou encore , de vieilles peurs m'en empêchaient  ... Au début , je me sentais , seulement ,  extrêmement heureuse d'être là ; mais , à un détour du chemin , certains très vieux démons m'attendaient , sous forme d'émotions très fortes ( désespoir intense , accablement , envie de mourir   ) dont je peux , certes , trouver les racines dans l'enfance  , je les avais déjà connues . Comme j'ai déjà fait un bout de chemin en étant bien accompagnée ( à l'époque où j'étais malade et fréquentais l'ashram d'Arnaud Desjardins ),  je savais bien , dans un coin de ma tête ,  qu'il ne s'agissait là que d'émotions passagères , terrifiants gardiens du seuil , mais qui me quitteraient un jour .

     Mais ça été dur , aussi , quand j'étais dans cet état d'esprit déprimé et autodestructeur  , presque entièrement noyée  - sauf , comme je vous le disais , dans un endroit  que je ressentais comme un tout petit coin de mon cerveau .

      Bien après , à mon retour en France , plein de moments heureux ,  j'ai eu , dans un demi-sommeil , un trop bref aperçu ( a glimpse , disent les anglais ) de la réalité . La sensation que toutes mes idées , toutes mes pensées , toutes mes émotions , mais vraiment tout , tout , tout ce que je "savais" de moi , des autres ... ou plutôt toutes les idées et même les perceptions que j'ai de " moi " , des " autres "étaient là comme des tourbillons , des nuées , autour d'un centre , qui était vraiment moi . Le tout dans une espèce de brume très douce ,  gris-perle ... Bien sur , ça n'est peut-être qu'un autre état de conscience .

      Ou pas .

      Ou pas !  Je réécoute les retranscriptions de ces satsangs ;  Mooji insiste pour que nous fassions honneur à ce que nous avons découvert . ( Honour your discovery ) . Mais  c'est assez pénible , pour le moment ; une lutte  . Pourtant , ça vaut le coup ... de ne pas rester dans un mensonge permanent ?  Comme en Mathématiques . Si vous savez que 2 +2 ça fait 4 et pas 11 ou 200 comme vous l'avez toujours cru -  bien sur , ça vaut le coup de se souvenir chaque fois que ça fait 4 , même si les vieilles illusions remontent fréquemment à la surface . Si " je" ne suis " rien " , ça vaut le coup de s'en souvenir chaque fois  ...  Mooji a un ashram au Portugal , j'ai un peu honte de  vous confier que ça ne me tente pas d'aller là bas ... à cause du paysage , que j'ai vu sur les photos , et qui me rappelle un peu trop l'arrière pays de Nice , où j'ai passé mon enfance .  Euh , j'ai confiance que la Vie  va me conduire sur le bon chemin .  Surtout que ce genre d'éveil partiel , ça m'est déjà arrivé , et ça change , ça s'affine , ça se modifie ... Qu'est-ce qui me permet de dire que c'est un éveil ?

        Donc , à Rishikesh , l'année prochaine .. si tout va bien ... mais je resterai plus longtemps !  

 

 

 

 

Chapitre 2164 : Be Nothing , mon chemin confortable ...
14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 08:32
( vue de la terrasse de l'ancien ashram Sivananda , après le kirtandu soir et l'offrande au Gange )

( vue de la terrasse de l'ancien ashram Sivananda , après le kirtandu soir et l'offrande au Gange )

         

 

          Maintenant , un  bon mois après mon retour , je me dis que cette déconvenue de la soi-disant " vue sur le Gange " me montrait aussi que je pouvais , que je ne devais pas m'attacher à la vue extérieure  ... Quelques jours après , d'ailleurs , il m'est arrivé un avertissement plus sérieux -  les yeux avidement braqués sur un étalage , j'ai traversé une ruelle , sans me rendre compte qu'il y avait un énorme nid-de-poule ; et me suis très violemment tordu la cheville . Ce qui m'a donné , bizarrement ,  une douleur dans la fesse ! comme un choc électrique ,  si intense que parfois  je devais me plier en deux après avoir fait un pas , plusieurs jours durant . Ca me fait d'ailleurs encore mal , mais moins violemment , quand je jardine trop longtemps  .

           Mais ... la vue , donc , de ma chambre , et il est malhonnête de prétendre autre chose*  , donnait sur le bâtiment où tous les soirs l'on chantait des kirtans , dans la pièce même où a vécu Swami Sivananda . Un immense moment de bonheur ... même si , comme toujours , la personne qui dirige le kirtan est choisie avec équanimité , et tous , hélas ,  ne chantent pas juste (!!!) . Mais pas question de privilégier les gens qui sont musiciens ... hélas . J'ai acheté plusieurs livres pour connaître un peu mieux Swami Sivananda , tout ce que je savais de lui c'est qu'il était médecin . Tout de même ,  ça n'avait pas l'air d'être un rigolo , malgré la collection de couvre-chefs datant de sa jeunesse , conservée dans un placard vitré de sa chambre  ; et je ne crois pas que j'aurais suivi son enseignement , de son vivant  ... même s'il croyait à la vertu du chant sacré pour la progression spirituelle . Les gens de l'ashram sont vraiment sympas d'admettre les non-ashramites à chanter !

        En tout cas , de la terrasse , la vue sur le Gange au coucher du soleil était , est toujours ,  simplement : merveilleuse .

 

*** ( je suppose que le directeur de l'hôtel vise maintenant une clientèle de sportifs friqués  , et que " vue sur la rivière " est plus attrayant pour eux que " vue sur l'ashram Sivananda " ... ) 

 

 

Chapitre 2163 : à Rishikesh
13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 15:53

 

 

            Donc , arrivée à Haridwar , ( avec une petite heure de retard ... ) , je m'étais arrangée avec l'hôtel pour qu'un taxi m'attende à la gare . Gare qui , il y a quelques années , comportait les chiottes les plus immondes que j'ai jamais vues - et j'en ai vu  . Donc , j'avais pris mes précautions dans le train  . Il a fallu quelques coups de téléphone pour prévenir l'hôtel puis le taxi du retard , ensuite le premier n'était plus disponible , etc ... Mais au bout d'une autre petite heure d'attente  , un taxi fringant est arrivé pour me ramener à bon port . Le conducteur était du genre hyper nerveux , et vif , et colérique , et  obstiné , actionnant frénétiquement sur le klaxon dans les embouteillages . Comme tout le monde , d'ailleurs . Car , des embouteillages , il y en avait .. Pour des villes aussi petites que Rishikesh ou Haridwar , c'était tout à fait remarquable . On a du mettre plus d' une heure et demie pour faire les vingt-deux kilométres qui les séparent  ... La route est en travaux tout au long : on crée une double voie . Pourquoi ? Ben , parce que , je vous l'ai dit , Rishikesh , qui n'était qu' un havre de méditation pour les yogis et les ermites ,est en train de se mettre au goût du jour , au goût du fric , et de devenir une pétulante station de sports nautiques ... Les petites routes ne sont pas pratiques pour les 4x4 chargés de ce genre d'énormes Zodiac sur lesquels les hardis  sportifs descendent par équipes  les rapides du Gange ( je ne sais pas s'il y en a ) . Donc , s'ils veulent se croiser , ça coince . S'ils veulent manœuvrer , ça coince . L'atmosphère était aussi méditative que dans la vallée de l'Ubaye au mois d'août ... Génial . A coups de klaxons ... parce que , la solution aux embouteillages , c'est les motos . Mais les motos sont également pourvues d'avertisseurs sonores , pas de raison qu'elles soient désavantagées ...

          Génial .

          Enfin , nous sommes arrivés à Rishikesh - ce havre de paix ...  

         J'avais retenu , sur la foi des annonces de Booking.com , au Sanskriti Vedic Hotel . Il était , selon mon idée , parfaitement situé , à côté de Ram Jhula , et me permettrait une petite marche agréable à l'aube , tout le long du Gange ,   jusqu'au lieu où se tenait le satsang de Mooji . Ca a d'ailleurs été le cas .

          Le prix  ( 70 euros environ ) était réellement exorbitant pour l'Inde ; j'ai donc supposé  que c'était un palace . L'annonce sur Booking.com promettait des chambres avec " vue sur la rivière " ( le Gange ) ; on citait quelques commentaires hyper favorables des clients  ...  Tant pis pour les économies , me suis-je dit , puisque je fais un voyage jusqu'à Rishikesh , je reste dix jours ,  je m'offre le palace  et je contemplerai le Gange du matin au soir ... J'ai hésité longtemps , j'avais bien envie  d'emporter mes affaires de peinture ; je me voyais déjà sur le balcon à aquareller devant le fleuve .. J'ai fini par les laisser à la maison , pour éviter le surplus de poids .

          Je suis arrivée - avec trois heures de retard à peu près ... L'hôtel était bien situé là où je le voyais . Mais : première mauvaise surprise , pas d'ascenseur . Vraiment étonnant , considérant le prix ; or , la réception était tout en haut ; et  les marches pour y monter  , une trentaine ,  vieillotes et extrêmement hautes , ce qui me rendait l'ascension pénible car j'avais  mal au genou . J'arrive à la réception , plutôt fatiguée par le voyage , le genou douloureux  ; et surtout , surtout ...  mourant d'envie de faire pipi ... Le réceptionniste et un employé m'attendaient aimablement , avec un jus de fruit sur un plateau - que j'ai refusé , c'était pas sympa , mais  plus prudent  pour éviter de faire pipi dans ma culotte ...   le réceptionniste m'a annoncé qu'il allait me faire visiter l'hôtel . Ca  me plaisait si peu que j'ai demandé à ce qu'on me mène tout de suite à la chambre que j'avais réservée  . Mais il   a essayé de me persuader , j'ai du insister  , le vexant un peu ... nous sommes redescendus   ( aouh !le genou gauche ! ) jusqu'à mi-escalier ;  il m'a ouvert une chambre , très propre - pour l'Inde . Je me suis avancée vers la fenêtre  pour voir la vue sur le Gange , m'attendant à crier d'extase ...  Ah , Madame , la vue du Gange c'est du  balcon . Je suis sortie sur le balcon ; dans la petite rue , un étage au dessous , les klaxons donnaient un avant-goût de l'enfer sonore .

         Euh ... vue sur la rivière ? ça alors ...  L'est où le Gange ? J'ai demandé : " Where is Ganga ? " - Ah ,  mais si mais si mais si mais si , on l' aperçoit , oui , un petit bout , depuis le coin tout à fait à gauche du balcon ... Le réceptionniste n'était pas content . Déjà que je n'avais pas voulu visiter l'hôtel , déjà que j'aurais voulu un ascenseur ... Quelle emmerdeuse .

       En fait , la vue , était sur le bâtiment où a vécu Swami Chidananda , le successeur de Swami Sidananda . Un endroit , certes , bourré de bonnes vibrations , et j'ai apprécié sa proximité  - mais tout de même , moi j'appelle pas ça " vue sur la rivière " . Je demande à prendre une chambre voisine , d'où on aurait meilleure vue . Beuh , c'est pas terrible ...  On se déplace encore d'une chambre ... et , finalement  , voilà la vue de ma chambre  , la meilleure que j'ai pu avoir , l'avant-dernière en amont  ...

 

Ben , peut-être que si je mesurais plus d'un mètre quatre-vingt , j'aurais pu voir le Gange depuis le balcon .. Mais , au top de ma croissance , j'atteignais  péniblement 1,61 m , et j'ai maintenant cessé de grandir ...

Ben , peut-être que si je mesurais plus d'un mètre quatre-vingt , j'aurais pu voir le Gange depuis le balcon .. Mais , au top de ma croissance , j'atteignais péniblement 1,61 m , et j'ai maintenant cessé de grandir ...

 

            Par contre , si la vue n'était pas vraiment touristique , ( on en a une meilleure depuis le Yoga Niketan , mais j'ai vu qu'il avait triplé ses prix lui aussi , ça n'est plus un ashram je crois , seulement un hôtel . Je n'avais pas voulu y aller parce que c'était trop bruyant la nuit ) - j'ai bénéficié avec équanimité , depuis ce balcon également , du bruit terrifiant du trafic en dessous ; mais : seulement dans la journée .

           Je me suis installée pour la semaine  à venir ; j'ai acheté du fil à linge , le mien n'était pas assez long , pour pouvoir faire sécher mes vêtements sur le balcon tous les jours ( pareil : le prix de la blanchisserie était très élevé  , et il suffit de passer dans l'eau une tunique , elle est sèche quelques heures après  ) .. Un cours de yoga était proposé , mais ne m'intéressait pas , essentiellement à cause des  horaires , puisque on conseillait d'arriver au satsang de Mooji de bonne heure  - puis  , j'ai vu comment le prof faisait travailler son unique élève , et ça ne m'a pas donné trop envie . Mais la chambre était grande et je pouvais en faire à l'intérieur , ou sur le balcon  . 

   Le lendemain matin ,  je me suis hissée à l'étage ( là , par contre , jolie vue sur le Gange ! splendide concert de klaxons ! )  pour prendre le petit dej. Mais  le lait n'était pas encore arrivé ( je prends du thé au lait et aux épices le matin , souvent  seulement ça ) et j'ai du me contenter du sachet anonyme et insipide que les occidentaux appellent " thé"   ... le reste était médiocre  ; du coup , j'y ai renoncé , même s'il était compris dans le prix de l'hôtel .  Et j'avais  , pour dix roupies , un tchaï bien plus sympathique à la charrette du marchand ambulant en bas ,  partageant avec les mendiants et les sannyasins ...

 

 

 

         

13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 12:14

 

           La suite ... c'est vrai que je ne vous en ai plus reparlé -  le présent printanier des Cévennes  prend tout mon temps !

          La suite ... Il y a eu d'abord mon retour à Delhi , en taxi commandé par l'ashram , quel confort ! malgré les longs embouteillages sur la route , pour cause de travaux à Allahabad  dont je n'aurai vu que la banlieue , mais alors longuement ...    

              A Delhi , j'ai dormi au Krishna De Luxe Hôtel , que je recommande à tout un chacun : à cinq minutes à pied  de la gare , vingt et un euros la nuit , chambre  moderne , spacieuse , draps et salle de bains super propres , eau chaude ,gardien de nuit , etc ... Voui , il n'y a pas forcément de fenêtre à la chambre , mais l'aération fonctionne bien et puis de toutes façons dans ce quartier les ruelles autour ne sont pas terribles ...   Mon train partait à six heures  le lendemain matin , j'avais une telle trouille de le manquer que je me suis réveillée à quatre . Je craignais  aussi l'enthousiasme des porteurs en veste rouge , à la gare , me souvenant de la façon qu'ils ont de fondre à plusieurs sur  vous et votre valise ,  comme si vous étiez un ballon de rugby , tout en essayant de vous extorquer  le prix maximum . Mais finalement , ils sont excités comme des puces seulement quand c'est  tout un groupe de touristes qui s'offre à leur  vue ( j'ai failli écrire à leur convoitise ; mais c'est leur gagne-pain de porter les valises , sur l'escalier qui monte à cette longue longue longue passerelle qui passe par dessus les voies ; puis de les envoyer prestement dans le filet du compartiment ,  au dessus des têtes ., comme si elles ne pesaient rien du tout .. et vingt kilos ne les effrayent pas . ) .

             Et là, quel étonnement ... aucun porteur ! il était beaucoup trop tôt ... J'ai trimballé ma valise , pas si lourde puisque j'avais laissé un plein sac de livres à l'hôtel  , où je devais séjourner à nouveau à mon retour de Rishikesh . J'avais plus d'une heure d'attente , mais la buvette était ouverte ; et les mendiants ,  unijambistes sur leurs petits chariots , ou pas , simulateurs , ou pas , en pleine forme ... Je suis bon public ,et  riche en Inde . Un verre de thé , fort , sucré , parfumé et brûlant ,  coûte dix roupies , quinze centimes de chez nous ... et à cinq heures du mat ça réconforte tout le monde .

           Dans ce wagon hyper confortable , où l'on vous servait , gratuitement , de l'eau , puis du thé , puis des biscuits , puis tout un repas chaud , pendant les quatre heures que devait durer le voyage et qui se sont révélées gonfler jusqu'à cinq  ,  je me suis trouvée entourée , non d'indiens , mais d'étudiants et de leurs profs : de toutes nationalités , mais beaucoup d'américains , garçons et filles , vivant à Delhi , fréquentant un lycée américain . Le plus grand des profs était serviable , et a envoyé ma valoche dans le filet d'une simple pichenette ..  Tous sportifs , tous enthousiastes , tous bavards , presque tous excités et bruyants , ils  s'apprêtaient à séjourner à Rishikesh ... Le Gange est devenu , ce qui , je m'en suis rendu compte ensuite , est infiniment regrettable pour plusieurs raisons , un terrain de sports nautiques ... Mais je n'étais qu'au début du voyage , et je n'avais pas encore compris le problème ; je me contentais de siroter béatement mon verre de thé ...

 

 

 

 

12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 21:54

     

 

 

 

 

        Les soirées sont douces , la lumière belle . Nous baby-sittons les deux aînés de Thomas , huit et treize ans  . J'avais eu une terrible crise d'angoisse et de malaise la journée précédant leur arrivée . Le leitmotiv était du genre : "  je suis complétement nulle et inutile avec les enfants " ;  resucée de ce que je ressentais quand j'avais douze ou treize  ans , et que , mes sœurs venant passer les vacances " en famille " avec leurs petits , je ne trouvais plus guère ma place ; puis , j'en avais enfin trouvé une , en aidant ma maman à faire la cuisine . Là , j'obtenais une certaine reconnaissance ... La dignité de la mère de famille , c'est de faire à manger pour tout le monde ... En tout cas , c'est ce que manifestait ma maman tous les étés , et qu'elle m'a légué . Résultat , moi qui mendiais de la considération , qui mendiais qu'on me voie ,   je me suis structurée comme quelqu'un qui fait la cuisine . Seulement , avec ces enfants-là , c'est pas gagné : ils n'aiment vraiment pas , mais alors pas du tout , ma cuisine !!!!  Il faut les supplier pour manger des légumes ou des fruits ; surtout , ils semblent peu gourmands , presque indifférents   à la nourriture  ... Ce qui me fait prendre conscience de l'importance qu'elle a pour moi . Nourrir , manger ... Voilà toute cette structure du " moi" qui se morcelle , se délite , tombe en poussière  ... ça n'est pas agréable , sur le moment .

        (  Et j'avais beau garder dans un petit coin de ma tête un soupçon d'ancrage dans cette réalité , qui fait que je vais avoir soixante-huit ans et donc que mes douze ans sont fort lointains , être quelque part consciente que c'était eux les enfants ,  non plus moi  ...  le malaise était vraiment tenace , et épais à couper au couteau , et solide ...  )

    Comme dit Mooji , on peut accepter de n'être , vraiment , rien .. nothing .

     Ben , je suis gâtée , le Chemin me conduit en attirant ce qu'il faut pour évoluer , la Bonne Providence de Dieu m'a offert pile poil ce dont j'avais besoin ...  

    Finalement , c'est tombé tout seul  .

    Quelle importance , cette histoire de bouffe .  J'ai jardiné une grande partie de la journée , pendant que Philippe , dont j'admire la façon d'être grand-père , les accompagnait pour faire de " l'accrobranche " ( moi , la terrienne , j'ai le vertige à un mètre cinquante du sol , les jambes qui tremblent et le cœur serré  ) .  Puis   j'ai regardé Hermione faire jouer les gamins , à leur grand plaisir à tous  . Hermione , la nounou parfaite ...  elle se régale à les faire courir partout , trottinant négligemment , allégrement ,  sans vouloir lâcher la balle qu'elle tient dans sa gueule ; ils se régalent à lui courir après en poussant des cris . J'ai fait , pour me récompenser , le tour oisif du jardin où des taches de bleu commencent à apparaître  - après le mauve des lilas , le bleu-mauve de la glycine , puis le bleu électrique des iris de Hollande ; et enfin ,  bien sur , tout en bas ,  l'outremer des  bourraches étoilées  au potager ...

      Les soirées sont douces , la lumière belle . La fraîcheur est arrivée ,  nous sommes rentrés , nous avons joué avec eux à un jeu de société - un peu débile , mais qui a du succés avec les enfants  .  Tout va bien .

 

 

 

      

Chapitre 2160 : bourraches , bourrasques
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 18:57

 

          Bon , on a déjà parlé du sphinx colibri ;  si joli , si touchant , avec son incroyable vol stationnaire . Je n'ai jamais pu  le photographier , il bouge trop vite , d'une fleur à l'autre ... 

          Et puis , je suppose que vous connaissez aussi les oenothères . Nos anciens voisins ( et toujours amis , même si on ne se voit pas souvent )  nous en avaient offert deux pots ,   lors de notre installation ici .  A ma grande joie , ces fleurs gracieuses  , à la grande corolle rose délicate , s'étaient adaptées sans problème , et ressemées allégrement  . Seulement , voilà : j'apprends juste que les œnothères constituent pour le gentil papillon un piège mortel - sa trompe se coince dans la corolle ... un dispositif de la plante pour aider certains insectes à la polliniser -  mais pas adapté à ce pauvre papillon , qui ne peut plus s'en dégager ... Quelle horreur .

vous trouverez des détails - et j'ai piqué la photo , où l'on voit bien le Sphinx , et la fleur  - sur ce blog :

http://mondedelamarche.canalblog.com/archives/2009/07/06/14311449.html

 

 

 

Résultat de recherche d'images pour "oenothère images"

 

 

 

 

 

            Jusqu'à présent , je me contentais de canaliser la tendance des œnothères à se ressemer partout ; mais depuis trois jours ,   je fais la chasse à tous les plants  que je trouvais si charmants avant ... C'est pas de la tarte . Bon , on va pouvoir fonder le Mouvement de Soutien aux Sphinx-Colibris ...

     

10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 06:33

 

 

         Quelle déception ! L'appareil photo est vide  !

         De retour de balade , je me rends compte que , des dizaines de photos de Conques ( parce que les arbres n'étaient pas encore en feuille là bas et que , du coup , on avait une meilleure vue sur la face Sud de l'abbatiale ; parce que , chaque fois qu'on y va , je découvre une nouveau détail du tympan qui m'enchante - là c'était les quatre anges , disposés en carré , qui flottent sur les nuées , et puis le regard jaloux du démon qui s'apprête pourtant à fourguer sa pelletée de damnés dans la gueule du Léviathan , et qui lorgne l'ange escortant les élus ... ;    parce que , de la fenêtre de la chambre d'hôtel , du lit même , en me penchant un peu ,  je voyais la silhouette des deux tours , amies vigiles de ma mauvaise nuit là bas  ) , des dizaines de photos du printemps vibrant et enchanteur dans la vallée du Lot scintillant et rapide , des dizaines de photos des petites jonquilles qui poussent , basses mais résolues ,  par milliers , sur les prairies  les plus hautes ,  dont l'herbe est encore rude et hivernale , puis  jonchent de leurs douces petites corolles lumineuses , couleur de citron  ,les talus des hêtraies  dans l'Aubrac ...

         De tout ça - il ne me reste plus rien . Rien , rien , rien ... aucune image ...

         Mais quelle déception ...

          J'avais beaucoup tripoté l'appareil photo pour arriver à prendre des photos des fleurs - de près , puis de loin , puis encore de près ...  couchée dans l'herbe , à l'étonnement d'Hermione . Je suppose que dans ma maladresse , dans ma stupidité et mon énervement imbécile  face à tout ce qui ressemble à la moindre difficulté technique :  j'ai tout effacé .

      Mais quelle déception !

      Il me reste tout ce que j'ai vu de merveilleux . Mais je trouve  les mots bien secs et insuffisants pour le transmettre .

      Il me reste le souvenir de notre visite aux amis des Landes , le souvenir de  l'amour chaleureux qui régne dans leur maison , au sein de leur famille plus que nombreuse , animaux , plantes ,  et humains  , de leur accueil incroyablement amical  ...

      Il me reste le souvenir de cette nuit difficile à Conques ;  où je me sentais , pourtant  , accompagnée amicalement , veillée et soutenue par les deux tours de l'abbatiale ; où ,  tout en me laissant prendre aux détours du  récit , par Sally Kempton , de la triste vie de Sîta , la femme de Rama dans la mythologie indoue ,  le malaise suscité par ma dernière visite à une amie commune m'a travaillée ;  jusqu'à ce que , de tout mon être , je comprenne que la seule issue , et joyeuse , et heureuse , et source de force , était au profond du cœur .

          Mais on dirait que cette compréhension n'a pas duré . En tout cas , je suis , désespérément , de retour à la surface  ; et je vais vous dire : mais quelle déception !

 

 

 

5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 22:43
ça , c'est un des pommiers ; on en a quatre , et à ma grande surprise tous , depuis trois ans ,  ont donné des pommes de dimensions quasi normales et  très bonnes au goût ...

ça , c'est un des pommiers ; on en a quatre , et à ma grande surprise tous , depuis trois ans , ont donné des pommes de dimensions quasi normales et très bonnes au goût ...

 

 

       ... Ici , les lilas sont en fleurs , et aussi les pervenches ,  les jonquilles , les escholzias , les tulipes , les pommiers , les cognaciers et les cerisiers , et toutes , toutes , toutes les pâquerettes dans le pré ...  J'ai passé  la fin de l'après-midi jusqu'au soir à  semer , planter , arracher ,  rempoter ,  gratter , déplacer du terreau , répandre du bois broyé , arroser , etc ... Et bien sur , je suis sur les rotules .  Vers les quatre heures , j'ai été avec ma voisine de l'autre côté du Gardon , juqu'à la pépinière d'Atuech , pour voir leurs géraniums qui  sont magnifiques .  Elle a en ce moment de gros ennuis de santé ,  s'angoisse terriblement par instants ; je ferais certainement pareil à sa place , et souvent je me laisse entraîner dans son angoisse , et là je ne suis vraiment pas contente de moi  ... Mais comme toujours , on sort de la pépinière requinquées .

      Demain , Philippe et moi partons quelques jours du côté de Conques ; ce qui me fera du bien , certainement ; mais je prie pour qu'elle n'aie pas besoin d'aide à ce moment là . Allons , je vais aller sur You Tube écouter Mooji : pour me remettre dans mes pompes et dans le réel  ...

 

 

 

Chapitre 2147 : intermède : ici
5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 22:19

 

 

       En partant de Vrindavan ( à regret ! )  j'emportais   plein de livres , tous plus passionnants les uns que les autres . L'un , sur Neem Karoli Baba ,  venait de paraître :  j'avais rencontré son auteur , Jay Ram , un américain hyper sympa et intéressant , à l'ashram . Egalement , plusieurs photos de guides spirituels , certaines sur papier ,  présentes maintenant à l'endroit où je médite  .  Dans ma famille , ma mère affichait sur les murs des centaines de photos de mes neveux  ; j'étais présente depuis mes six mois dans des dizaines d'albums photos ... Et maintenant ,  moi aussi , j'apprécie infiniment de voir les photos de visages amis , paisibles et heureux , tous les matins , tous les soirs .... J'emportais  ensuite , plusieurs écharpes , pour faire des cadeaux en France ;  une boite en acier à étages pour les pique-niques . Mais surtout , je repartais le cœur plein d'amitié et de confiance ... En partant , j'avais demandé au prêtre qui officiait devant le mausolée de Neem Karoli Baba si je pouvais le photographier . Il avait acquiescé , souriant de toutes ses dents , comme toujours . Je ne sais pas son nom , mais ça n'est pas grave  .

 

 

 

Chapitre 2146 : en partant de Vrindavan

 

 

                   J'ai pris aussi une photo de  l'aarti  , que j'allais écouter tous les soirs ; c'était du genre extrêmement bruyant ,  et tout à fait familial , et je m'y sentais bien , les oreilles complétement abasourdies pourtant . Quelquefois il n'y avait que deux ou trois adultes , et deux ou trois gamins qui se disputaient la tâche consistant à taper comme un sourd sur un genre de gong  pour mieux rythmer les prières . L'un d'eux , le plus petit ,  était particulièrement colérique , et une fois j'ai presque cru qu'il allait assommer son copain à coup de gong . Je revenais toujours de là partagée entre la nostalgie ( puisque je ne devais passer qu'un temps à Vrindavan ) et la rigolade . Mais c'était un moment heureux ; rien que d'y penser me donne envie de courir réserver mon billet d'avion pour l'année prochaine , en laissant tomber tout le reste .

 

 

 

là , on le voit de dos , pendant que l'assistance , nombreuse ou pas , adulte ou pas , récite la prière gravée sur la stèle à côté

là , on le voit de dos , pendant que l'assistance , nombreuse ou pas , adulte ou pas , récite la prière gravée sur la stèle à côté

Chapitre 2146 : en partant de Vrindavan
2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 09:43

 

 

 

        Cette nuit , à la faveur d'une confortable insomnie ( confortable , ça veut dire que je me sens bien dans mon corps , que pour une fois mon voisin de lit ne ronfle pas , et que , ça m'arrive nettement plus souvent qu'il y a quelques années ,  je me sens bien dans mon cœur aussi  ) , je repensais à ce " Ya Devi Sarva Bhuteshu " ; à un autre très bel hymne à une Déesse féminine , le " Bhavani Ashtokam " de Adi Shankara http://www.avec-le-lievre-de-mars.com/2016/02/chapitre-188-bhavani-ashtakam.html ; puis , j'ai pensé qu'il en existait de chrétiens , que je n e connaissais que par des chants orthodoxes , et que je viens d'aller lire sur internet http://site-catholique.fr/index.php?post/Litanies-Sainte-Vierge-Marie .

      En fait , une différence de taille ( bien sur , pas la seule ! )  entre ces trois prières est , non pas tant , comme on s'y attendrait , entre : les litanies chrétiennes d'un côté , les litanies indiennes de l'autre ; mais entre une vision indienne particulière de la spiritualité ( qui est , si j'ai bien compris Sally Kempton , celle du Shivaïsme du Cachemire ) et deux visions , l'une chrétienne , l'autre Shankaracharyenne ... Je m'explique :

         Dans le " Ya Devi Sarva Bhuteshu " , la Déité Féminine est :  en nous-mêmes . Toutes les qualités ( même bizarre , comme l'illusion ou l'erreur ) se trouvent : en nous-mêmes ; c'est tout à fait Jungien comme vision , effectivement - L'idée ,  l'énergie  " Dieu" aussi est en nous-mêmes , c'est à dire dans notre psyché ( ça me rappelle une phrase lointaine d'Arnaud Desjardins : " Dieu est tout puissant en moi " . )

        Sally Kempton nous le rappelle , dans sa préface - elle explique aux ignares comme moi ce que c'est que le tantrisme , en décrit rapidement deux  branches principales , dont une est le Shivaïsme du Cachemire :  page 26 :  " Both approaches , however , taught that the physical world , the individual , and the transcendent reality ( or God ) are not separate from each other , and instead exist as a continuum . Both paths put the Goddess at the center of everything and hold that the human body contains all possible levels of reality " .  " Les deux approches , cependant , ont enseigné que le monde physique , le monde individuel , et la réalité transcendante ( ou Dieu ) ne sont pas séparées , et existent comme un continuum . Les deux chemins mettent la Déesse au centre de toute chose et affirment que le corps humain contient tous les niveaux de réalité possible .  "  ( Hum , je trouve ça tellement lumineux , il serait temps que ce bouquin soit traduit en français , et par quelqu'un de plus compétent .. ... )

      Dans le Bhavani Ashtakam , tout comme dans les litanies de la Sainte Vierge Marie , on fait semblant que la Déesse compatissante ( ah , pardon ! dans le christianisme , j'oubliais , c'est pas une Déesse , juste une Sainte ... forcément , c'est qu'une femme ...  )  - donc , on fait semblant que la Divinité compatissante est en dehors de nous . Ca nous permet de nous placer dans la position de victime , de l'enfant souffrant ; et pourquoi pas ,après tout ? Je me l'autorise , ça fait  vachement du bien de temps en temps . Et ça nous permet d'invoquer des formes ( Eh oui des archétypes ! Salut Gustav ! ) douées d'une énergie fabuleuse et inattendue ,  une énergie qui ne nous était pas perceptible auparavant à l'intérieur de " notre " , ou " ma " psyché , que  nous voyions toute faible  toute coincée la pauvrette   ...  D'ailleurs ,  , qu'est-ce que " ma " psyché ? les émotions qui passent ne sont pas propres à un espace soigneusement clos que j'ai pris l'habitude de considérer comme réel , et d'appeler " moi " ...

     

 

Un peu de musique baroque , pour changer .. Mais , bien sur , la vision du Christianisme est un tout petit peu étriquée , par rapport à la vision indoue (ouh que je suis sectaire ...) j'ai bien l'impression , d'ailleurs , que le texte de la litanie , dans ce disque précis ) n'est pas la liste des qualités de la Sainte Vierge puisqu'il y a un Kyrie . C'est pas grave , la musique est chouette ...